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28 janvier 2015

l'Atlas, la nouvelle cuisine marocaine

Dans la série "J'aime le couscous" je signale ce restaurant proche de l'Institut du Monde Arabe et ouvert le dimanche ... idéal pour se requinquer après une exposition !

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L'équipe de Benjamin Eljaziri pratique une cuisine particulièrement allégée en graisses et pourtant pleine de senteurs : à la légèreté de la "graine", on constate que le bouillon ne laisse pratiquement pas de traces autour des assiettes. Les légumes sont parfaitement cuits, ni trop ni trop peu, les boulettes de viandes, de petites dimensions, très aérées.

Bref, nous nous sommes régalés après un accueil chaleureux et efficace. Le décor est ultra-classique, on se retrouve dans une ambiance très "années 70". On apprécie le rituel des pâtisseries orientales et du thé à la menthe, elles aussi traitées avec tact et générosité ... le tout pour une addition en ligne avec le reste : légère - 80€ avec une demi-bouteille de Guerrouane rouge des trois Domaines Zniber, excellent, et une grande Badoit.

 

L'Atlas, 12, boulevard Saint-Germain - 75005 PARIS - 01 44 07 23 66 et 01 46  33 86 98

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27 janvier 2015

Shoah : pourquoi il faut continuer à en parler

aujourd'hui (Joel Saget)

Je suis née après la guerre. Mes parents n'étaient pas en France durant celle-ci. Personne, dans ma famille n'a souffert de discrimination. Je n'ai jamais entendu parler des camps avant l'adolescence. Et puis au lycée, dans les années 60, on nous a passé "Nuit et Brouillard" d'Alain Resnais. Et ce fut le choc. Absolument, horriblement et définitivement. Le contact avec l'inimaginable, l'inconcevable, le trou noir dans la nature humaine ...

J'ai depuis beaucoup étudié cette période, mais je n'ai jamais pu apporter de réponse à cette question : après le comment, pourquoi ? Et aussi comment est-il possible que certains "savants" aient pu mettre en doute l'existence des camps d'extermination, malgré les témoignages des rescapés, les preuves matérielles, les images tournées par les libérateurs américains, britanniques et soviétiques. Comment cette sorte de théorie du complot, que l'on voit fleurir à nouveau à tous propos et à tout les coins de l'internet peut-elle encore fleurir ...

Voilà pourquoi il faut en parler, encore et toujours. Sur les 2500 qui sont revenus vivants des camps, il reste aujourd'hui 200 Juifs de France partis pour Auschwitz-Birkenau. Pour eux, et surtout pour tous ceux, les millions, qui sont morts, nous devons continuer à porter la parole qu'il n'auront bientôt plus. Parce que cette histoire est tellement incroyable que les jeunes générations auront - ont -  peine à la croire et qu'ils risquent de vouloir l'oublier. Pousser l'atroce aussi loin, même les peintres du Moyen-Âge qui dressaient des images du Jugement dernier pour terrorriser les fidèles ne l'avaient pas imaginé.

 

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Et pourtant, une partie significative de la population contine à crier dans les rues ou à penser dans son fort intérieur "Mort aux Juifs", et même certains sont passés à l'acte. En référence sans doute à la politique de colonisation de l'Etat d'Israël, mais pas que. Et s'enrôle pour un idéal de carnage auquel nous sommes totalement étrangers.

La cinéaste Marceline Loridan-Ivens, déportée en 1944 à 16 ans dans le même convoi que Simone Veil, dit dans Le Figaro de ce matin : "Quand j'ai entendu "Mort aux Juifs" lors de certaines manifestations, je me suis dit qu'est-ce que je fais, je saute par la fenêtre ? Je m'en vais ? Dans quel pays je suis ?"

Eh bien moi, j'ai honte. Moi aussi, je suis inquiète. J'ai envie du lui demander pardon au nom de tous les miens. Et qu'elle sache que j'enseignerai à mes petits-enfants tout ce que des hommes ont fait à d'autres en cette seconde partie du XXème siècle.

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Le Maroc contemporain à L'Institut du Monde Arabe

 

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Si vous vous attendez à voir dans cette exposition des tapis traditionnels et des poteries à décor géométriques, vous serez déçus … Certes, il y en a un tout petit peu, comme pour souligner le lien de la civilisation marocaine actuelle avec son passé prestigieux.

Ici, c'est la vitalité de l'art contemporain qui est représentée. Des photos, des toiles, des installations, des collages, des sculptures – en particulier à base de matériaux de récupération -  bref, de l'art moderne.

Dans le catalogue de l’exposition, Tahar Ben Jelloun déclare : « Les créateurs réunis dans cette manifestation ne se connaissent pas pour la plupart. Leurs oeuvres se parlent, font du bruit, laissent des traces et des échos ; certaines tournent le dos à d’autres, mais toutes tissent une toile miraculeuse. (…) L’ensemble est hétérogène, riche, fulgurant de découvertes, échappant à l’ordre attendu, prenant des chemins de traverse, escaladant des montagnes où le réel est abandonné à son sort et la vie prend toute sa verve, ses sources, ses folies et ses passions. »

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Le parcours est riche et exprime la diversité culturelle : berbère, arabe, juive, coloniale … il va de l'art plastique à la mode, à l'architecture, au livre … Certaines œuvres surprennent : le lévrier fait de couvertures de survie de Max Boufathal , la série de photographies « Super Oum » de Fatima Mazmouz, la Ronde de nuit de Mohamed El Baz, le V12 mercédes d'Eric Van Hove (560 pièces recréées à la main), le piètement de table fait de pneus de Lahcen Iwi, la cocotte minute évoquant "Le Moyen-Orient sous pression" ….

