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16 avril 2021

Croustade aux champignons et à la tomme des Pyrénées

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Une entrée pour quatre personnes.

Faire préchauffer le four à 200° (Th : 7) :

Dérouler une feuille de pâte feuilletée dans la tourtière avec sa feuille de papier sulfurisé et la piquer (le fond et les bords) avec une fourchette.

Emincer 300g de champignons frais mélangés ou simplement de Paris et les faire sauter dans une poêle large, à l'huile d'olive avec du poivre mais pas de sel, quelques herbes (vert d'oignon nouveau, persil ...). Laisser tiédir.

Enlever la croute puis détailler en dés 300g de tomme des Pyrénées et une boule de mozzarella. A l'origine, cette recette nous vient d'Italie. On devrait employer du Provolone ... plus difficile à trouver !

Disposer la poêlée de champignons sur la pâte, puis répartir les dés des fromages par dessus.

Rouler le bord de la pâte en forme de boudin.

Enfourner pour environ 30 à 35 minutes, en surveillant la couleur du pourtour de la pâte.

Démouler en faisant glisser la feuille de papier sur une surface plate, puis la retirer prestement.

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15 avril 2021

à rebours, roman de J.K. Huysmans (1884)

a reboursTemps de confinement, on en revient aux classiques qu'on n'a jamais eu le temps de lire - ou l'envie ?

Ce livre figurait sur la liste des classiques qu’on nous recommandait d'étudier avant de passer le bac. Bien entendu, piètre lectrice à l’époque, je n’en ai rien fait, et cela ne m’a pas manqué. Tout au plus, j’éprouvais un léger pincement de remords au passage de la rue qui porte le nom de son auteur, située à moins de 50 m. de chez moi …

Et puis tout à coup, l’actualité se remit à évoquer ce talentueux critique d’art et romancier, naturaliste puis symboliste avant de se convertir au catholicisme.

D’abord, je l’ai découvert au détour du roman de Michel Houellebecq « Soumission », puis il y eut une passionnante exposition au musée d’Orsay, enfin, il était clairement fait allusion au « modèle » de Jean des Esseintes dans le roman de Julian Barnes, « L’homme en rouge ».

Ce « modèle », c’est le comte Robert de Montesquiou, archétype du dandy à la française, merveilleusement portraituré par Boldini. C’est aussi le personnage de Palamède, baron de Charlus, dans La Recherche.

Trois motifs de me plonger dans ce roman de la décadence, où il ne se passe pratiquement rien. Car Jean des Esseintes est revenu de tout. Riche suffisamment pour ne pas avoir à travailler – ce serait déroger à sa caste – entouré de ses multiples collections, il éprouve la quintessence de l’ennui, il « s’embête à crever ». S’étant retiré dans une maison de banlieue où il vit en reclus mais avec ses domestiques, au milieu des livres qu’il a fait relier avec des prescriptions étonnantes, tout comme est baroquissime la décoration de ses appartements, les fleurs de son jardin, son « orgue à parfums » avant la lettre …

 

des esseintes Montesquiou

« Il vivait sur lui-même, se nourrissait de sa propre substance, pareil à ces bêtes engourdies, tapies dans un trou, pendant l'hiver ; la solitude avait agi sur son cerveau, de même qu'un narcotique. Après l'avoir tout d'abord énervé et tendu, elle amenait une torpeur hantée de songeries vagues ; elle annihilait ses desseins, brisait ses volontés, guidait un défilé de rêves qu'il subissait, passivement, sans même essayer de s'y soustraire. »

"A rebours", le roman le plus connu de Huysmans, est paru en 1884.

L’auteur y mêle les états d’âme d’un esthète velléitaire en pleine dépression - et sans doute atteint de la terrible maladie dont finira son ami Guy de Maupassant - à ses propres considérations sur les œuvres littéraires et artistiques de son temps. Ainsi découvrons-nous son extraordinaire passion pour la littérature latine, Gustave Moreau et Odilon Redon, ses préférences pour Verlaine, Baudelaire, Corbière, Mallarmé, Goncourt, Poe, Flaubert, Villiers de l’Isle Adam, Barbey d’Aurevilly et, naturellement, Zola.

