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28 mars 2017

Gastronomie germanique

 

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En Allemagne, il faut goûter aux plats traditionnels ...

Comme nous visitons systématiquement, nous ne choisissons pas les restaurants sur la foi de guides gastronomiques, mais en fonction du lieu et du moment où nous ne pouvons plus mettre un pas devant l'autre.

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Ce qui simplifie la chose, c'est qu'en Allemagne, la nourriture revêt plus une fonction de maintien des forces que de plaisir gustatif, et la palette des plats est relatvement restreinte. A l'inverse, je trouve plein de poésie dans les appellations de certains mets traditionnels.

Le pain perdu, par exemple devient ici un "Armer Ritter" ou "Pauvre chevalier", et l'on retrouve pratiquement sur toutes les cartes le plat intitulé "Himmel und Erde", c'est à dire "ciel et terre".

Explication : le plat est composé le plus souvent de tranches épaisses de boudin noir frit. Il peut aussi s'agir de saucisses. Mais la signification du nom vient de l'accompagnement : de la compote de pommes (elles sont cueillies dans le ciel) et de la purée de pommes de terre (retirées du sol). Poétique, non ? Il faut y ajouter une sauce brune légèrement sucrée, et des rondelles d'oignons frits à la tempura. C'est plutôt roboratif, croyez-moi.

 

Ce qui régale surtout, ici, c'est l'incroyable légèreté de la bière blonde, très généreusement servie et peu chère. Les repas allemands remettent en forme mas ne ruinent donc pas le pélerin. Néanmoins, nous avons tout de même testé un restaurant plus "chic" situé dans la cave de l'Hôtel de ville, la Ratskeller.

Nous y avons dégusté un excellent vin de Moselle, plus précisément un Riesling Palais Kesselstatt qui correspond à l'invitation d'un troisième convive, accompagnant en entrée des ravioles d'asperges et en plat principal un saumon grillé au beurre blanc sur risotto d'encre de seiche pour moi et un carré d'agneau pour Claude.

Un cadre élégant, calme et luxueux, une addition nettement plus "française" ...

Au retour à Paris, un verdict de la balance assez sévère ...

Nos adresses préférées :

Ratskeller, Am Markt 40 (entrée discrète à droite de l'escalier monumental)

Rose am Dom, Fischmarkt 1

Nobis Printen Bäckerei : plusieurs boutiques en ville, surchargées de ces biscuits de pain d'épices glacés, très en vogue en cette période de préparation de Pâques, à l'effigie du lièvre qui en est le symbole en pays germanique.

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L'hôtel de ville d'Aix La Chapelle : un palais municipal à transformations

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Charlemagne fit construire un palais à la mesure de son pouvoir et de ses conquêtes, qui probablement ne fut pas tout à fait terminé lors de son sacre en 800.

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Situé au nord du rectangle formé par la chapelle palatine, il occupe le point le plus élevé de la ville, ce palais repose sur les fondations de la salle d’assemblée carolingienne construite sur le modèle d’une basilique romaine : un grand rectangle avec une abside fermant le petit côté ouest. Ses dimensions sont vastes : 47 m sur 21, un seul étage sur une hauteur de 21 mètres, sans aucun pilier intermédiaire. L’édifice était flanqué de deux tours : à l’ouest la tour Sainte Marie, à l’est la puissante tour de Granus.

Au XIIIème siècle, les autorités municipales et l’empereur Louis de Bavière décident la construction d’un nouveau bâtiment à deux fonctions : l’administration de la ville libre et une salle destinée à accueillir les banquets du couronnement des empereurs. L’édifice comporte trois étages, on surélève la tour de Granus, la façade nord est ornée de statues peintes et dorées. L’hôtel de ville d’Aix sert de modèle à de nombreux édifices qui seront construits à Anvers, Bruges et Gand.

