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01 octobre 2014

Gemma Bovery, film d'Anne Fontaine

Pendant que j'étais bloquée à la clinique, j'ai fortement insisté pour que Claude aille au cinéma.

Voici sa critique !

 

affichefilm

C'est un film d’Anne Fontaine, d’après un roman graphique de Posy Simmonds (Tamara Drewe).

Il y a un premier prodige dans ce film : la campagne normande, avec ses verts profonds, et les ors du soleil dans sa lumière diffractée par les arbres centenaires. En route pour le César de la plus belle photographie.

Non moins prodigieux est le rayonnement de l’actrice anglaise Gemma Arterton : elle entre dans une pièce, et, en toute innocence apparente, bouleverse la gent masculine.

La conjonction de la lumière et de l’actrice ne fait pourtant pas perdre la tête aux hommes, qui sont, comme dans Madame Bovary, de parfaits égoïstes (le jeune châtelain, les golden boys londoniens, et le boulanger – saluons au passage le courage de Fabrice Luchini, qui a accepté un rôle aussi peu valorisant, où il ne paraît pas très à l’aise).

Mais c’est à peu près le seul point commun avec le roman de Flaubert : Gemma est heureuse, n’étouffe pas dans sa vie, n’a pas de dettes, et n’utilisera pas la Mort aux rats. Ce n’est pas une héroïne romantique ; elle profite de la vie avec naturel, quitte à ne pas toujours se préserver des pièges qu’elle lui tend.

gemmasimmonds

 

 

 

 

 

Ce film mérite d’être vu, pour ses acteurs : dans les seconds rôles, mention spéciale à Isabelle Candelier qui joue avec une vérité brutale le rôle ingrat de la femme du boulanger. A noter aussi l’apparition d’Edith Scob, qui nous rappelle les films de Georges Franju dans les années 60.

 

Posté par mpbernet à 10:30 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2]
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Un homme très recherché, film d'Anton Corbijn

La critique de Claude :

un-homme-tres-recherche(avec Philip Seymour Hoffmann)

Cet homme très recherché, c’est un jeune Tchétchène, on plutôt le fils d’une Tchétchène et d’un général russe, épouvantable tortionnaire, qui vient de mourir en lui léguant une grosse fortune.

Poursuivi par cent mille diables, il arrive à Hambourg pour se faire remettre cet argent, et le transmettre immédiatement à des oeuvres musulmanes.

Il est évidemment pisté par les Services occidentaux, mais il est « recueilli » par une cellule travaillant en marge de ces Services. Ces « bons » cherchent à éviter qu’il ne finance les terroristes tout en lui permettant de subventionner des associations réellement sociales.

La crédibilité n’est pas le fort de ce film, où, il faut le dire, on s’ennuie ferme, sauf le dernier quart d’heure. John Le Carré est un auteur grave dans son message et sobre dans son style, mais pourquoi l’avoir adapté dans ce décor sinistre et verdâtre ? Hambourg est une belle ville, et ne ressemble pas à l’image qui en est donnée.

Un film qu’on peut voir à la rigueur, pour le fameux dernier quart d’heure.

Posté par mpbernet à 07:27 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0]
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30 septembre 2014

Opération "remplacement de cardan" terminée ...

Enfin à la maison, dans mon lit, avec mes petites affaires !

prothèse hancheMe voilà dotée d'une hanche en acier inoxydable forgé avec une tête articulée en céramique.

Cela n'a pas été de tout repos, ces dernières heures, mais je sens que cela va déjà beaucoup mieux. J'ai programmé les interventions du kinésithérapeute, de l'infirmière chargée des pansements (j'ai encore la moitié des agraphes), j'ai une faim de loup. Tout est en ordre pour une convalescence de 45 jours ....

J'ai simplement passé huit jours hors du temps, dans un environnement tout propre, tout blanc, avec un personnel hospitalier compétent, jeune et chaleureux, une surveillance des médecins quotidienne : chirurgien orthopédiste, anesthésiste-réanimateur et cardiologue, kiné, infirmiers et infirmières, aides soignants, femmes de service, brancardiers, assistante sociale : visiblement, une équipe bien managée, fière de son travail, un accueil trois étoiles.

Je n'avais pas demandé de chambre particulière mais suis restée seule pendant 6 jours sur 8, et puis j'ai fait la connaissance d'une dame particulièrement gentille avec laquelle nous avons partagé nos expériences chirurgicales assez similaires. Une rencontre fortuite mais agréable, malgré les circonstances.

