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18 octobre 2018

R.I.P. Arto Paasilinna

Aarto Paasilinna

Dieu de l'orage

Aarto Paasilinna2

L'hommage de Claude :

L’écrivain finlandais Arto Paasilinna vient de nous quitter. Né en 1942 en Laponie, d'abord  bucheron, puis journaliste, il a écrit, presque chaque année, un conte de la vie finlandaise. Il en a traité tous les aspects.

D’abord, la forêt et les milliers de lacs, qui composent le paysage et développent métiers et savoir-faire, imposant une efficacité visible dès l’Ecole primaire. Ensuite le Protestantisme, version luthérienne, mais avec les anges gardiens qui flottent au dessus des héros. Les aventures du Clergé sont des sources importantes d’histoires savoureuses.

Voilà donc un Peuple de gens solides, sérieux, parfois un peu naïfs, mais aussi assez tourmentés par les alcools forts, ainsi que par le sens de leurs intérêts bien compris.

Il n’est jamais trop tard : si d’aventure il vous vient une petite crise de cafard, ouvrez donc un Paasilinna ; il ne vous quittera plus.

Pour vous  faciliter la tâche, je vous recommanderais bien Prisonniers au Paradis, qui raconte les joyeuses journées des passagers d’un avion soi disant abimé en mer, mais qui ont récupéré une partie de la carlingue pour fabriquer une distillerie apte à transformer les fruits tropicaux…

Dans les 35 romans de Paasilinna, les méchants sont souvent punis, tels les neveux qui exploitent une vieille dame (La douce empoisonneuse), mais l’auteur ne se départit jamais de son humour.

 

 

 

N.B. : En recherchant sur le blog à partir du Tag "Paasilinna" ou sur le moteur de recherche, vous retrouverez les chroniques de Claude sur une partie des romans de cet auteur qu'il adore ....

 

 

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17 octobre 2018

René Rémond, biographie de Charles Mercier

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C’est un livre de référence, largement fondé sur la thèse de doctorat de Charles Mercier, jeune historien (né en 1977), Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bordeaux, avec toutes les caractéristiques de ce genre d’ouvrage : beaucoup de citations, des notes innombrables … mais écrit dans un style tout à fait accessible.

Car René Rémond (1918 – 2007) est LE professeur dont l’enseignement a structuré ma vision de la politique et des institutions françaises, comme les cours de Raymond Barre m’ont initiée à l’économie. Comme plus de 25000 étudiants (rien qu’à Sciences Po) j’assistais à ses cours par plaisir et non par obligation. Avec ce livre, écrit avec respect mais objectivité, j’ai découvert chez lui des aspects méthodologiques et spirituels insoupçonnés. Et j’ai l’impression, en commentant sa biographie, de lui payer tribut.

René Rémond : un intellectuel engagé dont le champ de compétences s’étend du début du XIXème siècle (ah, l’importance capitale de la Restauration !) à la fin du XXème siècle (et la querelle toujours renaissante de la laïcité). Pour la plupart des Français, il est connu pour ses commentaires des soirs d’élections présidentielles, au côté des journalistes comme Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Marie Cavada ou Alain Duhamel. Et pour moi, c’était essentiellement l’auteur de son best-seller maintes fois réédité sur les Droites en France.

Mais je n’imaginais pas son activité protéiforme et débordante, marquée par une cohérence de pensée inébranlable et la fidélité à la foi catholique. Toute sa vie, il fut un militant chrétien ouvert au dialogue, un intellectuel centriste, un universitaire du plus haut niveau, un manager habile à susciter le consensus, un homme de médias et d’action. Lui-même se définissait ainsi : « quelqu’un qui s’essaie à réfléchir sur l’action, le présent, qui se propose de l’expliquer, d’en rendre raison, de le comprendre et d’aider les autres à le comprendre. »

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En vérité, j’ai cessé de m’intéresser à René Rémond en 1967, à la fin de mes études … et c’est pourtant à ce moment que ce professeur accède à une responsabilité extraordinaire : il est le premier Président de l’Université Paris X-Nanterre, pendant les événements de mai 68, plongé dans le maelström de la révolte des étudiants et des professeurs. Il parvient à maintenir le dialogue avec les gauchistes et les communistes, malgré la violence parfois physique.

