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25 septembre 2016

Les égouts de Los Angeles, thriller de Michael Connelly

les égouts

Après avoir lu cet été sept des romans de Michael Connelly, j’ai voulu revenir à l’origine de la série des enquêtes de l’inspecteur Harry Bosch, avec ce premier opus magistral publié en 1993. Histoire de comprendre un peu mieux la complexité du héros, son enfance chaotique, sa mère assassinée, ses séjours en foyer et ses fugues, son engagement au Vietnam.

En particulier son action parmi la folle équipe des « rats de tunnel », rampant dans la boue et l’obscurité, malgré la peur indicible des Vietscongs. Le retour à la vie civile et la difficulté de réinsertion : beaucoup de ces vétérans sombrent dans la drogue et la délinquance. Harry Bosch, lui, intègre la police, le fameux LAPD. Il y devient une sorte de vedette après la neutralisation d’un tueur en série, le Dollmaker, qui fait l’objet d’une mini-série télévisée. Ce qui a pour résultat de le rendre insupportable au patron des Affaires Internes qui le poursuit de sa haine.

Harry Bosch est chargé d’enquêter sur la mort d’un de ses anciens camarades de combat, devenu toxicomane. Celui-ci a été retrouvé dans un des nombreux tunnels d’évacuation des eaux qui sillonnent les sous-sols de Los Angeles. Rapidement, Harry Bosch ne croit pas à une overdose et fait le lien avec le casse spectaculaire d’une salle forte de banque, quelques mois plus tôt. L’affaire va donc être suivie par le FBI puisque les attaques de banque sont des crimes fédéraux. Harry fait donc équipe avec la belle Eleanor Wish … que nous avons retrouvée dans d’autres aventures – dont « Le cadavre dans la Rolls ».

Tous les ressorts de l’art de Michael Connelly sont déjà dans ce premier roman : la psychologie du héros, son inlassable travail d’analyse et de synthèse, ses insomnies récurrentes, sa perspicacité à déceler l’indice qui ne colle pas, son courage physique, sa soif de justice, son charme, sa difficulté à travailler en équipe, sa désinvolture face à la procédure quand l’efficacité prime. La progression dans les tunnels est particulièrement bien rendue, et on pense naturellement à l’affaire du casse de Nice par Albert Spaggiari en 1976, on mesure aussi le décalage technologique avec les polars d’aujourd’hui : pas de téléphone portable mais des bipers, une place mineure laissée aux analyses scientifiques. Malgré ce côté un peu dépassé, je recommande de commencer la série par ce premier épisode particulièrement brillant à l’intrigue aux multiples rebondissements.

 

Les égouts de Los Angeles – The Black Echo – polar de Michael Connelly traduit par Jean Esch, édité par le Livre de poche, 568 p., 8,30€

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24 septembre 2016

Pavé de cabillaud aux herbes

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Commencer par faire préchauffer le four à 180° (Th : 6).

Eplucher une grosse gousse d'ail et une échalote. Les hâcher au couteau avec une main de persil plat ou frisé. Saler et poivrer sur les deux faces les pavés de cabillaud.

Faire fondre dans une petite poêle une noisette de beurre et y laisser compoter les herbes, sans trop les cuire, juste pour que leur goût soit sublimé par le beurre. Réserver la "purée" d'assaisonnement qui doit représenter la valeur de deux cuillerées à soupe.

Dans la poêle débarrassée, rajouter un peu d'huile et faire revenir rapidement les pavés de cabillaud, juste pour leur donner un peu de couleur sans chercher à les cuire à coeur.

Transférer les pavés dans un plat allant au four avec la matière grasse et laisser 8 à 10 minutes (selon l'épaisseur du poisson).

Retirer du four et tartiner chaque pavé avec le hâchis d'herbes. Disposer le poisson sur le légume d'accompagnment. Ici, des lentilles vertes du Puy, juste cuites à l'eau frémissante (départ à froid) environ 30 minutes.

