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20 mai 2019

L'amour est aveugle, roman de William Boyd

 

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La critique de Claude :

Depuis 1984 - Un Anglais sous les tropiques - William BOYD, enfant de l’Ecosse installé en Dordogne, a publié plus de 20 ouvrages : romans, pièces de théâtre et recueils de nouvelles.

Il est passé maître dans l’humour, (évidemment britannique) et il a très vite accru ses ambitions d’auteur : il a  opté pour le portrait évoluant sur une vie entière dans le cadre propice offert par l’Empire britannique - le Front des Flandres en 1914-18 dans Les nouvelles confessions, le Front d’Afrique centrale - Comme neige au soleil - sans compter le Front de Londres, où les agents spéciaux sont en guerre quasi permanente - La vie aux aguets - en 2007.

Les personnages de BOYD ont de quoi faire dans leurs métiers (Armadillo, jeune expert en assurances), ce qui ne les prive pas de mener des amours passionnées.

Le jeune Brodie Moncur est dans ce cas. En cette toute fin du XIXème siècle, ce fils d’un colérique pasteur de l’Eglise d’Ecosse, il a reçu de la nature un don très rare : l’oreille absolue ; il lui suffit d’une seule écoute d’une phrase musicale pour en déterminer la tonalité. Autant dire qu’il pratique de façon excellente l’accordage des pianos, ainsi que leurs opérations d’entretien et de réparation.

Son patron d’Edinbourg veut lui confier la direction de la grande succursale de Paris mais le gendre du patron, déjà dans la place, manoeuvrera avec succès contre cette promotion. C’est à Paris que Brodie rencontrera une jeune cantatrice russe, maitresse d’un grand pianiste, interprète et compositeur. Entre eux, le conflit professionnel et le conflit amoureux vont s’envenimer mutuellement, au point que Brodie devra organiser une fuite souvent dramatique, marqué par une grave maladie.

Tous les éléments nécessaires à un "page turner" sont ici rassemblés. Je vous souhaite d'en profiter autant que moi !

L’amour est aveugle, Le ravissement de Brodie Moncur (Love is Blind), roman de William Boyd, traduit de l'anglais par Isabelle Perrin, Le Seuil, 483 p., 22 €

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19 mai 2019

Douleur et gloire, film de Pedro Almodovar

Les aficionados (comme moi) de Pedro Almodovar ne seront pas dépaysés ...

 

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Toujours aussi baroque, rebelle, melo, flamboyant, excessif, provoquant qu'il y a trente ans ... Cependant l'évolution de la société, en particulier espagnole, nous le rend aujourd'hui tout à fait fréquentable. Dire que le réalisateur se met en scène et nous raconte son enfance est donc un truisme.

Comme dans tous les films que j'ai aimés : Tout sur ma mère, La mauvaise éducation, Volver, La piel que habito, Julieta, Femmes au bord de la crise de nerfs, Attache-moi, Talons aiguilles, Kika, La fleur de mon secret, Parle avec elle, Etreintes brisées ... mais j'oublie Les amants passagers.

Antonio Banderas, "double" de Pedro Almodovar incarne un réalisateur en panne d'inspiration. Cabossé, perclus de douleurs qui l'empêchent de se mouvoir et donc de tourner, il s'abîme dans la "chasse au dragon", c'est à dire dans l'addiction à l'héroïne.

A dire vrai, le scénario, fait de flash-backs sur l'enfance pauvre d'un enfant surdoué, est assez basique. Le film est émouvant par ses interprêtes - Penélope Cruz, honorée d'incarner la mère du héros, Asier Etxcandra, l'acteur qui lui a saboté un rôle trente deux ans auparavant, Léonardo Sbaraglia son ancien compagnon larmoyant maiqs qui a réussi sa vie avec des femmes ...- par les décors et les costumes toujours aussi composés, aux couleurs vives et aux graphismes éclatants (j'adore tout particulièrement le contraste turquoise/rouge).

Bref, un nouveau film plus intime, plus lent, au message évident : on vieillit seul, malgré un superbe appartement madrilène plein d'oeuvres d'art, souffrant, les stupéfiants vous font oublier le monde et sa violence toujours présente, mais étouffent la créativité. Le prénom du héros est salvador, ce n'est pas un hasard ... Bien moral tout ça !

