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24 novembre 2020

Blancs de poulet aux carottes et safran

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Il n'y a pas que le riz pour accompagner le poulet en sauce ...

Les carottes donnent bonne mine (elles sont riches en Beta-carotène et vitamine B9), peu caloriques, apportent des fibres.

On oublie souvent de les utiliser toutes seules pour accompagner les viandes, alors qu'elles font partie intégrante de la traditionnelle "garniture arômatique".

Ici, associée au safran en filaments, la carotte donne une couleur superbe à des filets de poulet un peu blafards ... et le safran un goût inimitable.

Commencer par hacher menu un oignon blanc et détailler les carottes en bâtonnets (il faut accroître au maximum la surface de contact avec la sauce).

Dans une cocotte à fond épais, faire suer au beurre les brisures d'oignon, puis les carottes, sur toutes leurs faces. Ajouter un peu de thym en feuilles, du sel et une belle pincée de filaments de safran. Laisser rissoler le tout quelques instants puis ajouter les filets de poulet, bien essorés avec du papier absorbant.

Faire prendre couleur à la viande de tous côtés.

"Singer" légèrement (saupoudrer d'une cuillerée à soupe de farine) et bien retourner la viande et sa garniture. Mouiller avec un bol d'eau chaude et un pavé de bouillon de volaille reconstitué. A la reprise de l'ébullition, couvir et laisser mijoter environ 20 minutes.

Juste avant de servir, verser une rasade de crème fraîche épaisse, vérifier l'assaisonnement, laisser évaporer à découvert si vous trouvez la sauce trop longue. Et c'est tout !

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23 novembre 2020

Bestiaire du Luxembourg

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Puisque les musées et les expositions nous sont fermés, nous pouvons admirer les sculptures qui jalonnent l'espace public.

Pour ma part, j'aime à visiter régulièrement les bronzes représentant des animaux qui ont été commandés à la fin du XIXème siècle ... Une époque où l'on appréciait l'art animalier, le plus réaliste possible.

Et dans l'espace des 25 hectares des jardins du Luxembourg et de l'Observatoire, on dénombre 106 statues mais bien peu de bronzes animaliers. On préfère les hommages aux hommes célèbres, même si certains sont aujourd'hui bien oubliés, et aux reines de France fantasmées, pour se souvenir de celle qui a fait construire le palais.

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On  - je ! - se demande bien comment les sculpteurs parvenaient à saisir le mouvement des animaux sauvages qu'ils représentaient.

A partir d'une foule de croquis, naturellement, comme les carnets d'Eugène Delacroix et ses chevaux magnifiques le montrent. Avec l'expérience acquise dans les écoles d'art, à l'atelier, en étudiant les classiques de la Renaissance italienne, aussi.

L'art académique absolu, bien démodé - et à tort selon moi - aujourd'hui, certes, mais tout de même, quel talent !

Dans les abords immédiats du jardin du Luxembourg la fontaine des Quatre parties du Monde de J-B Carpeaux, avenue de l'Observatoire, au débouché du boulevard Saint-Michel et de la rue d'Assas et ses huit chevaux en plein galop ... réalisés par Emmanuel Frémiet (1824 - 1874). Ces chevaux prennent place au pied de la fontaine qui a vu la coopération de plusieurs artistes.

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En pénétrant par le sud dans le jardin, nous trouvons bientôt "La harde de cerfs", oeuvre d'Arthur Jacques Le Duc (1848 - 1918). Superbe mouvement.

Et non loin de là, le Lion de Nubie, et sa proie - une autruche. Le groupe est l'oeuvre d'Auguste Cain (1821 - 1894).

Toutes ces oeuvres ont été fondues autour des années 1870 ... et elles nous sont accessibles, dans un écrin de verdure incomparable en ces jours d'automne triomphant, avec le vert de la patine, sublime !

22 novembre 2020

Notre nouveau canapé Indivi par BoConcept

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Nous voilà prêts à accueillir toute la famille à Noël, en partie grâce à notre nouveau canapé à quatre places, livré hier ... Et j'ai déjà réceptionné ma commande de foie gras et de vin de Cahors. A bons entendeurs ...

