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19 octobre 2017

Points de riz en pavés et chevrons

Je mets la dernière main (et plutôt les deux !) à un bon gros chandail destiné à Romane.

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J'ai adopté ces motifs dérivés du point de riz pour l'empiècement, que j'ai empruntés au modèle n°324 des fiches créatives Bergère de France saison 2016-2017.

 
Pavés de point de riz double en bas de motif, puis des pavés liserés d'un rang de jersey, en haut.

Au milieu, une frise de chevrons qui court sur une séquence de 8 mailles et 17 rangs. C'est plus facile qu'il n'y paraît car on tricote d'abord 3 mailles endroit puis 5 mailles  : envers, endroit, envers, endroit, envers.

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Au rang suivant, qu'il s'agisse d'un rang aller ou d'un rang retour, on décale d'une maille vers la droite la séquence de 8 mailles, et ce sur un total de 9 rangs.

Au 10ème rang (en principe un rang retour), on décale également d'une maille mais vers la gauche, sur 8 rangs. Cela donne un effet relief qui ressemble à des pointes de flêches.

Voilà mes 5 morceaux du cardigan terminés.

Je les laisse sécher avant l'assemblage et la confection du col ...

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L'argenterie sert au moins à quelque chose : bloquer les coutures du jersey qui roule pour lui, comme d'habitude !!!

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18 octobre 2017

Dans son jus ...

 

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En ce moment, nous avons plutôt tendance à faire de la place dans nos armoires et du rangement pour accueillir bientôt nos amis ...

Le fait est qu'après avoir perdu 15 kilos dans ses aventures chirurgicales et comme il est bien décidé à ne pas les reprendre, il a fallu renouveler la garde-robe de Claude. On peut rétrécir les pantalons, mais les vestons, à ce niveau-là, ce n'est pas possible ...

 

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Ces plongées dans de passé et la perspective de célébrer notre anniversaire de mariage m'ont conduite à exhumer mon manteau de mariée.

Il est resté "dans son jus" pendant ces 50 années ... et, malgré nos multiples déménagements dans les premières années de mariage, je l'ai toujours conservé, malgré son ultime inutilité ...

J'avais cru en avoir perdu le joli bouton en perles, mais je l'ai aussi retrouvé dans une boîte à souvenirs.

Finalement, et grâce aussi sans doute à mes avatars de santé (cancer du sein, infarctus, etc ...), ma silhouette n'a pas changé. Je rentre encore dedans.

Je me demande surtout pourquoi, en vieillissant, nous nous montrons aussi attachés à renouer avec le passé : les images des bons moments en famille, la présence des êtres disparus depuis longtemps - mais toujours présents dans nos coeurs -  ces bouffées de souvenirs attachés à des objets pieusement conservés ?

Regret de la jeunesse ? Pas pour moi en tous cas : je me sens bien dans le moment présent, même si je sais bien qu'il ne sera pas éternel.

Ce manteau recouvrait naturellement une robe (perdue assez vite par ma faute car j'avais essayé de la faire teindre ...), l'ensemble confectionné dans la même étoffe de soie doupionnée ivoire, que mon père avait commandée et ramenée du Japon.

C'est la cousine de ma mère, Line, et sa compagne Monique - dans notre famille, nous étions un peu précurseurs ! - qui m'avaient offert la façon du manteau et du tailleur du mariage civil, à partir de modèles d'Hubert de Givenchy où elles travaillaient toutes deux. 

On fait beaucoup de mousse en ce moment autour de Christian Dior et Yves Saint-Laurent ... j'en attends autant sur Hubert de Givenchy. Mais pas trop vite car je lui souhaite aussi encore une longue vie ...

La soie a traversé le demi-siècle, c'est émouvant. 

Nous aussi, mal dans quel état !!!

 

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17 octobre 2017

Le jour où Luther a dit non, roman par Anne Soupa

La critique de Claude :

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Les éditions SALVATOR sont une entreprise d’édition de livres chrétiens, liée notamment aux Editions du Cerf. L’une de leurs auteures, Anne SOUPA, vient de nous livrer un récit de la rupture entre Catholiques et Protestants dans les premières années du XVIème siècle.

Le 31 octobre 1517, il y aura bientôt 500 ans, Martin LUTHER, moine augustinien, docteur en théologie, originaire de la Saxe, a publié à l’entrée de son église de Wittemberg, ses « 95 thèses », pour signaler les erreurs dans lesquelles, selon lui, s’était engagée l’Eglise catholique romaine.

