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01 février 2012

Sherlock Holmes 2, jeu d'ombres, film de Guy Ritchie

deux hérosUn duo de choc : Robert Downey Jr (Holmes) et Jude Law (John Watson), un méchant absolu : Jared Harris (professeur Moriarty) qui a incarné le directeur financier britannique de l’agence de publicité de Mad Men, une belle tzigane (Noomi Rapace) déjà vue dans la première version de Millenium et même un acteur français (Thierry Neuvic), un Mycroft (frère de Sherlock) très convaincant (Stephen Fry) très à l’aise dans une scène de nu ….Une recette infaillible pour faire de ce film américain très britannique un feu d’artifice de scènes d’actions teinté d’humour décalé, très évocateur de la bande dessinée.

 

scène du balUne mention spéciale aux décors, magnifiques : l’usine d’armement, le combat dans la forêt, la scène du bal, la reconstitution de la dernière scène du Don Giovanni à l’Opéra de Paris ….

L'évocation du dernier combat entre les ennemis irréductibles - Holmes et Moriarty - tombés dans la chute vertigineuse de Reichenberg est conforme au roman de Sir Arthur Conan Doyle. Mais nous n'oublions pas - et le réalisateur non plus - que les protestations des lecteurs furent si vives que l'auteur dût ressusciter le héros dont pourtant il aurait bien voulu se défaire.

Cela ne "touche pas des pieds", on rit, on sursaute, on s'inquiète.... Du pur divertissement, enlevé et tonique. Pas intellectuel pour deux sous, jubilatoire.

A voir sur grand écran absolument. Mon seul bémol : la formidable ressemblance de Robert Downey Jr. avec José Garcia, qui me faisait penser que je regardais peut-être la troisième version de La Vérité si je mens, sortie le même soir …..

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31 janvier 2012

La vie est un choix, mémoires d'Yves Boisset

YBoissetNé en 1939, Yves Boisset aurait pu, contrairement à certain homme politique, voir débarquer les alliés en Normandie. Il se souvient seulement de l’affolement de la foule pendant le Te Deum à la Cathédrale de Paris où De Gaulle resta d’un calme marmoréen sous les rafales des snipers. Il nous donne ici ses souvenirs de chercheur infatigable de la vérité et de pourfendeur de la bêtise, à travers près de 50 films en presque 50 ans, souvenirs encore très frais d’un vieux jeune homme athlétique (il fut recordman de France du 300m) à la voix grave et chaleureuse. Des films qui défrayèrent à peu près tous la chronique, furent poursuivis par la censure, bref, une carrière d’empêcheur de tourner en rond.

L-affaire-DreyfusParadoxalement, pour moi, ce sont les films tournés pour la télévision que j’ai trouvés les plus aboutis, en particulier l’Affaire Seznec (1992), l’Affaire Dreyfus (1994), Jean Moulin (2002), L’Affaire Salengro (2008). Mais je n’oublie pas Un condé (1970), R.A.S . (1973), Dupont Lajoie (1974), la Femme Flic (1979), Allons z’enfants (1980), Le prix du danger (1982), Canicule (1983) ou Radio Corbeau (1988). Fin de ma sélection personnelle.

Ce qui est sympathique, c’est qu’Yves Boisset n’a pas eu recours à un nègre pour rédiger ses mémoires. Donc, le style n’est pas celui d’un récent Prix Goncourt, mais là n’est pas le propos. Ses souvenirs sont encore très frais et foisonnent d’anecdotes de tournage parfois cocasses, parfois tragiques. Yves Boisset est un homme souvent fasciné, par ses maîtres en cinéma comme Jean-Pierre Melville pourtant décrit comme mesquin, injuste, cruel mais génial cependant pas aussi provocateur qu’un Orson Welles franchement insupportable vis-à-vis de René Clément sur le tournage de Paris brûle-t-il ? Fasciné par les acteurs, qu’il adore,  fasciné par l’ivrognerie invétérée d’un Claude Brasseur ou de Peter O’Toole, mais surtout par leur capacité à tourner avec talent dès qu’il le faut. Car la carrière d’Yves Boisset est totalement dédiée au cinéma. A 26 ans, il a déjà été l’assistant d’Yves Ciampi, Melville, Claude Sautet, Vittorio de Sica, René Clément, Riccardo Freda, et a conquis la confiance d’Harry Salzmann.

dupontlajoieMais il ne peut s’empêcher de « balancer » ceux qui abusent : drogues dures, alcool, violence et coup de poing facile, lenteur du travail de scénariste, homosexualité, passion dévorante du jeu … La critique est cinglante. C’est le moment de régler des comptes. Mais on lui pardonne aussi ses obsessions – comme celle des Chasses du Comte Zaroff, dont l’évocation  revient dans plusieurs de ses films, ou sa passion pour le western ou le film noir...

