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27 février 2020

Pommes fuits caramélisées

Idéal pour accompagner une part de boudin blanc ou noir ... et rien ne vaut un peu de douceur quand tout le monde broie du noir ...

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Il faut choisir une variété de pommes  qui résiste à la cuisson, comme des Canada, ou même des Royal Gala. Commencer par peler les fruits, enlever soigneusement la partie interne avec les pépins ... et les couper en six grosses tranches.

Dans une poêle antiadhésive, faire mousser une noix de beurre et rôtir sur toutes les faces les morceaux de pommes en les tournant délicatement avec une spatule afin de ne pas les piquer. Poivrer du moulin mais ne pas saler.

Quand une belle couleur blonde est obtenue, verser un petit verre d'alcool : Calvados ou Armagnac, ou même Whisky. Pencher légèrement la poêle vers la flamme et flamber en arrosant les morceaux de pomme du jus obtenu ...

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26 février 2020

Epidémie, économie, paranoïa ...

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Je vous fais aujourd'hui partager quelques réflexions d'un éminent spécialiste des marchés financiers sur la crise sanitaire que nous sommes en train de traverser et sur ses conséquences sur la marche de l'économie mondialisée. Ce sont celles de Jean–Jacques Friedman, CIO de Natixis Wealth Management. 

"Les mesures de protection des populations et par conséquent les difficultés de reprise de la production pourraient entraîner des blocages dans les chaînes de valeur, déjà ébranlées par la guerre commerciale. « Un tel scénario est de nature à peser sur les marges des entreprises et à brider les perspectives de la croissance mondiale », estime Jean–Jacques Friedman.

(En d'autres termes, les détenteurs d'actions doivent s'attendre à un coup de tabac ...)

D'autant plus que malgré le ralentissement de la croissance mondiale et le feuilleton de la guerre commerciale, la forte progression des indices boursiers observée en 2019 s’explique en grande partie par des facteurs financiers, comme le soutien des Banques Centrales et la hausse des multiples de valorisation."

(Certains évoquent la formation d’une bulle … dont on sait qu’elle peut un jour ou l’autre éclater. Mais les gestionnaires d'actifs veillent, et ils auront même sans doute l'occasion de faire de belles plus-values quand les marchés se relèveront, une fois l'épidémie maîtrisée et les usines remises en route !) 

"L’épidémie du COVID-19 fait naître une réelle menace sur l’économie mondiale que les Bourses mondiales commencent à peine à anticiper. Aux États-Unis, la stabilisation du cycle industriel se confirme : l’économie américaine connaît une croissance robuste, une amélioration du marché du travail et une confiance des ménages au plus haut. En zone euro, si la croissance reste molle, la consommation demeure soutenue et une stabilisation des indicateurs manufacturiers se dessine en Allemagne. Enfin, les pays émergents seront impactés par la crise, avec à court terme, un ralentissement de l’économie chinoise, malgré les mesures de soutien aux entreprises et les injections de liquidités par la Banque Centrale. Les marchés ont toujours tendance à se référer à l’épidémie de SRAS à l’issue de laquelle l’économie chinoise avait rapidement rebondi, sous l’effet d’une forte réduction de la fiscalité. Toutefois, le poids de la Chine dans l’économie mondiale est désormais trois fois supérieur à ce qu’il était en 2003.

Aujourd’hui, ce n’est pas tant le virus qui risque de peser sur l’économie que son traitement sécuritaire. Si demain, les fermetures d’usine perdurent plus longtemps que prévu, les circuits de production internationaux risquent d’être perturbés. D’autant que la guerre commerciale et la prise de conscience des enjeux environnementaux incitent les entreprises à engager des réflexions sur la régionalisation des chaînes de valeur, et donc d'éventuelles relocalisations, mais cela prendra du temps."

Ce que j'en déduis : c'est principalement la panique qui risque de provoquer la crise, encouragée par les chaînes d'information avides de scoops, dans une France complètement hystérisée par l'effondrement de la confiance en tout et en tous. Il faudrait rester vigilants, ne pas céder à des pulsions irraisonnées, ne pas stigmatiser les voyageurs ...