Moine enflammé par son Amour de Dieu et des Ecritures, « puits de science » en théologie, Martin LUTHER proclame qu’il faut d’urgence réformer le Catholicisme.

Les Autorités pontificales sont gravement inquiètes, car elles perçoivent le bon accueil fait à ces idées par les Chrétiens allemands et leurs Princes. Aussi restent elles sur une ligne très « diplomatique », fondée sur le dialogue. Elles organisent donc une « disputatio », c’est-à-dire un débat de fond entre LUTHER et le Cardinal  romain CAJETAN, théologien et négociateur habile. Cette réunion se tiendra à AUGSBURG, au domicile du banquier FUGGER et de sa femme Sibylle, qui sont au centre de toutes les affaires politiques, sociales et économiques de leur temps.  

Aucun accord ne sera trouvé, notamment sur la pratique critiquée des « indulgences » : l’Eglise catholique ne veut pas renoncer à monnayer financièrement l’absolution de certains péchés. Elle ne saurait d’ailleurs pas boucler son budget sans cette ressource.

L’Eglise catholique finira cependant par renoncer aux indulgences, mais les deux Peuples chrétiens ne retrouveront pas d’unité sur la Foi ou les « œuvres » - c’est a dire les actions justes - comme moteurs du salut de chaque chrétien. .

Anne SOUPA a su écrire, sur un sujet difficile, une œuvre claire, bien rédigée et pleine d’enseignements. L’intérêt qu’elle porte aux questions politiques et sociales s’explique à l’évidence par sa formation à Sciences-Po. Il existe, dans cet ouvrage, une vraie pression sur les protagonistes des deux camps, ainsi que sur les « neutres » (les FUGGER par exemple.), et un vrai suspense sur l’issue prévisible des débats.

Pourquoi un bon auteur français ou suisse ne nous raconte t’il pas la vie courageuse et aventureuse de Jean CALVIN, quand il a lancé l’autre réforme protestante ? 

 

Le jour où Luther a dit non, roman de Anne SOUPA publié aux editions SALVATOR, 215 p., 20 €

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16 octobre 2017

Petite fricassée de poulet au safran

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Emincer une échalote et couper en rondelles 250 g. de champignons de Paris ou de champignons des bois puisque c'est la saison(pour 2 portions).

Dans une sauteuse ou un wok, laisser mousser une noisette de beurre et une cuillerée à soupe d'huile neutre, et y faire prendre couleur rapidement les filets de volaille coupés en lanières. Retirer et maintenir au chaud.

A la place dans le récipient, mettre les rondelles d'échalote et les laisser devenir transparentes, puis les champignons. Saler et poivrer. Enrober le tout de la matière grasse puis remettre les lanières de poulet avec leur jus. 

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Préparer un verre de fond de veau ou de bouillon de volaille reconstitué, l'ajouter au plat et laisser cuire environ 10 minutes. 

Dans un petit bol, laisser infuser quelques pistils de safran dans une grosse cuillerée à soupe de crème fraîche, verser sur la viande, laisse mijoter encore quelques minutes à petits bouillons jusqu'à l'obtention d'une sauce crémeuse.

Délicieux avec du riz basmati ...

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15 octobre 2017

Minuit sur le canal San Boldo, polar de Donna Leon

 

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Roman après roman, les saillies acérées de Donna Leon s’émoussent … En célébrant le 25ème anniversaire de la série des enquêtes du commissaire Guido Brunetti, elle en vient même à apprécier favorablement l’administration italienne – comparée à celle de l’Argentine, il est vrai !

Ce 28ème épisode est centré sur une seule enquête : une pénible affaire non résolue depuis quinze ans, et à vrai dire classée rapidement comme accident. Pire encore, la victime en a réchappé … sauf que la jeune Manuela, seize ans à l’époque des faits, n’est sans doute pas tombée toute seule à minuit dans le canal San Boldo, et que, pire encore, elle en est sortie totalement handicapée après son trop long séjour dans l’eau noire de Venise, malgré l’intervention courageuse d’un passant totalement ivre.

C’est la grand-mère de Manuela, une comtesse amie avec la belle-mère de Guido, qui veut savoir la vérité avant de mourir et demande au commissaire de la faire émerger. Difficile, quinze ans après les faits, et quand rien ne prouve qu’il y ait eu crime mais Guido va trouver un biais subtil pour faire réouvrir l'affaire par un magistrat. Le sauveteur de la jeune fille ne se souvient de rien. Manuela, elle, encore moins puisqu’elle n’a plus qu’un niveau intellectuel d’une enfant de 7 ans.

