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22 septembre 2019

Le tricot contre la violence

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Puisque nous étions bloqués à la maison hier après-midi, avec une compagnie de CRS garée sur notre trottoir en prévision de la manifestation en faveur du climat polluée par les blacks blocs, je me suis remise au tricot ...

Bienfaisante activité, reposant l'esprit tandis que les chaînes d'information en continu déversent leurs commentaires sur cette vague périodique de violence. 

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J'ai ressorti un modèle ultra-classqiue de pull irlandais issu d'un catalogue Bergère de France datant de 2004/2005 mais toujours d'actualité car le motif est simple et facile à tricoter. Je l'ai légèrement simplifié, et je me donne une dizaine de jours pour le terminer ...

 

Les points de torsades sont les suivants :

6 mailles croisées à droite : glisser 3 m. sur l'aiguille auxiliaire placée derrière, tricoter les 3 mailles suivantes à l'endroit puis les 3 m. de l'aig. aux. à l'endroit.

6 mailles croisées à gauche : glisser 3 m. sur l'aiguille auxiliaire placée devant, tricoter les 3 mailles suivantes à l'endroit puis les 3 m. de l'aig. aux. à l'endroit.

3 mailles croisées à droite sur 1 m. envers : glisser 1 maille sur l'aiguille auxiliaire placée derrière, tricoter 3 m. endroit puis la maille de l'aiguille aux. à l'envers.

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3 mailles croisées à gauche sur 1 m. envers : glisser 3 mailles sur l'aiguille auxiliaire placée devant, tricoter la maille suivante à l'envers puis les 3 m. de l'aiguille aux. à l'endroit.

1 maille croisée à droite sur 1 m. endroit : glisser 2 mailles sur l'aiguille auxiliaire derrière le travail, tricoter 1 maille endroit puis les 2 m. de l'aiguille aux. à l'endroit.

 

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21 septembre 2019

Le Tigre et les pilleurs de Dieu

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Je pense avoir découvert un digne successeur à Victor Legris, protagoniste des aventures policières créé par Claude Izner

Hippolyte Salvignac est le héros d’une nouvelle série d’enquêtes menées en collaboration avec l’inspecteur Jules Lerouet. Des enquêtes confidentielles, dans un climat politique incandescent.

Nous sommes en 1906, et la France vient à peine de se « remettre » de l’affaire Dreyfus. C’est la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat qui divise à nouveau le corps social.

A qui appartiennent juridiquement les œuvres d’art disséminées dans les églises de France et qui font l’objet des inventaires si controversés, comment les bouleversements politiques ouvrent un boulevard à des trafiquants bien documentés qui volent les statues et reliquaires chefs-d’œuvre de l’art médiéval sous le nez des habitants, parfois avec la complicité des curés, pour les vendre avec un énorme profit à l’étranger.

C’est en sa qualité d’expert qu’Hippolyte est contacté par la plus haute autorité de l’Etat, Georges Clémenceau lui-même, pour démanteler un réseau de trafic de statues médiévales sévissant dans le Lot, en Corrèze et dans le Cantal. Un pays qui ne lui est pas inconnu puisqu’il est originaire de Martel.

Hippolyte est un dilettante. Il n’a pas achevé sa thèse sur les émaux médiévaux, il tient boutique d’antiquités au Passage du grand Cerf mais sans grande énergie, sa liaison avec une jeune femme mariée est sans issue. Cette affaire va révéler en lui des talents insoupçonnés. Et lui causer aussi bien des horions.

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L’avantage de ce roman qui, je l’espère, est le premier d’une longue série comme je les aime, est d’émaner d'un historien qui décrit avec beaucoup de détails le contexte politico-policier de l’époque : les apaches, les maisons closes, le cloisonnement des services, les premiers pas de la police technique et scientifique (mais il n’est pas tendre pour Alphonse Berthillon), les combats politiques de l’époque. Bref, je me suis régalée et j’attends avec impatience la suite !