 

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On ne se pose pas un instant la question de savoir si la représentation de la figure humaine est licite ou non, mais on tombe en admiration devant les pages de calligraphie colorées de Nourredine Daifallah faisant pendant à un jeu de miroirs sérigraphiés transposant un jeu de tarot portugais ...

L'exposition donne surtout du Maroc d'aujourd'hui – au-delà des controverses sur les choix des artistes montrés – une image très positive de ce pays si proche de nous. Une agréable surprise après ma relative déception devant l'exposition du Louvre sur le Maroc médiéval.

 

Le Maroc  contemporain, exposition à l'Institut du monde arabe, jusqu'au 1er mars, fermé le lundi - 8 €

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26 janvier 2015

Châteaubriand ou Rossini ?

Quelle question fondamentale, me direz vous ?

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Ici, il s'agit d'un Châteaubriand, ou pour faire simple d'un steak de boeuf tout simplement grillé ou poêlé deux minutes de chaque côté avec un peu d'huile neutre tout en restant saignant, avec un peu de fleur de sel dessus et un flocon de beurre cru, un peu de poivre du moulin. Un tournedos Rossini, c'est plus riche .... beaucoup plus riche !

Ici, une tranche un peu épaisse de faux-filet Charolais du Bourbonnais (SICABA) coupée en deux, accompagné de trois mini-gratins de légumes (asperges vertes, panais et marrons) de chez Picard.

Mais pourquoi cette référence à François-René de Châteaubriand ?

Si vous voulez en savoir plus, et vous amuser un peu, venez passer le Quizz que j'ai publié aujourd'hui sur Babelio : copiez ce lien ...http://www.babelio.com/quiz/11536/Gastronomie-et-Histoire

J'espère que vous éprouverez autant de plaisir à y répondre que j'en ai eu à le composer ....

Posté par mpbernet à 14:08 - Miam-miam - Commentaires [1]
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Berlin, la chute 1945 par Antony Beevor

La critique de Claude :

Berlin Beevor

C’est un récit tragique de la bataille de Berlin, en 490 pages serrées (en édition anglaise Penguin) par Antony Beevor, l’un des spécialistes mondiaux de l’histoire militaire contemporaine.

Il commence à Noël 1944, par un recensement des forces en présence : les 3 millions de Berlinois, dont beaucoup sont là contre leur gré (prisonniers de guerre, travailleurs forcés), vivent dans les ruines laissées depuis 3 ans par les bombardements anglo-américains. Au milieu d’eux, enseveli dans le bunker profond de la Chancellerie du Reich, se tient leur Fuhrer, décidé à tenir quoi qu’il en coûte. Dans les rues, les immeubles, le métro, les caves, tout ce qui peut être transformé en piège pour l’ennemi l’a été.

Encore les effectifs allemands sont-ils en partie composés de la Volkssturm, (la « levée du peuple ») qui recrute des garçons de 16 et même 13-14 ans, et des vétérans de la Première guerre mondiale. Quant aux unités de l’Armée ou de la SS, elles restent redoutables compte tenu de leur expérience du combat, et la plupart de leurs soldats vont se battre jusqu’au bout, parce qu’ils craignent la captivité à vie ou l’exécution.

De l’autre coté de l’Oder, à 80 km à l’est de Berlin, l’URSS a massé 11 fois plus de soldats, 7 fois plus de chars, et 20 fois plus de canons qu’il n’en reste au Reich nazi après 3 ans et demi de guerre en Russie. Du côté soviétique, la densité de combattants marchant vers l’ouest est telle que l’artillerie russe fera souvent feu sur ses propres troupes, notamment sur l’axe principal de l’offensive, les hauteurs de Seelow. Ces soldats ont souvent vu leur famille détruite par les nazis, quand ils n’ont pas, comme leurs camarades américains ou anglais, vu de leurs yeux les indicibles horreurs des camps.

Le courage des soldats, la pression formidable exercée par les chefs, leur absence évidente d’humanité, les vengeances inévitables à la fin du conflit, tout se ligue pour produire la tragédie la plus cruelle.

Terrible est la situation des populations civiles, et d’abord des femmes qui subissent, à Berlin comme en Prusse orientale, en Silésie et en Poméranie, des viols systématiques, qui n’épargnent pas les Polonaises ou les ouvrières étrangères.

Staline, en tout cas, atteindra tous ses objectifs : se tailler un glacis soviétique de la Pologne à la Roumanie, et mettre la main sur les scientifiques qui, sans grand succès heureusement, travaillaient à l’arme atomique allemande dans un immeuble tranquille (c’est à dire jamais bombardé) de Berlin Dalhem. Ils seront efficaces (quoique lents) au service de leur nouvel employeur, permettant la première explosion soviétique en 1949.

Les Alliés occidentaux, eux, accompliront leur plus noble dessein, gagner la guerre en limitant autant que possible leurs pertes humaines. Au fil des semaines, ils seront soumis à la tentation d’avancer vers Berlin, certains Allemands pensant qu’il vaudrait mieux être prisonnier des Américains que des Soviétiques. Le sage Eisenhower ne cèdera pas et maintiendra la solidarité entre les Alliés, en s’arrêtant sur l’Elbe.

Beevor raconte tout cela en s’appuyant sur les archives ouvertes depuis la Perestroïka (mais pour combien de temps encore ?) et sur des témoignages directs de gens qui étaient dans le chaudron des fronts, dans les caves surpeuplées, sans eau ni nourriture, ou dans les rues battues par l’artillerie.

Il offre donc une riche contribution à l’histoire de cette période où l’humanité a découvert qu’elle n’a pas de limite dans le crime.

 

La chute de Berlin 1945, par Antony Beevor, édition française traduite par Jean Bourdier, aux éditions de Fallois (2002)

Posté par mpbernet à 07:55 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0]
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