Le grand incendie de 1656 fait de gros dégâts. On opte pour la reconstruction en style « moderne », c’est-à-dire baroque. On réaménage dans ce style la façade en 1727 ainsi que l’intérieur des salons. On coiffe les deux tours de bulbes …

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En 1840, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV décide de revenir au Moyen-Âge : on « regothise » l’hôtel de ville : la grande salle des banquets du premier étage (on peut y loger 1000 chaises) est remise en service et dotée d’un escalier monumental. Un incendie ayant détruit les flèches baroques, elles sont remplacées dans le style néogothique et on plaque de nouvelles statues sur la façade nord en 1901. En 1934/44, les bombardements endommagent à nouveau l’hôtel de ville. A partir de 1946, on le reconstruit, l’aménagement des flèches n’est achevé qu’en 1979.

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Le prix international Charlemagne, qui est remis chaque année depuis 1950 dans la salle des couronnements, récompense d’éminentes personnalités pour leur engagement en faveur de l’Europe.

Naturellement, le bâtiment abrite ans son sous-sol ou Ratskelles un restaurant gastronomique et sur son flanc gauche une auberge typique à l’enseigne de la  « voiture de poste » … Nous les avons testés tous les deux !

Au fil des siècles, voilà un bâtiment qui fait le lien entre les Romains, l’Empire de Charlemagne, qui fut le lieu où furent signés au moins trois traités majeurs (en 1668, 1748 et 1818) concluant des guerres intra-européennes et qui œuvre aujourd’hui au cœur de l’Union Européenne, tout en s’adaptant aux modes de son temps … Edifiant !

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27 mars 2017

La légende du pouce du diable

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L'entrée principale de la cathédrale d'Aix La Chapelle est fermée par deux monumentales portes de bronze, qui datent de l'an 800, une prouesse technologique pour l'époque, fondues selon la technique de la cire perdue. Les portes comportent deux vantaux de chacun huit panneaux (toujours le chiffre 8) avec deux têtes de loup en leur centre.

Et on raconte à ce propos une bien attachante légende ...

Peu de temps avant l'achèvement de la chapelle palatiale, les fonds vinrent à manquer. Le conseil de la ville se réunit pour tenter de trouver une solution de financement. En vain. Tandis qu'ils sont en séance se présente un étranger. Celui-ci propose de financer la fin des travaux. A une condition : il fournit l'or en échange de l'âme de la première personne qui franchira les portes de l'église le jour de l'inauguration.

Le conseil accepte en désespoir de cause et les travaux reprennent jusqu'à l'achèvement, mais le bourgmestre culpabilise terriblement. Il s'en ouvre à son confesseur. Celui-ci lui dit qu'il va trouver une solution.

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Le jour de l'inauguration de l'édifice, chacun angoisse à l'idée du sort de la première personne à en franchir les lourdes portes.

Mais soudain s'avance le confesseur tenant en laisse un loup. Il le propulse vivement dans l'entrebaillement de la porte.

Le diable se rendant compte qu'il a été joué rabat si furieusement le vantail qui se fend, mais il se prend le pouce dans la fente. Entrant dans une violente colère, il arrache sa main prisonnière du bronze mais son pouce y reste collé. Le diable s'enfuit  ...

Naturellement, les guides qui font visiter la cathédrale trouvent toujours un volontaire pour introduire un doigt dans la tête de loup de droite et y sentir le pouce du diable.

aMais moi, je n'ai pas eu le courage de tenter .. le diable !

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La Cathédrale Sainte Marie d'Aix La Chapelle, dernière demeure de Charlemagne

 

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Située à l’extrémité occidentale de l’Allemagne, Aix La Chapelle est aujourd'hui une ville industrielle et universitaire d’environ 250 000 habitants, à la jonction des frontières de la Belgique et des Pays-Bas. On dit qu’elle fut fondée vers 124 par le Romain Granus Serenus, frère légendaire de Néron, autour de ses sources chaudes. Il y avait très longtemps que je souhaitais venir sur place m’imprégner de ce morceau d’histoire commune … depuis que j'avais appris, comme tout le monde, que Charlemagne avait inventé l'école !

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Pépin le Bref, fils de Charles Martel et père de Charlemagne y avait fait bâtir un château. Son fils, las de faire balader sa cour entre diverses résidences royales, y fixa définitivement sa capitale, avec l’idée d’y faire renaître une brillante civilisation, à l’instar de Byzance ou de Rome, au nord des Alpes.