"Indivi" est plus grand, plus ferme, plus clair donc moins mastoc dans notre salon, en toile qui ne nous fait pas glisser ... Car nous y passons désormais la majeure partie de la journée ... et notre précédent meuble, en cuir, s'était affaissé et usé.

Celui-ci nous a coûté - en euros constants - moitié moins cher que le précédent. Et si d'aventure il était nécessaire d'y faire dormir une personne de grande taille, c'est possible !

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IMG_1724Ce canapé a une histoire. Il a été conçu voici un peu plus de 20 ans par le designer danois Anders Norgaard et c'est le premier à être produit en interne par la firme danoise. Il est toujours le modèle vedette de BoConcept.

Son style minimaliste permet de personnaliser facilement à l'aide de coussins ou d'un plaid, il comporte de nombreuses options et s'adapte à tous les budgets (à partir de 999€, tout de même).

Franchement, celui-ci nous convient parfaitement et nous n'avons pas eu besoin de nous déplacer bien loin pour le choisir puisque la boutique BoConcept est située rue de Rennes.

C'est notre cadeau de Noël avec un mois d'avance.

Merci à Victoire de nous avoir signalé ce bon plan !

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21 novembre 2020

Les grandes erreurs de la seconde guerre mondiale, ouvrage collectif sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka

 

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Une toute autre façon de voir les choses, ou comment la propagande – de la part de tous les belligérants - a réussi à transformer des échecs en victoires. Ce qui est encore le cas aujourd’hui …

Il est naturellement plus facile d’analyser les événements qui se sont déroulés depuis plus de 70 ans, à la lumière de tout ce que la recherche historique a produit à l’aide des archives, mémoires et rapports divers … Dans le feu de l’action, on mesure mal la globalité des situations dramatiques dans laquelle les belligérants se trouvaient impliqués. L’analyse a posteriori, l’exercice d’uchronie qui consiste à échafauder ce qui se serait passé si … on n’avait pas pris telle ou telle décision, n’en reste pas moins valable.

Ce qui frappe dans cet ouvrage collectif sur les grandes batailles de la Seconde guerre mondiale, c’est l’effroyable bilan des pertes humaines et matérielles, la faiblesse de l’atteinte des objectifs, la mauvaise appréciation réciproque des forces des adversaires, la faiblesse de la logistique, et, par-dessus tout, la folie, l’hybris des décideurs. A leur décharge, la mauvaise qualité des informations à leur disposition – malgré les progrès des opérations de décryptage – des choix stratégiques ou tactiques qui conduisent au fiasco, des retards d’exécution – souvent dus aux aléas climatiques - des atermoiements difficilement compréhensibles d'Hitler (devant Dunkerque par exemple) qui permettent à l’ennemi de riposter, la sous-estimation des forces des adversaires.

Un florilège d’échecs sanglants, de destructions inutiles, d’entêtements à poursuivre une idée fixe. L’ouvrage de Ian Kershaw « Choix fatidiques » largement cité, balisait déjà ce terrain. Les chapitres courts – parfois techniques – donnent ici un aperçu de l’impact réel de certaines opérations (militaires autant que psychologiques) tout à fait pertinent.

Dans ce rappel de certaines grandes opérations et de leurs faiblesses dramatiques, on retiendra le rôle joué par des hommes au tempérament de feu comme Winston Churchill, son obstination à faire de la Méditerranée un enjeu stratégique pour la Grande Bretagne et son empire, la cécité de Staline face à l’opération Barbarossa, la triste organisation de l’invasion finale de l’Allemagne par les Anglo-Américains lors de la poussée sur Arnhem, l’inutilité des bombardements systématiques des villes allemandes qui n’ont en rien entamé la résolution du peuple allemand, conforté dans sa crainte d’un anéantissement total par l’exigence des Alliés d'une la capitulation sans conditions …

A voir comment les conflits du XXème et XXIème siècle sont conduits, on ne voit pas bien les progrès accomplis ….

 

Les grandes erreurs de la seconde guerre mondiale, ouvrage collectif sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka, édité chez Perrin « Guerres & Histoire, 312 p., 20€

20 novembre 2020

Pourquoi tant de réticence contre le futur vaccin anti-Covid ?

