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24 février 2017

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, au Louvre

dentellière

J’avais renoncé, il y a plus de 50 ans, à visiter la dernière exposition Vermeer à Paris, à cause de l’affluence. Cette fois, nous avons bravé les queues pour ne pas risquer de mourir sans avoir vu celle-là. Et l’attente en valait largement la peine.

détail

Pouvoir contempler 12 tableaux parmi les 36 de ce peintre qui sont actuellement recensés dans le monde est un privilège (Vermeer ne signait ni ne datait ses tableaux). On mesure son extraordinaire talent d’autant plus que chaque œuvre est mise en parallèle avec celle de ses contemporains, dans des décors et des postures étrangement similaires … cependant, on distingue la lumière inimitable de Vermeer au premier coup d’œil : voir "la peseuse d'or" de Ter Borch, avec le mur d'un ocre violent, placé au début de l'exposition à côté de "La femme à la balance" qui concentre le rayon de lumière sur son ventre ...

Le propos de cette exposition est de nous montrer comment cette période de l’art hollandais fut prospère, et la demande de tableaux « de genre » - c’est à dire ni peinture religieuse, ni peinture d’histoire – très forte auprès d’une bourgeoisie marchande du troisième quart du XVIIème siècle en plein essor, siècle d’or de la hollande marchande et conquérante. Ces toiles nous montrent en filigrane la réussite commerciale, la douceur domestique, les vertus morales du foyer, la richesse des étoffes, l’éclat des matières nobles, le plaisir de la musique en famille …

 

astrologue

El_geógrafo

Chez Vermeer (1632 – 1675), dont on ne sait pratiquement rien de la vie si ce n’est que son père fut cabaretier puis marchand de tableaux, et qu’il mourut à 43 ans totalement ruiné après l’effondrement du marché de l’art consécutif à la guerre menée par Louis XIV contre les Provinces Unies , le silence et la discrétion triomphent. On admire l’économie de moyens, la constance dans les poses, le décor à peu près immuable : cette fenêtre à vitrail, la lumière diffuse qui vient de la gauche, les atours du modèle – la plupart du temps une jeune femme, souvent enceinte, vêtue d’une casaque jaune à parements d’hermine, occupée à une tâche qui requiert la concentration – peser de l’or, broder, jouer d’un instrument de musique, lire ou écrire une lettre. Les meubles aussi : miroir, carte géographique, globe céleste, tapis de table … Il y a cependant deux portraits d’hommes, des savants – le géographe et l’astronome – qui se font pendant.

Le long silence de Vermeer dans l’histoire de l’art interpelle aussi : rien sur ses tableaux jusqu’à 1866 et sa « découverte » par le critique William Bürger, puis 10 ans plus tard par Eugène Fromentin et surtout Marcel Proust qui met en scène le malaise de Bergotte devant la « Vue de Delft » et son pan de mur jaune.

Le fil rouge de l’exposition confronte Vermeer avec ses contemporains : Gérard Dou (1613 – 1675), Jan Steen (1626 – 1679), Gerard Ter Borch (1608 – 1681), Gabriel Metsu (1629 – 1667). On note les similitudes, ainsi que les différences. L’art de Vermeer saute aux yeux.

la lettre interrompue

 

Naturellement, les conditions de la visite sont parfois difficiles car les tableaux sont de petites dimensions et la foule dense. Mais ces instants fugaces passés devant de telles beautés méritent un peu de souffrance, tellement on repart ému de tant de simplicité, de tendresse et d’humilité, devant ces couleurs si fraîches qu’on dirait que le pinceau du maître vient tout juste d’être posé.

J’ai une légère préférence pour une petite toile représentant une jeune femme de la haute bourgeoisie jouant du virginal (sorte d’épinette) drapée dans une épaisse soie jaune. On a pu l’attribuer à Vermeer car la toile qui lui sert de support provient du même lé que la célébrissime dentellière à laquelle elle fait pendant … en toute discrétion.

 

la peseuse d'or

 

femme à la balance

femme au virginal

 

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, au musée du Louvre jusqu’au 22 mai. Tous les jours sauf le mardi.

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23 février 2017

Pénitence, thriller de Philip Kerr

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Un nouvel ouvrage de l’un de mes auteurs préférés, je n’hésite pas, je le dévore … Mais là, je reste perplexe.

Certainement, je retrouve la facilité de narration de l’auteur, son humour décapant, sa description précise et dynamique de situations difficiles, le stress et le suspens qui prennent le lecteur jusqu’à la dernière page. Sauf que là, je ne comprends pas bien le propos final. D’où ma déception.

