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28 janvier 2020

Amicie Lebaudy, pionnière du logement social à Paris

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Dans la série des veuves bienfaitrices de l’humanité souffrante, je demande Madame Jules Lebaudy.

Amicie Pion, épouse Lebaudy (1847 – 1917) est issue d’une famille en vue. Son père est Président de la Cour d’Appel de Toulouse et sa mère vient d’une grande famille bretonne, les Le Dall de Keréon. Elle est mariée en 1865 à Eugène Lebaudy qui a vingt ans de plus qu’elle. Homme d’affaires, banquier et surtout sucrier, richissime investisseur dans l’immobilier.

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En fait, son mari a beaucoup acheté d’immeubles parisiens après la défaite de 1870. Il est parmi ceux qui provoquent en 1882 la panique de la Banque de l’Union Générale, krach retentissant d’une banque catholique qui ruine des milliers de petits épargnants. A Paris, les commerçants, les employés, les concierges, les ouvriers sont les principales victimes de cet agiotage sans frein. Amicie considère cette action comme scélérate et se brouille avec lui. Il meurt en 1892 en lui laissant une fortune considérable.

Amicie, grande bourgeoise catholique, dreyfusarde et monarchiste va consacrer son héritage à des œuvres charitables – je crois voir son personnage dans le roman de Zola « L’argent ». Elle finance ses actions anonymement, son nom ne devant être révélé qu’à sa mort.

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Madame Lebaudy

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Son projet principal est de construire des logements modernes et salubres destinés aux ouvriers qui s’entassent dans des taudis. Le Groupe des Maisons Ouvrières est créé en 1899. Son crédo est de favoriser la sociabilité, l’éducation morale et civique, avec un suivi social des familles assuré par les gardiens.

Amicie écrit, s'informe, s'instruit : elle fait chaque année un voyage à l'étranger. Elle tirera de ces voyages d'agrément et d'étude, une bonne expérience des réalisations en matière de logement social et d'hygiène.

Les logements sont de petite taille (40 à 50m²), mais avec de grandes fenêtres, la cuisine équipée, des cours bien ventilées et des espaces communs (laveries, bains, crèches …) avec des commerces en pied d’immeubles.

« Mon intention, en construisant des habitations, n'a pas été seulement de procurer des logements hygiéniques aux travailleurs parisiens, mais de les habituer à l'ordre, à la propreté, à la discipline, au respect d'eux-mêmes, en un mot, de les moraliser : c'est là, par l'élimination des éléments mauvais, mon véritable but. » Amicie Lebaudy. Lettre du 11 octobre 1908.

On voit que les objectifs moraux voire moralisateurs forment l’essentiel de son propos. L’idée est non seulement d’éradiquer les maladies contagieuses comme la tuberculose mais d’éduquer les familles ouvrières, les former aux moeurs bourgeoises, acquérir les habitudes de propreté corporelle … Un mécénat clairement de droite … mais qui perdure aujourd’hui.

Entre 1900 et 1913, huit groupes d’immeubles sont construits dans Paris. La Fondation Madame Jules Lebaudy représente aujourd’hui 2400 logements, très bien entretenus, 86 ateliers, locaux commerciaux et professionnels, très bien conçus pour l’époque et décorés de jolies mosaïques et bas-reliefs. C’est la première initiative de construction de logements sociaux à taille humaine, bien avant l’effort de la Ville de Paris.

Pour ne pas être importunée par la Presse, elle vit avec frugalité sous son nom de jeune fille dans un petit appartement parisien, mais continue à professer des idées réactionnaires. Après sa mort, un médaillon de bronze est incrusté dans le mur de chacune de ses réalisations.

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27 janvier 2020

Risotto au saumon fumé

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Rien de bien original dans cette recette qui m'a été inspirée par ma fille Florence.

Ce qui importe, c'est la complémentarité inattendue entre un rizotto classique et les tranches de saumon fumé, qui change des blinis !

 

On commence par préparer un grand verre (25cl) de bouillon de volaille. J'y laisse infuser 6 pistils de safran (3 par personne).

Emincer une échalote et la faire rissoler dans une cuillère à soupe d'huile d'olive. Ajouter le riz - de type Arborio ou Carnaroli - et chauffer en tournant jusqu'à ce qu'il devienne transparent.

Déglacer avec un petit verre de vin blanc sec. Pour ma part, j'utilise un verre de vermouth (Martini blanc ou Noilly Prat) que j'ai toujours sous la main. Laisser évaporer complètement. Puis mouiller en plusieurs fois avec le bouillon reconstitué et laisser absorber en tournant régulièrement - cela prend environ 20 minutes.