Nous avons le privilège de vivre dans un pays doté d'un système de santé - même si son organisation laisse parfois gravement à désirer - cohérent et efficace. Une telle épidémie n'est pas enrayable selon les moyens ancestraux  - on ne peut pas détecter les personnes contagieuses mais ne présentant aucun symptôme - et il y aura très certainement des victimes - personnes immunodéprimées, atteintes de maladies cardiaques et respiratoires, grands fumeurs, vieillards en fin de vie.

Tout comme la grippe saisonnière et lors de forts épisodes de canicule. A nous de prendre des précautions d'hygiène élémentaires. Arrêtons de nous serrer la main et de claquer la bise à toute rencontre, portons des gants dans les transports en commun, un masque si nous toussons pour quelque raison que ce soit, appelons le Centre 15 si nous présentons les signes d'une grippe - et surtout n'encombrons pas les Urgences ...

Soyons attentifs à nos proches ... et respectons les consignes. Je sais, quand on est français, c'est difficile !

Et puis, il est une belle lueur d'espoir : un vieux médicament, pas cher, utilisé depuis plus de 70 ans dans le traitement du paludisme, la chloroquine (Nivaquine), serait efficace pour soigner en 10 jours la pneumonie causée par le virus ... Les Chinois l'ont testé avec succès sur 100 malades et le professeur français Didier Raoult de Marseille le confirme sur Europe1 ce matin .... Soyons optimistes.

 

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25 février 2020

Tout ce qui est sur terre doit périr, thriller de Michel Bussi

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Ecrire sous pseudonyme est devenu banal sur les réseaux sociaux …

C’est aussi le cas chez maints écrivains – le plus célèbre est sans doute Romain Gary qui reçut un second prix Goncourt sous le nom d’Emile Ajar … ou plus près de nous Patrick Manoukian qui change de pseudo à chaque nouvelle aventure (Ian Manook, Roy Braverman ...)

Pour ce thriller, Michel Bussi, déjà célèbre à travers plusieurs bouquins à grand succès, publie en 2017 sous le nom de Tobby Rolland ce pavé de plus de 700 pages sous le titre de « La dernière licorne », réédité cet été en format poche sous la vraie identité de l’auteur et un nouveau titre …

Si vous aimez les bandes dessinées où le suspens ménage des surprises à chaque tournée de page, les aventures archéo-ésotériques du Professeur Langdon, les prouesses sportives d’Indiana Jones et les belles savantes embarquées dans des aventures aussi invraisemblables que sérieusement documentées, vous allez vous régaler.

700 pages ? Allons donc ! Elles se dévorent et vous emmènent des confins du Kurdistan turco-iranien à Hong Kong, en passant par un moulin à papier de la région d’Ambert (Puy de Dôme), la sublime cathédrale de Monréale à Palerme et jusqu’à Melbourne.

 

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Complètement déjanté et loufoque, ce récit très bien construit vous apprend une foule de notions sur la – ou les légendes – du déluge et de l’Arche de Noé, et accessoirement sur les licornes …

 

Ararat vu d'Erivan

Avec des massacres à la kalachnikov, des milices privées particulièrement véloces, des religieux sans scrupules mais dotés de pouvoirs étendus et œcuméniques (une vue de l’esprit), des paysans kurdes protégeant leur montagne sacrée …

A propos, vous avez remarqué ? La célèbre tenture de la Dame à la Licorne, exposée au Musée National du Moyen-Âge ressemble beaucoup plus à une chèvre (un petit bouc sous le menton et des sabots divisés) qu'à un cheval ...

Bref, on lit ce bouquin comme on regarde une série télévisée qui demanderait un budget dingue … C’est là le grand intérêt du livre : l’imagination est bien plus forte que le cinéma !

 

N.B. : Ne jamais oublier que Michel Bussi est un scientifique, professeur de géographie et expert en analyse sociologique et électorale. Son livre mélange avec un art consommé les notions historiques et politiques bien réelles et son interprétation romanesque, voire romantique. A ceux qui seraient ébranlés par les thèses de certains des protagonistes de cette histoire rocambolesque, je conseille d'aller lire le chapitre "Mont Ararat" de Wikipedia ....