 

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Si on me demande si j’irai me faire vacciner contre la Covid19 dès qu’un vaccin sera disponible en France, je répondrais OUI* tout de suite …

Et pourtant je serais largement minoritaire … (seulement 12% de la population selon un récent sondage dans 15 pays, pensent comme moi).

Pourquoi donc, nous Français, sommes les plus réfractaires au principe même de la vaccination ? Et plus particulièrement les électeurs du RN et de LFI ? La politique d’opposition systématique à toute décision gouvernementale est-elle donc prioritaire par rapport à la préservation de sa propre santé et de celles des autres ?

Les mouvements antivaccins ne datent cependant pas d’hier. Si l’humanité a réussi à supprimer la petite vérole grâce à la vaccination, au 19ème siècle, des caricaturistes représentaient des vaccinés auxquels poussaient des cornes et une queue et, en 1880, un ophtalmologiste belge fonda la ligue anti vaccinateurs …

On a aussi incriminé un lien possible entre le vaccin contre l'Hépatite B et la sclérose en plaques ... sans éléments probants à la clé. Ce sont les thèses complotistes les plus farfelues qui amplifient aujourd'hui la crainte des effets néfastes des vaccins, et jeté le trouble chez une foule de personnes déboussolées et prêtes à tout gober …

 

avec Trump

Je rappelle à cette occasion une affaire gravissime qui a fait florès il y a une dizaine d’années et qui continue à perturber bien des gens. D'autant plus qu'elle peut accréditer la suspicion de fraude et de conflit d'intérêt souvent agitée par les opposants au "bigpharma". A ce titre, ce médecin porte une lourde responsabilité ...

L’ex-chirurgien et chercheur (radié) britannique Andrew Wakefield (né en 1957) a publié en 1998 dans la prestigieuse revue médicale The Lancet une étude (basée sur seulement 12 enfants) décrivant une nouvelle maladie par lui découverte, l’« entérocolite autistique », en lien avec la vaccination ROR (rougeole, oreillons, rubéole). Ce qui était complètement non seulement faux mais frauduleux (manipulation des données).

Une enquête de janvier 2010 du Conseil médical général britannique révéla une trentaine d’inculpations contre lui et aussi que, pour ses pseudo recherches, Wakefield avait procédé auprès de ces jeunes patients à des prélèvements invasifs inutiles (ponctions lombaires), au mépris des règles éthiques.

En réalité, Wakefield projetait de créer une entreprise s’appuyant sur une campagne de propagande antivaccins afin de lancer et commercialiser un test de dépistage de la pseudo maladie, qui lui aurait permis de gagner des millions de livres sterling… Sauf qu’entre-temps, cette polémique a provoqué une chute brutale des vaccinations ROR en Grande Bretagne et multiplié les cas de rougeole et de nombreux décès …

Aujourd’hui, Andrew Wakefield a émigré aux Etats-Unis, continue ses « recherches » et fréquente les milieux ultra-conservateurs. Il a été invité au bal inaugural de D. Trump en 2017 (source : Wikipedia) … Mais il faut croire que le président en fin de mandat a changé aujourd’hui son fusil d’épaule devant l’hécatombe que subit son pays face à la Covid 19 et la glorification de son action en faveur … d’un nouveau vaccin !

Mais chez nous, comme l’écrivait Francis Bacon (1561 – 1626) : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. » D. Trump sait magistralement utiliser cette maxime à propos des résultats de la dernière élection présidentielle ... Et les thèses complotistes répandent leur venin à travers le monde. Le plus étonnant, c’est que chez nous, patrie de Descartes, elles rencontrent un tel succès …

 

*Un jour, je raconterai pourquoi je suis définitivement opposée aux antivaccins !

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19 novembre 2020

Le Sélect dans ma salle à manger !

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Vente à emporter ou click and collect, la querelle sémantique est superflue.

Nos meilleurs établissements - comme Le Sélect depuis 1923 - se battent bec et ongles pour survivre. Mais ce n'est pas seulement pour le soutenir que je viens de tester la formule.

J'en avais assez d'être privée du plaisir de notre déjeuner dominical en amoureux. Donc, j'ai commandé sur leur site et, dix minutes après, je suis allée chercher deux portions - gigantesques - de quenelles de brochet à la sauce Nantua (avec de petites queues d'écrevisses et beaucoup de crème fraîche) sur un lit d'épinars frais.