Trois grands moments : la description de la Salomé de Gustave Moreau, la pâmoison devant les assemblages de senteurs, le départ inopiné pour Londres qui se termine à la brasserie de la gare du nord.

Même pour un lecteur du XXIème siècle, la langue, les évocations et les descriptions sont éblouissantes. C’est effectivement un classique qu’il est bon d’avoir lu, même en sautant quelques pages d’accumulations un peu « barbantes ». Mais je doute qu’un lecteur de l’âge à devoir passer le bac puisse s’y atteler.

 

A rebours, roman de Joris Karl Huysmans, édition Folio classique (présenté, établi et annoté par Marc Fumaroli), chez Gallimard, 400 p., 8,50€

14 avril 2021

Cabécous rôtis avec crumble

IMG_2042Un plat complet pour un dîner léger ...

Commencer par sortir du réfrigérateur une grosse tomate et les cabécous afin qu'ils reviennent à température ambiante, et aussi 15g de beurre.

Faire préchauffer le four à 200° (Th : 7)

Emincer une échalote et une gousse d'ail, et détailler la tomate en petits dés.

Dans une casserole, faire compoter à l'huile d'olive l'échalote, l'ail et la tomate pour obtenir à feu doux (au bout d'environ 20 minutes) une petite sauce tomate. Laisser reposer.

Répartir la sauce dans des moules à crème brûlée puis placer les cabécous au centre.

Préparer le crumble : mélanger le beurre mou avec 15g de farine et autant de chapelure, ajouter une pincée de thym.

Glisser les cabécous dans le four et laisser cuire environ 6 minutes.

Les sortir pour ajouter sur le dessus le crumble. Laisser cuire encore environ 8 minutes.

A servir avec des tranches de pain et une salade verte.

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13 avril 2021

Le secret de la reine soldat, par Lorraine Kaltenbach

La reine soldat

La reine soldat, c'est ainsi que l'a qualifiée Marcel Proust dans La Recherche, elle que Visconti rêvait de voir incarnée à l'écran par Greta Garbo ... Une femme superbe en tous cas, mais un destin tragique.

L’éditeur ne précise pas qu’il s’agit d’une biographie ou un roman … mais simplement le récit de l’extraordinaire destin de la jeune sœur de Sissi, Marie-Sophie de Wittelsbach (1841 – 1925), racontée par l’arrière-petite-fille d’une des personnes ayant vécu auprès de la fille adultérine - et donc cachée - de cette si jolie et si malheureuse reine de Naples.

J’avais toujours été agacée de voir dans la littérature l’irruption à point nommé – comme le deus ex machina – d’un enfant abandonné, kidnappé ou caché, revenu sur le devant de la scène pour réclamer sa véritable identité. Molière, Verdi, Michel Zévaco … Mais effectivement, ces situations devaient être légion à l’époque où concevoir un enfant hors mariage représentait une catastrophe … surtout lorsqu’on était issu d’une famille princière.

C’est ce qui est arrivé à la jeune et superbe Marie-Sophie, reine consort de Naples et de Sicile, mariée à 18 ans au prince de Bourbon, bientôt devenu François II, un être falot et confit en dévotions, totalement soumis à sa belle-mère, et en plus affublé d’un phimosis (est-ce génétique chez les Bourbons ?) qui ne lui permet pas de consommer son mariage.

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L’histoire met en lumière un épisode peu glorieux du processus garibaldien d'unité italienne par la monarchie piémontaise (l’autre face du Guépard, le roman fameux de Guiseppe Tomasi Di Lampedusa), avec la conquête militaire du royaume des Deux-Siciles, directement issu du Congrès de Vienne, par Victor-Emmanuel de Savoie.