Ne pas saler. En fin de cuisson ajouter du parmesan râpé et une noisette de beurre, quelques pluches de basilic hâché.

Servir chaud, les tranches de saumon par dessus, avec une giclée de jus de citron et un tour de moulin de poivre.

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26 janvier 2020

Le Commandant Watrin, roman d'Armand Lanoux (1956)

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Coup sur coup, la lecture enthousiasmante de « Miroir de nos peines » de Pierre Lemaitre, puis le beau film de Sam Mendès « 1917 » m’ont replongée dans l’atmosphère de la guerre … Pourquoi exhumer ce roman de 1956 qui valut à son auteur, Armand Lanoux (1913 – 1983) le prix Interallié ?

Essentiellement parce que l’intrigue de ce roman se déroule, dans sa première partie, dans un village de Lorraine, Volmerange … Exactement comme mon père avait, en ce début de juin 1940, héroïquement combattu, avant de se faire capturer puis emmener en captivité en Poméranie. Et c’est ce qui arrive au jeune Lieutenant François Soubeyrac, instituteur dans le civil, socialiste et opposé à la guerre, mais qui la fera de la belle manière, lui comme tant d’autres.

Soubeyrac n’est pas tendre au début avec le Commandant Watrin : un militaire de métier dans tout ce qu’il exècre, une « vieille culotte de peau », qui a fait la guerre de quatorze, un homme imperturbable, muré dans le silence avec sa moustache drue et ses yeux couleur de mer. Vraiment, il ne comprend pas cet homme …

Comment vivent ces soldats, tout à coup précipités dans l’action après une longue période d’attente, la « drôle de guerre ». Un assemblage disparate de destins que rien n’aurait permis de se rencontrer … une galerie de portraits pleins de tendresse et de talents, avec une forte proportion de cht’is et leur accent à la limite du compréhensible pour le non-initié.

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Le roman se déroule en trois parties ou « nuits » : celle de Volmerange où l’élément dramatique est la condamnation d’un soldat accusé de rébellion, celle du Bois Joyeux où le bataillon est encerclé par les blindés allemands, celle de Tempelhof, dans le Stalag - les officiers, rassemblés dans des camps séparés des prisonniers de la troupe - ne devaient pas travailler - au bord de la Baltique où les officiers captifs organisent une véritable université ou, comme l’entreprend François Soubeyrac, mettent en scène une pièce de théâtre d’Armand Salacrou. Une façon de tuer le temps, dans une attente qui va encore durer deux années.

L’évocation des combats, les réactions contrastées des hommes, la souffrance des blessés, la peur, la quête du ravitaillement, les défaillances du matériel, la soudaineté de la mort, l’évolution de la pensée des protagonistes … Tout paraît vrai, terriblement actuel. Je comprends ainsi pourquoi ce livre figurait en bonne place dans la bibliothèque de mon père …

Car l’histoire de Soubeyrac est en grande partie autobiographique : l’auteur a l’âge de son héros et fut aussi instituteur avant d’être mobilisé … En tous cas, on écrivait sacrément bien dans les années 50 !

Le Commandant Watrin, roman d’Armand Lanoux publié en 1956 chez Juillard


 

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25 janvier 2020

Taches rousses, thriller de Morgane Montoriol

 

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Voici le premier roman d’une auteure (ou autrice ?) de 33 ans et d’emblée, son style percute.

Au-delà des descriptions hyper réalistes des crimes en série dont il est question, on est emporté dans la description minutieuse des ambiances – la touffeur saturée de l’été à Los Angeles – des décors et des personnages qui s’expriment à la première personne. Le lecteur est immédiatement immergé dans une petite ville de l’Oklahoma – d’où sont originaires les deux protagonistes principaux du roman – puis comme téléporté le long du trottoir aux étoiles d'Hollywood Boulevard.

Deux personnages totalement déglingués : Wes, peintre génial dans la démesure de portraits sanglants, vit dans l’anonymat même s'il touche des millions de dollars après chacun de ses vernissages et Beck, belle fille apprentie comédienne aux yeux verts qui ne supporte pas ses taches de rousseur qu’elle camoufle sous plusieurs couches de maquillage.

Beck n’a pas besoin d’amis. Elle fait cavalier seul. Elle ne connaît pas la peur. Elle vit avec un homme riche bien plus âgé qu’elle qui l’exhibe dans les soirées mondaines comme s’il arborait une Rolex. Beck d’en fiche puisqu’en permanence elle joue la comédie d’une autre elle. A sa décharge, elle trimballe un sacré bagage de violence, de haine et de remords. Fille d’un père alcoolique et violent, d’une mère passive par peur des coups, Beck ne se console pas d‘avoir perdu sa jeune sœur Leah, disparue depuis 9 ans … Mais tout bascule lorsqu’elle voit son visage, le sien et aussi celui de sa sœur, sur les toiles de ce peintre aussi célèbre que mystérieux : Wes.