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Jolie présentation dans des barquettes pouvant passer au micro-ondes pour les bureaucrates qui ne se satisfont plus d'un sandwich, même en télétravail ...

Mais on peut aussi reconstituer un déjeuner festif en transvasant les quenelles et leur garniture dans un plat allant au four et laisser cuire vingt minutes au four traditionnel préchauffé à 180°. C'est aussi bon que d'habitude au restaurant. Vont-ils continuer cette formule lorsque cette maudite pandémie sera terminée ?

Dans le paquet (17 € la portion, et il y en a trois fois trop), vous trouverez aussi des couverts en bois, une baguette craquante et même un nappe de bistrot en papier aux couleurs du Sélect. Et avec en prime, le sourire de l'équipe que nous connaissons si bien.

Une expérience à renouveler ...

Le Sélect, 99 boulevard Montparnasse à Paris 6 ème : vente à emporter, de 8h à 15 h : tel : 01 45 48 38 24 et www.leselectmontparnasse.fr/

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18 novembre 2020

Ceux de 14, de Maurice Genevoix, relié par Henri Mercher

IMG_1719Avis aux bibliomanes !

On a déjà tout dit de Maurice Genevoix, l’année où cet auteur prolifique et déjà Immortel depuis son élection à l’Académie française le 24 octobre 1946 - moins d’un mois après ma naissance – entre au Panthéon. Pour ma part, je n’ai lu de lui, et il y a très longtemps, que Raboliot, qui lui valut le prix Goncourt en 1925. Mais cependant, je possède moi aussi ce livre majeur, un legs de mon vénéré père : Ceux de 14.

Et pas sous n’importe quelle forme. Un livre-bijou, habillé d’une stricte simplicité. C’est l’ultime édition (1955) des quatre parties de ce récit des horreurs de la Grande guerre. Et en le sortant de sa boîte, je comprends pourquoi, depuis ma plus tendre enfance, je me passionne pour l’histoire en général et les guerres mondiales en particulier. Ce double héritage, je le dois à mon père.

Il ne racontait pas ses exploits – jusqu’à plus de 80 ans où sur notre demande expresse, il les a retranscrits – mais il voulait comprendre. Il avait 4 ans en 1914 et 30 en 1940. Tous les livres qui paraîssaient sur cette période, il les achetait, les emmenait dans ses voyages, les lisait avidement. Pour ma part, la même quête m’a saisie dès l’âge de 10 ans. Je me souviens avoir préparé, alors en CM2, un exposé sur la guerre de quatorze, avec les cartes des offensives à l’appui. Depuis lors, je ne cesse moi aussi d’apprendre. Et la recherche historique ne cesse pas de nous donner de nouveaux éclairages sur ces conflits majeurs.

 

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Ce livre-là revêt pour moi une valeur particulière. Mon père avait noué au ministère des Affaires étrangères une solide amitié avec un homme de bien, chargé au sein de l'institution, de restaurer les traités signés par la France. Bernard Clavreuil, un artisan d’art du livre, donna à mon père les premiers rudiments de la technique de la reliure. Et lui permit de faire la connaissance d’un des plus grands relieurs de son temps : Henri Mercher (1912 – 1976), dont l’atelier était situé rue Visconti. De cela aussi, je me souviens, car je l’y ai accompagné quelques fois.

 

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De là aussi provient sans doute ma passion jamais totalement assouvie des livres. C’est Henri Mercher qui a relié cette édition du livre de Genevoix. Un livre relié en 1962, parfait dans sa sobriété même, avec des gardes peintes à l’aquarelle évoquant les éclatements d’obus …

Il est sans doute temps, aujourd’hui, que je me plonge dans cette lecture et cesse de ne considérer que l’objet d’art.

Définitivement en effet, je considère le livre comme un bien essentiel, moi aussi … Et la prochaine fois que je serai dans ma campagne, je m’attaquerai aux deux séries de reliures réalisées par mon père : les mémoires du général de Gaulle  - trois tomes reliés en cuir bleu, blanc et rouge, et celles de Winston Churchill. Elles sont toujours d’actualité et il y aura de quoi lire.