Le dernier réduit des souverains napolitains est la forteresse de Gaète, pilonnée sans merci, pendant laquelle la jeune reine Marie-Sophie s’illustre par sa présence auprès des blessés et devant la mitraille. Elle va bientôt devoir se réfugier avec son mari déchu auprès du Pape avant d'être priée de trouver exil ailleurs.

Sa bravoure en fait une héroïne de statut mondial, elle y acquiert le surnom de Reine-Soldat … Elle a à peine 20 ans, est une cavalière émérite, avec sa haute stature (1,70 m) et une silhouette digne d’une cover-girl.

Et puis à Rome, elle rencontre l’amour de sa vie en la personne d’un jeune zouave pontifical, Emmanuel de Lavaÿsse-Chateaubourg, et elle en attend un enfant. Ce sera une petite fille, qui vivra cachée toute sa vie, et jamais Marie-Sophie ne s’en consolera.

Lorraine Kaltenbach remonte le temps et les rares archives qui racontent les soins apportés par les membres de sa famille ayant recueilli la jeune fille confiée à son père, hélas décédé à peine 5 ans après sa naissance. Les chagrins vont s’amonceler sur la tête de sa mère, qui la retrouvera cependant durant les dernières années de sa courte existence.

Comme quoi, il ne suffit pas de naître dans une famille princière très unie et d’être mariée à un jeune roi pour connaître un bonheur durable, mais surtout être touchée par une avalanche de deuils … maladies (la tuberculose, en particulier), les pandémies (le choléra), les attentats, les catastrophes (sa soeur brûlée vive dans l'incendie du Bazar de la Charité), la mort d'un enfant ... La vie n’aura pas été tendre pour la belle Marie-Sophie de Bavière.

N.B. : décidément, je n'apprécie ni les notes de bas de page lorsqu'elle ne contribuent pas énormément au propos et tiennent autant de place, ni les fautes d'orthographe...

Le secret de la reine soldat, l’extraordinaire sœur de Sissi, par Lorraine Kaltenbach, aux éditions du Rocher, 302 p., 20,90

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12 avril 2021

Gariguettes au basilic

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Les premières fraises de la saison, ce sont pour moi, depuis toujurs, les gariguettes ...

Fuselée, bien rouge, légèrement acidulée, la gariguette est pour moi LA fraise par excellence.

Celles-ci viennent de Corrèze ... plus précisément d'Alassac.

Pour innover, je teste une recette pourtant classique : la salade de fraises au basilic et à l'huile d'olive.

Commencer par laver très rapidement les fruits et les équeuter, puis les coupr en 4 dans le sens de la longueur.

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Dans un saladier, les arroser d'un jus de citron - la moitié pour 2 portions - et du sucre en poudre.

Bien mélanger puis ajouter une petite main de fueilles de basilic frais coupé en lanières aux ciseaux puis verser un filet d'huile d'olive de bonne origine.

Laisser mariner au moins une heure avant de servir.

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11 avril 2021

Histoire secrète de la droite française, par G. Davet et F. Lhomme

Davet Lhomme

Rien à voir avec le livre « culte » (pour les anciens élèves de Sciences Po comme moi), « Les Droites en France » de René Rémond. La référence serait plutôt ici « Game of Trones » ou « Le Baron noir » . Et de fait, je me demande si je vais ranger cet ouvrage dans la section « Histoire » ou « Thrillers » de la bibliothèque …

Après avoir dézingué François Hollande avec « Un Président ne devrait pas dire ça », le dissuadant de poser sa candidature à un second mandat, Gérard Davet et Fabrice Lhomme s’attaquent à la droite, ou plus exactement au parti de tradition gaulliste, l'UMP devenu Les Républicains.

Manière de faire bonne mesure dans le domaine de l’impartialité journalistique, mais surtout d’analyser pourquoi et comment ce parti de gouvernement a presque complètement disparu de la scène politique au point de n’avoir réuni que 8% des suffrages lors du dernier scrutin proportionnel.