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18 mai 2019

Filet de lotte en nage de petits légumes

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La lotte, une chair nacrée, dense et juteuse, qui demande une cuisson à coeur ...

Pour deux couverts, il faut une petite queue de lotte (600g). Mon poissonnier - la poissonnerie du Dôme rue Delambre à Paris - enlève toutes les peaux et l'arête centrale. Il y a donc beaucop de déchets et il faut prévoir large avant préparation.

Faire préchauffer le four à 180° (Th : 6).

Couper en petits dés ou en rondelles : une petite courgette longue, une petite tomate et un oignon moyen. Dans une petite cocotte, d'abord à découvert, commencer à faire rissoler les rondelles d'oignon et les dés de carotte dans un peu d'huile d'olive puis les retirer à part.

Dans la même cocotte faire blondir à feu vif les filets de poisson après les avoir très légèrement farinés. Saler et poivrer. Pour ma part, j'ajoute un mélange d'épices spécial poisson contenant entre autres du sumac ...

Remettre les carottes et les oignons et ajouter les dés de courgette et de tomate. Les légumes doivent rester croquants.

Verser un verre d'eau, couvrir et glisser au four pour 12 à 15 minutes.

Avant de servir, ajouter un trait de crème fraîche liquide et vérifier l'assaisonnement.

Plaisir garanti : avec en complément quelques petites pommes de terre rattes, votre plat est peu gras, avec des protéines maigres, des fibres et des féculents : tout pour la santé !

 

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17 mai 2019

Fables d'Orient : miniaturistes, artistes et aventuriers à la cour de Lahore

 

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Il ne reste que 10 jours pour aller admirer les merveilleuses miniatures réalisées à Lahore par le peintre Imam Baksh, toutes d'une finesse extrême et pleines de poésie.

Elles sont exposées au musée Guimet dans la rotonde du 2ème étage … là où se produisait jadis, presque nue, Mata-Hari ….

Les illustrations des Fables sont le fruit d’un ambitieux projet mené par le Baron Félix Feuillet de Conches (1798-1887), chef du protocole au ministère des affaires étrangères en France.

Cet admirateur passionné de Jean de La Fontaine avait entrepris de faire illustrer les Fables par des artistes du monde entier et avait passé commande, auprès de Jean-François Allard et Jean-Baptiste Ventura – deux officiers de la Grande Armée mis en demi-solde venus s’exiler au florissant royaume Sikh de Ranjit Singh, après l’enfermement de Napoléon à Saint Hélène -  pour faire réaliser, par un artiste du Pendjab, des illustrations de qualité destinées à orner les espaces laissés vierges des pages de l’édition Didot de 1827 des Fables de La Fontaine.

Cette série réalisée de 1837 à 1839 dans la région de Peshawar, offre une vision totalement singulière voire insolite des Fables. Doué d’une sensibilité vive pour le paysage, le peintre y cultive un attrait pour l’actualité et les ambiances poétiques.

Il faut faire un effort pour retrouver l’atmosphère de La Fontaine car le peintre ne recevait que quelques indications sur le sens du texte qu’il avait à illustrer, mais ce hiatus artistique donne lieu à de merveilleuses scènes d’un exotisme dépaysant …

L'affiche de l'exposition, par exemple, illustre la fable Phoebus et Borée ...

Tout à fait romantique.

 

Au musée national des arts asiatiques Guimet, 6 place d’Iéna, jusqu’au 27 mai – 11,50€ (billet donnant accès à toutes les salles du musée et valable pur une second visite.)

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16 mai 2019

Thermidor : la fin d'une époque ...

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Je lis à mon tour l’excellent ouvrage de Jean Tulard « Les Thermidoriens » publié en 2005 et critiqué par Claude en 2016 … et je me replonge dans cette période de l’histoire de France mal connue - pour moi, c'est uniquement le souvenir d'un style de mobilier de bois clair, décoré de losanges ... et mal aimée. Cette période troublée se situe entre août 1794 et décembre 1799, c’est-à-dire entre l’élimination de Robespierre et le coup d’Etat de Bonaparte …

Une lecture qui permet d’appréhender les permanences séculaires de la vie politique avec ses fractures, ses coups bas, ses idéologies irréconciliables : « La France est une terre de règlements de comptes que favorisent les changements de régime. » Rien ne change ...