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17 novembre 2020

Sept jours, 17 - 23 juin 1789, par Emmanuel de Waresquiel

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Depuis que je me régale à la lecture des polars historiques de Jean-Christophe Portes, je m’intéresse aux événements déclencheurs de la Révolution, une époque maintes fois réécrite par différentes écoles d’historiens et dont j’ai, je l'avoue, presque tout oublié.

L’ouvrage d’Emmanuel de Waresquiel est d’autant plus pertinent qu’il se lit comme un thriller, dans un style plein d’humour, des chapitres courts, d’une grande facilité de lecture, une belle présentation (jolie typographie sur papier couleur maïs, notes reportées en fin d’ouvrage et illustrations judicieusement choisies). Un universitaire qui sait écrire, c’est tellement précieux !

C’est cette semaine extraordinaire du 17 au 23 juin 1789, qui ne fut pas sanglante à l’instar de celle de mai 1871, mais où s’est jouée toute la Révolution, en un brutal escamotage d’une souveraineté par une autre. En fait, la prise de la Bastille dont on a fait le symbole de la Révolution, n’en constitue qu’un événement périphérique. Cette folle semaine de juin fut celle du choc de deux légitimités : celle de la rue et celle de la tribune. Un affrontement que nous retrouvons tel quel aujourd’hui entre représentation parlementaire et manifestations de rues.

 

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La situation de la France est grave en ce printemps 1789. Aléas climatiques, mauvaises récoltes, émeutes de la faim se sont succedés en 1788, puis en mars et avril 89 à Paris et en province en raison de la hausse du prix du pain. Le trésor royal est au bord de la banqueroute, ce qui effraie avant tout les titulaires de rentes, essentiellement les bourgeois lettrés qui vont fournir la grande foule des députés du Tiers état. Des troupes sont cantonnées autour de la capitale, afin de surveiller les marchés et les approvisionnements.

Le roi se résout à convoquer les états généraux pour trouver de nouvelles ressources.

 

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L’élection des députés s’est réalisée dans une grande pagaille. Le doublement du Tiers a été obtenu, et ce sont ainsi 590 députés roturiers qui vont venir siéger à Versailles, autant que ceux de la Noblesse et du Clergé, dans une magnifique salle des « Menus plaisirs » agrandie à cette fin mais où on ne voit pas grand-chose et où seuls quelques ténors vont se faire entendre. Parmi eux, le « parti des avocats » domine : maîtrise des techniques de propagande, manipulation des assemblées, ces délégués sont pétris des idées des Lumières et des groupes de pression que sont les clubs, les sociétés savantes et les loges maçonniques.

Le souverain souhaite des subsides pour boucler ses finances, mais il a un train de retard. Les députés du Tiers revendiquent la liberté de délibérations, le vote par tête et non par ordre, l’égalité des droits en matière fiscale et pour l’accès aux grades militaires. Le combat est entre le Tiers et les deux autres ordres, le mérite contre les privilèges de la naissance.

Tout bascule le 20 juin : l’Assemblée se proclame constituante, permanente, unanime et indivisible. C’est le fameux Serment du jeu de Paume – on avait fermé la salle des Menus plaisirs pour préparer la venue du roi, les députés se réunissent un peu plus loin et désormais les députés du Tiers jurent de rester fidèle au décret : « Partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ». C’est l’appropriation unilatérale des pouvoirs du roi par les députés du Tiers état.

La peur et la violence entrent alors dans le processus de construction d’un nouvel ordre social, avec le mythe du complot aristocratique.

Louis XVI se rend à l’Assemblée le 23 juin pour énoncer ses propositions. C’est sa première apparition depuis l’ouverture des Etats généraux le 5 mai. Il lit trois discours. Un programme libéral mais qui maintient les trois ordres, accueilli avec un universel mécontentement. A la fin de son discours, il quitte la salle et on demande aux députés de sortir eux aussi. C’est là que Mirabeau déclare : « Il n’y a que les baïonnettes qui puissent nous faire sortir d’ici ! ».

Tout est dit : ce 23 juin, alors que seul le roi, oint du seigneur, était inviolable, l’Assemblée déclare que la personne de chaque député est inviolable et ce décret achève le transfert de souveraineté du roi à la Nation.

Voilà donc en un livre d’une parfaite clarté, le récit et l’analyse de cette semaine cruciale que je n’avais jamais réellement étudiée, et qui montre à quel point les travers de notre société divisée et effervescente n’ont pas beaucoup évolué au bout de plus de deux siècles.