Le style, précis, au scalpel, avec usage lancinant de la répétition, s’avère ici plus pertinent que l’intrigue elle-même. Les références sont à chercher plutôt du côté de Brett Easton Ellis que de Beaudelaire ... J'y ai vu une analyse des séquelles de la maltraitance enfantine comme de l’ennui, l’irruption de l’art dans la tête d’un être à l’existence banale mais débordant d’ambition et les dommages qu’il peut y causer, un thriller bien construit mais sans la présence de mon bien aimé Harry Bosch … Dommage !

 

Taches rousses, thriller par Morgane Montoriol, édité chez Albin Michel, 368 p., 21,90€ (disponible à partir du 3 février en librairie)

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24 janvier 2020

Marche et démarche, au musée des Arts Décoratifs

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Lorsque j’étais plus jeune, j’étais fan de chaussures. A présent, je ne marche plus qu'en mocassins moelleux !

Je dessinais des souliers sur les marges de mes cahiers, plus tard, je les collectionnais jusqu’à en posséder plus de 50 paires … une passion onéreuse, mais un plaisir fou à se sentir « bien dans ses pompes » en toutes circonstances. Je ne pouvais donc pas manquer cette exposition organisée par le musée des Arts Décoratifs, dans la lignée des manifestations précédentes « La mécanique des dessous » puis « Tenue correcte exigée ».

ballerine ultime Louboutin LynchUn vrai succès : beaucoup de femmes – mais pas que – et de nombreux jeunes aussi. La chaussure, c’est le pied !

 

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Autant objet indispensable qu’instrument de torture (les pieds bandés des Chinoises de jadis) ou fantasme érotique … de la petite bottine d’enfant à la ballerine ultime à talon vertigineux imaginée par Christian Louboutin et David Lynch. Tout est là : souliers vernis, sabots, pantoufles, espadrilles, escarpins à boucles gigantesques du XVIIème siècle, chaussons de danse à pointe renforcée, richelieus, tongs, cothurnes de théâtre, galoches, chaussures à semelle de bois de l’époque de l’occupation, chaussures de clowns au bout démesuré, bottes lacées, baskets contemporaines, escarpins avec des milliers d’épines à l’intérieur …

Des chaussures pour marcher – ou pas.

Le soulier de Marie-Antoinette mesure 21 cm sur 5. Elle ne devait pas pouvoir aller loin. Plus surprenant encore, les souliers de Lamartine : ils correspondent à une taille 40 d’aujourd’hui, mais avec une largeur de 5 à 6 cm seulement. Juliette Récamier chaussait du 34.

Pas question d’arpenter la ville de l’époque, ses rues glissantes et malodorantes. En fait, la mobilité était réservée aux classes laborieuses … qui le plus souvent allaient pieds nus !

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Des découvertes pour moi : celle de François Pinet (1817 – 1897), Tourangeau la Rose d’Amour, reçu par l’empereur Napoléon III et Eugénie, qui inventa un nouveau modèle de talon plus solide et facile à fabriquer, ou encore Alexis Godillot (1816 – 1893), fournisseur des armées en selles, tentes et brodequins militaires avec pour innovation la différenciation entre pied droit et pied gauche ….

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Un souvenir qui m’assaille soudain dans la dernière salle où l’on peut essayer de marcher avec des modèles particulièrement sophistiqués : une grosse machine en bois dans laquelle, jusque vers la fin des années 50, on pouvait radiographier ses pieds pour voir comment ils se tenaient à l’intérieur de la chaussure. Bonjour la dose de rayon X !

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Bref, une exposition foisonnante, pas tellement bien expliquée toutefois … à parcourir d’un bon pied et en faisant des pieds et des mains pour s’approcher des vitrines. Et toujours et encore, pour ma part : En Marche !

 

 

 

 

 

 

Marche et démarche, une histoire de la chaussure au Musée des Arts Décoratifs – 107 rue de Rivoli Paris 1er – ouvert tous les jours sauf le lundi à partir de 11 h.– 11€


23 janvier 2020

Marquise Arconati Visconti, collectionneuse et mécène

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On parle beaucoup aujourd’hui des très grandes fortunes, généralement vouées aux gémonies, mais moins de ce qu’elles apportent à la communauté.