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23 septembre 2016

Eugène Dieudonné, un libertaire à la Belle Epoque, par Madeleine Leveau-Fernandez

 

couverture Dieudonné

Voici l’histoire de la vie fourvoyée et tragique d’un tout jeune ouvrier ébéniste « monté » de Nancy à Paris avec sa femme Louise et leur petit François encore à la mamelle, tous deux passionnés de politique.

Eugène Dieudonné n’a pas eu le temps de passer son certificat d’études car son père, charpentier, s’est tué en tombant d’un toit. A Paris, il rêve de rencontrer les exaltés, ceux qui prônent la révolution, la guerre sociale, pour que les plus pauvres obtiennent enfin quelque chose, cessent d'obéir.

l'anarchie

Avec Louise, il participe régulièrement aux causeries libertaires qui ont lieu chaque lundi dans le local du journal l’anarchie (sans L ni A majuscule, car il n’y a pas de raison qu’une lettre soit plus haute que les autres !), où il débarque dès le lendemain de son arrivée à Paris. Il veut s’informer, participe à des meetings, bientôt à des grèves, sans toutefois se faire repérer par la police. Louise partage ses idées.

Eugène, Louise et leurs camarades parlent le langage des faubourgs et de la zone, tout en élisions et riche de termes d'argot imagés. Dans le maquis des idées libertaires et anarchistes, les clivages entre les illégalistes adeptes de la « reprise individuelle » - c’est-à-dire le vol – et les anti-illégalistes, entre anarchistes révolutionnaires et syndicalistes, on a bien du mal à se retrouver. La Presse s’intéresse de près à une nouvelle forme de délinquance : les apaches.

Mais ces histoires n’intéressent pas les anarchistes. Cependant l’amalgame avec eux les irrite. Les thèses s’affrontent, irréconciliables : « Cette honnêteté dont les bourgeois se revendiquent, je la sais mensongère, violant les pires turpitudes, permettant, honorant même le vol, la duperie, quand ils sont commis à l’ombre des codes. » écrit Victor Serge, dit Le Rétif dans l’anarchie du 4 janvier 1912.

Eugene

Louis Jouin

Libertad

Les anarchistes commettent des attentats spectaculaires … tout en cherchant à se justifier au nom de la morale du partage. Certains décident de vivre en phalanstère, pratiquent le sport, l'amour libre, deviennent végétaliens … mais il faut bien faire vivre ces communautés : l’anarchie devint l’alibi de cambriolages d’une violence de plus en plus dangereuse. Encore que les anarchistes se méfient des femmes, considérées comme autant d’obstacles à la fortitude de leurs compagnons, parce que trop attachées à la religion.

Eugène Dieudonné baigne dans cette ambiance où chacun se sait surveillé, fiché, recherché par la police. Entre anarchistes existe cependant un code d’honneur immuable : quand un compagnon demande l’asile, on l’héberge sans rien lui demander, surtout pas son identité. On garde ses affaires jusqu’à ce qu’il revienne les chercher … Il les connait tous : Libertad, Victor Kilbatchiche, Henriette Maitrejean, Raymond Caillemin, André Lurulot, André Soudy, René Valet, Octave Garnier, Edouard Carouy, Elie Monier …

Tous vont un jour hélas croiser la route de Jules Bonnot qui débarque de Lyon avec une idée diabolique : l’attaque à main armée avec fuite en automobile. La première opération prend pour cible un convoyeur de fonds de l’agence Société Générale de la rue Ordener … Bonnot est un bandit tragique qui se réclame ouvertement de l’anarchie. Tout s’emballe.