Pour approfondir ses investigations, Brunetti va s’adjoindre les compétences de sa jolie collègue, la commissaire Griffoni, mieux à même d’approcher la jeune femme-enfant. Il découvre à cette occasion que celle-ci, dans sa jeunesse, fut une cavalière émérite qui remporta une médaille d’argent aux Jeux Olympiques dans l’épreuve de dressage. Car c’est de la vieille jument de Manuela, toujours hébergée au club hippique qu’elle fréquentait, que viendra la lumière.

Un polar qui traîne en longueur, trop peu d’interventions de la délicieuse signorina Elettra à mon goût, avec une fin précipitée, rapide, trop facile … une certaine déception donc, malgré l’atmosphère de Venise tellement bien décrite qu’on en oublie ces faiblesses. Soyons indulgents, devant – sans aucun doute – la pression des éditeurs à produire chaque année un ouvrage qui se vend si bien …

 

 

Minuit sur le canal San Boldo, (The Waters of Eternal Youth), polar de Donna Léon traduit de l’américain par Gabriella Zimmermann, éditions Clamann-Lévy Noir, 339 ., 21,50 €

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14 octobre 2017

Confident royal, film de Stephen Frears

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Les derniers mois du terriblement long règne de Victoria, entre les obligations diplomatiques des fêtes de son jubilée de diamant en 1897 et ses derniers instants. Une histoire d'amitié amoureuse dépourvue de tout racisme - et c'est remarquable lorsqu'on se replace dans la société corsetée de ce temps - et très respectueuse de l'islam - ce qui fait du bien en ce moment.

La reine Victoria est devenue une vieille dame de 81 ans, très seule depuis la mort de son mari adoré puis de son valet préféré, Brown, perclue de rhumatismes, gourmande et jalouse de son pouvoir car son fils Bertie - presque 60 ans - ne lui semble pas à la hauteur. Toute ressemblance avec des situations contemporaines n'est peut-être pas complètement fortuite.

Et puis voilà qu'on lui envoie un très gentil valet indien, qui la vénère et qu'elle trouve immédiatement très beau. Victoria va retrouver le sourire avec Abdul, qui lui parle de l'Inde où elle n'est jamais allée alors qu'elle est impératrice du Raj, lui donne des cours d'ourdou, devient une sorte de guide spirituel ou Munshi.

Cette relation exceptionnelle - révélée par la découverte relativement récente des cahiers d'Abdul - suscite incompréhension, jalousie, réprobation et scandale auprès des familiers de la maison de la reine, et au premier chef auprès du futur Edouard VII. Tant qu'elle vivra, Victoria maintiendra la faveur dont bénéficie Abdul, mais il sera chassé par Bertie immédiatement après la mort de sa bienfaitrice.

C'est un film porté magistralement par Judi Dench, déjà anoblie grâce à son talent et qui a l'âge du rôle. Rien que pour cette interprétation, je conseille ce beau film où une mamie royale est la vedette !

le reine et son munshiElle campe une adorable vieille dame autoritaire mais si seule dans ses magnifiques résidences, privée de toute intimité.

Les costumes et les décors - surtout la demeure d'Osborne House sur l'île de Wight qui sert de cadre aux dernières scènes, sont somptueux, comme sait si bien le faire la BBC. Les autres acteurs - Ali Fazal dans le rôle d'Abdul, Eddie Izzard dans celui de Bertie, sans oublier le triste Mohammed-Adeel Akhtar, sont excellents.

 

C'est égal, je trouve toujours très délicat de faire "jouer" par un très vieil acteur la mort d'un personnage ...

Stephen Frears, après "The Queen" et "Philomena" a vraiment un talent fou pour mettre en valeur la sensibilité des femmes.

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13 octobre 2017

Au bistrot du Dôme

 

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Il est une rue du quartier Montparnasse que nous apprécions particulièrement pour la série de boutiques d'alimentation de très grande qualité qu'elle abrite : la rue Delambre où l'on peut faire tout son marché en un rien de temps.

On y trouve traiteur italien, l'une des meilleurs poissonneries de la capitale, un fromager sublime, un caviste, un boucher et un boulanger excellents, de petites boutiques de légumes et de fruits de très bone qualité ... entre autres bars de nuit et restaurants du tour du monde ! Dernière découverte : un tailleur retoucheur originaire de Shangaï qui a rectifié très habilement un certain nombre de pantalons devenus trop grands pour Claude ...

