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25 septembre 2018

Les Impressionnistes à Londres, artistes en exil (1870 - 1914)

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La guerre franco-prussienne de 1870, puis l’épisode de la Commune de Paris et les destructions de la « semaine sanglante » auxquels nombre d’artistes ont directement participé et sont désormais proscrits ont conduit de nombreux artistes à se réfugier outre-Manche.

 

ruines de Paris

 

G de Nittis

 

J

 

pont de Charing Cross C Pissarro

 

Claude Monet

D'autres artistes réfugiés économiques cette fois car la clientèle française n'est pas en capacité d'acheter en ces temps troublés, vinrent rejoindre leurs rangs, guidés par l’idée que le marché de l’art y était plus porteur.

Pour certains, ce ne fut pas le pactole, même s’ils rencontrèrent de célèbres galeristes ou purent enseigner leur art (même en français dans le texte exclusivement).

Mais ce ne fut pas tellement le cas pour Claude Monet qui, à 30 ans, préfère éviter la conscription et vient à Londres avec sa jeune compagne. Dalou, Courbet sont plus directement menacés.

Il y a aussi des peintres ouvertement anglophiles comme James Tissot – qui a adopté un nouveau prénom alors qu’il s’appelle Jacques-Joseph – et dont on découvre ici un grand nombre de toiles, très conformes au goût anglais, pleines de couleurs et de jolies toilettes : Le bal sur le pont, le portrait de l’impératrice Eugénie et de son fils dans une belle harmonie de feuilles rousses …

Ces artistes vivent et travaillent, découvrent de nouveaux paysages, en exil comme jadis les nobles à Coblence durant les années révolutionnaires, mais leur séjour durera beaucoup moins longtemps car des lois d’amnistie vont rapidement leur permettre de revenir.

Ils forment une communauté vivante, se laissent influencer au contact des artistes britanniques, apprennent.

 

Famille Dalou

 

Rodin par Legros

Legros par Dalou

 

 

Ils se portraiturent les uns les autres : Rodin par Legros, la famille Dalou ...

Carpeaux continue à louer son protecteur Napoléon III et écrit :

"Tous les jours que j'ai passés dans ce pays m'ont paru bien tristes et bien longs, pour ne pas dire pénibles car j'étais de coeur et de pensée avec ce pauvre Paris si horriblement ravagé par les Prussiens."

 

L’exposition ne recèle pas de chef-d’œuvre majeur, mais donne à voir des tableaux peu montrés ou dispersés.

 

J’avoue avoir découvert un peintre très productif comme Alphonse Legros, on perçoit la mode des peintres préraphaëlites comme Millais    …

On apprécie plusieurs toiles de Whistler dont l'une me semble très influencée par l'art de l'estampe japonaise.

 

 

Les deux dernières salles sont superbes avec les jeux de lumières sur le palais de Westminster vu depuis la chambre de Monet, revenu à Londres et enfin reconnu à sa juste valeur.

Et puis, en mode « défi » les couleurs éclatantes d’André Derain et sa version de Big Ben …

 

Les Impressionnistes à Londres, artistes français en exil (1870 - 1914) au Petit Palais – fermé le lundi – 13,5€, jusqu’au 14 octobre.

 

 

 

 

 

 

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Whistler

 

Derain Big Ben

 

 


24 septembre 2018

Une nouvelle présentation des modèles de tricot

A tous mes amis fans de tricot !

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Je suis souvent interrogée au sujet des explications de modèles publiées sur ce blog.

Nombreux sont les lectrices (-eurs) qui ne se retrouvent pas facilement dans la liste purement alphabétique placée dans la colonne de gauche sous la rubrique "ABC Tricot".

Je modifie donc cette liste en classant désormais les modèles par genre soit "pour les fillles", "pour les garçons" ...etc.

J'espère ainsi faciliter le repérage des modèles dont une taille seulement est indiquée ... Car je ne tricote qu'un seul pull à la fois et donc, ne donne que les résultats de mes ouvrages ... Il suffit de suivre le lien.

Voici donc la nouvelle liste des modèles de tricot mise à votre disposition : comme toujours, je vous invite à me signaler toute erreur (mauvais lien ou doublon).