Il fut aussi le Président du Centre catholique des intellectuels français, dans continuité de son action au sein des Jeunesses étudiantes chrétiennes et dans la Résistance. Car l’homme n’a jamais cédé aux sirènes du marxisme, tellement en vogue en 1945. Dans ce livre, j’ai découvert les multiples affrontements qui traversent l’enseignement et la recherche historiques et ses castes irréconciliables. J’ai appris avec tristesse que, selon Pierre Nora, Fernand Braudel, un de mes auteurs préférés, méprisait René Rémond !

Président de la Fondation nationale des Sciences Politiques, René Rémond y a connu une longévité exceptionnelle. Et, naturellement, il a eu des contacts fréquents avec les ténors de la politique et les journalistes pour lesquels il était un très « bon client ». Sa sagesse lui a valu de diriger ou de participer à des commissions sur des sujets ultra-sensibles comme le rôle de la hiérarchie catholique dans la protection de Paul Touvier ou la commission Stasi sur la laïcité. Son apport n’y a pas toujours été apprécié à sa juste valeur.

Un livre qui donne une idée approfondie de ce savant bienveillant à l’allure athlétique et à la voix grave et claire, travailleur acharné et sensible aux honneurs, ayant milité toute sa vie pour l’étude de l’histoire du contemporain, celle où les témoins sont encore disponibles, et, derrière l’écume des événements, pour une continuité de convictions politiques et une cohérence de la pensée remarquables malgré de rares infléchissements.

 

René Rémond, une traversée du XXème siècle, préface de Pierre Nora, de l’Académie française, aux éditions Salvator, 412 p., 22€

 

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16 octobre 2018

Une promenade au cimetière de Montparnasse

 Bientôt la Toussaint ...

Sylvia Lopez

Une promenade qui vous fait sentir fabuleusement vivant !

Il y avait plus de 10 ans que nous n’avions pas fait cette balade insolite parmi les grands hommes – et femmes – disparus. Il n’y a pas plus calme derrière les hauts murs qui enserrent cette parcelle verte de 19 hectares, qui fut inaugurée en 1824 et constituait alors un espace hors les murs.

 

Alphonse Boudard

 

Baltard

 

Constantin Brancusi

 

Georges Wolinsky

Difficile en revanche de retrouver une sépulture en particulier tant la surface est utilisée au cm² près.

La numérotation des divisions démarre à partir de la place centrale où veille la statue du Génie du sommeil éternel … J’avais avec moi une liste de personnalités avec la partie où on pouvait les trouver, mais j’ai rapidement renoncé. Il fallait simplement « tomber » sur l’un ou l’autre des personnages célèbres : hommes politiques, intellectuels, artistes … qui sont inhumés ici, un endroit très chic et donc très recherché.

Un raccourci de la société bourgeoise : des monuments grandiloquents aux pierres tombales les plus dépouillées, parfois démunies de toute inscription. Un joyeux mélange des symboles : dans la mort, tout le monde se réunit : catholiques, juifs, bouddhistes, athées … Je n’ai pas vu de tombe musulmane.

 

Sainte-Beuve

Certaines familles ont choisi la simplicité, d’autres la magnificence. Il y a des modes, parfois les caveaux en hauteur en forme de chapelle très en vogue au XIXème siècle, sont à touche-touche ... Mais qui vient encore s'y recueillir ? Pour ma part, certaines démonstrations de puissance me semblent dérisoires.

 

Maryse Bastié

 

Les Boucicaut

 

Marguerite Duras

 

Valérie Benguigui

 

Gus

La première sépulture sur laquelle je me suis arrêtée est celle du dessinateur Gus, que j’ai connu et auquel j’ai jadis commandé une illustration pour le journal de mon entreprise. Avec une anecdote : il avait choisi de caricaturer un dieu du vent soufflant à l’encontre d’un navire toutes voiles dehors et ce dieu présentait le profil des pires caricatures antisémites de l’entre-deux guerres. Je lui avais demandé de le modifier … et c’était d’autant plus étrange qu’il était juif ! Il voisine avec Henri Langlois, le créateur de la cinémathèque française ….