Et puis un restaurant que nous fréquentons depuis des dizaines d'années, c'est à dire depuis son ouverture : le décor immuable de pampres en plastique au plafond et de tableaux en céramique où s'affichent de superbes prises de mer. Le choix se fait à l'ardoise, en fonction des arrivages, et bien entendu, la maison est une annexe de la poisonnerie Lopez. C'est de la top qualité, mais pas forcément aux prix excessifs des établissements du boulevard.

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Un vendredi midi, c'est une fête.

Nous nous partageons traditionnellement, en amuse-bouche, une assiette de minuscules encornets à la plancha et nous choisissons le poisson rare que nous aimons.

Par exemple, des queues de lotte généreuses avec l'arête centrale, cuisinées en double cuisson : d'abord revenues pour colorer, puis un passage au four pour une cuisson à coeur... Une petite liaison au beurre blanc matiné de citrons confits et quelques brins de ciboulette.

Simplement servie avec une onctueuse purée écrasée à la fourchette : c'est un mets sublime.

Inutile de boire davantage qu'un verre de Quincy blanc ... Avec du café, compter tout de même 45€ par personne, mais nous avons choisi le plat le plus cher.

 

Le Bistrot du Dôme, 1 rue Delambre - 75014 Paris : Tel : 01 43 35 32 00

 

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12 octobre 2017

Le verre, un Moyen-Âge inventif au musée de Cluny

 

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Pour moi qui suis passionnée par le Moyen-Âge et l'évolution des technologies, cette exposition est une aubaine !!!

 

affiche verre

 

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Objets de luxe raffiné tout autant que supports d’innovation technique, quelque 150 objets de verre sont réunis dans le frigidarium des thermes de Cluny pour mettre en valeur l’excellence de la production médiévale, placée en regard d’enluminures, peintures et gravures qui en attestent les usages tout au long du Moyen Âge.

 

arbre de JesséStDenis

peinture sur vitrail

Art sacré né de la créativité des verriers mérovingiens, le vitrail gagne ses lettres de noblesse avec l’avènement de l’architecture gothique. L’exposition accueille le visiteur avec l’évocation des vitraux commandés pour l’abbaye de Saint-Denis et de la Sainte Chapelle.

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Plus tard, les verrières deviendront plus transparentes avec de légères peintures en grisaille, laissant passer la lumière. Tout au long de la période qui va du Vème au XVème siècle, la production de verre s’enrichit de techniques de mieux en mieux maîtrisées, de formes innovantes et d’usages plus variés.

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Rendu transparent, le vitrage pénètre dans les demeures civiles. Produit de luxe, il prend progressivement place sur les plus grandes tables. On reste en admiration devant l’élégance de certains verres à pieds et calices graciles, et la permanence des formes : les gobelets à côtes saillantes ou plates, silhouettes qui continuent à être utilisées de nos jours. On reste étonné de constater comment ce matériau particulièrement fragile a réussi à franchir les siècles comme le vase-reliquaire de Saint-Savin, avec son décor bleu et ses reliefs, qui figure sur l’affiche de l’exposition.

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Les Carolingiens mettent au point les premiers verres « de fougère », reconnaissables entre tous au coloris vert que leur donnent les cendres végétales.

 

Ne pas manquer le court film vidéo de l’entrée qui décrit les phases de fabrication du verre à partir de sable et de fondant végéal, d’après une enluminure décrivant une verrerie tchèque. On y apprend notamment comment les verriers obtenaient le verre plat, à partir d’ampoules soufflées à la bouche, savamment découpées et aplanies.

 

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La « blancheur » et le raffinement des productions islamiques éblouissent les Occidentaux. Au début du XIVe siècle, la virtuosité et la minutie des Italiens puis des Provençaux commence à rivaliser avec les importations venues d’Orient. Les Vénitiens sont reconnus pour leurs gobelets émaillés tandis que, dans le Nord de la France, les premiers verres à tige font leur apparition.

 

 

 

Le verre se décline dans des usages sacrés et savants.

 

Parce que l’examen des urines est l’un des rares moyens de poser un diagnostic au Moyen Âge, l’urinal de verre devient le symbole du médecin. Avec les progrès de la distillerie, quelques alambics et autres contenants orientent le verre vers la science des apothicaires.