 

Pour les bébés :

Boléro en coton taille 6/9 mois

Bonnet jacquard à oreilles

Bonnet "sortie de maternité"

Bonnet et chaussons de Noël

Brassière top down au point mousse et au point de riz pour Jeanne

Brassière top-down jersey et mousse pour garçon

Brassiière immémoriale en rangs raccourcis (1 à 3 mois)

Brassière en jersey nervuré pour Brahim

Bonnet pointu (1 an et +)

Brassière croisée vanille-chocolat

Brassière à empiècement (6 mois)

Brassière mousse croisée avec ceinture

Brassière jersey motif jacquard en creux "nounours"

Brassière à empiècement rond

Brassière bayadère 1er âge

Brassière jersey classique "top down"

Brassière à col volanté

Brassière rayée (s'ouvre dans le dos ou devant)

Brassière rayures tennis (6 mois)

Cache-coeur et bonnet pointu (0-3 mois)

Cagoule "juste pour les yeux" (1-2 ans)

Cardigan à empiècement rond (6 mois)

Cardigan bariolé taille 6 mois

Cardigan jacquard 12-18 mois

Cardigan Raphael à torsades, taille 6 à 12 mois

Chaussons au point mousse (taille naissance à 1 an)

Combinaison clown blanc

Couverture de berceau au crochet Ripple Afghan

Gilet Arlequin (3 mois)

Gilet classique taille 3 mois

Chaperon rouge taille 6 mois

Paletot de nuit (GRR) taille 6 mois

Paletot rangs raccourcis sans manches 6 mois

Pantalon à bretelles

Pull et bonnet de mini-matelot (6 mois)

Pull et bonnet Hugo 1 an

Pull "chaussette"

Salopette mi-mousse

T - Brassière point mousse

Veste fille à empiècement côtes 6/9 mois

Veste en un seul morceau 1er âge "top down"

Veste "Juliette" taille 6 mois

Veste "Camille" top down 1 an

Manteau à capuche au point mousse

Mini manteau de bébé croisé taille 3 mois

Paletot croisé avec biais en Liberty (9/12 mois)

Paletot de nuit (GRR) taille 6 mois

Paletot rangs raccourcis sans manches 6 mois

Paletot raglan mousse

Paletôt mousse à rayures asymétriques

Pull et bonnet de mini-matelot (6 mois)

Vareuse en alpaga (2 ans)

 

Accessoires (écharpes, châles, chauffe-épaules, bérets ...)

Béret à pompon au point de riz

Carré de jersey

Châle "Rambouillet" en mohair point ajouré

Chauffe-épaules avec volants en rangs raccourcis

Echarpe longue à motif irlandais

Echarpe en "queue de dragon" gris et rose

Echarpe queue de dragon bleu rose et gris

Echarpe queue de dragon rose, rouge clair et gris

Plaid reversible pour le berceau ou la poussette

Snood patchwork

Snood en laine mèche

Snood au point de blé

Tour de cou enfant en forme de feuilles

Tour de cou ajouré avec pampilles

Tricot de poupée

Blouson au point mousse pour poupée 40cm

 

Pour les filles de 2 à 12 ans

 Boléro à basques courtes taille 2 ans

Boléro-Gilet du jubilé (taille 3/4 ans)

Boléro manches volantées taille 10 ans

Bonnet jacquard pied de coq 12 ans

Bonnet en rangs raccourcis

Cardigan léger au point nids d'abeilles taille 4 ans

Cardigan classique pour fille taille 7 ans

Cardigan à trous-trous, taille 10/12 ans

Gilet à volants taille 2/3 ans

Gilet "Clara" à point de vagues 3 ans

Gilet d'été pour fille à double torsade et à poches (11 ans)

Gilet top-down en coton taille 12 ans

Gilet top-down au point mousse 6-8 ans tout en coton

Gilet jacquard sans manches taille 3 ans

Gilet "Eden Park" taille 4 ans avec poches

Gilet à torsades sans manches col en V 5 ans

GRR en taille 8 ans point mousse

Marinière rayée pour fille (4 ans)