 

Tout ce qui est sur terre doit périr, thriller de Michel Bussi, édité chez Pocket (Presses de la Cité), 764 p. 8,96€

24 février 2020

Siemen Dijkstra, à bois perdu, à la Fondation Custodia

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La Fondation Custodia met en valeur périodiquement les trésors de la fantastique collection du mécène néerlandais Frits Lugt et, "en même temps", elle nous donne l'occasion de découvrir les oeuvres d'artistes hollandais actuels. Et là, cette présentation du jeune artiste Siemen Dijkstra nous a scotché ...

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Paysages où l'eau et la terre se confondent, ornières glaiseuses, forêts clairsemées, images de baies à demi submergées, vaguelettes, herbes et feuillages frissonnants ...

Avec des formats panoramiques, des couleurs pures, on admire les gouaches et les aquarelles mais surtout les gravures en couleurs selon la technique du bois perdu. Elles évoquent naturellement les estampes japonaises, et plus spécialement les paysages d'Higoshige.

Siemen Dijkstra (né à Den Helder en 1968) vit et travaille dans le village de Dwingeloo, dans la Drenthe aux Pays-Bas, où il réalise de spectaculaires gravures sur bois en couleurs. A côté de tous ces détails, Dijkstra ne perd jamais de vue l’image globale : la lumière perçant à travers la végétation, les couleurs qui s’harmonisent, l’atmosphère légèrement brumeuse au loin.

Le procédé de gravure à bois perdu implique que chaque à-plat de couleur est taillé individuellement dans une matrice de bois unique, et imprimé successivement sur le papier. Avec ses grands tirages qui se composent parfois de 10 à 18 couches de couleurs, l’artiste évoque, depuis son atelier, un monde extérieur éloquent. « Ce que j’aimerais vraiment, c’est de pouvoir rendre les odeurs de l’extérieur », dit-il. Ses gravures sentent bien sûr l’encre d’imprimerie, mais avec les formes creusées et les couleurs imprimées, il sait suggérer de façon magistrale la lumière et le ciel, la terre et la verdure.

 

 

A bois perdu, oeuvres de Siement Dijkstra à la Fondation Custodia jusqu’au 10 mai, 121 rue de Lille – 75007 Paris, tous les après-midi sauf le lundi – 10 € en même temps que l'entrée à  l'exposition "Dessiner la figure en Italie".

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23 février 2020

Dernière danse, polar par Mary Higgins Clark

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C'est avec ce premier ouvrage que je découvre les livres de Mary Higgins Clark … et je mesure aujourd’hui – parce qu’elle a disparu - que je suis passée à côté d’une grande dame de la littérature policière. Mais je ne perds rien pour avoir attendu car il est évident que je vais poursuivre dans cette voie.

Cet épisode date de 2018. Nous revoilà plongés dans l’atmosphère de la moyenne bourgeoisie américaine qui vit dans le New Jersey et prend le train pour New York tous les matins. Les femmes travaillent ou tiennent la maison, les maris jouent au golf, les adolescents sont en terminale et préparent leur dossier de candidature dans les meilleures universités de l’Ivy Leage. Et font du sport …

Alors que ses parents sont en week-end, Kerry, 18 ans, en profite pour inviter à une soirée ses camarades. Elle a commandé des bières, ils sont un peu éméchés, elle se dispute avec son boy friend jaloux, tout le monde s’en va avant l’heure où les voisins se plaignent à la police de l’excès de bruit … Sauf que l’on retrouve son cadavre dans la piscine le lendemain matin, la tête fracassée par un club de golf. Plusieurs de ses camarades sont successivement soupçonnés … Pour eux comme pour leurs parents, le cauchemar est total.

C’est l’atmosphère de la série « Whistéria Lane » (traduite en français par « Desperate Housewifes »), la vie sans histoire de l’Amérique aisée et des ados qui se ressemblent partout dans le monde… L’intrigue est bien menée, les suspects nombreux, les médias insistants, des pistes finissent en cul-de-sac … La loi du genre, mais superbement bien mené. L’histoire se lit vite, d’autant plus qu’elle ne vous lâche plus une fois commencée …

Quelques bémols, cependant, à confirmer lors de lectures postérieures : c'est toujours celui que l'on soupçonne le moins qui s'avère être le meurtrier, il faut donc se méfier de chaque personnage. Et la romance est superflue ...