Nous cherchions la tombe de Raymond Barre, dans la 18ème division. Nous ne l’avons pas trouvée.

En revanche, nous avons admiré celles de Constantin Brancusi, de l’architecte Baltard (toute de guingois, un comble !), d'Alphonse Boudard (L’hostobiographie) avec le rappel de ses titres de résistance, la sobriété toute protestante de celle de Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères et Premier ministre de De Gaulle, cousin de ma marraine Marie-Claire de Commynes, celle de Serge Gainsbourg toujours fleurie et de Valérie Benguigui, toute rose, le monument dédié à la famille Boucicaut, fondatrice du concept des Grands magasins, le buste de Sainte-Beuve … sur la dalle de Marguerite Duras, chacun s’invite à déposer un crayon …

Certains ont connu la célébrité et d’autres sont à jamais oubliés, mais ils se rappellent à notre souvenir par une sépulture magnifique : qui se souvient de Sylvia Lopez, la sublime épouse du compositeur populaire des années cinquante Francis Lopez, foudroyée à 26 ans par une leucémie ? Qui a jamais entendu parler du député de la Moselle blessé à mort pendant les journées de juillet 1848, Auguste Dornès ? La jeune génération a-t-elle une idée de la pionnière de l’aviation que fut Maryse Bastié ?

 

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Maurice Couve de Murville

 

un poisson

Bref, à mon sens, le souvenir des trépassés ne doit pas encombrer l'espace des vivants. C’est dans le cœur que nous portons ceux qui nous ont aimés et que nous avons chéris.

Mon père disait toujours qu’il ne voulait en aucun cas finir avec une dalle de granit sur le ventre, dans un endroit où il serait la plupart du temps livré à la solitude.

Il a demandé à être incinéré, et je ferai comme lui !

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15 octobre 2018

Tarte aux poires, amandes et pistaches

TARTE POIRES AMANDES ET PISTACHES

Un dessert familial très réussi ...

Faire préchauffer le four à 190° (Th : 6-7) ;

Graisser légèrement le moule à tarte avec une goutte d'huile, dérouler la pâte feuillettée toute faite en enlevant le papier sulfurisé. Naturellement, on peut aussi utiliser une pâte sablée ou brisée sucrée.

Piquer le fond et les bords très soigneusement pour éviter que le fond de la tarte ne gonfle. Peler les poires avec un couteau économe, les couper en 2 et enlever délicatement les restes des trognons et la queue.

Poser les demi-poires, côté bombé au dessus.

Broyer finement au mixer les pistaches (80 à 100g).

Dans un saladier, casser trois oeufs entiers et mélanger au fouet avec 150g de sucre en poudre plus un sachet de sucre vanillé, jusqu'à blanchissement. Mélanger ensuite avec 10 cl de crème fraîche liquide.

Ajouter les poudres d'amandes (environ 80g) et de pistaches. Verser sur les poires.

Laisser cuire environ 45 minutes en surveillant que la pâte ne gonfle pas - dans ce cas, donner un coup de couteau pour crever la bulle. Attendre que la crème prenne une belle couleur dorée, signe que la tarte est cuite.

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14 octobre 2018

Naissance de la sculpture gothique au musée de Cluny

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Le musée national du Moyen-Âge vient de se doter d’un nouvel espace d’accueil, superbe. Les travaux de restauration de l’ensemble de ce musée, confiés à l’architecte Bernard Desmoulin doivent se terminer en 2020.

Depuis quelques jours, il nous offre une passionnante exposition sur une période capitale de notre histoire de l’art : la transition entre l’art roman et l’art gothique.

 

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Cela se passe entre 1135 et 1150, et plus particulièrement en Ile-de-France, précisément autour des nouveaux grands chantiers de Saint Denis, Chartres et Notre Dame de Paris.

Ce sont les chantiers précurseurs des nouvelles techniques de construction – plus haut, plus clair, plus riche – qui vont essaimer dans l’Europe entière. 