Marinière au féminin (taille 12 ans), emmanchures raglan

Marinière en coton au point mousse (12 ans)

Manteau Miss Korrigan taille 6 ans

Paletot à poches, technique top-down, 3 ans

Paletot au point ajouré 10 ans

Pull irlandais taille 6 ans pour Apolline (mixte)

Pull à plastron torsadé en emmanchures marteau 8 ans

Pull à encolure bateau taille 8 ans

Pull à empiècement rayé multicolore en mousse 8 ans

Pull classique à manches marteau 4 ans

Pull de fille à motif jacquard (4 ans)

Pull à empiècement rayé multicolore en mousse 8 ans

Pull classique à manches marteau 4 ans

Pull de fille à motif jacquard (4 ans)

Pull de fille au point "corbeille d'osier" taille 5 ans

Pull de fille à torsades, encolure asymétrique (4 ans)

Pull raglan à bordure coeurs (3 ans)

Pull rayé à trous-trous taille 5 ans

Pull à torsades, encolure asymétrique (4 ans)

Vareuse en alpaga (2 ans)

Veste confortable à col taille 6 ans pour fille

Veste douillette en côtes perlées taille 12 ans

Veste kimono au point de blé taille 2 ans

Veste à double plastron torsadé col rond taille 8 ans

Vestote 3-4 ans

 

Pour les garçons de 2 à 12 ans

Blouson classique à bords-côtes tenant, taille 4 ans

Blouson "Teddy" taille 6 ans

Blouson à l'irlandaise (taille 7 ans) pour Benjamin

Blouson recto/verso à l'irlandaise (Taille 8/9 ans) pour Hugo

Cardigan classique pour garçon taille 10 ans

Débardeur col en V taille 7 ans

Débardeur à plastron torsadé taille 8 ans

Débardeur rayé taille 10 ans

Gilet de garçon en coton sans manches

Gilet au point de riz (5-6 ans)

Gilet Rudy, en 2 ans (top down)

Marinière en alpaga (4 ans)

Polo à larges rayures taille 5 ans

Polo de garçon à l'ancienne avec torsades (6 ans)

Pull à torsades 3 brins et col montant (8 ans)

Pull de garçon avec motif irlandais taille 8 ans

Pull à double torsade centrale taille 6 ans

Pull en "V" aux couleurs du FC Barcelone, taille 7 ans

Pull de marin en jersey nervuré taille 10 ans

Pull classique de garçon taille 12 ans, encolure en V

Pull encolure tunisienne 2 ans

Pull norvégien "Marius" taille 5 ans

Pull classique (boutonné sur l'épaule) au point de chevrons 3 ans

Veste à col châle et torsades doubles pour garçon (taille 10 ans)

 

 

Pour jeunes filles et femmes

Blouson à plastron torsadé à ouverture asymétrique (taille 42)

Blouson "Arlequin unicolore" taille 42

Boléro en laine mèche taille 42

Cardigan pour femme (42) en laine imprimée chinée

Cardigan Magma à plastron torsadé en 42

Cardigan estival à jours zig-zag en coton en 42

Cardigan de trappeuse en 40/42

Gilet à rangs raccourcis (GRR) taille adulte

Pull à encolure bateau (le même) en taille 42

Pull femme en laine péruvienne encolure V taille 42

Pull femme en laine péruvienne encolure V taille 38

Pull confortable à motif de jours en taille 42

Pull à torsades alvéolées à encolure en V taille 44

Pull arachnéen ras de cou taille 42

Pull femme "soleil" taille 42 en coton ajouré 

Pull à col rond taille 42 en fil recyclé

Pull raglan à col cheminėe taille 42 près du corps

Pull à col cheminée et torsades ajourées taille 40

Tunique (42) au point corbeille d'osier

Tunique à emmanchures raglan torsadées (42)

Veste d'intérieur à col châle et torsades ( 42)

 

Pour homme

Blouson zippé pour homme en taille XXL

Veste-gilet confortable pour homme en taille XXL

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Journal d'un observateur, par Alain Duhamel, de l'Institut

 

Alain Duhamel

Nul n’ignore mon vif intérêt pour la politique, et mon attention jamais démentie pour ses acteurs et commentateurs.