Au-delà de cette dramatique histoire de jeunes manipulés selon des concepts mal assimilés (ce sont les livres de Bakounine, Proudhon, Kropotkine, Grave, Reclus, Malatesta que Dieudonné a serré dans sa valise en venant à Paris), on retrouve dans le Paris de la Belle Epoque les réflexes horrifiés de la population devant les exactions de plus en plus violentes de ceux qui se déclarent adeptes de l’anarchie comme d’une nouvelle religion. L’opinion publique se révolte : « Que va-t-on faire pour protéger les honnêtes gens ? », « Abattons-les comme des chiens enragés ! ». La police, elle, s’équipe : on surveille, on fiche, on analyse les traces dactylaires, on remonte les filières. Surtout depuis l’assassinat de Louis Jouin, le sous-chef de la Sûreté, venu arrêter, sans arme, Jules Bonnot. Une ambiance explosive que nous connaissons aujourd’hui dans le cadre de l’Etat d’urgence …

Dieudonné n’a pas participé à l’attaque de la rue Ordener car il fêtait Noël à Nancy avec sa mère, mais certains ont cru le reconnaître dans la voiture. Il a été formellement innocenté par plusieurs membres de la bande et par Jules Bonnot lui-même dans une sorte de testament écrit avec son sang juste avant d’être abattu par la police, et en dernier ressort, lors du procès par Edouard Carouy et Raymond-la-science. Condamné à mort, il sera gracié par le Président de la République, sa peine étant commuée en travaux forcés à perpétué au bagne de Cayenne. Mais cela est une autre histoire.

Une biographie romancée, qui se lit comme un polar, parfaitement documentée : l’histoire des obscurs, des travailleurs sans pouvoir, du peuple des pierreuses et des crocheteurs vivant au contact de fortunes mirifiques …

Une révolte qui couve sous la cendre mais que la grande tuerie de 1914 va étouffer pour longtemps.

Vivement la suite des aventures d’Eugène Dieudonné !

 

Eugène Dieudonné, un libertaire à la Belle Epoque, biographie romancée par Madeleine Leveau-Fernandez, publié chez Edilivres, 315 p., 20,50€

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22 septembre 2016

Ben : tout est art ?

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Comme le dit le teaser de l’exposition :

« À partir des readymades de Marcel Duchamp, Ben perpétue de façon systématique l’idée selon laquelle une œuvre d’art est reconnaissable non pas par sa teneur matérielle mais exclusivement par la signature.»

Ben au musée Maillol

Voici donc à Paris la première rétrospective de cet artiste inclassable qui a conquis la célébrité par son écriture reconnaissable entre toutes, et sa manie de "signer" tout, y compris la ligne d’horizon ….

Benjamin Vautier (né en 1935) se situe entre le « grand n’importe quoi » et, peut-être, le grand art : artiste, performeur, fédérateur, inventeur d’un nouveau langage et penseur de l’art, il a fondé l’école de Nice aux côtés d’Arman, d’Yves Klein et Martial Raysse, et c’est l’un des premiers artistes en Europe à faire descendre l’art dans la rue.

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Il commence par ouvrir une boutique de disques d’occasion « Le Magasin » à Nice en 1958, et devient l’un des protagonistes du mouvement Fluxus en Europe. Ses premières écritures revendiquent la primauté du contenu dans les mots qu’il écrit, le plus souvent en blanc sur fond noir … mais pas que.

Cette exposition « signe » la réouverture du musée Maillol et la reprise de sa gestion par la société Culturespaces (qui gère, entre autres, le musée Jacquemert-André, la villa Ephrussi de Rothschild, le château et les carrières des Baux de Provence, les arènes de Nîmes, le musée de l'Automobile de Mulhouse ...) après que des travaux importants y ont été réalisés.

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Cette accumulation de truismes m’a tout de même fait sourire … Elles montrent une extraordinaire constance dans la mécanique créatrice de Ben …

Depuis 1958, il raconte inlassablement sur panneaux (mais aussi sur des cageots, des supports inattendus comme des chaises en skai, un confessionnal), ses doutes, ses « riens », ses « tout ». Une forme de culture populaire immédiatement accessible, où l'on cite même Jean-Pierre Pernaut ... c'est dire !!!

C’est sans doute cette somme de phrases, parfois pleines d’humour, parfois profondes, qui constituent une œuvre d’art.