Charlemagne fait construire un complexe palatial constitué d’une salle de réception rectangulaire (aula regia) de grandes dimensions (sur le modèle de la basilique constantinienne de Trèves), de bâtiments d’habitation et, parallèle à la grande salle et en contrebas, une chapelle dédiée à la Vierge et destinée à abriter son tombeau. Les deux bâtiments principaux sont reliés par deux couloirs parallèles, l’un en maçonnerie, l’autre en bois. Devant la chapelle, un atrium rectangulaire dont subsiste aujourd’hui une place.

 

 

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La chapelle palatiale est le premier édifice à coupole construit au nord des Alpes. Elle fait référence à la Jérusalem céleste, basée sur le nombre 8, symbole de perfection. C’est un bâtiment de plan centré, un octogone de 16 mètres de diamètre, sur une hauteur de 30 m, surmonté d’un déambulatoire à 16 pans. Elle s’inspire de l’église San Vitale de Ravenne et en comporte d’ailleurs nombre d’éléments de remploi (colonnes, chapiteaux).

J’ai été un peu déçue d’apprendre que les mosaïques qui recouvrent les voûtes sont en réalité de facture récente. Au XVIIIème siècle en effet, on les a retirées pour les remplacer par des stucs à la mode du temps C’est à partir de gravures que le décor de la coupole a pu être reconstitué à partir de 1878 – il représente le Christ entouré des 24 vieillards de l’Apocalypse. Les travaux de reconstitution des mosaïques et du pavement de marbre ont été terminés en 1913, les décors des voûtes du déambulatoire sont des créations néo-byzantines du début du XXème siècle.

De 1355 à 1414 fut adjoint un vaste chœur gothique, sur le modèle de la Sainte Chapelle, avec un étonnant polygone à 9 côtés en abside et des fenêtres d’une très grande élégance (plus de 25 m de haut. C’est dans cet espace que sont exposées les deux châsses contenant l’une les restes de Charlemagne, l’autre, les Grandes reliques dont Charlemagne a doté la chapelle afin d’en faire un lieu majeur de pèlerinage : les langes de Jésus, la robe de la Vierge, le tissu qui enveloppait la tête tranchée de Jean-Baptiste et le pagne du Christ lors de sa crucifixion. Depuis 1239, ces reliques sont montrées aux pèlerins tous les 7 ans … et le prochain pèlerinage se tiendra en 2021.

Au premier étage de l’hexagone se trouve le trône de Charlemagne : il regarde vers l’ouest, face à la figure du Christ en majesté, en marbre nu, sans aucune décoration, juché sur quelques marches. Là, entre 936 (Othon 1er) et 1531 (Ferdinand 1er), furent intronisés 30 rois et 12 reines,après avoir été oints et couronnés à l’autel principal.

 

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Cette cathédrale est donc une œuvre successive, riche de plus de 1200 ans, chaque époque y apportant sa marque, pas toujours heureuse. Par exemple, le toit de la coupole, qui date du XVIIème siècle et que les Aixois surnomment « le presse-citron », la chapelle hongroise  et le portail datent du XVIIIème ou le pont qui relie la coupole à la tour achevés en 1884.

 

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Mais la découverte de l’édifice demande au moins deux visites … (à suivre).

Ici, à gauche, le plan de la chapelle d'origine.

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26 mars 2017

Aix La Chapelle, le pays de Charles Le Grand ...

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Les Allemands comme les Français se le disputent !

L'esprit de Charlemagne, empereur d'occident sacré à Rome le 25 décembre de l'an 800, est partout encore aujourd'hui dans sa ville préférée, où ses reliques sont conservées. Un symbole si disputé que son blason comporte à parts égales deux parties : l'aigle germanique et les fleurs de lys ..

 

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Nous avons passé deux journées entières à sillonner la vieille ville ...

Le site du palais impérial qui comprend la chapelle palatine, bâtie sur un plan octogonal, avec le trône en marbre, tellement simple que Napoléon, venu en conquérant, n'a pas jugé utile de le ramener à Paris ... et puis, sur l'emplacement du palais de Charles, l'édifice qui est aujourd'hui l'Hôtel de ville, largement dysproportionné ...