Yves Boisset en profite aussi pour se défendre d’être inféodé à aucun parti politique – avec l’âge, il est revenu de tout mais visiblement ce ne fut pas toujours le cas. Il a tourné des films populaires destinés à amener les gens à se poser des questions qu’ils ne se seraient peut-être pas posés auparavant. A ce titre, il n’a jamais dévié de sa ligne de conduite. Alors, nous le remercions pour Dupont Lajoie et l’Affaire Dreyfus, des modèles du genre.

La vie est un choix, par Yves Boisset, chez Plon -  376 p. 21€

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Le bistrot du Dôme

friture de scéteauxAprès une semaine de déplacement en Province pour Claude et de solitude à Paris pour moi, les retrouvailles du vendredi soir se font traditionnellement dans un bon restaurant. Il n'est pas nécessaire de retenir ici, si on se pointe avant 20 heures. Mais après, mieux vaut réserver ...

lotte rotie aux citrons confitsQuoi de plus raisonable que de choisir un établissement spécialisé dans l'apprêt de poissons. Surtout qu'il s'agit d'une annexe de la meilleure poissonnerie de Paris.

Ici, nous nous retrouvons rituellement depuis au moins vingt ans. C'est toujours le même décor avec des fausses grappes de raisin, et des couleurs jaune et bleu qui font songer à Giverny, toujours la délicieuse eau minérale de Châteldon très légère, et une bouteille de vin blanc de Quincy.

mille-feuilles caramelPour le menu, nous choisissons sur l'ardoise. Les portions sont conséquentes aussi nous partageons le plus souvent l'entrée - une friture de scéteaux avec une sauce tartare aérienne - et le dessert : un mille feuille ventru de crème à la vanille avec une pointe de crème au caramel. Pour le plat principal, j'ai choisi une queue de lotte aux citrons confits accompagnée de purée, et Claude du merlan.

C'est moi qui ai fait monter l'addition (27,50€), mais nous n'avons pas regretté ces retrouvailles succulentes. Et à y regarder de plus près, c'était presque un blanc-manger intégral.

Le Bistrot du Dôme, 1 rue Delambre - 75014 Paris - 01 43 35 32 00

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30 janvier 2012

Gilet "Clara" au point de vagues taille 3/4 ans

Une petite veste de printemps en coton au point mousse – sauf le col qui sera en jersey envers.

P1040312Tricotée dans la qualité Mango de Bouton d’Or, 50% coton et 50% modal. Il faut 5 pelotes coloris « China », sur des aiguilles n°2,5, avec quatre boutons en nacre colorée mauve. Fournitures achetées à l’Atelier, 27 rue des Plantes Paris 14ème. Dimensions de l’échantillon : 22 mailles et 42 rangs (soit 21 crêtes de point mousse). Point de vagues sur 24 mailles plus une maille lisière (grille ici).

Dos : monter 97 mailles et faire la bordure dentelée sur 4 motifs et 24 rangs, tout en commençant à diminuer tous les 8 rangs 1 maille de chaque côté (5 fois). A 15 cm de hauteur commencer le raglan.

Rabattre 2 mailles de chaque côté puis diminuer d'1 maille de chaque côté (tricoter deux mailles ensemble) tous les 2 rangs à 2 mailles des bords (10 fois), une maille tous les 3 rangs (8 fois), une maille tous les 2 rangs (10 fois). Rabattre les 27 mailles. (Pour le raglan, diminuer au début de chaque rang aller et retour d’une maille, les 10 premières fois, puis tricoter en intercalant un rang sans diminution pour la partie centrale avant de reprendre le rythme d’une diminution à chaque début de rang).

Devants : ils sont symétriques et seront tricotés sur la même aiguille, avec 2 pelotes. Monter 52 mailles en point de vagues. Conserver de chaque côté interne, pour les bordures, 3 mailles de point mousse. Faire les mêmes diminutions le long des côtés puis pour les raglans comme pour le dos. Ménager les boutonnières sur le demi-devant droit (le côté qui se trouve sur l’aiguille gauche) en tricotant après trois mailles du bord interne 1 jeté puis 2 mailles ensemble. La première boutonnière intervient au 30ème rang, puis chacune est distante de 24 rangs de la suivante. Rabattre pour l’encolure 1 fois 8 mailles, 1 fois 3 mailles, deux fois 2 mailles puis ce qui reste.