L’exposition interpelle et choque … c’est le but recherché. Une forme d’art … sans aucun doute ! « Qui a raison ? Duchamp ou Matisse ? », « A quoi sert l’art ? » … telles sont les questions ! Un ego sudimensionné et à la fois plein d’autodérision.

Tout comme Ben, je doute …

 

 

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Tout est art, rétrospective Ben au musée Maillol, exposition jusqu’au 15 janvier – 59 – 61, rue de Grenelle 75007 Paris, tous les jours à partir de 10h 30, 12 €

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21 septembre 2016

Pull à col rond taille 42

C'est officiellement l'automne, vive les pulls !

Voici mon interprétation du modèle 264 (page 60) du dernier Cahier de fiches créatives de Bergère de France.

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Je dis bien interprétation car il comporte deux différences par rapport au catalogue : je me suis plantée dans la compréhension d'un des points fantaisie (donc, mon résultat ne correspond pas tout à fait à la photo du mannequin) et j'ai légèrement modifié le col en tricotant juste un roulotté de jersey au lieu de rabattre directement les mailles. Sinon, j'ai tout fait comme indiqué, avec le fil conseillé.

Fileco est un fil de récupération tout à fait agréable à tricoter et à porter, tout doux et qui monte facilement. Ici, dans la couleur "écomauve". Mon échantillon, avec les aiguilles n°4,5 représente 15 mailles et 20 rangs, une fois repassé. J'ai utilisé 10 pelotes.

Dos : monter 79 mailles et tricoter 10 rangs de côtes 1/1 avec des aiguilles un peu plus fines. Prendre ensuite les aiguilles n°4,5 et tricoter droit pendant 74 rangs avant de creuser les emmanchures en rabattant de chaque côté tous les 2 rangs : 1 x 3 m., 1 x 2 m., 4 fois 1 m. : pour ma part, je pratique ces 4 diminutions à 2 mailles du bord en prenant ensemble 2 mailles à droite et en faisant un surjet simple à gauche. A 122 rangs de hauteur totale, creuser simultanément l'encolure (rabattre les 23 mailles centrales puis de chaque côté 2 mailles), et biaiser les épaules : une fois 5 mailles (au même niveau que l'encolure), puis 2 fois 6 mailles.

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Devant : même travail que pour le dos mais en respectant la grille de pavés de points fantaisie. Damiers 3 mailles sur 3 rangs, point de riz, jersey envers, point de riz allongé, côtes avec maille endroit torse, 2 mailles croisées à droite et à gauche - c'est ce point que je n'ai pas su faire !. Il est important de respecter les dimensions respectives des pavés. Le creusement de l'encolure est naturellement plus profond : on laisse en attente sur une aiguille annexe, au niveau du 114ème rang, les 15 mailles centrales puis on rabat séparément  de chaque côté, successivement 3, 2 et 1 mailles.

Manches : monter 39 mailles ; tricoter le poignet sur 20 rangs de côtes 1/1, changer d'aiguilles et monter en jersey en augmentant d'1 maille de chaque côté tous les 10 rangs 7 fois. Commencer l'arrondi de tête de manche au 80 ème rang de jersey (selon la longueur des bras !) en rabattant de chaque côté 3 mailles, puis 2 fois 2 mailles, 8 fois 1 maille, 2 fois 2 mailles et les mailles restantes.

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Montage : coudre une épaule et relever le long du col environ 76 mailles (dont les mailles laissées en attente sur le devant). Tricoter en jersey endroit sur l'endroit 5 rangs puis rabattre à l'endroit sur l'envers au 6ème rang. Repasser tous les morceaux et les laisser sécher.

Coudre l'autre épaule.

Monter les manches puis coudre en continu les coutures des manches et des côtés, rentrer les fils.