Et j'ai retrouvé mon ordi ! Alors, tout est pour le mieux. Je ne vais pas me plaindre ! Et merci encore à tous pour vos messages d'encouragements.

Posté par mpbernet à 11:59 - Journal de bord - Commentaires [11]
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Levée d'écrou aujourd'hui

Bon, j'étais bien, mais je serai encore mieux chez moi dans quelques heures ...

Les meilleures choses ont une fin, et moi j'ai hâte de me retrouver dans mon cadre habituel, devant un repas un peu plus .... Recherché. Huit jours pleins hors de mon nid, ça suffit, et Claude commenčait à languir ....

Je vais retrouver mes dadas habituels à l'exception des expositions pour un petit moment tout de même.

Posté par mpbernet à 07:26 - Journal de bord - Commentaires [10]
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29 septembre 2014

La nuit, in extrémis, polar historique d'Odile Bouhier

Bouhier

C'est le troisième roman de cette jeune écrivaine et scénariste (après Le sang des Bistanclaques et De mal à personne), que j'ai découverte grâce à Gérard Collard, et à mon avis, le plus abouti.

On y retrouve le commissaire Victor Kolvair, le professeur Hugo Salacan et son brillant assistant Jacques Durieux, Bianca Serragio l'aliéniste féministe, le terrible procureur Rocher et ses ambitions politiques, le légiste homosexuel Damien Badou, l'inspecteur des brigades du Tigre Julien Legone, cinéaste porno à ses moments perdus  … dans l'atmosphère de brume glacée et poisseuse d'une nuit sanglante.

Moi, j'adore ces sagas avec des héros que l'on finit par connaître, aimer ou haïr ...

Lyon, novembre 1921. Les séquelles de la Grande Guerre s'imposent aux survivants. Le commissaire lui-même y a laissé sa jambe et, pour calmer sa douleur, recourt à la cocaïne. Totalement accro, il cesse quelques minutes de surveiller un jeune suspect, Anthelme Frachant, tout juste libéré de prison après s'être mutiné en 1917 au Chemin des Dames.

Cependant, Kolvair le soupçonne aussi d'avoir découpé en morceaux, sur le champ de bataille, un de ses camarades et de ne pas tarder à récidiver. Peu de temps après son élargissement, le jeune Anthelme apparaît en effet être l'auteur d'un effroyable carnage : trois cadavres atrocement suppliciés sont retrouvés dans la pension de famille où il loge. Les preuves scientifiques sont accablantes, alors que l'auteur des crimes se rend spontanément, en état de démence apparente, à la police.

Toute la question est de savoir si Anthelme simule la folie pour échapper au châtiment ou souffre réellement d'une maladie mentale. Le procureur insiste pour le faire déclarer responsable, Bianca Serragio le considère comme schizophrène, obéissant à des voix qui lui imposent ses crimes. Est-ce un syndrôme post traumatique (comme on dirait aujourd'hui) ou était-il malade avant la guerre dans laquelle il s'est volontairement engagé à l'âge de 15 ans ? Est-il susceptible de tuer à nouveau, de se suicider ?

La psychiâtrie est encore balbutiante, comme les analyses de la police scientifique, mais l'on cotoie ici Edmond Locard, père de la théorie de l'échange, également expert en graphologie, ainsi que le suisse Rorschach et ses célèbres tests tout juste publiés. Une documentation sérieuse – en particulier sur le front du Chemin des Dames – étaye le propos et l'actualité - tout le monde se passionne pour le procès Landru à Paris - apprend une foule de notions au lecteur.

C'est une intrigue bien construite en épisodes brefs, un peu foisonnante en digressions cependant savamment orchestrées (chantage, intervention d'un corbeau imitateur, infiltration dans les milieux anarchistes, attentats, recherche médicale …). L'analyse, sombre mais réaliste, des ressorts psychologiques des protagonistes plonge dans l'enfer de ces années de deuil. Les ravages de la guerre sont indélébiles et le resteront encore longtemps.

Bref, un excellent roman qui fournira matière à une excellente série télé – c'est du moins ce que j'espère !

Une petite réserve cependant : pourquoi l'auteure persiste-t-elle à affubler ses personnages de noms ridicules ?

 

La nuit, in extrémis, polar historique d'Odile Bouhier, éditions 10/18 Grands détectives, 282 p. 8

Posté par mpbernet à 07:58 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0]
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