Il faut du neuf pour ces lieux de pouvoir, des motifs plus luxueux que ceux utilisés jusque là par l’art roman.

Ces premières sculptures apparues à Saint-Denis veulent transmettre une image apaisée de la religion : moins de monstres fantasmagoriques, moins de scènes de jugement dernier, mais des figures plus gracieuses des personnages de l'ancien et du nouveau testament.

 

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vitrail

On recourt à des modèles empruntés à l’antiquité classique ou influencés par l’art byzantin ou mozan.

La communication circule entre les sites, les maîtres d’œuvre, les commanditaires, les artisans et les sculpteurs, à travers des carnets de modèles (dommage que l'on en ai retrouvé aucun !), des répertoires de motifs que l’on retrouve plus ou moins bien interprétés (voir les rinceaux très voisins de l’église de Souvigny et de sa voisine en Allier, Saint Menoux, beaucoup plus flous).

 

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La première manifestation de ce nouvel art gothique réside dans les merveilleuses statues-colonnes qui ornent les portails comme le portail royal de Chartres ou sur les portails occidentaux de l’abbé Suger à Saint-Denis qui inaugure la disposition de façade à trois entrées monumentales.

Les statues se détachent désormais de la façade. Des visages sereins de rois, de prophètes, de reines de l’Ancien Testament, tout en longueur, démesurément allongés et qui, progressivement, s'humanisent.

A travers une série de chapiteaux mis à portée de regard et superbement éclairés, de statues souvent retirées pour être remplacées in situ par des copies pour assurer leur conservation, des vitraux, des enluminures, des statues de madones à l’enfant, cette mise en perspective est éclairante pour mieux comprendre comment en relativement peu de temps, on est passé de l’art roman à l’art gothique …

Et comment, dans une époque si lointaine et que nous avons tant de mal à nous représenter, les styles et les techniques ont diffusé à travers l’Europe.

 

La naissance de la sculpture gothique, exposition jusqu'au 7 janvier au

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musée de Cluny, musée national du Moyen-Âge, entrée rue du Sommerard – Paris 5ème – ouvert tous les jours à partir de 9h15 sauf le mardi. 9 €


13 octobre 2018

La seule histoire, roman de Julian Barnes

La critique de Claude :

 

La seule histoire

Julian Barnes,  né en 1946, est l’un des auteurs les plus passionnants de la littérature anglaise. Fils de deux parents professeurs de langue et de civilisation française, il a écrit des recueils de nouvelles expliquant pourquoi la France est la France, et pourquoi le Royaume Uni est le Royaume Uni. Et comment, en s’unissant, ils deviennent puissants.

Citons notamment  "England, England" en 2000, ou «Quelque chose à déclarer» en 2004. Au moment où le vent mauvais du Brexit écarte l’un de l’autre les deux Pays de l’Entente cordiale, il est indispensable de lire Barnes.  

Depuis 2008, Barnes est moins politique et social. Ayant perdu son épouse d’une grave maladie, il exprime des sentiments beaucoup plus personnels, de façon poignante ; tel est le sens de « La seule histoire ».

Nous sommes dans un coquet village résidentiel proche de Londres, Au Club local de tennis. Paul, étudiant de 19 ans, fait la connaissance de Susan, 48 ans, mariée et mère de deux jeunes hommes. Cette rencontre bouscule tous les codes, si bien que le lecteur croit qu’il va découvrir une histoire romantique et libératrice. Hélas, les années suivantes n’iront pas dans ce sens, parce que le jeune homme n’aura pas le courage nécessaire face à l’addiction alcoolique dont elle souffre.

Paul a refusé de s'occuper de cette femme malade, s'en jugeant incapable ... pour lui, c'était la seule solution possible. N'y verrait-on pas une forme de culpabilité de l'auteur, impuissant devant la souffrance de son épouse ?

Tout ceci est très bien écrit, et mérite votre attention.

La seule histoire (The Only Story), de Julian Barnes, roman traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin, publié au Mercure de France, 260 p. 22,80€

 

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12 octobre 2018

Filet de loup aux amandes

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Un beau filet soigneusement désarêté par le poissonnier, avec sa peau brillante ...