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20 septembre 2016

Les Thermidoriens, par Jean Tulard

La critique de Claude :

 

thermidoriens

Jean Tulard est l’un des plus grands spécialistes français de la période napoléonienne. Il s’est logiquement intéressé aux « Thermidoriens »,  personnel politique issu de la période révolutionnaire, et que l’Empereur a su utiliser pour bâtir l’organisation administrative qui a été son œuvre majeure. D’où un livre passionnant de la collection Fayard, sorti en 2005.

Une cohorte étonnante que ces Thermidoriens : pour la plupart des avocats assez prospères, qui se sont fait élire dans leur département à la Convention nationale, où ils ont dû faire face à une situation catastrophique (la guerre avec toute l’Europe, la disette à Paris et dans les grandes villes, l’agitation violente des royalistes et des « Jacobins » - nous dirions aujourd’hui des gauchistes). Ces modérés inspirés par la philosophie des Lumières ont dû prendre de terribles décisions : voter, ou non, la mort du Roi à l’issue de son procès, et entrer dans un dangereux complot contre Robespierre et le Comité de salut public qui  menaçait leurs vies.

Leur succès du 9 Thermidor An II (27 juillet 1794) leur a donné un pouvoir que leur prendra le Général Bonaparte le 18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799). Cette période est appelée « Directoire » parce que le Pouvoir exécutif  y était exercé par un collège de 5 « Directeurs ».

Jean Tulard décrit de façon exhaustive l’œuvre considérable de cette génération. Un peu comme la gauche modérée d’aujourd’hui, les Thermidoriens ont excellé dans la construction des structures administratives : le Préfet (sans écrire le mot), l’Institut, les Ecoles centrale et normales, Polytechnique (œuvre de Carnot, surnommé en 92, à juste titre « l’organisateur de la victoire »), etc.

De même, le Directoire obtint une paix internationale dans de bonnes frontières (Rhin, Pyrénées, Alpes), ouvrit l’amnistie pour les émigrés, et mit au point un décret de séparation des Eglises et de l’Etat qui préfigure la loi fondatrice de la laïcité de 1905.

Mais, comme la gauche modérée contemporaine, les thermidoriens sont des financiers et des économistes malhabiles, ce qui causera leur perte : on sait que la France est entrée dans la Révolution par une crise financière très grave. Les dépenses militaires de 1791- 92, accrues par la corruption des fournitures, ont généré des besoins de financement énormes. Faute de pouvoir lever l’impôt, les assemblées qui se sont succédé depuis 1790 ont inventé et développé une monnaie de singe, l’assignat, billet gagé sur les Biens nationaux. Les glissades monétaires ont été spectaculaires, avec des conséquences sociales et politiques redoutables (chômage et émeutes de la faim, à Paris notamment).

Les Thermidoriens ont été incapables de trouver un remède et la crise financière a miné leur autorité. Elle les a privés de la  sécurité dont les Français, après 10 ans d’agitation, avaient besoin ; c’est sur cette aspiration à l’ordre que le jeune Général Bonaparte (30 ans le XVIII Brumaire) fondera le succès de son coup d’Etat et le consentement des Français.

Une fois de plus l’Histoire guide notre réflexion sur le présent : il n’y a pas de bonne politique sans économie bien gérée.

 

Les Thermidoriens, par Jean Tulard, de L’Institut, aux éditions Fayard – 2005 – 524 p., 25,40 €

 

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19 septembre 2016

Gare aux pirates de la toile ....

Tombée dans le panneau ! Comme une bleue ...

 

pirater-facebook

Escroquée de 12€ en moins de 5 minutes...Je suis verte !!!

Voilà, je ne m'en vante pas mais je vous préviens au cas où !

Depuis quelques temps, je reçois des demandes du style : "Georges Tartempion vous invite à rejoindre son groupe d'amis sur facebook". De parfaits inconnus pour moi, des patronymes tout à fait franchouillards ... Que j'ignore naturellement et supprime dans la foulée puisque je ne les connais ni des lèvres ni des dents. Je ne suis pas en recherche d'amis supplémentaires.