Au XIXème siècle, qui fut celui de la Révolution industrielle et des plus criantes inégalités, on assistait à une sorte de concours entre les femmes – généralement veuves à la tête d’une soudaine fortune colossale – à celle qui serait la plus généreuse mécène.

Après la Duchesse de Galliera (née en 1811), et la Comtesse Greffulhe (née en 1860), voici le parcours de la Marquise Marie-Louise Arconati-Visconti (1840 – 1923).

Elle est la fille d'Alphonse Peyrat, journaliste, violemment anti-clérical et anti-royaliste, député puis sénateur, homme de l’extrême gauche, proche des italiens exilés favorables au Risorgimento. C’est ainsi qu’elle rencontre Gianmartino Arconati-Visconti qu’elle épouse civilement en 1873, malgré les réserves de la famille du jeune homme. Victor Hugo est le témoin de la mariée.

Brillante intellectuelle, athée, passionnée d’histoire de l’art, républicaine, anti-cléricale et dreyfusarde, elle tient salon deux jours par semaine, pour les amateurs d’art et pour les politiques. On la surnomme la Marquise rouge. Hélas, trois ans après son mariage d’amour, Giancarlo meurt et laisse à sa veuve une immense fortune.

lettre de Marquise

Institut de géographie

Marie-Louise va s’employer à soutenir financièrement une multitude de projets en faveur de l’enseignement supérieur : elle fait d’importantes donations aux bibliothèques universitaires de Lyon et à la Sorbonne, pour le logement des étudiants à Strasbourg, fonde plusieurs prix de thèses à l’Ecole des chartes dont elle a suivi les enseignements en auditrice libre, dote l’Institut d’Art et d’Archéologie, est à l’origine de la fondation de l’Institut de Géographie construit après sa mort, ce curieux bâtiment situé rue Saint Jacques.

La richissime veuve rencontre en 1889 Raoul Duseigneur, un autre collectionneur et amateur d'arts, né en 1846, qui sera son compagnon jusqu'à sa mort en 1916.

Collectionneuse d’œuvres du Moyen-Âge et de la Renaissance, des XVIIIème et XIXème siècles elle fera don de ses collections au musée du Louvre …Une exposition de sa collection personnelle est actuellement présentée au musée des Arts Décoratifs.

 

Les riches patriciens de la Rome antique pratiquaient l’évergétisme en offrant des jeux afin de se faire élire, les dames de la haute société du XIXème siècle consacraient leur fortune au développement de la connaissance des lettres, des sciences humaines et des arts … Tout comme aujourd’hui nos grandes familles d’industriels couronnés de succès à l'international.

 

Marquise Arconati-Visconti, femme libre et mécène d’exception, exposition au musée des arts décoratifs -niveaux 3 et 4) jusqu’au 15 mars, fermé le lundi – 11

22 janvier 2020

Parmentier de poulet

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Que faire de restes d'un délicieux poulet rôti (une cuisse et un blanc) lorsqu'on apprécie peu la viande froide ?

Un hâchis parmentier naturellement. Il y a toujours dans les réserves un oignon et quelques patates ...

Commencer par la purée. Pour 3 personnes, trois pommes de terre  moyennes, épluchées et mises à cuire dans de l'eau salée environ 25 minutes.

Pendant ce temps, émincer un oignon finement et le faire rissoler dans un peu d'huile d'olive. Passer au mixer les morceaux de viande débarrassés de la peau et de toute les parties grasses restantes et des os. Mélanger avec l'oignon rissolé.

Faire préchauffer le four à 200°.

Beurrer très légèrement un plat et étaler la "pâte" de poulet et oignon au fond.

Ecraser au presse-purée les pommes de terre après les avoir égouttéees. Rajouter un trait de crème raîche liquide, rectifier l'assaisonnement, ajouter une pincée de noix de muscade râpée. Etaler uniformément la purée sur la viande.

Saupoudrer de fromage râpé (emmental ou parmesan), avec en plus un peu de chapelure.

Enfourner pour environ 25 minutes en surveillant la couleur du gratinage.

 

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21 janvier 2020

Arènes de Lutèce

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Quand Paris s’appelait encore Lutèce, cité des Parisii, et qu’au IIème siècle les gladiateurs se produisaient dans ses arènes devant dix mille spectateurs … Un des rares vestiges de la présence romaine dans notre capitale n’est qu’à 3 km de chez nous.