Commencer par faire griller à sec, dans une poêle antiadhésive, des amandes effilées. Attention à juste les colorer et à penser qu'après les avoir retirées du feu, elle continuent à griller dans la poêle chaude ... Réserver.

Laisser fondre ensuite une noisette de beurre dans la poêle et poser le filet de poisson dans le beurre mousseux côté peau. Laisser cuire environ 4 minutes - en fonction de l'épaisseur - côté peau puis retourner délicatement pour deux minutes côté chair. 

Ajouter au dernier moment les amandes grillées et par dessus une petite main de persil plat concassé. Saler et poivrer. Arroser d'un filet de jus de citron.

 

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11 octobre 2018

La fabrique du luxe, les marchands merciers parisiens au 18ème siècle

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« Marchands de tout et faiseurs de rien » selon Diderot, la puissante corporation des merciers occupe au XVIIIème siècle une place éminente, au cœur d’un réseau à trois pôles : le commanditaire, l’artisan/artiste, et le phénomène nouveau qui influence le « marché » : la mode.

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Le délicieux musée Cognacq-Jay, qui abrite les collections d’objets d’art et de mobilier réunies par les fondateurs du concept de Grands magasins, met en valeur à travers les destins des dix plus importants marchands merciers du XVIIIème siècle les origines des industries du luxe, pivot de la renommée française.

 

La « mercerie » va bien au-delà de la notion de textile et traite de tous les éléments ajoutés aux pièces de drap, le décor, la vente de mobilier, les bijoux, les tapisseries, les tabatières, les objets de dévotion ou les accessoires de modes, et, bien entendu les tableaux.

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L’exposition présente l’activité des marchands de peintures, bronzes, mobilier, horloges et objets décoratifs. Parmi les grands noms dont les boutiques se situent au cœur de Paris et tout près des lieux de pouvoir - sur les ponts (pont neuf, petit pont), aux alentours du Palais royal - on citera Simon-Philippe Poirier, Jean Dulac, Weisweiller, Daustel, Danet, Hébert et, bien entendu le marchand Gersaint, rendu célèbre par la toile de Watteau, "L’enseigne de Gersaint", peinte en huit matins, et qui montre l’activité de sa boutique avec en arrière-plan l'affichage à touche-touche des tableaux à la vente.

Une stratégie consciente de promotion engagée par la profession à coup d’identité visuelle, de publicité, étiquettes, cartes de visite, encarts publiés dans les gazettes, journaux et guides …

La visite de ce petit hôtel particulier de la Renaissance, en plein quartier du Marais, et déjà une expérience artistique passionnante : les œuvres d’art des collections permanentes sont sublimes, si caractéristiques du style français copié dans toute l’Europe.

 

 

 

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 La fabrique du luxe, les marchands merciers parisiens au XVIIIème siècle, exposition au musée Cognacq-Jay jusqu’au 27 janvier. Ouvert tous les jours à partir de 10h sauf le lundi, 8 rue Elzévir – Paris 3ème – 8€

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10 octobre 2018

Une heure dans l'enfer de Naples avec Roberto Saviano

 

Saviano

 

A l’occasion de la parution de « Piranhas », son premier roman, Roberto Saviano – auteur de Gomorra en 2006 et Extra pure en 2014 – enchaîne les interviews et les causeries avec des lecteurs et des libraires. J’ai poussé la porte de la prestigieuse maison Gallimard lundi pour assister à l’une de ces séances (j'étais invitée par Babelio) aussi passionnante que terrifiante.

Saviano a choisi la forme romanesque pour décrire un phénomène nouveau à Naples, mais qui risque de s’étendre à ce que nous appelons les « quartiers » : les babygangs. L'éditeur utilise l’image de ces petits poissons féroces qui vivent en bandes, les piranhas. Pour l’auteur, plutôt familier des documentaires ou de publications de non-fiction qui lui valent aujourd'hui de vivre protégé en permanence par une escouade de policiers d'élite, cette incursion dans la fiction n’a pas été difficile. Pour les dialogues, il s’est notamment inspiré des échanges livrés par les écoutes téléphoniques.