Sauf qu'hier soir, je reçois la demande d'une personne qui m'est chère et qui figure déjà sur ma liste d'amis, mais pas dans un groupe. J'accepte.

Quelques instants plus tard, cette amie prend contact par SMS "Comment vas-tu ?" et me demande de l'aider à débloquer son téléphone portable. Pour ce faire, il faut que j'appelle 3 fois le numéro qu'elle me communique, afin d'obtenir un code à 8 chiffres que je dois lui communiquer pour procéder au déblocage de son compte.

J'effectue la procédure et j'accepte volontiers de payer 9 € pour lui rendre service. Je transmets le code de déblocage. Elle me répond - toujours par SMS -  que son compte est débloqué à 11% mais qu'il faut appeler encore le n° pour obtenir un autre code pour aller jusqu'à 100% ... Dubitative, je m'exécute tout de même : et hop, la procédure recommence. Là, je suis prise d'un doute, d'autant que les textes de mon amie en réponse à mes interrogations sont étrangement mal rédigés, très familiers, pleins de fautes de français ... et là, je me rends compte que je dialogue avec un hacker, jeune, sans doute basé très loin de notre pays ... Bref, je romps l'échange et préviens mon amie que son profil facebook est utilisé à des fins d'escroquerie. J'imagine qu'elle n'en est absolument pas consciente.

En fait, elle a été prévenue par d'autres victimes et facebook a fait le nécessaire. Je suis rassurée pour elle, plus victime que moi, elle qui milite pour le bien-être animal, c'est un comble !!!

Tant pis pour moi ! Je ne suis sans doute ni la première ni la dernière. Et sachez tous que jamais vous ne recevrez de semblables demandes de ma part !!!

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Fantin-Latour, à fleur de peau, exposition au musée du Luxembourg

 

coindetable

 

C’est grâce à ce peintre extraordinairement sensible et précis que nous avons découvert, dans nos manuels de littérature, les visages des grandes figures des arts au XIXème siècle : Beaudelaire, Verlaine, Rimbaud, Zola, Manet, Monet, Whistler, Frédéric Bazille, Chabrier ou de la critique et de la politique comme Camille Pelletan … dans ces fameux portraits de groupe à la manière flamande que sont l’Hommage à Delacroix, Un atelier aux Batignolles ou Le Coin de table.

Henri Fantin-Latour (1836 – 1904) est un artiste profondément indépendant, hostile au mouvement des Impressionnistes qui sont pourtant ses amis, peignant uniquement dans son atelier …

les deux soeurs

la lecture

la jolie belle-soeur

L’exposition du Musée du Luxembourg nous fait découvrir d’autres facettes de son inspiration. Né en 1836 à Grenoble, il vient à Paris travailler dès 1850 et commence par un intense travail de copiste au Louvre. Il prend pour modèle ses sœurs et produit une suite d’autoportraits. En 1859, il rejoint James McNeill Whistler à Londres qui lui présente le marchand d’art Edwin Edwards.

 

roses

Il y rencontre le succès avec de merveilleuses « natures mortes », peintures de fleurs à la manière des grands maîtres flamands, dont les britanniques sont très friands et qui lui assurent de confortables revenus. Des fleurs bien plus "vivantes" que les regards de ses portraits, étrangement indifférents les uns aux autres, isolés dans un décor tout en dépouillement.

A Paris, Fantin-Latour expose au Salon de 1864 l’Hommage à Delacroix. Son talent de portraitiste est reconnu mais il répugne à exécuter des œuvres de commande. Il préfère peindre les membres de sa famille, ses proches … en particulier son épouse Victoria Dubourg et sa belle-sœur, tellement plus jolie ….

autoportrait

Bientôt, artiste reconnu, Fantin-Latour trouve de nouveaux thèmes. Très attiré par la musique, il célèbre Berlioz, Wagner – il vient à Bayreuth en 1876 et découvre « l’art total » -, Schumann par des compositions allégoriques. Il se tourne de plus en plus vers des œuvres d’imagination, des fééries. Ainsi, déclare-t-il en 1869 : « Je me fais plaisir ».

