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25 août 2019

Les Babous sont dans un bâteau

 

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Appolline et ses parents

Appolline sur la rivière

 

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C'est une des activités traditionnelles de ces vacances pour les enfants et leurs parents : la descente d'un tronçon de Dordogne en canoë. Un grand bain de nature, dans de bonnes conditions de sécurité. Et, en cette fin de mois d'août, sans trop de monde.

Cette année, Victoire, Timothée, Hugo et Apolline n'ont pas manqué le rendez-vous.

Leur parcours représente environ 7 kilomètres entre Carsac-Aillac et Vitrac, au pied du château de Montfort qui domine son cingle.

Après l'effort - pagayer, ça demande de l'énergie - le réconfort : le système d'accueil et de restauration est bien rodé et ensuite, une navette ramène les descendeurs à leur point de départ.

Bref, une journée sportive, fraîche, au fil de l'eau claire ... 

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24 août 2019

Pas de séjour en Lot-et-Garonne sans relecture de mes BD favorites

Bâton de Plutarque

A l'occasion des multiples films diffusés en ce moment autour du 75ème anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, on ressort des images inédites des cinémathèques militaires et des documents jusque-là couverts par le secret.

C'est une mine de documents qui nous font comprendre combien, malgré les poussées de fièvre relativement localisées, notre monde pourtant si dangereux, n'est pas encore au bord d'un conflit majeur ...qui serait bien trop néfaste aux économies mondiales ! Combien aussi les conflits font progresser les technologies ...

Ce qui est passionnant, c'est de découvrir l'état des recherches militaires menées dans les derniers mois de la guerre et qui ont débouché sur des armes de destruction massive : l'arme nucléaire, bien entendu, mais aussi les progrès de l'aviation à réaction, comme cet étrange prototype d'aile volante qui apparaît dans l'oeuvre d'Edgar P. Jacobs (1904 - 1987) : les aventures de Blake et Mortimer. J'ai récemment appris qu'un modèle de ce type avait été conçu par un ingénieur français ...

J'avoue que la préscience d'un troisième conflit ouvert entre les puissances occidentales, très affaiblies à la suite de la guerre de 39-45, et un empire asiatique fantasmé - l'artiste nomme le Tibet mais chacun aura reconnu la Chine - me fascine. Jacobs n'avait pas vécu assez pour voir la fin de la Guerre Froide ...

Je viens de relire "Le bâton de Plutarque", un scénario conçu par les dignes successeurs de Jacobs - Yves Sente et André Juillard -  paru en 2014. L'épisode se situe quelques jours avant le déclenchement du débarquement en Normandie. L'objectif des Alliés est de leurrer les Allemands et les Italiens en leur faisant croire à une concentration de sous-marins en Méditerranée. C'est donc une guerre de renseignements, de recueil et de décryptage de données, d'espionnage et de contre-espionnage. Les puissances de l'Axe, elles, veulent bombarder le Parlement de Londres pour décourager les populations - l'idée vient sans doute de l'attentat du 11 septembre. Bref, le scénario est très bien ficelé.

En tant que "préquelle", l'épisode permet de voir apparaître pour la première fois le personnage central, ennemi numéro 1 des deux héros : l'insubmersible "colonel" Olrik. On y apprend aussi comment Francis Blake, pilote émérite, est versé dans les services secrets et sur quel dossier ultra-sensible - celui de l'Espadon - travaille de physicien Philip Mortimer. 

Je recommande donc ce premier opus pour commencer la série complète, en poursuivant l'aventure avec les trois épisodes suivants "Le Secret de l'Espadon". 

Et puis, en tant que passionnée d'histoire, je ne peux m'empêcher de songer en ce jour aux massacres de la Saint Barthélémy ...

 

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23 août 2019

Une tarte multifruits

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Ce sont les fruits de la saison : abricots, prunes et pêches plates. 

Il faut enlever les noyaux et les couper en deux ou en quatre.

J'utilise un fond de tarte en pâte feuillettée, en privilégiant les rares marques qui utilisent du beurre et non de l'huile de palme. Je préfère utiliser un moule en porcelaine - pas de surprise au démoulage et on peut couper sans crainte de rayer - et j'enlève la feuille de papier sulfurisé.

Une fois le fond de tarte posé dans la tourtière et piqué à la fourchette pour éviter les gonflements intempestifs, je pose les fruits la partie bombée sur le dessus.