J'ai besoin d'un peu de temps pour vous faire partager toutes nos découvertes.

Ce qui fut exceptionnel, ce fut le soleil qui nous accompagna pendant ces deux journées. Super pratique pour marcher des kilomètres et voir un maximum de choses. Et j'en ai profité pour attrapper un coupe de soleil !

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Et il y avait longtemps que je n'avais pas eu le plaisir de parler la seule langue étrangère que j'aie jamais étudiée au lycée ...

Cela faisait des années que je voulais visiter ce site chargé d'histoire et qui à lui seul symbolise tout ce que l'Europe d'aujourd'hui a de positif : une association de peuples, certes à perfectionner, mais surtout une identité commune, une culture partagée, prête aussi à s'ouvrir ... quoi qu'on en dise.

 

Donc, j'ai besoin d'un peu de temps pour mettre toutes ces images au clair ...

A très bientôt ...

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25 mars 2017

Sauce "marchand de vin"

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Idéale pour accompagner une grillade de boeuf : onglet, bavette, araignée, poire ... Tous les morceaux du boucher, si bons, si tendres ...

Hâcher très finement deux échalotes. Car en gastronomie française, toute sauce commence par des échalotes ...

Les placer dans une petite casserole à fond épais avec une noisette de beurre afin de les rendre transparentes sans leur laisser prendre couleur.

Poivrer généreusement, saler, mouiller avec un verre (15 cl) de vin rouge corsé (Bordeaux ou Cahors). Laisser réduire de moitié à feu doux.

Pendant ce temps, couper en dés ou en fins copeaux 50 g. de beurre pas trop froid.

Quand le mélange échalote/vin rouge a réduit, monter la sauce en incorporant sur feu doux le beurre, morceau par morceau, avec un fouet.

Terminer en saupoudrant d'une pincée de persil plat concassé.

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24 mars 2017

Les pièges de l'exil, thriller de Philip Kerr

 

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Hourra ! J’ai retrouvé mon héros préféré, Bernie Gunther. Sa nouvelle enquête se déroule en 1956 à Saint-Jean-Cap-Ferrat, pendant la crise de Suez …

Bernie va bientôt passer le cap de la soixantaine et il s’est réfugié sur la « French Riviera », sous l’identité de Walter Wolf, comme concierge de Grand Hôtel. Ses capacités linguistiques étendues, son expérience à l’Hôtel Adlon de Berlin ont dû lui être utile. Sa femme Elizabeth vient cependant de le quitter. Ne supportant plus l’exil, ne maîtrisant pas la langue, elle a préféré rentrer à Berlin. Il est malheureux, au bout du rouleau, songe sérieusement au suicide …

Mais comme toujours, on ne se débarrasse pas facilement d’un passé tel que le sien. Bernie va se trouver embringué dans une affaire de chantage dont la victime principale est le célèbre écrivain britannique William Somerset Maugham, exilé lui aussi dans sa somptueuse Villa Mauresque, au milieu de ses mignons. Car il ne fait pas bon d’être homosexuel en Grande-Bretagne, c’est même dangereux, et le vieil homme constitue une cible de choix pour un maître-chanteur que Bernie a bien connu en 1937 à Berlin, et aussi en 1945, à Königsberg. Bien, enfin, c’est une façon de parler, car l’homme est un salopard de première.

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Une photographe compromettante constitue l’amorce du chantage, mais il y a bien plus dérangeant. Car Somerset Maugham a vécu plusieurs vies : médecin, mais surtout espion de la Couronne depuis la Grande Guerre, voyageant sous la couverture idéale de ses succès littéraires dans le monde entier ensuite, honorable correspondant du MI5 et du MI6 (c’est curieux, j’ai presqu’espéré voir apparaître dans ce roman la figure élancée du Capitaine Francis Blake …). Sur la photo, on reconnaît en effet trois hommes nus au bord de la piscine : Maugham, Antony Blunt et Guy Burgess, deux des traitres de la fameuse « Bande de Cambridge » avec  John Cairncross, Kim Philby et Donald Maclean, ces anciens étudiants recrutés par les services secrets soviétiques alors qu’ils exerçaient au plus haut niveau des services secrets britanniques.