Plus surprenante est l’importante collection de photographies de femmes dévêtues provenant des archives de l’artiste … certaines postures sont reprises dans ses tableaux des dernières années - ces images devant sans doute lui éviter d’avoir recours à des modèles. Ses dernières toiles, des œuvres d’imagination comme « La nuit », annoncent les Symbolistes et l’esthétique fluide de l’Art Nouveau.

En attendant la prochaine grande exposition sur le Second Empire au musée d'Orsay ... Quelle époque épique !

 

 

 

 

Fantin-Latour, à fleur de peau, exposition au musée du Luxembourg, jusqu’au 12 février – ouvert tous les jours de 10h 30 à 18 h., le vendredi jusqu’à 22 h. 12€.

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18 septembre 2016

Un week-end de plaisir ...

... avec nos petits-enfants Apolline et Hugo.

le grand et le petit oiseau

Les garçons ensemble, et les filles de leur côté.

Claude a accompagné Hugo à son match de foot : son équipea gagné (par 4 à 1), et il a tiré un but et réussi une pass décisive.

Apolline et moi, nous sommes allées au cinéma et, en chemin, je l'ai emmenée voir l'école de sa maman. Hélas, malgré les journées du Patrimoine, l'école était fermée ! Je crois qu'Apolline aurait bien aimé pouvoir la visiter.

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Mais elle apprécie aussi de regarder les photos de famille que je réunis chaque année en album, hsitoire de montrer qu'elle a bien grandi puisque le pull à empiècement rond multicolore que je lui ai tricoté n'est déjà plus si grand que ça !

Et nous, pendant ce temps, on se régale tout en offrant à leurs parents un week-end en amoureux.

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La tortue rouge, film d'animation de Michaël Dudok De Witt

 

LaTortueRouge1

Un des plus beaux films d’animation de ces dernières années. Réalisé en collaboration entre les fameux studios Ghibli et les français de Prima Linéa, entre Tokyo, Paris et Angoulême, par le Néerlandais M. Dudock De Witt, qui a remporté plusieurs prix prestigieux. J’y ai emmené Apolline, et je lui ai expliqué à voix basse (nous n’étions que quatre dans la salle !) quelques scènes un peu ésotérique pour elle. Le film est en effet davantage  destiné aux grands qu’aux petits, et vers la fin, un peu long (85 minutes).

Il s’agit d’un conte philosophique qui parle de la difficulté de la vie, du courage, de l'espoir et de la constance dans l'effort, de l’amour, des choix – partir ? rester ? pour qui ? pour quoi ? – et de l’inéluctable fin des hommes. Le héros est un naufragé, échoué sur une île paradisiaque totalement inhabitée : il y a de l’eau douce, des fruits, du bois pour fabriquer un radeau, des poissons, des moules, pas d'animaux hostiles. Et aussi des tortues marines, dont une en particulier. C’est là que l’histoire se corse et devient mythe.

 

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Ce qui fait le charme incontestable de ce film est la qualité du graphisme, qui fait appel à la technique de la ligne claire la plus classique. Les décors, la fluidité de l’animation – sublime scène du tsunami - , la beauté des personnages, le traitement des ombres, les bruitages sont particulièrement réussis. D’autant plus que le film est dénué de tout dialogue dont, en définitive, on voit mal ce qu’ils pourraient ajouter.

 

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Emouvant, esthétique sans être esthétisant, intelligent et sensible : La tortue rouge et sa légende nous accompagnent tout au long de notre vie. Un film qui va devenir un classique, bien loin des grandes machines Hollywoodiennes ou de la technologie à la manière des studios Pixar, plus proche des albums de Tintin, de la lenteur des thèmes de Folon et des estampes d’Hokusaï. Un ouvrage poétique du XXI ème siècle, pour les amateurs de beauté pure qui sont un peu restés des enfants.

J’en redemande !