J’ai lu avec avidité ces deux épisodes de la saison 1 – parce que j’imagine qu’il faudra bien une suite en 2022 ! La première partie s’intitule « La haine » et la seconde « L’Apocalypse ». Tout un programme, mais les auteurs n'exagèrent pas.

La première retrace le chemin de croix de Jérôme Lavrilleux, le « couteau suisse » de l’UMP, fidèle d’entre les fidèles de François Copé dans sa bataille contre François Fillon pour la maîtrise du parti après l’échec de Nicolas Sarkozy à un second mandat. Et le commencement des ennuis judiciaires portant sur le dépassement gigantesque de ses comptes de campagne.

Ainsi résume Claude Guéant : « Ce qui est surprenant à droite, c’est cette capacité à générer des ego qui se détruisent mutuellement et qui détruisent la famille, et même la pensée de droite ».

Dans la seconde partie, c’est l’aventure inédite de la primaire ouverte pour désigner le candidat de la droite, avec l’émergence inattendue de celui que personne n’avait vu venir, François Fillon, celui qui avait perdu sur le fil le leadership du parti et propose un programme particulièrement austère d’assainissement des finances publiques. Et immédiatement après son élection triomphale, sa descente aux enfers avec l’affaire de l’emploi fictif de son épouse et de ses enfants, puis, clouant le cercueil, le cadeau empoisonné des costumes Arnys …

Ces événements, nous les avons vécus au jour le jour, effarés, désolés, scandalisés comme chaque citoyen s’intéressant de près à la chose publique. Les témoins qui ont contribué à cette saga s’expriment avec le recul nécessaire, une franchise sincère, des rancœurs, certes, mais pas tant que ça : Rachida Dati, Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand, Jérôme Lavrilleux, Benoist Apparu, Thierry Solère, Patrick Stefanini, Jean-Louis Debré, François Baroin, Jean-François Copé, Robert Bourgi, Philippe Briand, Jérôme Fourquet …

Dans cette descente aux enfers, certaines vérités restent dans l’ombre – d’où provient la fuite des feuilles de paye de Pénélope Fillon par exemple – mais d’autres méritent d’être mises en lumière. C'est en tous cas François Fillon qui apparaît à chaque chapitre : sa haine envers Sarkozy, son ressentiment contre Jean-François Copé, sa piètre défense face à son attrait pour l'argent, tout le contraire de l'image publique dont on  le créditait.

Racontés avec précision, les témoignages sont vérifiés, les informations recoupées, dans un style vif et non dénué d’humour, bref, j’ai dévoré ces 774 pages en deux jours. La justice est passée – du moins en première instance – sur ce qui désormais s’apparente à un champ de ruines, pour toute la démocratie. Nul ne doit s’en réjouir …

 

Histoire secrète de la Droite française, par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, édité chez Fayard, collection Pluriel, 774 p., 15€

 

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10 avril 2021

Joyeux anniversaire Victoire !

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Il y a des dates de l'année qui me sont particulièrement chères !

Celle de la naissance à Paris de notre troisième fille en fait partie ...

Je n'en reviens toujours pas d'avoir mis au monde une aussi belle et efficace architecte ... Câlins de loin ne nous empêchent pas de continuer un dialogue qui me rend toujours aussi fière.

Victoire, et avec elle sa petite famille : Timothée, Hugo et Apolline.Je compte sur vous pour bien vous occuper de votre épouse et maman.

Bon anniversaire Victoire ... et cette année encore en mode confiné.

Voici quelques images des temps anciens ... pas si anciens.

Salut l'artiste !

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09 avril 2021

Les mécaniques du crime, polar historique de Sylvain Larue

mécanique du crime

Voici un livre que j’ai saisi un peu au hasard, sur une table de ma librairie préférée, sans rien connaître de l’auteur, simplement parce que j’adore les polars historiques, que je connais la qualité de l’éditeur et parce que voyant le livre en format de poche, je me suis dit que le grand format avait certainement eu du succès.

Et je découvre ainsi un jeune auteur – Sylvain Larue est né en octobre 1982 – historien autodidacte déjà auteur de plus de 20 ouvrages, avec une spécialité : les grandes affaires criminelles !