Ma génération a connu bien des rebondissements, des décennies de crises quasiment ininterrompues depuis 1974, des alternances décevantes et stériles … c’est aussi la génération du triomphe de la télévision dans le débat politique (et aujourd'hui de l'ingérence des réseaux sociaux).

Aussi ai-je adoré parcourir avec Alain Duhamel son dernier livre intitulé « Journal d’un observateur ».

J’avais déjà beaucoup apprécié son histoire personnelle de la Vème République (2015) mais là, ce grand journaliste dresse le bilan de son éclatante carrière professionnelle comme analyste des courants d’opinion, intervieweur de toutes les figures politiques, animateur d’émissions télévisées passionnantes (pour ceux que la matière intéresse !) écrivain désormais devenu immortel puisque membre de l’Institut.

Il est né en 1940, nous sommes donc de la même génération à six années près. Il a suivi un cursus universitaire bien plus brillant que le mien qui fut fort court mais néanmoins marqué à jamais par la rigueur délicieuse des études à Sciences Po où il a enseigné. Il est marié depuis 1967 (comme moi !) à France (quel symbole !) et habite depuis longtemps sur le même trottoir que moi : il m’arrive de le croiser, toujours aussi élégant dans ses vêtements très british, tout empreint de la sobriété protestante. Bref, je suis fan et je ne m’en cache pas.

Voici donc un rapide mais très dense survol de dix élections présidentielles, des ses ténors et de ses victimes, des courants de pensée et des antagonismes, des « affaires » et des fiascos. Alain Duhamel s’est imposé comme le parfait animateur de débats permettant à tout un chacun, dans le confort de son salon, de se forger une conviction politique. Il ne l’a pas fait seul mais avec des complices auxquels il rend hommage, comme aux journalistes qui lui ont confié, dès 1960, de grandes responsabilités : Jacques Fauvet, Pierre Desgraupes, Philippe Labro, et ses acolytes radiophoniques et télévisuels : Jean-Pierre Elkabbach, Olivier Mazerolle, Michel Bassi, Jean-Michel Apathie, Etienne Mougeotte, Jean-Marie Colombani, Albert du Roy, François-Henri de Virieu, Marc-Olivier Fogiel, Michèle Cotta, Catherine Nay …

Un observateur attentif, s’efforçant de respecter la liberté d’expression et le pluralisme et aussi un travailleur acharné. Dans un style limpide, il délivre un jugement sans concession sur les forces et les faiblesses de ces hommes et ces femmes qui nous gouvernent. Il y apporte aussi la preuve qu’entre journalistes et politiques, la proximité n’est pas incompatible avec la distance. Il note avec lucidité qu’un bon candidat ne fait pas forcément un bon gouvernant et que l’inverse est tout aussi vrai.

Alain Duhamel fait partie de la cohorte des éclaireurs de la société française, mais sans tomber dans le déclinisme. « Jadis précoce, aujourd’hui attardé », ainsi se définit-il. Européen réformiste, attaché aux institutions de la Vème République, libéral en économie mais plus colbertiste que thatchérien, girondin plus que jacobin … modéré, en somme. Un positionnement dans lequel je me retrouve pleinement.

Ce livre ne fera pas que des heureux mais il se termine par une note d’espoir …

Journal d’un observateur, essai d’Alain Duhamel, de l’Institut, aux éditions de l’Observatoire, 330 p., 20€.

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23 septembre 2018

Les frères Sisters, western de Jacques Audiard

 

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A 66 ans, Jacques Audiard ne court plus après les récompenses.

Il s’attaque ici à un genre terriblement codifié où d’autres avant lui se sont cassé les dents : le western. Il a pour lui sa riche expérience de films « sauvages » et s’en tire plutôt avec les honneurs. Il a dédié ce film à son frère aîné trop tôt disparu. On comprend pourquoi.