Gil Martins est un agent spécial du FBI basé à Houston qui a pour mission principale la lutte anti-terroriste intérieure, entre autres. Bourré de TOC, il est en proie à une crise spirituelle. De catholique fervent, il est devenu athée et sa femme Ruth ne peut le supporter, donc elle le quitte. C’est donc une terrible descente aux enfers qui conduit le héros aux portes de la folie. D’autant que l’évêque  Eamon Coogan (d’origine irlandaise, of course) remet à Gil un dossier sur une série de décès incompréhensibles de personnalités connues pour leur attitude anti religieuse.

Bref, l’auteur nous met dans un même sac les prédicateurs-vedettes, les Texans et leur port d’armes élevé a u niveau d’une religion, les sectes évangélistes, la barbarie des anti-avortement et des homophobes, les adeptes de la Kabbale, les ravages des cyclones … et, enfin, la peur d’un Dieu vengeur tout-puissant.

Moi qui espérais un dénouement rationnel, j’en suis restée pour mes frais. Alors, chers adeptes des romans de Philip Kerr, si vous ne souhaitez pas de vous plier à l’exercice, mon conseil est d’éviter cette pénitence.

Pénitence, roman de Philip Kerr, (Prayer) traduit par Philippe Bonnet, aux éditions du Masque, 459 p., 22,90 €

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22 février 2017

Lumière ! L'aventure commence, film documentaire de Thierry Frémaux

 

affiche largeThierry Frémaux, directeur de l’institut Lumière et délégué général du Festival de Cannes, nous livre ici un bijou de cinéma : ciselé, à multiples facettes, avec un commentaire comme une sorte d’écrin à la fois technique et humoristique … Ceux qui, comme moi, sont mordus de cinéma, vont adorer. Et on n’a pas trop de deux yeux pour tout voir, et comprendre.

Biarritz

petite fille vietnam

Voici donc un florilège de 108 « vues », ces petits films d’environ 50 secondes tournés par les frères Lumière entre 1895 et 1905. Un choix qui fut sans doute difficile parmi les plus de 10 000 du catalogue de la firme Lumière, tournés en France et dans le monde entier, à l’origine du cinéma, une suite de scènes artistement tournées et aujourd’hui magnifiquement restaurées, qui nous permettent d’appréhender l’extraordinaire novation que fut le cinématographe …

Car tout est déjà là : le cadrage subtil, la profondeur et l’axe de champ, la mise en scène, l’humour bon enfant, le document ethnographique … Avec une référence délicate à l’un de nos plus grands réalisateurs d’aujourd’hui – Bertrand Tavernier, l’autre lyonnais – auquel le sous-titre de ce film fait allusion : « L’aventure commence », qui nous rappelle « Que la fête commence », cette œuvre inoubliable sur le Régent, incarné par Philippe Noiret.

Bref, on n’a pas trop de 90 minutes pour déguster ces séquences ultra-courtes, mais si riches d’information : le rire comme pour le « Défilé des voitures de bébés à la pouponnière de Paris » ou les 5000 policiers de Chicago portant (presque) tous la moustache. La vie quotidienne souvent comme ce trottoir roulant à deux vitesses à l’Exposition Universelle de 1900.

 

chasseurs alpins

 

à Londres

La tristesse aussi devant des petits annamites rampant pour ramasser quelques sapèques lancées à la volée par l’épouse du gouverneur et sa fille (une pensée pour les dérives de la colonisation !), ces étranges ballets chasseurs alpins à l’exercice  – ou ces espagnols dansant la Jota … La poésie aussi comme ces familles sur la grande plage de Biarritz – oh là là, comme cette époque du tournant du siècle portait des vêtements compliqués, je comprends enfin l’importance de l’industrie textile.

Avec un accompagnement musical fourni par Camille Saint-Saëns, un hommage sensible à cette première époque du cinéma qui apporte tout à tous … A aller voir et revoir !

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21 février 2017

Risotto et cabillaud

Ici, c'est le super classique de la cuisine du nord de l'Italie qui est en vedette, et le pavé de cabillaud seulement l'accompagnement. Il peut être remplacé par n'importe quel autre ingrédient ...

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Il faut impérativement utiliser un riz spécialement profilé pour le rizotto, c'est à dire un riz rond riche en amidon : les qualités Arborio ou Carnaroli sont parfaites. Mesurer un verre de riz pour 2 à 3 portions.