 

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Il faisait très beau hier après-midi et nous avons traversé le quartier latin pour visiter les vestiges de cet édifice. Il faut passer derrière le Panthéon, aller jusqu’à la rue Monge et tourner à droite au niveau de la petite rue de Navarre, à moins que vous ne sortiez de la station de Métro Monge, c’est juste à gauche, dans un très beau et calme square, entouré de beaux immeubles …

Pour se situer, rien ne vaut une des si belles aquarelles de Jean-Claude Golvin, architecte et archéologue, spécialiste et artiste de l’urbanisme des siècles passés. On comprend mieux comment se déployait ce complexe hybride adossé à la montagne Saint Geneviève : à la fois cirque (dimensions : 132m x 100m), et théâtre avec un mur de scène tournant le dos à la berge de la Bièvre.

 

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Totalement enterré pendant des siècles, le site a été redécouvert à l’occasion du percement de la rue Monge, entre 1860 et 1870, par Théodore Vacquier.

Un moment menacé de disparition pour cause de projet d’implantation d’un dépôt de tramways, il fut défendu par Victor Duruy et Victor Hugo, avant d’être classé Monument Historique en 1884.

C’est aujourd’hui un parc d’une grande sérénité, paradis des joueurs de pétanque. On ferme les yeux en s’asseyant sur les gradins, on imagine la foule hurlante …

Quel dommage que les immeubles construits sur le côté impair de la rue Monge aient interrompu la belle courbe de la cavea ! Mais c’est en cédant les emprises aux promoteurs que les équipes d’Haussmann financèrent les voies nouvelles qui aèrent Paris !

Un petit flip en passant dans la petite rue Rollin devant la maison où habita Descartes. Une rue qui fut brusquement tranchée par le percement de la rue Monge et qui se termine par une volée abrupte d’escaliers …

20 janvier 2020

Bon anniversaire Benjamin !

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Onze ans aujourd'hui !

Nous te souhaitons un très joyeux anniversaire. Tu grandis trop vite, c'est à cela que nous mesurons combien nous vieillissons.

Séducteur, plein d'énergie, facétieux, malin, beau garçon aux yeux bleus ... Tel est Benjamin, notre petit dernier qui ressemble tellement à son grand frère, dont l'anniversaire n'est éloigné que de quatre jours.

Nous avons pratiquement passé toutes les grandes vacances ensemble et j'en garde un excellent souvenir.

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Une dernière année scolaire et l'an prochain, ce sera la 6ème ...  Et avec tes lunettes, tu fais désormais tellement sérieux !

Tu n'en as pas encore fini avec la sempiternelle question des grands-parents : "comment ça va, l'école ?"

Profite bien de tes onze ans tout neufs !

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19 janvier 2020

Musée du parfum à Paris

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Bien entendu, c’est une opération marketing et personne n’est dupe. Mais tout de même, c’est drôlement bien fait !

Au cœur du quartier de l’Opéra, dans ce havre de paix que constitue l’îlot Edouard VII – avec pas moins de deux théâtres ! – la maison Fragonard, fondée en 1926 à Grasse par Eugène Fuchs, à ouvert un espace d’information et de vente particulièrement soigné. Difficile de partir sans acheter quelque chose …

Mais un musée gratuit, bien agencé, avec des visites guidées par de ravissantes jeune femmes polyglottes toutes les 20 minutes, c’est assez rare pour être souligné.

 

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Les explications sur la technique de fabrication du parfum, je les avais déjà en tête depuis que j’étais toute petite car la visite d’une des parfumeries majeures de Grasse (Molinard et Fragonard) faisait partie du rituel des grandes vacances. J’ai tout de même eu un coup de cœur devant le petit film qui montre des jeunes femmes et enfants cueillant en 1927 la fleur de jasmin, comme ma maman qui en ces temps-là passait toute ses « vacances » avec sa mère et ses sœurs, à partir de 5 heures du matin et jusqu’à 11 heures (car après, la fleur est sèche !), courbées sur les plans noyés de rosée …

 

la fleurAutre point intéressant : la pyramide olfactive qui vous montre les différentes notes composant un parfum : notes de tête, de cœur, de fond. Un « nez » est capable de distinguer 3000 senteurs différentes.

On admire aussi l’évolution de l’usage du parfum à travers les siècles, les formes de flacons, le rôle du marketing, l’art des étiquettes … On apprend la signification des différentes dénominations des parfums : eau de toilette, eau de parfum, parfum … selon la concentration en huile essentielle.

 

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La collection est celle des trois filles de la famille fondatrice, toujours aux manettes de l’entreprise …

 

Musée du parfum Fragonard – 3-5 square de l’Opéra-Louis Jouvet, ouvert de 9 h à 17 h. tous les jours sauf le dimanche. Entrée et visite guidée gratuites.

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