 

Dernière danse (I’ve got my eyes on you), polar par Maary Higgins Clark, traduit de l'anglais par Anne Damour, en livre de poche, 372 p., 7, 90€

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22 février 2020

Studi & Schizzi, dessiner la figure en Italie (1450 - 1700) à la Fondation Custodia

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Visiter une exposition présentée par la Fondation Custodia est toujours très agréable : la galerie du 1er étage est vaste et parfaitement éclairée, les œuvres sont disposées à hauteur de visage, les cartels sont clairs, la foule silencieuse et peu dense … Et on fait à chaque fois des découvertes.

Issus pour la très grande majorité de la collection de Fritz Lugt, voici 85 dessins des grands maîtres de la Renaissance jusqu’à l’époque Baroque, une débauche d’esquisses (Schizzi) et d’études (Studi) préalables à de grandes compositions, comme les mécènes des quinzième et seizième siècles les commandaient pour montrer leur puissance.

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Filippino Lippi, Andrea del Sarte, Annibale Carrache, Carpaccio, Guirlandaio, Guercino, Brandinelli, Barocci, Le Titien … Ce sont les plus doués. Il y en a d’autres, mais ce sont ceux qui m’ont le plus émue. En  particulier, ces esquisses pour Marie-Madeleine (Le Guerchin), ce groupe d’hommes sur fond bleu (Carpaccio), cette tête de jeune garçon de profil vers la gauche attribuée à Domenico Ghirlandaio.

Le propos est de montrer comment les artistes de ce temps représentent la figure humaine en deux dimensions, comment suggérer le volume, les justes proportions, disposer les figures dans un espaces contraint, faire jaillir la lumière …

Ces dessins constituent le préalable indispensable à l’œuvre qui va suivre : on perçoit le procesus de création, les hésitations, enfin le carroyage qui va permettre de réaliser le tableau définitif à l’échelle. Ces traits et hachures, ce modelé, sont si précis, si évocateurs.

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Devant certains portraits, on se dit que les hommes de cette époque n’avaient nul besoin de la photographie pour saisir un regard, une attitude …

Le trait, rien que le trait, dans toute sa simplicité, sans autre medium que la feuille de papier, le fusain, la sanguine ou encore la biacca - la gouache blanche - appliquée en un réseau de lignes parallèles avec la pointe d'un pinceau très fin. Rien que la main du maître …

En prime, deux artistes contemporains sont proposés à la découverte, mais je parlerai plus tard des gravures sur bois en couleurs du peintre Dijkstra et de ses sublimes paysages …

 

Studi & Schizzi, exposition à la Fondation Custodia, 121 rue de Lille – 75007 Paris, jusqu'au 10 mai - tous les après-midi sauf le lundi – 10 € 

21 février 2020

Oeufs parfaits florentine

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L'oeuf parfait c'est un oeuf qui n'est ni à la coque, ni mollet ... Un oeuf cuit 60 minutes à 60 degrés, donc longtemps et à basse température.

L'important est d'abord de sortir les oeufs du réfrigérateur longtemps avant de les cuisiner ... au moins 2 heures. Il faut donc prévoir.

L'idéal est de disposer d'un Thermomix ou du moins d'un appareil capable de conserver constante une température donnée.

Donc, on place les oeufs dans une cuve en les recouvrant d'eau pendant 60 à 65 minutes à 60 degrés.

Ensuite, il faut les retirer rapidement de l'eau de cuisson et les laisser un peu refroidir avant de les délester avec précaution de leur coquille. Un truc : enlever uniquement une sorte de châpeau, et laisser glisser l'oeuf en prenant garde de ne pas le crever. Il est très mou, comme un oeuf à la coque qui resterait entouré du blanc pas tout à fait pris ...

Pendant la durée de la cuisson, préparer la "tombée" d'épinards. Pour deux portions, il faut compter 125 à 150 g de pousses de pousses d'épinards frais. Dans une poêle antiadhésive, laisser chauffer une belle rasade d'huile d'olive puis faire rissoler une gousse d'ail dégermée coupée en tout petits éclats. Laisser les feuilles d'épinards juste le temps de revenir - environ 3 minutes - en les retournant pour bien les imprégner d'huile et d'ail. Saler et poivrer.