Eplucher un oignon et une échalote, les émincer très finement. Verser une rasade généreuse d'huile d'olive dans une grande casserole, y placer les oignons et les rouler dans la matière grasse chaude jusqu'à transparence.

Verser ensuite le riz sec et le retourner dans la matière grasse jusqu'à ce que ses grains deviennent translucides. Verser alors dans la casserole un demi-verre de vin blanc sec et laisser rapidement évaporer.

On aura préparé au préalable un bouillon de volaille : deux verres et demie d'eau, une dose de bouillon concentré et 3 minutes au micro-ondes.

Verser le bouillon chaud progressivement dans la casserole en remuant sans trève. En rajouter dès que le riz a absorbé le liquide. Au bout de 20 minutes, le riz doit être cuit moelleux. Terminer par une tasse de grana padano ou de Parmesan râpé en poudre. Bien le mélanger. Vérifier l'assaisonnement en sel (en fonction du degré de salinité du bouillon).

Pour "glacer",  le risotto ajouter un morceau de beurre qui va le rendre brillant.

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20 février 2017

Séquence souvenirs ...

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Des photos de famille, j'en ai des tonnes. Des portraits, des groupes, des duos ... Le flou de la reproduction des images leur donne une sorte de "sfumetto" poétique.

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Jefff et Nat

Une commode entière leur est consacrée, sans compter les multiples albums patiemment collés, année après année ... J'en ai ici à Paris, d'autres à la campagne. J'aime à m'y replonger pour déceler les ressemblances dans les fratries, la façon dont les enfants d'aujourd'hui reproduisent les traits caractéristiques de leurs parents.

Il me faudrait les classer par ordre chronologique, mais je les garde aussi en vrac ... j'essaie de me remémorer l'année où j'ai pris ces clichés ...

Etrange, cette plongée dans les souvenirs ...

Ce n'est pas de la nostalgie mais une perception plus nette du temps qui passe.

Nous commençons à assister au mariage des aînés de nos petits-neveux, au remariage de mon filleul qui aura lieu en juin prochain. Je me souviens encore du jour où je l'ai porté sur les fonds baptismaux. Le voici, en bas, avec sa belle-soeur Nathalie qui, elle, vient de marier sa fille aînée ...

J'ai l'impression que nous formons un clan, avec, comme divinités tutélaires, Jean et Lucie, mes parents, notre référence à tous.

Ils demeurent très présents dans nos mémoires, et finalement, les boucles du temps se bouclent., s'enroulent dans notre souvenir.


"Il faut que tout change pour que, finalement, tout demeure comme avant " disait Tancrèdi, dans "Le Guépard" de G. Tomasi di Lampedusa.

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19 février 2017

Gâteau chocolat/orange

Un classique basique pour pâtissières nulles (comme moi !).

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Réalisé ici avec 200g. de chocolat américain, donc relativement sucré ... et avec l'aide d'un moule à clip et parois antiadhésives, idéal pour le démoulage.

Mettre le four à préchauffer sur 180° (Th : 6) ; beurrer le fond et les parois du moule et saupoudrer légèrement de farine.

Faire fondre le chocolat avec deux cuillerées à soupe d'eau et 125g. de beurre, quelques instants au micro-ondes, remuer vigoureusement le mélange.

Dans un saladier, casser 4 oeufs entiers et les "blanchir" avec 150g. de sucre en poudre. Ajouter le zeste râpé d'une orange. Quand le sucre est bien fondu, ajouter en pluie 100 g. de farine et un sachet de levure chimique.

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Mélanger avec le chocolat et le beurre fondus en fouettant avec ardeur pour obtenir un appareil bien lisse, sans amalgames de chocolat et sans grumeaux. Verser dans le moule.

Enfourner pour maximum 25 minutes (four à chaleur traditionnelle, moins s'il s'agit d'un four à chaleur tournante). Démouler tiède - ultra facile en ouvrant le clip !

Servir avec une crème anglaise ou de la Chantilly ...

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18 février 2017

Le très corruptible mandarin, polar de Qiu Xialong

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Quatrième enquête de Chen Cao, inspecteur principal à la police criminelle de Shanghaï, membre du Parti et traducteur poète, spécialiste de T.S. Eliot ...

Chen, 35 ans, encore célibataire au grand désespoir de sa vieille maman, est chargé d'une enquête très sensible sur la corruption, la préoccupation majeure du gouvernement chinois post-maoïste. Et plus particulièrement sur un cadre du Parti, Xing, récemment réfugié aux Etats-Unis où il demande l'asile politique.