 

frères sisters

 

Warm et Morris

C’est l’acteur John C. Reilly qui a acheté les droits du roman de Patrick deWitt à l’origine du scénario. Il tient ici le rôle le plus riche, celui de Charlie, le frère aîné de ce couple de tueurs à gages lancés à la poursuite d’un chimiste qui a inventé un produit miracle permettant de faire briller l’or quelques instants à travers l’eau de la rivière aurifère.

Deux duos donc : les nettoyeurs Charlie et Eli, le cadet sans doute schizophrène, alcoolique et hyperviolent (Joaquin Phoenix), et deux intellos (Jake Gillenhaal, l’élégant détective chargé de retrouver le chimiste Warm incarné par Riz Ahmed).

Les uns poursuivant les autres, qui vont rapidement aussi être poursuivis par d’autres nervis, le quatuor va se retrouver autour d’une utopie qui s’avèrera aussi aurifère que mortifère.

Les codes du genre sont respectés : des chevaux, des fusillades, des chercheurs d’or, des saloons, des villes-champignons aux rues transformées en fleuves de boue (réminiscence du « Grand Sam », d'Henry Hataway, sorti en 1960, mon western préféré !), des paysages infinis …  un western psychologique et écologique très européen tout de même, un peu trop long (2 heures), sombre, barbare, brutal, rugueux, sanglant …

J’en retiens la belle interprétation des acteurs, en particulier le jeune britannique Riz Ahmed, dont le regard s’illumine à l’évocation de son projet fou de créer à Dallas un phalanstère où chacun recevrait selon ses besoins … Comme quoi, jusqu’en Oregon, en cette année 1851, au milieu de nulle part, la quête de l’harmonie universelle de Charles Fourier émerge  ….

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22 septembre 2018

Picasso Bleu et Rose au musée d'Orsay

 

la vie

C’est l’exposition qu’il ne faut pas rater en ce début d’automne, même s’il faut endurer la queue, même si la foule rend la déambulation difficile.

Réservez, venez un matin à l’ouverture, mais venez admirer cette extraordinaire réunion de 300 œuvres majeures de la jeunesse de Pablo Picasso (1881 – 1973), ses périodes Bleu et Rose.

 

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On a peine à s’imaginer que ces tableaux ont été peints dans un laps de temps si court – entre 1900 et 1906 - par un peintre si jeune. Entre conscience de son génie et solitude, Picasso a exposé pour la première fois dans le cabaret catalan Els Quatre Gats une série de petits portraits des artistes de son temps.

 

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la célestine

 

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Il vient désormais régulièrement à Paris où il côtoie les grands courants de la peinture moderne : ses autoportraits témoignent de l’influence de Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Gauguin, les néo-impressionnistes ….

Il expose chez Ambroise Vollard puis adopte une teinte d’une tristesse infinie : le bleu.

Il fait référence explicitement au suicide de son jeune ami, le peintre Carlos Casagemas, qui a tenté de révolvériser la fiancée qui l’avait éconduit puis a retourné l’arme contre lui-même.

Il le représente sur son lit de mort et lui donne ses traits dans son grand tableau « la vie ». A Paris, Picasso va voir le cirque Médrano et peint des saltimbanques, visite les bordels et les prostituées enfermées à Saint-Lazare, il représente ces artiste de cirque seuls ou en famille, le regard perdu dans le vide.

 

avec le cheval

 

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Ses figures sont allongées, soulignées de noir, dénuées de fond, jouant sur les harmonies de grands aplats bleus et de rose comme dans « l’acrobate à la boule ».*

Et puis soudain, à l’été 1904, la palette se réchauffe et tout devient rose orangé …

J’ai adoré le visage attentif du grand frère qui porte son cadet sur le dos, à la figure comme effacée … Picasso s’est désormais installé à Paris, au Bâteau-lavoir, fréqunte les poètes, il est repéré par Gertrude Stein dont il fait le portrait … il peint toujours des saltimbanques, des arlequins.

C’est la première fois qu’autant d’œuvres en bleu et rose sont ainsi réunies.

Lorsqu’on songe à l’extraordinaire production ultérieure de Picasso, on reste ébahis. Cette exposition va faire accourir des amateurs d’art du monde entier. Nous l’avons vue le lendemain de son inauguration, le matin, et on entendait des commentaires dans toutes les langues. Un événement majeur mais surtout une émotion à ne pas manquer.