Ces événements et personnages historiques ont marqué notre jeunesse hantée par la Guerre Froide. Les luttes intestines entre services secrets d’un bord comme l’autre (entre le MI5 et le MI6, entre le GRU et le KGB, la piètre opinion qu’ont les Américains des services secrets britanniques …) et les fabuleuses capacités d’infiltration, d’enfumage et de manipulation ouvertes aux deux blocs …

Bref, je me demande si les lecteurs qui n’appartiennent pas à notre génération comprendront les enjeux de cette époque troublée … Sauf les spectateurs assidus des chaines de télévision comme Histoire ou Toute l’histoire, qui auront sans doute apprécié un docu-fiction récent sur le redoutable Erich Mielke, l’homme des services secrets de la RDA qui a procuré à Bernhard Gunther son vrai-faux passeport pour se réfugier en France … A noter aussi que Philip Kerr a aujourd’hui l’âge de son personnage … et que, sans doute, il lui ressemble beaucoup !

Les pièges de l’exil (The Other Side of Silence), thriller de Philip Kerr traduit de l’anglais par Philippe Bonnet, au Seuil -  388 p., 22,50€

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23 mars 2017

Antoine Bourdelle en son jardin de Montparnasse

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L’avantage d’aller voir une exposition temporaire dans un musée (ce printemps, c'est celle du couturier Cristobal Balenciaga), c’est de pouvoir dans le même temps visiter aussi ses collections permanentes.

Et ici, au fond de cette impasse située tout près de la gare Montparnasse, c’est un havre de calme avec cette petite maison qui fut le domicile du sculpteur et surtout, son atelier resté "dans son jus" ouvrant sur trois jardins.

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Antoine Bourdelle (1861 – 1929) était originaire de Montauban. Il a commencé à fréquenter l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse dès l’âge de 15 ans, puis, en 1884, il s’inscrit aux Beaux-Arts de Paris où il a pour maître Falguière. Il s’installe l'année suivante dans cet atelier où il travaillera toute sa vie. Il assiste Rodin à partir de 1893 et jusqu’en 1908. De 1909 à 1929, il enseigne à l’Académie de la Grande Chaumière où il aura pour élèves Alberto Giacommetti, Maria-Elena Viera da Silva, Germaine Richier.

Le musée rassemble de très nombreux exemples de son art puissant et lyrique. Des bronzes, des plâtres colorés à l’antique, des terres cuites, des bas-reliefs grandeur nature, des bustes, des monuments imposants en pièces détachées … A part les œuvres de jeunesse, plus classiques, le style personnel de Bourdelle s'affirme d'abord dans le sillage de Rodin, puis il s'en affranchit et éclate la propension aux œuvres monumentales.

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Chacun d’entre nous a en mémoire l’Héraclès archer, qui figurait sur nombre de nos cahiers d’écolier. A Paris, les spectaculaires bas-reliefs en marbre blanc ornant le Théâtre des Champs-Elysées (1910 – 1913 par Auguste Perret) suscitèrent la polémique, le monument au poète polonais Adam Mickiewicz, inauguré en 1929, est visible place de l’Alma… Ici, à portée immédiate de regard, on peut passer d’une sculpture à l’autre, soit dans le grand hall, soit dans l’aile Portzamparc, l’extension édifiée en 1992…

 

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C’est surtout dans les jardins, bien fleuris en ce début de printemps, que la promenade vaut le détour : l’immense statue équestre du général Alvear contraste avec la délicieuse évocation de la première victoire d’Hannibal, ce jeune garçon maîtrisant un immense rapace, la France avec sa lance pointée vers le ciel, le Centaure mourant, Sapho, Jeanne d’Arc, l’immense Vierge à l’offrande non loin de la petite Victoire du droit avec sa figure solaire au verso.

Une replongée dans l'oeuvre d'un immense artiste, sans doute moins connu que son maître Rodin dont on va beaucoup nous parler cette année, mais qui mérite toute notre attention.

Musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle 75015 PARIS – fermé le lundi.