Quelques jours après le début de son enquête, alors qu'une de ses anciennes relations étudiante, la belle animatrice vedette de télévision An vient d'être assassinée, Chen est désigné subitement pour prendre la direction d'une délégation d'écrivains chinois invitée aux Etats-Unis. Serait-ce une manoeuvre pour l'éloigner de son enquête principale, ou une invite à poursuivre ses investigations à Los Angeles où séjourne le fameux homme d'affaires lié aux triades ?

Chen sait qu'il est instrumentalisé. Mais il peut aussi s'appuyer sur la collaboration de l'inspecteur Yu, de son épouse Peiqin, et sur le Vieux Chasseur ... restés sur place pendant son voyage qui sera mouvementé. Il retrouve aussi la policière américaine Catherine Rohm, rencontrée lors d'une précédente enquête commune à Shanghaï.

Entre chantage, menaces, mécanismes complexes de détournement de fonds publics et spéculations immobilières, l'ambiance dans la Chine des années 2000 est passionnante, plus que l'intrigue du roman, embrouillée à souhaits. Parsemé de poèmes chinois antiques et contemporains, de descriptions de plats emblématiques de la cuisine chinoise, le séjour aux USA d'une clique de vieux messieurs auxquels le régime a décidé d'offrir une compensation à travers cette participation à un voyage parmi les universités américaines est à la fois cocasse et plein d'enseignements.

Finalement, même si cette civilisation chinoise est très diférente de la nôtre, les réflexes et les frustratons des hommes et des femmes sont identiques, quels que soient les pays, les périodes, les frustrations et les aspirations des hommes ...

Le très corruptible mandarin (Red Rats, a Case of Two Cities) 2005, roman policier traduit de l'américain par françoise Bouillot, édité chez Liana Levi - collection Points - 347 p., 7,40€

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17 février 2017

Tous en scène - film de Garth Jennings

Autant je m'étais ennuyée lors de la séance de "Lego Batman", et même, récemment, devant ce film totalement survendu "La, la, land", autant je me suis régalée en emmenant Benjamin voir "Tous en scène", fabuleux film d'animation réalisé par le studio "Illuminations", d'où émanent aussi la série des "Moi, moche et méchant" et "Les Minions".

Tous en scène affiche

Encore un film où les personnages sont anthropomorphes (c'est classique depuis Walt Disney), me direz-vous, encore un thème hyper déjà-vu de spectacle dans le spectacle, encore un nouvel avatar des radio-crochets et des émissions du type "The Voice" ou "La France a un incroyable talent" ... Certes !

Johnny

Mais c'est le style qui compte. Les petits héros sont adorables avec leurs faiblesses, leurs difficultés, leurs aptitudes bien cachées. Il y a d'abord le directeur de ce théâtre et narrateur : abonné aux bides, Buster Moon ressemble à Woody Allen, et je pense que l'allusion n'est pas gratuite avec le croissant de lune d'"Accords et désaccords", il est petit, acharné, totalement investi et jongle avec les expédients financiers, c'est Patrick Bruel qui le double. Ensuite, la mère chargée de famille "Pig Power", à laquelle Reese Witherspoon prête sa voix dans la version originale et Jenifer dans la version française, la petite porc-épique punk Ash (Scarlett Johansson) ... l'éléphante timide Meena, la démente vieille secrétaire à l'oeil de verre sauteur, l'extraordinaire diva milliardaire et nonagénaire en brebis distinguée, Johnny le jeune gorille doté d'une voix d'ange mais qui veut se détrapper du gang familial, la banquière indomptable en lama à lunettes ...

Buster

Rosita

Le scénario rebondit à chaque minute, c'est plein de trouvailles visuelles et de musique entraînante : pas  moins de 65 chansons de Franck Sinatra à Kanye West ... On a envie de se lever pour danser en cadence. Bref, je recommande chaleureusement de fim qui fait du bien, et encore plus aux parents qu'à leurs enfants !

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16 février 2017

Mapuche, voyage en terre Lafkenche - exposition au musée de l'Homme

 

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Une exposition de photographies plus un cycle de conférences, rencontres, projections et échanges en musique pour découvrir la culture Mapuche. Celle des rudes paysans cantonnés aujourd’hui au sud du Chili et en Argentine, ceux qui prirent en charge Pablo Neruda en 1948 dans le beau film de Pablo Larrain, et lui permettent de traverser les montagnes pour fuir la dictature.