A la différence notable qu’à l’époque de la Convention, un changement de majorité parlementaire s’accompagne de l’élimination physique des leaders perdants (comme les Girondins, Danton, Hébert, Saint-Just). Le 9 thermidor (27 juillet 1794), les vainqueurs de Robespierre n’ont pas conscience d’avoir accompli un coup d’Etat, mais veulent simplement sauver leur peau, accessoirement en évitant une dictature. Car la loi du 22 Prairial de l’an II (10 juin 1794) a accentué le contexte de la Terreur. Devant le Tribunal révolutionnaire, ni interrogatoire préalable, ni avocat, ni audition de témoins, un seul choix : l’acquittement ou la mort. On juge sur de simples présomptions morales.

Leur objectif est d’échapper à la Terreur, rétablir la stabilité politique en combattant deux menaces : les Jacobins qui tiennent la rue parisienne et les tentatives de restauration monarchique qui rétablirait les émigrés dans leurs anciens droits.

Dans une France minée par la misère, la faillite financière et l’inflation galopante, la corruption généralisée, le relâchement des mœurs et la guerre aux frontières, les Thermidoriens qui créent le Directoire ont cependant modelé une société et créé des institutions utiles et durables, reprises par Napoléon – on l’a souvent oublié – mais ils n’ont pas restauré l’Etat. La seule issue, après cinq années d’anarchie, est le recours à un homme providentiel issu de l’Armée. On cherche un général, on pense d’abord à Joubert, mais il se fait tuer à Novi. Ce sera Bonaparte, rentré en vitesse d’Egypte. Son pouvoir sera une dictature de salut public à la romaine, pour sauver les conquêtes de la Révolution : la destruction de la noblesse et de la féodalité et la reconnaissance de la vente des biens nationaux.

Nous avons retenu plusieurs noms de ces Thermidoriens : Barras, Tallien, Sieyès, Carnot … Mais ce qui me fascine, c’est la foule de noms qui m’étaient jusqu’ici totalement inconnus, mais qui fleurissent sur les plaques de rues de Paris. Une cohorte de députés, juristes, savants, artistes de cette époque troublée, souvent appartenant à la franc-maçonnerie et auxquels on a fait l’hommage public d’une voie de la capitale … En vrac : Boissy d’Anglas, Daunou, Cambacérès, Bourdon, Geoffroy Saint Hilaire, Duphot, Delambre, Legendre, Prony, Cassini, Berthollet, Fourcroy, Vauquelin, Lamarck, Daubenton, Cuvier, Pelletan, Volney, Cabanis, Sébastien Mercier …

Pour mémoire 60% des noms de voies de Paris sont donnés en mémoire de personnalités nées entre 1700 et 1850, et seulement 6% concernent des femmes …

Une personnalité à qui on doit beaucoup : François de Neufchâteau, poète et ministre de l’intérieur, excellent gestionnaire, inventeur du concept d’Exposition Universelle (la première fut installée au Champ de Mars en 1798), de l’annonce publicitaire, de la vente à prix fixe, créateur de la Caisse d’Escompte et de Commerce qui deviendra la Banque de France, initiateur de la statistique. Il a sa rue dans le 11ème arrondissement …

Lire un livre d'histoire est toujours un enrichissement !

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15 mai 2019

Bakhita, roman par Véronique Olmi

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Un livre émouvant, passionnant, dépaysant aussi bien dans l’espace que dans le temps. 

Une biographie écrite sur la base des souvenirs de Bakhita - recueillis en son temps par une journaliste qui en fera un best-seller - romancée avec une infinie délicatesse. Celle d’un être humain ravalé au statut de marchandise, une petite fille heureuse et aimée puis tout à coup razziée, parquée, entravée, traînée, enchaînée, violée, torturée, vendue de maître en maître de plus en plus méprisant … La soumission, l’anéantissement, la résilience, l’amour puis l’espérance, la foi, le don total.