 

Le Tigre et les pilleurs de Dieu, polar historique de Philippe Grandcoing, aux éditions De Borée et en format poche, 438 p., 8,50€

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20 septembre 2019

Du douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres naïfs

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André Bauchant, Camille Bombois, Ferdinand Desnos, Jean Eve, Dominique Peyronnet, René Rimbert ou Louis Vivin … autant de noms qui n’ont pas retenu l’attention qu’ils méritent. A part Séraphine Louis sans doute, au sujet de laquelle un superbe film fut réalisé par Martin Provost. Cette belle exposition leur rend justice.

 

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Ce qui caractérise ces peintres non conventionnels le plus souvent autodidactes, c’est l’absence de règles de perspective et de proportionnalité. En revanche, la fraîcheur, la poésie, les couleurs et l’inventivité compensent largement ces carences. Cependant, ils restèrent marginaux car ouvertement à contre-courant des avant-gardes et des académismes.

 

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Cet engouement pour ces peintres « primitifs modernes » est dû à l’action de Dina Vierny, la muse-modèle de Maillol et fondatrice du musée, qui les collectionnait. On souligne aussi l’influence de Wilhelm Uhde (1874 – 1947), collectionneur et critique d’art, et premier mari platonique de Sonia Delaunay.

On retrouve avec plaisir les grandes compositions florales de Séraphine de Senlis, ses couleurs lumineuses (elle utilisait du Ripolin), ses accumulations de feuilles parfois inquiétantes …

Séraphine, femme de ménage chez Wilhelm Uhde, et que Dina Vierny collectionna avec passion et à laquelle une belle exposition fut consacrée dans ce musée même en 2009.

 

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Bêtes sauvages, forêts vierges, autoportraits, natures mortes, vues de la mer infinie, villes vides … Ces artistes dits naïfs donnent à voir de belles images, un art accessible, qui enthousiasma les maîtres comme Picasso – en particulier Henri Rousseau et ses poétiques visions de la jungle et de ses animaux, lui qui se documentait uniquement dans les serres du muséum d’histoire naturelle …

 

Du douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres naïfs au musée Maillol, jusqu’au 19 janvier, tous les jours à partir de 10h30, 59-61 Rue de Grenelle, 75007 Paris

19 septembre 2019

Les origines du populisme, ouvrage collectif

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A partir d’une analyse économétrique de nombreuses bases de données très sérieuses, les auteurs de cette étude proposent une grille originale de lecture de l’explosion des mouvements politiques antisystèmes, principalement en France mais aussi en Europe et aux USA : gauche radicale et droite populiste.

Comment expliquer, en particulier, l’effondrement en 2017 de la vie politique traditionnelle : à la dernière élection présidentielle française aucun des partis classiques de gauche comme de droite n’accède au second tour. Si l’instabilité économique ressentie depuis 2008 est l’une des explications de la poussée populiste, ce n’est pas la seule. On veut comprendre aussi comment la vague antisystème s’est ventilée entre gauche radicale et droite populiste, France Insoumise et Rassemblement National.

L’opposition Macron-Le Pen est une opposition "gagnants-perdants" en termes de diplômes, de revenus, d’espérance dans le progrès, d'Europe, bien différente de la traditionnelle polarisation droite-gauche. En fait, l’analyse met en lumière des clivages nouveaux, essentiellement : le niveau de la confiance interpersonnelle et en l’avenir, et le niveau de bien ou de mal-être. C’est l’élément-clé de cette étude.

La colère et la peur sont des émotions qui influencent les choix politiques : la peur active le conservatisme, la colère renforce la radicalisation. La colère explique aussi l’imperméabilité des électeurs face aux affaires judiciaires qui touchent leurs élus (différente selon les cas : Fillon,Le Pen), la colère les détourne du processus de recherche d’une juste information.

Aujourd’hui, dans la société post industrielle, ce sont donc les perdants de la nouvelle économie et de la mondialisation, dotés d’un niveau de confiance très bas envers les autres, les institutions, la représentation nationale qui trouvent dans le populisme l’expression de leur ressentiment. Ainsi en va-t-il en particulier des soutiens aux Gilets jaunes.