Poser les oeufs sur le lit d'épinards juste cuits. Tailler des tranches de pain complet pour faire des mouillettes.

Terminr avec quelques copeaux de parmesan frais et des pluches de persil ....

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20 février 2020

Déambulation dans les rues du Marais

 

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Il faisait un temps superbe, ceux qui étaient partis à la montagne n'en étaient pas revenus, ceux qui s'y rendaient étaient déjà en chemin. Personne ce samedi matin.

 

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Pas de manifs non plus ... Et nous avons marché dans ce quartier qui fut riche des plus nobles demeures avant que le Roi ne fixe sa cour à Versailles.

Au départ de notre pérégrination, l'église Saint Denys du Saint Sacrement, rue de Turenne, puis la rue de Bretagne et ses innombrables boutiques de victuailles, le marché des Enfants-Rouges, cadre d'un des polars historiques de Claude Izner, la rue des Archives ... et l'Hôtel de Ville si convoité, en passant par la rue François Miron.

 

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J'ai une particulière addiction pour les portes cochères et leurs sculptures. Quelle débauche de cariatides, de mascarons, de feuillages et de blasons entortillés !

C'est un des plus anciens quartiers de Paris et certaines demeures moyennâgeuses comme l'Hôtel de Soubise avec ses deux tours poivrières se détachent sur le ciel. 

Une façade m'a étonnée, celle du numéro 61 de la rue des Archives. C'est un immeuble industriel datant du début du XXème siècle. Sa grille en fer forgé est étonnante.

En fait, il s'agit d'un ancien central téléphonique, qui héberge aujourd'hui le Comité d'Entreprise et des sections syndicales de France-Telecom - Orange.

Sur le moment, je me suis demandé si ce n'était pas le siège d'une loge maçonnique : une étoile à cinq branches, des éclairs, des casques d'Hermès, superbes motifs floreaux ...

 

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L'immeuble, achevé en 1912, a été conçu par l'architecte Charles Blondel (celui du théâtre Récamier) et construit sur une structure entièrement en béton armé selon le procédé Hennebique, une nouveauté pour l'époque, la façade de la partie "noble", réservée à l'Administration, étant recouverte de pierre.

Et en poussant plus loin mes investigations, j'ai découvert que cet architecte était effectivement membre du Grand Orient de France ...

 

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Plus loin, en revenant vers la Seine, une petite porte donne accès au cloître de l'église protestante des Billettes (construite au XVIIIème siècle).

L'entrée est libre et on a l'impression de faire un saut dans le temps. C'est le plus ancien cloître médiéval qui subsiste à Paris, il date de 1427 et sert de galerie d'exposition. Un petit bijou de croisées d'ogives, tout à fait étrange ... Mais je n'ai pas retenu le nom de l'artiste exposé dessous.

Une matinée de découvertes, le nez en l'air, dans cette ville merveilleuse, si calme parfois, si agitée souvent ...

19 février 2020

Eugène Delacroix, deux oeuvres peu connues ...

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L’un des maîtres du romantisme en peinture, Eugène Delacroix (1798 – 1863), reste aujourd’hui d’une modernité fantastique … Sa touche nerveuse, ses couleurs, le trait, le mouvement, l'audace des thèmes … tout est fantastiquement contemporain dans sa peinture.

Pourtant, il fut violemment attaqué par les critiques de son temps. Sauf par Adolphe Thiers et Charles Beaudelaire …

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Certaines de ses œuvres emblématiques sont visibles à Paris, et pourtant si peu connues. Il suffit d'entrer dans une église ... havre de calme.

Après La barque de Dante en 1822, Les massacres de Scio en 1824, La mort de Sardanapale en 1828, et la Liberté guidant le peuple en 1831, Delacroix reçoit du Préfet Rambuteau en 1840 la commande d’une descente de croix pour l’église Saint Denys du Saint Sacrement.