 

Grâce aux progrès de la recherche sur l’optique apparaissent, à la fin du XIIIe siècle, les premières lunettes constituées de deux lentilles convexes fixées sur un pince-nez et dites « clouantes ». C’est une découverte majeure pour le progrès de l’humanité qui permet enfin aux hommes de science et de culture de continuer à lire, donc à produire, après 50 ans !

 

Le verre, sous la forme d’émail champlevé ou cloisonné, est apprécié comme bijou et œuvre d’art à part entière.

 

Art et archéologie industrielle, triomphe de la science et de l’intelligence humaine, élégance et praticité, le verre revêt ce côté quasiment magique qui fascine et surprend par ses propriétés inouïes, encore aujourd’hui. Pas étonnant que l’exposition ait été réalisée avec le concours de l’entreprise Saint-Gobain !

 

 

 

 

 

Le verre, un Moyen-Âge inventif, exposition au Musée de Cluny, musée national du Moyen-Âge -
6 place Paul Painlevé, 75005. Tous les jours sauf le mardi, jusqu’au 8 janvier. 9€

11 octobre 2017

Veste d'intérieur à torsades et col châle (taille 42)

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Pour une fois, un tricot sans bords côtes remplacés par des ourlets, et qui joue avec la tendance du point jersey à rouler. Réalisé en 100% laine Bergère de France « Mérinos 4 », coloris Céréale, avec des aiguilles n°3,5 et 4 avec un peu moins de 11 pelotes. L’échantillon représente, une fois repassé, 20 mailles et 30 rangs. Références du modèle : dans le cahier des fiches créatives 2015-2016, c’est le modèle 240, avec en plus les torsades empruntées au modèle 428 du cahier 2017-2018.

 

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Dos : monter 104 mailles avec les aiguilles n°3,5 et tricoter 8 rangs jersey endroit. Avec les aiguilles n°4, tricoter un rang envers sur l’endroit pour le bas de l’ourlet. Continuer en initiant le motif de torsades dont la grille est expliquée ici : 16 m. endroit, 22 m. pour la torsade, 28 m. endroit, 22 m. pour la seconde torsade latérale, 16 m. endroit. Creuser l’emmanchure au 113ème rang, qui correspond au 33ème rang du troisième motif de torsade. Rabattre de chaque côté 1 fois 3 m., 3 fois 2 m. et 5 fois 1 m., toujours à 2 m. des bords. Continuer droit sur 23 cm. de hauteur (13ème rang du nouveau motif de torsade). Pour les épaules, biaiser en rabattant de chaque côté 3 fois 8 mailles puis en une fois les 44 mailles restantes.

P1220339Demi-devant droit : monter 54 mailles et commencer comme pour le dos en augmentant de 3 mailles au 10ème rang du côté de l’ouverture. Placer le premier motif de torsade comme pour le dos : 19 m. endroit, 22 mailles torsade, 16 m. endroit. Creuser l’emmanchure au même niveau et comme pour le dos. Pour les épaules, rabattre à gauche 3 fois 8 mailles. Continuer pour le demi-col : tricoter 1 rang sur les 19 m. restantes et rajouter 1 maille pour la couture.  Continuer en rangs raccourcis : tricoter 13 mailles, tourner le travail, faire un jeté et tricoter le rang retour, tricoter 2 rangs sur toutes les mailles en prenant ensemble la maille glissée avec la maille suivante. Recommencer cette séquence de 4 rangs dont 2 raccourcis 7 fois et rabattre très souplement. Demi-devant gauche : à tricoter en vis-à-vis.

Manches : monter 45 mailles et réaliser l’ourlet de bas de manches comme pour les dos et devants. Faire une augmentation de chaque côté à partir du  27ème rang après la pliure à 2 mailles des bords. Augmenter d’1 maille tous les 6 rangs 9 fois puis tous les 4 rangs 5 fois. Continuer droit sur les 71 mailles pour obtenir la hauteur voulue (45 cm). Pour la tête de manche, rabattre de chaque côté 2 fois 3 m., tricoter 4 rangs droit, rabattre 2 m., tricoter 4 rangs, rabattre 12 fois 1 m., tricoter 2 rangs puis rabattre 2 fois 3 m., puis les mailles restantes. Les deux manches sont symétriques.