Le vote de classe n’est plus d’actualité mais un vote d’individus heureux ou malheureux. Les classes malheureuses sont constituées d’individus désormais isolés (tout s'est délité : la famille, le syndicat, le bistrot, la messe ou la cellule ...), défiants à l’égard d’autrui, constamment déçus par l’exercice du pouvoir, de droite comme de gauche. Ce même sentiment existe aux Etats-Unis (vote Trump), en Allemagne (AfD), en Grande-Bretagne (Brexit), en Italie… Et entre gauche radicale et droite populiste, c’est le niveau de confiance envers autrui qui fait pencher l’électeur d’un côté ou de l’autre.

Car aujourd’hui, la majorité des risques (la maladie, les catastrophes naturelles, les épidémies …) est perçue comme relevant directement de l’activité humaine et non plus comme autrefois du « destin ». Et même en France, où le système de redistribution est le plus fort, il est opaque, complexe, trop fractionné, mité par des niches fiscale … ce qui accroît la défiance et conduit donc au vote populiste.

Comme toujours, les chercheurs en sciences sociales sont très forts pour poser un diagnostic. En revanche, l’ouvrage est vraiment sec sur les solutions qui pourraient permettre de renverser cette carence de confiance et ce sentiment de mal-être qui pousse tant d’électeurs à choisir soit l’abstention soit le vote populiste.

Voici donc de nouvelles pistes d’analyse, mais un livre doté d’une typographie très serrée et de graphiques pratiquement illisibles, un ouvrage utile à tous ceux qui veulent comprendre notre vie politique … et celles de nos voisins européens.

 

Les origines du populisme, enquête sur un schisme politique et social par Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen et Martial Foucault, Le Seuil, collection « La République des idées », 194 p., 14€.

Yann Algan est professeur d'économie à Sciences Po. Économiste, Elizabeth Beasley est chercheuse au CEPREMAP. Daniel Cohen est directeur du département d'économie de l'École normale supérieure et professeur à l'École d'Économie de Paris. Martial Foucault est directeur du CEVIPOF, professeur à Sciences Po.

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18 septembre 2019

L'âge d'or de la peinture anglaise au musée du Luxembourg

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Nul besoin de se précipiter à Londres avant les tracasseries du Brexit pour admirer les trésors de la peinture anglaise du XVIIIème siècle, prêtés à Paris par la Tate Gallery.

L’exposition, superbe, présente les somptueuses toiles des artistes-phares Joshua Reynolds (1723-1792) et Thomas Gainsborough (1727-1788), soulignant cet âge d'or d'une peinture marquée par les portraits, les paysages et les scènes quotidiennes. Une figuration incarnée également par le romantisme d'un Johann Heinrich Füssli ou bientôt les hardiesses lumineuses d'un Turner.

Ces images couvrent les années 1760 à 1820 environ. Une période cruciale dans l’histoire de l’Angleterre, celle du roi Georges III, premier roi depuis un siècle né sur le sol britannique, mais qui a terminé sa vie dans la folie. Un temps d’extraordinaire éclosion de la richesse avec les progrès de l’agriculture, les débuts de la révolution industrielle, l’expansion du domaine colonial et de l’Empire, mais aussi la guerre d’indépendance des colonies américaines et les guerres contre la France révolutionnaire puis Napoléon …

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Une époque où le portrait fait florès non seulement dans la noblesse mais aussi se diffuse auprès de hobereaux moins fortunés mais aisés, où les enfants prennent une plus grande part. L’art du portrait confine à la perfection, avec des poses plus originales, des drapés évanescents – Ah ! la sublime figure de Lady Bate-Dudley saisie par Thomas Gainsborough (sur l'affiche) … - et on sent aussi poindre l’influence romantique avec les aquarelles ésotériques de William Blake, ou les grandes « machines » - toujours le genre incontournable de la peinture historique indispensable pour entrer à l’Académie ! - comme cette extraordinaire vue de la destruction de Pompéï et Herculanum qui clôture l’exposition.