Le tableau, également intitulé "Piétà", peint en 17 jours, est présenté en juillet 1844 et naturellement violemment critiqué …

Cette église construite par Etienne-Hippolyte Godde (concepteur aussi de Saint Pierre du gros Caillou) dans le style néo-classique « boîte à chaussures », avec une nef en berceau à caissons, dans cette froideur toute jésuitique du début du XIXème siècle, se situe au coeur du Marais. Je me souviens y être venue popur les obsèques d'une douce amie, tellement émouvantes que l'un de nos anciens collègues a fait un arrêt cardiaque durant la cérémonie ...

La toile de Delacroix est exposée dans la pénombre, dans la chapelle juste à droite de l’entrée. Il faut donc se retourner pour l'apercevoir, venir exprès. Elle vaut le déplacement, tant par sa construction que par ses couleurs, le blanc flamboyant de la Vierge de douleurs … Une pépite qui préfigure l’art moderne. Delacroix est dans la force de l’âge, et il est totalement athée …

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Retrouvons-le à la fin de sa vie, avec son dernier grand chantier (1855 – 1861) : la chapelle des Saints Anges de l’église Saint Sulpice, là aussi, la première chapelle en entrant à droite.

Trois peintures à fresque monumentales qui illustrent des anges combattants : le combat de Jacob avec l’Ange (la plus connue), Saint Michel terrassant le dragon en coupole, Héliodore chassé du temple. Des sujets issus de la Bible, des épisodes connus des seuls intités. Certains y voient l'empoignade de Delacroix avec la peinture.

Présentées en 1861, deux ans avant la disparition du peintre qui y a usé ses dernières forces, cette dernière œuvre vient d’être restaurée minutieusement, et ses traits et couleurs retrouvées. Une merveille …

A noter l'empoignade de l'ange qui déboîte la hanche de Jacob ... un thème fréquemment traité par de nombreux peintres : Rembrandt, Paul Baudry, Gustave Doré, Gustave Moreau, Paul Gauguin, Maurice Denis, Odilon Redon, Marc Chagall ...

 

Eglise Saint Denys du Saint sacrement, 70 rue de Turenne – 75003 Paris.

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18 février 2020

JoJo Rabbit, film de Taika Waititi

 

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Peut-on rire de tout ? Question récurrente des devoirs de philosophie … Comment traiter l’horreur du nazisme à la rigolade ? Chaplin s’y est attelé magnifiquement jadis, Roberto Benigni également … J’ai surtout pour référence « Les Producteurs » de Mel Brooks.

 

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Les derniers mois de la guerre vus à travers le prisme déformant d’un petit garçon solitaire de 10 ans, dont le papa est au front et qui s’est inventé un ami virtuel, Adolf Hitler. Enrôlé avec fierté dans les jeunesses hitlériennes, comme tous ses petits camarades, il a subi l’endoctrinement totalitaire et surtout antisémite depuis sa naissance.

Taika Waititi, réalisateur néo-zélandais de 44 ans, réussit une adaptation subtile du roman de Christine Leuners publié en 2004 « Le ciel en cage » où le héros, Johannes, est un adolescent gravement blessé au front et qui découvre dans le grenier de sa maison une jeune réfugiée juive.

 

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Ici, nous sommes immergés dans la vision d’un enfant pour lequel la réalité et la fiction se mélangent … mais surtout dont les idées toutes faites sont confrontées au monde complexe.

Cela donne un film délirant, burlesque, baroque, coloré, loufoque, plein de gags, de bons sentiments et de ruptures de rythme …

Je l’ai vu en compagnie de deux de mes petits enfants âgés de 15 et 13 ans et il n’était pas inutile de leur rappeler comment l’endoctrinement nazi fut l’une des données majeures de la motivation des jeunes soldats envoyés au casse-pipe en 1939.

Malgré certaines longueurs, le film est superbement interprété – surtout par le jeune Roman Griffin Davis mais aussi la belle Thomasin McKenzie qui fait naturellement penser à Anne Franck – et soulève de bonnes questions sur les haines raciales, la perméabilité aux discours politiques.

N’oublions pas que la violence que nous déplorons dans les rapports sociaux – ou croyons subir en ce moment – n’a rien à voir avec la violence totalitaire et le sort des populations civiles dans la guerre.

Un film pas si comique que ça et qui laisse un drôle goût de cendre dans la bouche …

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