C’est l’histoire d’une petite fille originaire du Darfour, région aux confins du Tchad et du Soudan propice aux rivalités tribales où les humains sont naturellement butin de guerre, volée comme des millions d’autres et réduite en esclavage.

Elle ne se souvient plus de son nom ni de sa langue maternelle. On la désignera plus tard sous celui de « Bakhita », la « chanceuse » en arabe. Elle a de la chance car elle survit, dans des conditions effroyables.

Je croyais savoir, après avoir lu les ouvrages d’Olivier Pétré-Grenouilleau ou d'Alain Bihr la condition inhumaine réservée aux exclaves … J'étais loin du compte.

La petite héroïne naît en 1869 … elle est capturée à l'âge de 7 ans. La nouvelle de l’abolition de l’esclavage n’est pas parvenue jusqu’à ces contrées de l’est africain – où nous savons que de nos jours encore, l’esclavage existe …

Année après année, souffrance après souffrance, Bakhita s’adapte. Sa vie est une suite de renoncements, d'abandons, de déchirements, d’arrachements. Jusqu’au jour où elle réussit à dire non. A rester là où elle sent qu’un être suprême va l’aider, l’aimer … Mais cela ne suffira pas à la libérer de sa condition de femme noire, d’objet de propagande, de curiosité malsaine en un temps où triomphe un racisme politique généralisé. Elle se plie à la volonté de ce père du ciel dont elle découvre l’amour pour elle – enfin.

C’est une histoire vraie, celle de cette esclave soudanaise achetée par un consul italien pour l’offrir à son épouse, affranchie après un procès à sensation, instruite dans un couvent, devenue religieuse et enfin canonisée en 2000 par Jean-Paul II.

Véronique Olmi se glisse sous la peau scarifiée de cette toute petite fille, imagine ses angoisses, raconte son odyssée en phrases courtes, en évocations poétiques, comme si nous étions tout près d’elle, contemplant les étoiles et pensant à tout instant retrouver ses parents perdus. Un destin terrifiant dans une époque d’une cruauté sans pareille.

 

Bakhita, roman par Véronique Olmi – Le livre de Poche et Albin Michel, 475 p., 8,70€

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14 mai 2019

Européennes : pourquoi tant de listes ?

 

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A l’annonce de la publication de l’ensemble des listes qui se présentent à l’élection européenne je me suis demandée s’il resterait encore un programme de télévision non complètement « bouffé » par la campagne officielle… Imaginez, 34 listes ! (mais en Allemagne, il y en a 41 …)

Heureusement, les règles de temps de parole pour la campagne officielle ont été modifiées : le temps total de campagne officielle à la télévision de 309 minutes sera réparti au prorata de leur représentativité dans les institutions. De 55 minutes (LREM) et 48 minutes (RN), à 38 pour LR, 18 pour FI, 14 pour EELV. L’ensemble des autres listes seront créditées de 3,33 minutes chacune. Ouf !

Pourquoi cette explosion de listes, alors que la plus grande partie d’entre elles n’atteindra pas les 5% qui permettent d’avoir un député, ni même les 3% qui ouvrent droit au remboursement des frais de campagne.

Les fana de l’Esperanto, les Animalistes, les Pirates, les jeunes d’Allons Enfants, le Parti fédéraliste européen, les trois listes se réclamant des Gilets jaunes , etc …: que recherchent-ils ?

D’abord et avant tout un accès aux médias bien plus important que la présence sur Youtube. Une occasion d’exposer leurs idées et de récolter ça et là des adhésions, recueillir des dons. Avec une campagne uniquement sur internet, en demandant aux futurs électeurs d’imprimer eux-mêmes leur bulletin de vote, ils vont bénéficier de leur quart d’heure de notoriété (enfin, limité ici à un peu plus de 3 minutes d’antenne, il va falloir être concis et percutant !).

Leurs clips de campagne seront financés par l’Etat et réalisés par France Télévision (pour certains en tous cas) … En revanche, l’impression et le collage des affiches sur les panneaux électoraux restent à la charge des partis et donc des militants. En outre, les jours de diffusion et l’ordre de passage sont déterminés par le CSA.