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On perçoit aussi la rivalité feutrée entre Joshua Reynolds, choisi comme premier président de la Royal Academy of Arts créée en 1768 et celui que les critiques lui opposent, Gainsborough, plus libre de ses thèmes, plus spontané et plus audacieux. Apparaissent aussi l’amour des britanniques pour les paysages et les aquarelles, en particulier celles de Turner, qui préfigurent les impressionnistes.

Pour se rendre compte du décalage avec la peinture française de la même époque – Fragonard, Vigée-Lebrun, Greuze, Chardin, Watteau, Boucher – on imagine l’émergence d’une clientèle anglaise beaucoup plus solvable que la noblesse française, de plus en plus désireuse de se voir représentée ainsi que ses enfants ou ses chiens, et plus ouverte à la nouveauté …

Une très belle et très enrichissante exposition à voir jusqu’au 16 février.

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Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard Paris 6ème – à partir de 10h30, tout les jours, 13€.

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17 septembre 2019

Un club sandwich au Café de Flore

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Inconcevable : nous habitons le 6ème arrondissement depuis 1978, nous avons fait nos études au coin du boulevard saint-Germain et de la rue Saint Guillaume - entre autres - et nous n'avions jamais encore mis les pieds dans ce célébrissime café ...

Ce haut-lieu de la littérature a été créé en 1885 et fut hanté dès le début par les ténors de la droite radicale : Charles Maurras, Jacques Bainville, Maurice Barrès, puis Guillaume Apollinaire, André Salmon, André Breton, Louis Aragon et le mouvement Dada dans les années 30, sans oublier, bien entendu, le couple Simone de Beauvoir & Jean-Paul Sartre qui en firent leur "siège social" après la seconde guerre mondiale.

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Aujourd'hui, les touristes du monde entier se pressent pour disposer d'une table en terrasse. Mais à l'intérieur, beaucoup plus calme, le décor typiquement Art Déco semble immuable, tout de banquettes de moleskine rouge et de luminaires en verre dépoli, avec une nuée de garçons au longs tabliers blancs, très stylés, très attentifs, qui semblent jouer leur partie bien rodée dans ce décor.

Si j'ai la manie du challenge "Salade César", Claude teste sans relache les meilleurs des club-sandwichs des grandes brasseries parisiennes. Celui du Flore tient une bonne place dans le palmarès. En particulier, le pain bien toasté, est très goûteux. Mais le servir avec des chips n'est pas très original. On note l'apport immédiat de petites doses individuelles de moutarde et de ketchup. Très hygiénique, certes, mais boujour les emballages !

Un plat classique de brasserie, un large choix de vins au verre (à partir de 9€ pour 14 cl), une ambiance chaleureuse, un décor intact ... Nous n'avons pas regretté - malgré une addition élevée en rapport avec la célébrité du lieu - notre incursion dans ce haut-lieu germanopratin.

Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 PARIS - 01 45 48 55 26

 

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16 septembre 2019

Lecture : Caramba, j'ai encore craqué ...

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Je ne peux plus me passer de ma lecture du soir ... et bien souvent aussi, de l'après-midi. 

Samedi après-midi, il faisait si beau à Paris ... J'avais des emplettes à faire - pour une fois, pas de Gilets jaunes en vue - et nous sommes passés devant La Procure ...

C'était fatal. D'abord, j'adore rentrer dans une librairie et me repaître des piles de livres étalés sur les grandes tables, classés ici par grands thèmes. Je me sens toute fière de pouvoir balayer du regard toute cette production et me dire : celui-ci, et celui-là aussi, je les ai lus. C'est comme un "point-cadeau" silencieux ... Le même petit plaisir qui vous prend, fugace et stupide il est vrai, lorsque le terminal de carte bleue affiche : Code bon.

Malgré le fait que j'ai en commande imminente le dernier livre de Donna Leon, que Babelio doit m'envoyer un livre à commenter sur le peintre Balthus, que j'ai commencé le matin même un ouvrage de sociologie politique particulièrement ardu mais passionnant, j'ai encore craqué pour une nouvelle série policière qui se déroule au début du XXème siècle, et je me suis promise de continuer à lire les romans de Colette qui m'ont été offerts en recueil par mes filles.