Cette histoire est celle d'ados-criminels âgés entre 10 et 19 ans, qui ont réussi en quatre ans à bâtir une organisation criminelle très puissante, en devenant à leur tour des capi, ce qui ne s’était jamais produit auparavant, même dans la culture traditionnelle de violence très hiérarchisée de la camorra napolitaine.

Aucun de ces jeunes n’est un enfant de mafieux, pas un ne souffre de la faim. Leurs parents sont issus de la petite bourgeoisie et travaillent. Mais eux veulent tout, tout de suite. Quoi qu’il en coûte. Ils gagnent entre 100 et 150000 € par mois et leur projet de vie est simple : profiter et mourir. La mort ne constitue pas un risque mais un élément du métier.

Ces enfants prodiges ne respectent pas la déontologie classique de la criminalité car ils vivent le présent, ne préparent pas l’avenir, veulent le pouvoir tout de suite. Pour eux, vieillir est une honte. Ils considèrent que les survivants – ceux qui ont plus de 30 ans – ne valent rien. A part ça, ils jouent à des jeux d’enfants normaux – video, foot – sauf qu’ils détiennent et utilisent des armes et dealent de la drogue.

Car rien ne peut rivaliser avec ce trafic : avec une mise de fonds de 5000€ - facile à se procurer par braquage – l’investissement en cocaïne rapporte jusqu’à un million d’euros. Le désir de changer de vie, d’accéder au pouvoir est tellement fort que tous s’y précipitent, et pas seulement les enfants issus de milieux défavorisés. Et en prime, la mort permet d’acquérir la popularité ! Pour eux, ils y a les baiseurs et les baisés. Seul l'argent, quelle que soit la manière de se le procurer, apporte la dignité et rend désirable et non, comme autrefois, le travail ou l'identité.

Ce qui fournit un point de contact avec le djihadisme. De jeunes occidentaux habillent aujourd'hui leur propre vie avec le langage du djihad. Saviano est allé dans nos banlieues françaises où il a été accueilli avec le qualificatif d’ « Homère de la merde » » ! Pour les "piranhas", l’autorité est absente, elle vient seulement de temps à autre interférer dans leur business, ils ne se préoccupent ni de leurs parents ni de l’Etat mais seulement de leurs adversaires, les autres bandes qu'ils "neutralisent" sans états d'âme. Comme à Marseille, entre autres ...

Ce phénomène s’étend en Europe … c’est totalement terrifiant car aucune des solutions que les démocraties ont imaginées : accroissement de la pression policière, développement économique, créations d’emplois, multiples "plans banlieues" … ne pourront jamais être efficaces … tant que l’on ne s’attaquera pas frontalement aux cartels de la drogue qui fournissent la matière première et que l’on connaît et tolère.

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09 octobre 2018

Cake salé au parmesan, chèvre et tomates cerises

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Cette recette est réalisée plus facilement avec le Thermomix, mais elle peut être aussi réussie avec un mixer classique ...

J'indique les temps et vitesses de mélange entre parenthèses.

Commencer par préchauffer le four à 190° (Th : 6-7). Chemiser le moule à cake avec du papier sulfurisé et coller le long des parois avec une goutte d'huile.

Mélanger (30s., vitesse 4) 50g de parmesan en poudre, 3 oeufs, 1/2 cuillère à café de piment d'Espelette, 80g d'huile d'olive et un yaourt nature (125g.) 

Rajouter 190g de farine et un sachet de levure chimique et mélanger à nouveau (20s., vitesse 4).

Ajouter 120 à 150g de fromage de chèvre émietté à la main (ici, un Chavroux), saler légèrement et mélanger à nouveau (10s., vitesse 3, sens inverse),

Verser dans le moule à cake et enfoncer les tomates cerises dans la préparation.

Enfourner pour 45 minutes. Laisser refroidir 15 minutes avant de démouler sur grille.

Servir avec une salade verte, de préférence tiède. Ou pour un apéritif ...

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