Un autre objectif : disposer d’une carte tout à fait précise, bureau de vote par bureau de vote, des électeurs ayant adhéré à leurs idées : un outil qui permettra de situer les points du territoire où ils peuvent élargir leur audience …

Tout ça pour aboutir à la composition du Parlement européen dont les sondages les plus récents donnent les projections suivantes : PPE (Droites) : 171 sièges, Socialistes et démocrates : 141 sièges, ALDE (libéraux européens dont LREM) : 105 sièges, Extrême droite : 71 sièges, Droite radicale : 60 sièges, Verts (55 sièges), Extrême gauche : 51 sièges, Anti-système (23 sièges). Donc, comme dans tout système proportionnel, aucune perspective de majorité absolue, et la nécessité de former des alliances inter partisanes pour espérer peser sur les votes du parlement.

Un autre résultat du vote européen au niveau de la France : avoir une image des forces en présence si nos élections législatives étaient organisées selon le scrutin proportionnel (cependant, les politologues nous disent que les électeurs ne votent pas de la même façon pour les législatives ou les municipales). Un paysage émietté, en particulier à gauche, chez les écologistes et même les souverainistes favorables à un Frexit. Certains pensaient que cette offre multiple favoriserait la participation électorale, les sondages montrent actuellement que c’est hélas l’inverse qui se produit.

Finalement, c’est le Général qui avait raison et qui nous à préservé de cette mosaïque d’egos !

 

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13 mai 2019

Galettes de sarrazin au jambon

 

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Un petit gratin vite préparé qui utilise les mêmes ingrédients que la galette complète : galettes de sarrazin achetées par lot de 6, jambon cuit coupé en très fines tranches à l'italienne, fromage râpé, crème fraîche, oeufs.

J'ai ajouté quelques pluches de persil ... mais c'est tout à fait facultatif. C'est pour la couleur !

Faire préchauffer le four à 190°. Beurrer le plat à gratin.

Etaler la galette, saupoudrer d'un peu de fromage râpé, ajouter la tranche de jambon découenné, encore un peu de fromage râpé. Rouler en cigare. Coucher les galettes roulées côte à côte.

Battre deux oeufs avec 10 cl de crème liquide, saler et poivrer, ajouter du persil plat concassé.

Verser sur les galettes puis ajouter du fromage râpé pour le gratinage.

Glisser au four pour environ 35 minutes.

J'aime bien sentir craquer la galette ...

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12 mai 2019

L'archipel français, essai de Jérôme Fourquet

 

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La dernière élection présidentielle a mis en lumière un clivage électoral inédit entre gagnants/ouverts et perdants/fermés : elle est historique en cela que jamais jusqu’ici et la droite et la gauche ont été éliminées dès le premier tour. L’ouvrage de Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP, dissèque, cartes précises à l’appui, une France disloquée, éparpillée entre une myriade d’ilots plus ou moins étendus et finalement très peu connectés entre eux.

Et il nous montre que ce processus vient de loin (bien avant 1968), mais qu’il s’accélère. Malgré les conclusions d’Hervé Le Bras et Emmanuel Todd qui parlaient du rôle « fantôme » d’un catholicisme « zombie » encore prégnant, la principale raison de cet émiettement de la société française est le processus – présent dans toute les sociétés européennes selon Marcel Gauchet - de sortie de la religion.

Les symptômes de cette entrée de la société française dans l’ère post-chrétienne : l’acceptation de l’IVG, de l’homosexualité, l’abandon de l’obligation de la virginité avant le mariage, la crémation, le tatouage, le véganisme, l’abandon de la consommation quotidienne de vin et croissance symétrique de l’usage du cannabis … autant d’expressions d’une société individualisée à l’extrême et culturellement diversifiée, tout comme l’effondrement de la pratique religieuse, la banalisation du dimanche pour faire ses achats, la reconfiguration des familles (250000 mariages en 2015 contre 400000 en 1972), 60% d’enfants nés hors mariage.