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En fait, j'attends avec impatience le nouvel ouvrage de Jean-Christophe Portes et la nouvelle aventure de Victor Dauterive, je trépigne à l'idée qu'il faut attendre jusqu'au 3 octobre pour acheter la suite de "Falco" d'Arturo Perez-Reverte, je regrette l'arrêt des aventures de Victor Legris par Claude Izner, embarqué avec un héros auquel je m'attache moins.

La grande question va être : par quel livre commencer ?

Mais comment font les personnes qui ne lisent pas de romans ? Comme je les plains !

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15 septembre 2019

La Vagabonde, roman de Colette (1910)

 

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Il faut se remettre dans l’ambiance de ce début de vingtième siècle, complètement codifié et aux rituels sociaux immuables, pour se rendre compte à quel point l’œuvre de Colette est subversive … et toujours aussi actuelle.

La Vagabonde est le premier roman que Colette (1873 – 1954) écrit entièrement et sous son nom de Colette Willy. Elle vient de divorcer de son mari volage, qui l’a utilisée comme « nègre » pour ses multiples écrits et en particulier la série des « Claudine ». Elle l’avait follement aimé, elle est traumatisée par la fin de cette histoire mais recouvre avec la solitude, sa liberté. Elle a 34 ans, comme son héroïne, Renée Néré.

La vagabonde raconte en trois actes sa nouvelle vie de mime et de danseuse fort peu vêtue, en compagnie de son camarade Brague – en réalité le comédien et mime Georges Wague – dans les coulisses des cafés concerts, à Paris et en province.

Car il s’agit d’un roman largement autobiographique et à clés, publié en 1910. Elle y fait de son ex-mari – transformé sous le nom de Adolphe Taillandy – un portrait-charge de peintre mondain sans talent mais qui couche avec toutes ses clientes. Un Taillandy coureur, mais aussi « homme d’affaires, manieur et escamoteur d’argent cynique et brutal, plat et fuyant selon les besoins de l’affaire. » De ce point de vue, le récent film des premières années de Colette à Paris, par Wash Westmoreland, est intéressant.

Le peintre plein de talent, en réalité, c’est Colette. Ses descriptions de la nature, des couleurs et des sons, des brumes et de la pluie, de la mer éclatante comme des forêts giboyeuses ne sont jamais ennuyeuses. C’est un style absolument étincelant, profondément actuel …

 

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Renée vit la vie des artistes de music-hall, décrit les fatigues des tournées, les discussions sur les cachets, la course pour se faire engager, le pourcentage alloué à l’impresario, la camaraderie ... Elle doit gagner sa vie toute seule.

Elle fait la connaissance d’un jeune admirateur, bel homme oisif et riche, éperdument amoureux d’elle. Max est gentil, respectueux, très épris, il lui propose le mariage, une vie de rêve, un enfant peut-être … Elle commence à redevenir amoureuse, elle aussi, mais entre cette nouvelle vie et la liberté, elle choisit de rompre …

C’est le choix d’une femme libre, extraordinairement moderne, iconoclaste, volontiers provocatrice par ses liaisons homosexuelles, mais à la plume prolifique et toujours juste, merveilleuse interprète de la complexité féminine. Un monument de la littérature française, sa lecture donne un formidable coup de jeune !

 

La Vagabonde, roman de Colette, en Livre de Poche  251 p., 6,20€

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14 septembre 2019

Croquettes boeuf-jambon

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C'est de la cuisine de placard, une manière de démultiplier les pains et de faire plaisir à plusieurs convives avec peu de matière ... en un mot, de la cuisine de ma grand-mère qui ne roulait pas sur l'or. Et, pour moi, un souvenir d'enfance ...

En fait, ce sont des farcis provençaux, mais sans le légume autour ... et cuits plus rapidement à la poêle.