 

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Assemblage : repasser à la vapeur les 5 pièces du tricot et bien les laisser sécher. Coudre les épaules au point arrière en faisant correspondre les torsades et en lissant les « escaliers » puis poser le col à points coulés. Ajuster la couture centrale des demi-cols, en les superposant si nécessaire. Replier le col sur lui-même et coudre sa base le long du haut du dos. Former les ourlets en repliant la partie tricotée avec les aiguilles fines selon le rang en relief et coudre à points invisibles. Les bords de l’ouverture vont rouler naturellement. Coudre enfin à point arrière les manches le long des emmanchures puis les coutures de bas de manches et des côtés en continu.  Faufiler les bouts qui n’ont pas servi aux coutures.

 

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Dimensions du tricot terminé : largeur du bas 51 cm, hauteur totale (sous le col) 72 cm., longueur de la manche ourlée 57 cm.

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10 octobre 2017

L'art de perdre, roman d'Alice Zeniter

l'art de perdreChaque année, je suis particulièrement impressionnée par un livre … et cette fois-ci, c’est ce pavé de 500 pages, cinquième roman d’une écrivaine de 31 ans, normalienne hyper douée, qui renouvelle le thème classique du retour aux racines familiales en une fresque dérisoirement épique courant sur trois générations bouleversées par la guerre et le déracinement.

Il y a d’abord l’histoire d’Ali, le colosse fondateur de clan, revenu des combats de Monte Cassino bardé de décorations, et qui fédère autour de lui et de ses oliviers ses frères et ses cousins sur une crête de la montagne kabyle. Sa réussite dérange une autre famille déjà établie qui choisira le soutien au FLN lors de la guerre de l’indépendance. Ali sera donc plutôt du côté de ses anciens frères d’armes et donc, il devient un traitre. Il a pourtant encore une fois de la chance puis qu’il parvient à faire embarquer sa femme et ses enfants pour une France inconnue, qui a abandonné derrière elle la grande majorité des harkis qui l’avaient pourtant servie dans ce conflit. Et c’est la vie de camps qui attend cette famille, dans le froid, la boue, l’humiliation, le dénuement : Rivesaltes, Bias, Saint Maurice l’ardoise …

Le fils aîné prend le relais : Hamid, un gosse surdoué qui va rattraper son retard scolaire en un rien de temps pour devenir bientôt le scribe de cette famille enfin logée dans une cité HLM éloignée de tout, dans les brumes de la Normandie. Hamid veut s’en sortir, s’intégrer, fréquenter des amis « français de souche ». Il va épouser la douce Clarisse et aura avec elle quatre filles, dont la narratrice, Naïma. Il se contentera d’un emploi à la caisse d’allocations familiales et ne saura toujours rien des raisons qui ont obligé son père à fuir l’Algérie.

Alice Zeniter

Une histoire bardée de silence qui hante la jeune femme : elle a poursuivi des études brillantes et travaille dans une galerie d’art contemporain. Elle couche avec son patron : en fait, Naïma a poussé beaucoup de portes, uniquement pour vérifier que celles-ci étaient ouvertes. C’est sa logique d’intégration, qui lui interdit de coucher avec quelqu’un qui soit originaire de la région de sa famille, une forme de racisme propre à certains descendants d’immigrés. C’est aussi une nouvelle obligation pour les femmes : adopter le comportement sexuel que l’on prête aux hommes, celui de prédateur à proie.

Naïma veut pourtant « simplement parler » : c’est la phrase qui précède les ruptures, c’est le mensonge du méchant dans les films d’action pour que l’on ouvre la porte. Est-ce qu’il est si difficile de «simplement parler » ? Hamid son père, ne veut rien entendre, Ali, le grand-père est mort en emportant ses secrets, Yema, sa toute petite grand-mère, ne parle pas le français et Naïma n’a pas appris l’Arabe.

C’est le poème d’Elizabeth Bishop (1911 – 1979) qui dit que « Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître ». Ce roman est celui de l’angoisse, de l’exil, de la peur, de la soumission et de l’humiliation, de la perte des terres et des repères, du fantasme d’un paradis inaccessible, de la mémoire interdite, des racines arrachées, d’une langue et d’une religion perdues. Il devrait aussi être celui d’une culpabilité collective : la nôtre, qui n’avons pas su ni rien voulu savoir, encore aujourd’hui.

En bref, un très beau livre qui m’a naturellement fait penser à celui de Michèle Perret « Les arbres ne nous oublient pas », l’autre facette de la tragédie algérienne.

 

L‘art de perdre, roman d’Alice Zeniter, chez Flammarion, 507 p., 22€

 

 

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