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On nous promet de nous éclairer sur la culture Mapuche et notamment sa cosmogonie, les pratiques rituelles et la connaissance des plantes qui se maintiennent, se transmettent et se transforment à travers la relation entre l’ancienne et la nouvelle génération. Le tout ramassé en une seule salle du musée de l’Homme, au premier étage … C’est un peu rapide… même si les clichés exposés, en très grand format, sont superbes. Il faut sans doute assister au cycle de conférences, c'est donc réservé aux spécialistes ...

 

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Le travail photographique sur les communautés amérindiennes « traditionnelles », mais aussi catholiques, évangéliques et les jeunes rappeurs de la banlieue de Santiago, a donné naissance à une magnifique galerie de portraits des acteurs des principaux rituels du peuple Mapuche. Les images ont été réalisées avec une technique photographique atypique  « le collodion humide », l’un des premiers procédés photographiques sur plaque de verre datant de 1851, tout le contraire de la démarche des anthropologues modernes que décrivait jadis  Gustave Le Bon.

 

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Ces images d’un peuple qui résiste et s’adapte tout en conservant sa spécificité séculaire sont belles, tout simplement. Ce sont de véritables œuvres d’art. Mais, encore une fois, j’aurais aimé en savoir davantage … Question de budget ?

Exposition photographique au Musée de l’Homme, 17 place du Trocadero, jusqu’au 23 avril.

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15 février 2017

Directs du droit, par Eric Dupont-Moretti et Stéphane Durand-Souffland

Quelques coups de poings, en effet, et aussi quelques pavés dans la mare de l’institution judiciaire.

 

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Pour Eric Dupond-Moretti, avocat cogneur surnommé « acquittator » dans les prétoires, la justice va mal, et plus particulièrement la magistrature, à quelques exceptions près. Selon lui, les citoyens ne voient pas le danger qu’il y a à abandonner une once des libertés conquises de haute lutte au fil des siècles. A ce titre, l’avocat – qui se doit de défendre même l’indéfendable – agace. Et EDM refuse de devenir un être transparent. Il donne ici, dans ce bref ouvrage à l’écriture ciselée au scalpel, comme ses plaidoiries et les analyses précises des pièces des dossiers qui lui ont permis de gagner bien des procès sur des détails ignorés ou négligés, quelques exemples où la justice est mise à mal par ceux-là même qui devraient la servir.

Un réquisitoire, donc, et surtout une réflexion nécessaire sur l’évolution dangereuse de la procédure pénale, la place des victimes et leur réparation légitime – y compris celle des acquittés après une longue incarcération préventive – sur la médiatisation des procédures et le tout relatif secret de l’instruction.

Comment le citoyen, justiciable en puissance, peut-il comprendre des jugements totalement contradictoires en première instance puis en appel (cf: le procès intenté au maire de La Faute sur mer après le désastre de la tempête Xintia) ? Comment ne pas s’étonner devant la description détaillée des pratiques sexuelles licites – même si elles sont moralement regrettables – des protagonistes de l’ « affaire » DSK au Carlton de Lille alors qu’au final, une relaxe a été prononcée ?

Les dommages collatéraux des personnes incriminées avant toute décision judiciaire sont dévastateurs. Malheur à celui qui se trouve confronté à la nécessité de témoigner : il sera mis à nu, examiné sous toutes les coutures par le seul fait d’avoir eu la malchance de croiser l’accusé.

Eric Dupont-Moretti souligne les faiblesses de la justice : les erreurs de procédure commises par certains juges, leur mode de sélection et d’avancement (un exemple : le troisième procès intenté à l’un des acquittés de l’affaire d’Outreau), le rôle de groupuscules d'activistes s’érigeant sur les réseaux sociaux en défenseurs de la morale bourgeoise, celui de pseudo psychologues ou de journalistes sonnant l’hallali sans connaître les dossiers, celui de lanceurs d’alertes autoproclamés (qu’on appelait autrefois « corbeaux »), la presse à sensation, la confusion entre ce que prescrit strictement la loi pénale et le sentiment partial de certains magistrats … sans parler du cas de ce chien auditionné par la justice ...

Un fameux coup de gueule, bien nécessaire ces jours-ci, justement !

Directs du droit, essai par Eric Dupont-Moretti et Stéphane Durand-Souffland, éditions Michel Lafon, 250 p., 17,95€.

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