 

Picasso en bleu et rose, au musée d’Orsay en collaboration avec le musée national Picasso-Paris, la Fondation Beyeler (Bâle), des prêts exceptionnels du Musée Picasso de Barcelone et du musée des beaux-arts Pouchkine de Moscou,  jusqu’au 6 janvier.


21 septembre 2018

Tu t'appelais Maria Schneider, roman de Vanessa Schneider

 

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C’est une incantation, une conversation à sens unique avec l’au-delà entre une petite fille de bientôt 50 ans et sa cousine plus âgée de 17 ans, aimée, admirée, pleurée … oubliée.

A travers l’évocation de celle qui fut la scandaleuse jeune première d’« Un dernier tango à Paris », Vanessa Schneider exorcise les démons de sa propre enfance dans une famille pas vraiment dans les clous.

Ce film sorti en 1972  - que nous avions vu dès sa sortie - et aussitôt devenu culte – cul-te – où le réalisateur Bernardo Bertolucci met en scène dans une lumière orange l’emprise violente d’un homme sur le retour – Marlon Brando – sur une beauté immature, avec une scène de « viol » qui, selon la principale intéressée, et même si la sodomisation à l'aide de beurre fut simulée, fut pour la jeune femme une totale surprise, a fait le tour du monde.

La douleur de cette escroquerie intellectuelle qui a propulsé Maria  - bien trop jeune pour cette célébrité soudaine - au pinacle de la pornographie, n’a jamais cessé et sa carrière s’en est trouvée totalement biaisée.

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Et elle n’avait pas besoin de ça pour être déstabilisée. Fille adultérine de l’acteur Daniel Gélin qui ne s’intéresse à elle que lorsque sa beauté irradie mais ne la reconnaîtra jamais juridiquement et la traîne avec lui de boîte de nuit en plateau de cinéma, bientôt en rupture de ban et fuyant ses parents, elle se réfugie chez son oncle paternel, le père de Vanessa (un prénom donné en référence à Vanessa Redgrave dans « Blow Up »), dans une famille d'intellectuels tout à fait atypique.

Michel, le père de Vanessa, est un brillant haut fonctionnaire d’obédience maoïste. Il vit avec sa femme et ses enfants dans une HLM du 13ème arrondissement, au milieu d’une faune de hippies fumant des pétards, où l’on s’habille avec des blouses brodées et de longues jupes bariolées, fabrique des bijoux d’argent tintinnabulants, où l’on emmène les petits à toutes les manifs … C’est là que pousse la jeune Vanessa, une excellente élève qui aura fort à faire, intégrant Sciences Po, pour adopter les codes vestimentaires de la bourgeoisie.

Maria apparaît et disparaît tour à tour, bientôt complètement camée, vivant la nuit, arrivant shootée au studio, ne se voyant proposer que des rôles où elle apparaît dévêtue, ce qu’elle refuse. Elle se détruit peu à peu mais trouve des appuis fidèles et efficaces : Alain Delon, Frédéric Mitterrand, Brigitte Bardot surtout, qui l’aidera jusqu’à la fin.

Vanessa Schneider, à travers ce roman-biographie-autobiographie, exorcise sa propre enfance décalée, magnifiquement surmontée, résiliente, dans un style nerveux et tendre à la fois, plein de notes d’ambiance justes, attendrissantes, aussi réalistes que cruelles. Un témoignage poignant sur les ravages de la drogue et d’une révolution sexuelle qui n’a pas eu que des côtés positifs. Un beau livre …

 

Tu t’appelais Maria Schneider, roman de Vanessa Schneider, chez Grasset, 250 p., 19€

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20 septembre 2018

Giacometti, entre tradition et avant-garde au musée Maillol

affiche GiacomettiPrivilège d'habiter Paris : une foule de nouvelles expositions passionnantes se sont ouvertes cette semaine. Commençons par une petite mise en jambes avec cette belle rétrospective des œuvres du sculpteur suisse qui a produit l’essentiel de son travail à Montparnasse.