P1040313Manches : symétriques elles aussi. Monter 52 mailles et augmenter de chaque côté à une maille du bord une maille tous les 4 rangs 5 fois. On a 62 mailles. Rabattre 2 mailles de chaque côté puis diminuer pour le raglan comme pour les devants et le dos.

Montage : coudre les manches au dos et aux devants par les raglans, sur l’endroit, en points de surjet  invisible (voir le détail à droite). Coudre les bas de manches et les côtés en continu. Pour le col, relever le long de l’encolure un maximum de mailles (environ 90) en commençant et en finissant à 1 cm du bord. Tricoter un rang endroit sur l’envers et continuer droit en jersey – côté envers sur l’endroit du col (sa partie visible)  – en tricotant la première et la dernière maille au point mousse, sur 6 cm. Rabattre sur l’endroit. Coudre les boutons.

NB : en ce qui concerne l'étagement des diminutions des raglans, on peut aussi plus simplement pratiquer à chaque rang une diminution tout au long de l'ouvrage. La pente du raglan fera un angle de 45°, un peu plus aplati. L'important, c'est d'avoir sur tous les côtés la même pente.

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Pensées secrètes, de David Lodge, mise en scène de Christophe Lidon

couple2Au plus profond de notre âme, il y a notre conscience. Des pensées que nul ne peut s’approprier, notre intimité absolue. Certains pourtant voudraient croire à une simple combinaison de neurones, imaginant qu’en un avenir plus ou moins proche, on pourrait concevoir un ordinateur assez puissant pour éprouver des sentiments, comme par exemple … le chagrin devant la mort d’un être cher.

David Lodge en a fait un roman, publié en  2001 sous le titre  Things ….traduit en France sous celui de Pensées secrètes. Une première adaptation pour le théâtre, devenue Secrets Thoughts, fut créée au Bolton Octagon Theatre en mai 2011, et elle vient à Paris cette saison,  réalisée par Gérald Sibleyras. Comme je sais Claude fanatique de David Lodge, je ne pouvais manquer de la lui signaler, d’autant que le Théâtre Montparnasse est à quelque pas de chez nous… et ce fut une merveilleuse soirée.

affichepenséessecretesIsabelle CarréDeux personnages : un professeur d’université relativement célèbre (il passe à la télévision), Ralph Messenger, et une jeune auteure de romans, déjà primée, mais qui vient de perdre son mari, invitée dans cette université pour un trimestre, Helen Reed.

 

Pour décor unique - très réussi, par Catherine Bluwal - : des portes, mais qui ne claquent pas, un canapé, mais dont on  ne voit que le dos : on est très loin de l’archétype du théâtre de boulevard. Tout ici est consacré au texte. Ralph est bel homme, il travaille sur – entre autres – l’intelligence émotionnelle. Mais surtout, il aime les femmes. La sienne, une américaine très riche, mais aussi toutes celles qui passent à sa portée. Et dès la première rencontre chez le Président de l’université, lors d’un dîner d’accueil des nouveaux professeurs, il a décidé de mettre Hélen dans son lit.

 

Elle, cependant, ne tient pas à trahir Carrie, l’épouse de Ralph, qui devient bientôt son amie. Un reste de son éducation catholique ? (comme celle de David Lodge) … Jusqu’à ce que ….

samuellabartheVoilà une pièce où l’on apprend, rit et pleure. Passions, émotions, c’est une partie de ping pong efficace, jusqu’à la dernière scène. Sans doute les deux interprètes  y sont pour beaucoup. Isabelle Carré, gracile, élégante, aimante, fragile et forte à la fois car elle aura le dernier mot. Samuel Labarthe, parfait jeune et fringuant cinquantenaire à la barbe bien taillée poivre et sel, sportif et entreprenant, quoique déçu que sa discipline ne donne jamais lieu à l’attribution d’un prix Nobel, et finalement aussi déstabilisé par l’inquiétude que n’importe quel homme …

Cette année, nous avons résolu d’aller plus souvent au théâtre. On commence très bien !

 

 

Pensées secrètes, de David Lodge, adaptation de Gérald Sibleyras, mise en scène de Christophe Lidon, au Théâtre Montparnasse, 31 rue de la Gaité, Paris 14 ème

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