Pour trois portions, j'ai utilisé une tranche de boeuf maigre (130 g,) et deux tranches de jambon cuit sans la couenne mais avec tout son gras. une échalote et deux gousses d'ail, une grosse main de persil plat, une petite poignée bien égouttée de mie de pain trempée dans du lait, sel et poivre, un oeuf pour la liaison, un peu de farine.

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Commencer par hacher menu l'ail, l'échalote et le persil. Ensuite, à part, hacher ensemble le boeuf et le jambon, la mie de pain. Mélanger ensemble le tout, saler et poivrer et ajouter un oeuf entier.

Bien mélanger et former à la main des boulettes, allongées en forme de quenelles triangulaires, avec les mains. Les rouler dans la farine et les laisser reposer au réfrigérateur au moins une heure.

Faire cuire les croquettes dans l'huile neutre, à la poêle, sur leurs trois faces, environ 3 minutes de chaque côté pour obtenir une belle croûte dorée.

N.B. : à la place du boeuf, on peut aussi utiliser du filet de volaille ...

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13 septembre 2019

Assassins ! roman de Jean-Paul Delfino

 

 

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Voici l’histoire prestement imaginée – mais très plausible et parfaitement documentée – d’un complot ourdi au tout début du XXème siècle par les ligues d’extrême droite catholiques et surtout antisémites pour renverser la République – Emile Loubet et sa clique d’usurpateurs – afin de rendre au pays sa fierté et son honneur bafoués par l’affaire Dreyfus.

Le signal de ce coup de force est un crime symbolique, celui d’Emile Zola, honni, exécré et haï non seulement à cause de ses romans naturalistes jugés pornographiques par la France bien-pensante, mais bien plus encore depuis sa prise de position dans L’Aurore, son fameux « J’accuse ».

Nous sommes le 28 septembre 1902. L’Affaire qui a partagé le pays en deux clans irréconciliables est encore très fraîche : en septembre 1899, le président Loubet a gracié Alfred Dreyfus, en décembre 1900 une loi d’amnistie blanchit tous les auteurs civils et militaires du montage qui a conduit Dreyfus à l’île du diable.

Mais cela ne suffit pas à satisfaire cette foule violemment antisémite, dont le chef de file est Edouard Drumont, le patron du journal « La libre Parole », auteur de l’ouvrage à succès « La France juive » rééditée des centaines de fois. Drumont et ses amis : Barrès, Gyp, Léon Daudet, Déroulède … et ses nervis veulent en découdre, afin de sauver l’honneur de l’Armée.

L'ennemi absolu, c’est donc Zola. Il va servir de victime expiatoire … En fait, ce complot tramé par des hommes qui pataugent dans la boue idéologique de l’antisémitisme la plus crasse va aboutir à une immense foirade. Mais Emile Zola en aura fait les frais.

On dit qu’au moment de sa mort, on revoit défiler en accéléré toutes les étapes de sa vie. Zola, alors que l’asphyxie gagne progressivement ses membres, se remémore sa jeunesse pauvre, les malheurs de son père, les démêlés judiciaires de sa mère, son mariage avec une jeune femme qu’il a décidé de sauver du ruisseau, sa liaison avec une femme beaucoup plus jeune et qui lui a donné deux enfants, ses échecs répétés à l’Académie française …et son immense œuvre des Rougon-Macquart.

Finalement, la mort de Zola n’aura pas le résultat escompté par ses assassins, car tout le monde veut éviter d’en faire un martyr … Un coup pour rien en somme, mais raconté avec talent, humour et surtout la cruelle évocation de l’ambiance atrocement antisémite – et aussi anti franc-maçons et anti protestants - de cette France réactionnaire qui ne se relève pas de la perte de l’Alsace-Lorraine.

Des relents nauséabonds qui ressurgiront en 1940 avec la législation de Vichy, et qui sont toujours présents dans une part de la société française. Comme sont plus que jamais présents dans notre vie politique les montages de "chantiers" relayés par la Presse d'opinion, les "fake news" ...

 

Assassins !, roman de Jean-Paul Delfino, publié chez Héloïse d’Ormesson, 237 p., 18€

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