Il s’est donc constitué une documentation fantastique de toutes les sortes de forfaits, escroqueries et massacres, qu’il égrène avec une délectation évidente tout au long de romans se situant au cours du Second Empire, une période non encore explorée par les écrivains du genre : Jean-François Parot, Claude Izner, Jean-Christophe Portes, Jean d'Aillon, ou Philippe Grandcoing

De quoi me ravir, même si j’entre dans cette « série » par le milieu … ce qui me donne l’irrésistible envie de commencer par le premier opus !

Le héros n’a pas que des côtés sympathiques : un peu violent à l’occasion, volontiers râleur, mais accompagné par de fidèles comparses. Il est le patron, à un peu plus de vingt ans, d’une équipe secrète vouée à la sécurité personnelle de Napoléon III, d’abord parlementaire de la deuxième République et bientôt autoproclamé empereur. Voilà Léandre Lafforgue, dans la plus grande discrétion, confronté à une série d’attentats terroristes, qui font de nombreuses victimes collatérales, et sans que l’on puisse déterminer les cibles vraisemblables. Mais l’époque est coutumière de ces bombes destinées à attirer l’attention sur des situations politiques en elles-mêmes explosives …

 

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Une course de vitesse se noue entre les policiers et les criminels qui s’en prennent au Tuileries le jour même du mariage de l’empereur, puis à Notre-Dame, puis au plus près de Léandre lui-même … On ne peut qu’admirer la prescience ou la réactivité exceptionnelle de l’auteur d’avoir décrit un attentat au cœur de la cathédrale de Paris tel l'incendie du 15 avril 2019, alors que le livre est paru moins de 6 mois après …

L’avantage de situer ces enquêtes dans les siècles passés est de s’affranchir de toutes les techniques de police scientifique, de pouvoir à loisir jouer du transformisme des protagonistes, l’identification étant en ce temps-là problématique, et de labourer un terreau politique parfaitement balisé par les archives et les historiens.

De la belle ouvrage, avec un soupçon d’humour, une langue riche et fluide, des péripéties et des bagarres violentes et, naturellement, juste à la fin et comme il est d’usage, une scène de « twist » qui laisse le lecteur ébahi. Un jeune auteur prolifique à suivre !

 

Les mécaniques du crime, polar historique de Sylvain Larue, aux éditions De Borée, collection Vents d'histoire, 498 p., 8,90€

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08 avril 2021

Ian Kershaw, historien de l'Europe en enfer

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Mettre de l’ordre dans ses livres d’histoire donne lieu à des redécouvertes ou simplement à de nouvelles lectures. Ainsi en est-il des ouvrages fondamentaux de l’historien britannique Sir Ian Kershaw (né en 1943) dont nous avons, mon mari et moi, lu l’essentiel des ouvrages.

Pourquoi suis-je en ce moment particulièrement sensible à l’histoire de l’Europe au cours du XXème siècle et plus précisément à ce qui s’est passé en Allemagne depuis les prémices de la Grande Guerre à nos jours ? Sans doute parce que l’Europe est aujourd’hui au cœur d’une crise sans précédent et que je m’interroge, non pas pour moi-même – « j’ai fait mon contrat » comme dirait une de mes filles – sur l’avenir réservé à mes enfants et mes petits-enfants.

Ian Kershaw est LA référence en matière d’analyse des faits et circonstances qui expliquent comment la dictature nazie s’est installée dans le pays le plus important d’Europe, après l’humiliation du traité de Versailles et la grande dépression économique des années 30.

Il est notamment l’auteur d’une magistrale biographie d’Hitler – plus de 1000 pages absolument passionnantes - bien accueillie en République Fédérale Allemande qui le fit Officier de l’Ordre du Mérite en 1994.

Mes interrogations portent sur les risques que notre pays, au sortir de la crise sanitaire, ne bascule vers des solutions populistes exrêmes – de droite comme de gauche – qui ne feraient que l’enfoncer davantage au lieu de le sortir du pétrin.