22 mars 2017

Balenciaga : l'oeuvre au noir, exposition au musée Bourdelle

 

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Hubert de Givenchy disait de lui : « Balenciaga était ma religion. Puisque je suis croyant, pour moi il y a Balenciaga et le Seigneur ». Et pour moi, depuis que je suis en âge d’apprécier la mode et la Haute Couture, mon couturier inégalé, c’est Hubert de Givenchy. Raison de plus de remonter aux sources de son inspiration.

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La fantastique exposition des modèles de Cristobal Balenciaga (1895 – 1972), celui qu'on a appelé aussi le couturier silencieux, nous montre des robes sublimes, confrontées aux sculptures puissantes d’Antoine Bourdelle, vaut vraiment le voyage. Et ces robes supportent la comparaison ...

S’il en était besoin, on conçoit pleinement les correspondances entre la sculpture et la mode, l’art de mettre les corps en valeur, l’esthétique de la figure humaine, révélée aujourd'hui comme jadis dans les drapés antiques et contemporains.

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L’idée de cette exposition conçue par le musée Galliéra de la mode hors ses murs est évidente : revisiter l’œuvre du couturier sans être « diverti » par la couleur. Apprécier les mille et une nuances du noir, sa suprême élégance et son extraordinaire diversité : mat, satiné ou brillant, lourd, vaporeux, froissé, froncé, en dentelle mécanique monté sur les volants de crin, en drapés d’étoffe non doublée, en gros volutes de gazar, constellé de jais ou de plastique brillant, agrémenté de paillettes, de fourrure blanche, d’incrustations horizontales de couleur contrastée - de plumes …

Mais ce qui frappe avant tout, c’est la rigueur toute espagnole de la construction. Une tradition qui souligne le goût de l’épure, la filiation monacale dans ces silhouettes évanescentes de robes du soir fluides comme dans les manteaux en forme de bulles …

Et la technique aussi. Balenciaga maîtrise le métier de précision et l’art du tailleur. Sous l’apparente simplicité de la coupe, il y a une structure qui permet des formes originales. Le couturier n’est pas qu’un simple dessinateur, mais un homme qui travaille à partir de toiles – elles aussi noires, ce qui n’est pas banal – comme un architecte du vêtement. A cet égard, c’est la robe « cône », juste soutenue par des bretelles brodées de perles, qui semble la plus originale … quoique, de mon point de vue, difficile à porter … Elle est à découvrir en soulevant un rideau noir, juste le temps de l’apercevoir un court instant …

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J’ai retrouvé des formes emblématiques des années 67-68, celles de mon mariage. Une petite dose de délicieuse nostalgie. Vraiment, ces expositions de couturiers dans l’écrin de ce musée Bourdelle (je me souviens très précisément de celle de Madame Grès en mars 2011) constituent une grande réussite. Et en prime, on admire les œuvres de Bourdelle (dont je parlerai lus tard) mises à portée de main et de regard ainsi que les volumes élégants de l’extension du musée atelier conçue par Christian de Portzamparc.

 

Balenciaga, l'oeuvre au noir - exposition au musée Bourdelle jusqu’au 16 juillet, tous les jours sauf le lundi. 18, rue Antoine Bourdelle, Paris 15ème. 10€

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21 mars 2017

Steak tartare comme au bistrot

Rien de plus facile que de préparer un tartare de boeuf aussi bon qu'au restaurant ...

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Le premier élément incontournable est d'acheter une excellente viande peu grasse (5%) le jour même, soit environ 120 g. par portion. La conserver au réfrigérateur jusqu'au moment de sa préparation.

Hacher finement un oignon doux, une main de persil plat et une ou deux gousses d'ail.

Dans un saladier, placer une grosse cuillerée à soupe de moutarde forte et un jaune d'oeuf. Mélanger au fouet en incorporant un filet d'huile d'olive pour obtenir le début d'une mayonnaise. Saler et poivrer.

Mélanger la viande dans le saladier avec la sauce et le hâchis d'herbes. Ajouter une cuillerée à soupe de câpres soigneusement égouttées. Vérifier l'assaisonnement.

On peut ajouter une pointe de pient d'Espelette ou quelques gouttes de sauce tabasco, mais je proscris le ketchup bien trop sucré ...

Servir sans attendre avec des frites ou une slade de mâche ...

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