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L’art singulier d’Alberto Giacometti (1901 – 1966) évolue à travers ses rencontres avec les sculpteurs classiques et modernes de son temps : Rodin, Bourdelle, Maillol, Despiau, Brancusi, Laurens, Lipschitz, Zadkine, Richier, Csaki. Le grand intérêt de cette exposition est de montrer ces influences, mais aussi la grande permanence du style du sculpteur.

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Fils d’un peintre postimpressionniste, Alberto Giacometti commence, dès ses 13 ans, par modeler les visages de ses proches et en particulier de son frère Diego.

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On assiste ainsi à l’évolution des influences qu’il intègre à son style, des œuvres de jeunesse à son retour à la figuration d’après modèles vivants à partir de 1935, jusqu’à la figure iconique de l’homme qui marche (1960), en passant par la tentation de l’abstraction en marge du surréalisme.

Une obsession : les visages, et une constante : des socles disproportionnés ...

 

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La confrontation entre les figures filiformes de Giacometti et les odalisques voluptueuses d’Aristide Maillol est fantastique …

Reconnaissables entre mille, les silhouettes tourmentées et étirées à l’extrême de Giacometti ont marqué ma jeunesse. J’ai beaucoup apprécié de voir que cette forme d’art fut un aboutissement cohérent et conscient.

Giacometti, ou la grâce de la fragilité, l'inaccessible tension vers l'infini : où vont donc ces silhouettes qui marchent ?

Giacometti, entre tradition et avant-garde au Musée Maillol – fondation Dina Verny – jusqu’au 20 janvier – 61 rue de Grenelle – Paris 7ème . 13,50 €.

19 septembre 2018

Escalope "cordon bleu"

Encore un classique de la cuisine familiale hélas si souvent défiguré par l'industrie agro-alimentaire ...

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La recette serait en fait dérivée de celle des côtelettes de poulet "à la Kiev" et aurait vu le jour en Amérique ... Mais elle fait le bonheur de bien des enfants, et même paraît-il de notre Président.

Je me suis efforcée de la réaliser de façon académique. J'ai utilisé de grandes escalopes de veau bien aplaties de forme rectangulaire.

Ensuite, j'ai moi-même fabriqué ma chapelure en passant au mixer un quignon de pain pas tout à fait rassis en obtenant une matière grumeleuse régulière mais pas trop fine.

Il faut étaler le veau sur la planche, disposer dessus une tranche de jambon cuit en coupant ce qui pourrait dépasser, puis une ou deux tranches fines de fromage de type Edam ou Emmental bien filant en cuisant. Plier le tout en portefeuille.

Préparer 3 assiettes. Dans la première mettre de la farine, dans la deuxième un oeuf battu, dans la troisième la chapelure. Passer les cordons-bleus successivement dans les trois assiettes en faisant bien adhérer la croute. A ce stade, on peut les laisser attendre au frais. Inutile de saler.

Cuire à feu modéré dans moitié beurre moitié huile neutre jusqu'à une belle dorure de la croûte. En fondant, le fromage va souder les deux faces de l'escalope. Servir avec une giclée de jus de citron.

C'est très calorique, mieux vaut servir avec une salade !!!!

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18 septembre 2018

Rue Mallet-Stevens, ou le patrimoine architectural vivant !

 

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Il y a quelques années, nous avions visité quelques hôtels particuliers de cette impasse qui ouvre sur la rue du Docteur Blanche, dans le XVIème arrondissement, accessibles à l'occasion des journées du patrimoine.

 

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Dimanche après-midi, nous sommes retournés dans cette voie privée où l'architecte Robert Mallet-Stevens (1886 - 1945) aménagea une vaste emprise pour y construire plusieurs immeubles, dont son agence d'architecture.

Architecte, décorateur, concepteur de meubles, de magasins et de décors de cinéma, Robert Mallet-Stevens fut terriblement en vogue entre le début des années 20 et le tournant des années 30, pour tomber quasiment dans l'oubli après sa mort en 1945. C'est une des figures majeures de l'architecture française de l'entre-deux-guerres, en tant que l'un des principaux représentants du Mouvement moderne.