La structure classique entre catholicisme et anticléricalisme a disparu faute de pratiquants, qui était le fondement du clivage politique gauche/droite. Car, symétriquement, on a vu l’effondrement de la contre-société communiste et de ses organisations structurantes (le score du PC divisé par 10), la perte d’influence des grands médias, l’affaiblissement du cartésianisme, la perte du discours scientifique chez les jeunes tentés par le complotisme …

Parallèlement, on assiste au séparatisme social des élites dû à la croissance des titulaires de diplômes supérieurs (environ 30% de la population) qui ont tendance à vivre en vase clos et dont les occasions de contact avec le reste de la population deviennent de plus en plus rares, phénomène aggravé par l’essor de l’expatriation.

C’est l’étude de la fréquence et de la diversité des prénoms donnés aux enfances (analyse anthroponymique) nés en France depuis 1900 qui permet d’approcher l’extraordinaire diversité de la population française, le rythme de prise de distance avec la religion, le degré d’intégration des populations venues d’ailleurs …

On remarquera la parfaite concordance des cartes entre la prévalence des prénoms issus de la culture populaire américaine - Steeve, Kevin, Dylan … - et le vote frontiste … et la corrélation, (par exemple au sein de communes comme Aulnay sous bois, de départements comme la Sarthe, l’Hérault ou la région Alsace) entre taux de chômage et vote RN.

Il faut bien se rendre à l’évidence : la société française est à présent « éparpillée façon puzzle » et ce n’est pas très réjouissant. Le processus est ancien, il a brutalement été mis à jour en mai 2017 … Reviendrons-nous bientôt ou jamais au classique clivage de classe entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas ou entre ceux qui comprennent le monde et les autres ? Comment allons-nous nous accommoder d’une société en miettes ? 

C'est un livre très bien écrit, facile d'accès, avec des cartes et des diagrammes très précis, un propos passionnant, éclairant, pas très optimiste je le concède mais indispensable à ceux qui s'intéressent à l'avenir de notre pays. Il ne délivre aucune recette de sortie de crise mais souligne des erreurs politiques qui ont acceléré le processus : le quinquennat, le non-cumul des mandats, l'absence de représentation proportionnelle (même partielle), préconise un recours plus fréquent au référendum ...

 

L’archipel français, naissance d’une nation multiple et divisée, essai de Jérôme Fourquet, au Seuil, 384 p., 22€

 

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11 mai 2019

Tuyauteries : en marche !


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Deux fois par an, Claude et moi passons un check-up auprès de notre cardiologue … le contrôle technique, ce n'est pas seulement pour les automobiles !

Pour moi, c’était hier . Mon gentil docteur (qui est aussi écrivain à ses heures) m’avait prescrit pour ce second rendez-vous annuel une série d’examens un peu plus approfondis que d’habitude : doppler des carotides et des membres inférieurs, et scintigraphie cardiaque ou épreuve d’effort sous thallium …

Toujours très impressionnant, cet examen, même si ce n’est pas la première fois que je le subis depuis mon infarctus en 2007 … Se faire injecter à deux reprises une dose de produit radioactif n’est pas neutre … L'infirmière procède à une première injection du produit de contraste, le thallium 201 qui se fixe dans les différentes parties du muscle cardiaque proportionnellement au flux sanguin local.

Une fois le produit fixé, on vous soumet à une épreuve d'effort en pédalant de plus en plus fort sous la surveillance du cardiologue : la pression artérielle est contrôlée en permanence, tout comme le cœur sous électrocardiogramme. L’examen est réalisé en deux fois, immédiatement après l'effort, puis pendant la phase de récupération, allongée sous une gamma-caméra pendant 10 minutes sans bouger un cil. La distribution du radiotraceur dans les différentes parties du cœur apparaît sous forme de points scintillants colorés.

Pour cette fois, tous mes indicateurs sont au vert : mes artères sont perméables, ma fonction ventriculaire gauche est supérieure à 65%, donc considérée comme normale. Tout va donc pour le mieux … jusqu’à la prochaine fois. Je sens que je vais passer de meilleures nuits.

 Nous avons bien de la chance de bénéficier d’une infrastructure médicale performante (à Paris tout au moins) et accessible à tous ! Je ne sais pas si tout un chacun s’en rend bien compte …

 

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