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Un des livres de Ian Kershaw les plus éclairants sur la période 1919 – 1949 : L’Europe en enfer décrit de façon tout à fait limpide comment et pourquoi les systèmes démocratiques ont réussi dans certains pays européens à surmonter les difficultés économiques et politiques et pourquoi dans certains autres, la démocratie parlementaire a été détruite par des régimes autocratiques – dans le meilleur des cas – ou par de cruels modèles totalitaires.

A la veille du second conflit mondial, la démocratie a été résiliente dans seulement onze pays : Grande-Bretagne, Irlande, Suisse, France, Belgique et Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède, Finlande et Islande, malgré l’émergence de mouvements d’extrême-droite puissants. Tous ces pays avaient été victorieux ou neutres pendant la Grande Guerre. Mais près des trois cinquièmes des Européens (à part l’Union soviétique) vivaient dans seize Etats sous une forme ou une autre de régime autoritaire ou répressif, où les droits civils étaient réduits, les minorités discriminées et persécutées. Seule la Tchécoslovaquie avait résisté jusqu’à sa destruction par l’invasion allemande en 1939. L’échec de la démocratie dans les Etats successeurs de l’Autriche-Hongrie fut l’indicateur le plus clair de la faillite du règlement d’après-guerre.

Claude avait écrit en 2017 une chronique sur ce premier tome, que je suis en passe de terminer. Je viens d'acheter la suite parue en 2020. Mais il me faut le temps d'assimiler encore plus de 700 pages !

Bien évidemment, nous n’en sommes pas là …. Mais les hommes sont ce qu’ils sont et les dangers demeurent d’une crise profonde de légitimité de notre système politique. C’est dans l’histoire que nous puisons les éléments de réponse pour envisager l’avenir. Les politiques économiques restrictives de diminution des dépenses publiques mises en œuvre au lendemain de la crise de 1929 ont été catastrophiques …

Nous pouvons espérer aujourd’hui que de telles erreurs ne se reproduiront plus. La compréhension des phénomènes sociaux de jadis est indispensable à la maîtrise des politiques de demain.

07 avril 2021

30, rue de Saintonge, roman historique de françoise Dag'Naud

rue de Saintonge

J'ai fait quelques très intéressantes découvertes d'auteurs grâce à Babelio qui, régulièrement, m'adresse un livre sous la contrainte bien agréable d'avoir à en rédiger une critique dans les 30 jours. Mais à ce jeu-là, on ne gagne pas à tous les coups ... Voici donc un livre que l'on peut ne pas lire ... comme on dit de certains films dans un célèbre hebdomadaire.

On n’est jamais mieux servi que par … son mari, écrivain d’histoire et verbicruciste attitré du Canard enchaîné. Voici donc le premier livre pour adultes d'une épouse, Françoise, préfacé par son mari Alain Dag’Naud …

Une aventure mettant en scène un fort joli aristocrate sans trait de caractère vraiment marquant, dans les derniers jours de la Terreur de Robespierre, à travers les lignes des troupes autrichiennes qui se pressent au nord de la France pour abattre la Révolution.

Une course poursuite avec heurs et malheurs, égorgements et  guillottinages, avec une fin aussi brusque – avec la mort de Robespierre – que le style est emberlificoté. L’auteure s’est en effet ingéniée à écrire selon le style de l’époque, avec des tournures parfois difficiles à saisir, sauf une transcription très personnelle et largement simplifiée du chtimi … On croirait entendre Geoffroy de Montmirail des "Visiteurs" ...

Il faut aimer ce genre de discours. En tous cas, n’est pas Jean-Christophe Portes, Jean d’Aillon ou Jean-François Parot qui veut. Mais au moins, ce titre n’encombrera pas les listes des candidats aux prochains prix littéraires.

30, rue de Saintonge, roman historique de Françoise Dag’Naud, édité chez Larousse, 301 p., 15,95