 

Sept jours 17 – 23 juin 1789, la France entre en révolution, par Emmanuel de Waresquiel, chez Tallandier, 478 p., 22,90€

16 novembre 2020

IMPACT, polar écologique d'Olivier Norek

 

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Désolée !

Jusqu’ici, j’ai lu tous les livres d’Olivier Norek et je les ai énormément appréciés. Mais là, non, vraiment non.

Ce n’est pas que son propos soit inutile. La lutte contre le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources en eau, le dégel du permafrost, la ruée des émigrés climatiques sur les pays riches, la fonte des glaciers et la banquise, les incendies immaîtrisables …

A l’instar de Greta Tunberg, Yann Arthus-Bertrand, Hugo Clément ou Nicolas Hulot, Olivier Norek nous abreuve de prévisions apocalyptiques sur les catastrophes naturelles qui ne vont manquer d'agresser notre planète, mais que je ne verrai pas.

Dans l’atmosphère particulièrement angoissante de la pandémie que nous subissons aujourd’hui, la ficelle est cependant un peu grosse. Et l'intrigue mal ficelée, sa chute pas très crédible.

Même si l'auteur a raison sur le fond, je ne suis pas convaincue que le support soit le meilleur vecteur de l'indispensable message à transmettre aux jeunes générations, les seules en capacité de modifier fondamentalement leur comportement quotidien.

Contrairement au sinistre Trump, je suis d’accord avec la thèse défendue ici, mais je trouve ce livre bâclé, assommant, cousu de fil noir, maladroit …

Dommage car les personnages méritaient une analyse psychologique plus poussée. Je dirais clairement : « C’est un peu court, jeune homme » pour faire avancer le schmilblick.

Une amère déception, donc, vivement un nouveau vrai polar, comme Olivier Norek sait si bien les écrire.

 

Impact, polar écologique d’Olivier Norek, publié chez Michel Lafon, 349 p., 19,95€

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15 novembre 2020

Une heure, un kilomètre, promenade architecturale

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C'est ce qui nous est permis pour sortir un peu de notre lieu de confinement …

Je sais bien qu’ayant le privilège d’habiter dans le centre de Paris, je peux voir bien des choses dans ce périmètre ultra dense. Raison de plus pour en profiter à fond.

Je fais mes courses d’approvisionnement tous les trois jours avec mon caddie. J’ai mon attestation sur mon téléphone, à partir de l’appli tousanticovid : c’est vite fait et bien pratique. Et personne ne m’empêche de ressortir dans l’après-midi pour une promenade de santé, avec mon mari, quand il fait beau.

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Cette fois-là, je pense que nous sommes allés un peu au-delà du rayon autorisé, mais j’avais envie d’aller voir de près ce premier immeuble construit comme un manifeste des possibilités constructives du béton armé, cité dans le livre « Paris, 100 façades remarquables ».

Il est situé dans notre 6ème arrondissement, au n°1 de la rue Danton, faisant angle avec la place Saint-André-des-Arts. Son architecte est Edouard Arnaud, qui le construit en 1898 – 1900 pour François Hennebique (1842 – 1921). Celui-ci s’est intéressé dès 1879 aux planchers en béton armé, et a déposé un premier brevet en 1892 « en vue de la création de poutraisons légères et de haute résistance ».

C’est ce « système Hennebique » bientôt développé à l’international, le bureau parisien employant en 1905 une soixantaine d’ingénieurs et dessinateurs. L'intérêt de la méthode Hennebique réside dans une mise en œuvre relativement facile, ne nécessitant pas de qualification particulière pour les ouvriers des chantiers. Enfin, les délais de construction sont relativement brefs et les coûts bien maîtrisés.

L’immeuble contient des logements et les bureaux de la firme. Il est influencé par le style Art Nouveau et rien ne laisse supposer de l’extérieur son ossature métallique. Avec ses bow-windows proéminents, ses panneaux en mosaïque, il n’est pas à proprement parler très esthétique … Mais c’est aussi une façon de proclamer que le béton armé peut ressembler tout à fait à une construction en pierre de taille. Une technique appelée à connaître un succès non encore démenti.