Sur une emprise de 3800 m² et une ouverture de 35m sur la rue, il a créé en 1927 une voie jalonnée de plusieurs hôtels particuliers construits pour différents propriétaires : Allatini au n°5, Dreyfus au n°7, Reifenberg au n°8, l'atelier des frères Martel au n°10 et son propre domicile au n°12.

 

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Tous différents, mais tous du même style épuré de volumes rectangulaires, cernés de menuiseries métalliques noires. Près de 100 ans après leur édification, ces maisons sont toujours aussi modernes, les jardins sont devenus luxuriants et cette enclave de calme donne une furieuse envie de vivre dans cet environnement béni.

Et il n'est pas nécessaire d'attendre les prochaines journées du patrimoine pour aller voir cet ensemble unique à Paris.

Posté par mpbernet à 07:41 - Coup de coeur - Commentaires [3]
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17 septembre 2018

40, rue de Sèvres, l'ancien hôpital Laënnec revisité

 

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Comme elle avait été annoncée à grand coup de pleines pages dans la Presse à l'occasion des journées du patrimoine, la visite du siège du groupe Kering et de la maison Balenciaga me semblait exiger une longue queue de visiteurs ...

Pas du tout ! Nous nous y sommes pointés samedi vers 13h 30 et nous sommes entrés sans aucune attente.

 

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Il faut dire que le chantier de la réhabilitation de cet immense parcelle en plein 7ème arrondissement avait duré plus de 10 ans et généré une foule de polémiques : imaginez qu'il était prévu d'y construire des logements sociaux, qui risquaient perturber la quiétude des riverains ...

Bref, de recours en recours, de difficulté technique - la sacristie de la chapelle se trouva malencontreusement démolie en cours de chantier - en retards de construction, nous avions l'impression que ce programme hyper-complexe ne sortirait jamais de terre. Et à vrai dire, je ne sais pas combien de logements sociaux ont été finalement réalisés sur le pourtour du terrain ...

Et voilà que renaît dans toute sa pureté originelle ce bâtiment de style Louis XIII édifié à l'origine pour permettre aux plus humbles de terminer leur existence. L'implantation de cet hôspice des incurables revêt la forme d'une double croix de Jérusalem. L'administration de l'Assistance publique l'a vendu en 1990 - avec deux autres hôpitaux - pour financer la construction de l'hôpital européen Georges Pompidou, le groupe Allianz en est aujourd'hui le propriétaire.

 

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L'hospice des Incurables fut fondé en 1634 par le grand aumonier de Louis XIII, le Cardinal de La Rochefoucauld, exauçant le voeu de l'abbé Joulet de Châtillon, aumonier d'Henri IV. L'hospice continue à accueillir les malades jusqu'en 1869, puis devient un hôpital indépendant et prend le nom de René Laënnec en 1878.

La réhabilitation a permis de remettre en valeur les volumes des grandes salles qui donnaient sur la chapelle et de reconstituer les jardins qui ponctuent les façades comme autant de cloîtres à ciel ouvert à partir de dessins anciens. C'est à présent un havre de paix en plein Paris.

A l'est de la vaste chapelle, qui a conservé sa belle chaire et son maître-autel comme ses peintures d'origine mais est devenue un espace d'exposition d'oeuvres contemporaines de la collection François Pinault, la maison de couture a choisi de projeter des images des collections du couturier (Cristobal Balenciage 1895 - 1972), totalement inédites.

Ici, tout est rigueur, silence, calme et volupté  ... avec un petit clin d'oeil toutefois : le groupe Kering (ex Pinault-Printemps-Redoute), c'est la famille de François Pinault. Le magnat breton du luxe ... a donc choisi de fixer son siège social tout à côté d'un des fleuron du Groupe LVMH et de son rival Bernard Arnault, à touche-touche du Bon marché ....

Et un petit élément de fierté toute personnelle : le mobilier de jardin du siège de Kering est équipé des mêmes fauteuils Fermob que ceux de ma terrasse ....

 

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Kering plan site

 

Posté par mpbernet à 07:35 - Journal de bord - Commentaires [4]
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