Le four est préchauffé à 180°. Juste avant d'enfourner, verser sur les fruits l'appareil : 15cl de crème fleurette, une cuillerée à soupe de Maïzena, un oeuf et du sucre - selon le goût - plus deux sachets de sucre vanillé. Bien mélanger pour éviter les grumeaux.

Laisser au four environ 50 minutes.

Saupoudrer d'amandes effilées et de sucre glace. Ici, j'ai réservé une portion sans amande car ma petite-fille Apolline ne les aime pas !

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22 août 2019

Une visite impromptue ...


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Se prendre les pieds dans le tapis ... C'est littéralement ce qui m'est arrivé mardi soir, vers 22 heures.

J'ai trébuché et me suis étalée de tout mon long sur le sol ... sauf qu'entre ce sol et ma tête se dressait un pilier de bois, bien dur, bien carré, bien vertical.

Sonnée, le front éclaté sur une hauteur de 7 cm, une plaie bien profonde, des contusions aux deux genoux, des courbatures partout. Je vous épargne mon nouveau visage ...

Bien entendu, j'ai refusé d'aller illico aux urgences et j'ai attendu le matin pour consulter un médecin à Fumel. Devant l'étendue des dégâts, il n'a pas souhaité intervenir et m'a donné un mot d'introduction pour le Pôle de Santé du Villeneuvois, le superbe établissement hospitalier qui se trouve à une demi-heure de Fumel.

Moderne, vaste, doté d'un personnel jeune et certainement très compétent. C'est une chance pour la région ... Un superbe outil qui a connu en 2018 des turbulences : départs de médecins, baisse d'activité sensible et acrobaties budgétaires pour parvenir à financer les salaires. J'espère que l'année 2019 sera celle du retour à l'équilibre.

Ce mercredi matin, il n'y avait pas foule aux urgences, déclarées en grève comme bon nombre d'équipes de secours actuellement. J'y fus cependant parfaitement reçue et gentiment prise en charge, ma plaie recollée - on ne fait plus de points - et j'ai passé un scanner.

Mauvaise élève jusqu'au bout, je suis partie comme une voleuse avant d'en avoir les résultats et de me faire revacciner contre le tétanos. 

Je suis la seule à ne pas me faire peur, sauf dans un miroir ... L'hématome s'étale et change de couleurs. J'ai un superbe maquillage violet pour l'instant. Ma seule issue est de prendre, comme médication - mon mal en patience, ainsi que des anti-douleurs - mais paradoxalement, cela n'est pas très douloureux - et des poches de glace sur le genou.

Tout ça est totalement de ma faute et je suis profondément désolée de cette "animation" apportée aux vacances de mes enfants. Il n'y a pas que les enfants qui se payent des gadins, mais Dieu merci, je n'ai rien de cassé. Sauf éventuellement le crâne, mais dans ce cas-là, on ne plâtre pas !

 

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21 août 2019

La Révolution anglaise, par Bernard Cottret

 

Oliver Cromwell

Revolution anglaise

Charles 1er

J’avoue ma profonde ignorance de l’histoire des îles britanniques, n’ayant pas étudié dans ma jeunesse la langue de Shakespeare.

Ce livre m’a opportunément ouvert les yeux. Non seulement sur le processus d’union des trois composantes – Ecosse, Irlande et Angleterre – qui sont trois royaumes distincts avec leur propre parlement mais sous un roi unique : Jacques Stuart, puis son successeur Charles 1er en ce début du 17ème siècle, mais surtout sur les querelles religieuses qui suivent la Réforme initiée par Henri VIII.

L’ouvrage est celui d’un universitaire, naturellement foisonnant – peut être un peu trop – en citations. Son sous-titre : « une rébellion britannique, 1603 – 1660 » déroule les événements tragiques de cette période de troubles, essentiellement religieux puis devenus politiques, qui vit le soulèvement du Parlement contre la volonté de gouverner de façon absolue d’un roi autoritaire et maladroit, qui prétend régner sans le parlement tout en lui demandant de lever des impôts, se heurtant en particulier à la chambre des communes.

La zizanie s’introduit en Angleterre à la suite de la révolte des protestants écossais, adeptes du Convenant, puis de l’insurrection des catholiques d’Irlande. La haine est aussi forte contre les papistes que contre les puritains. Convenanters et papistes brisent le fragile équilibre des îles britanniques en 1641. On suspecte le roi, qui a épousé Henriette-Marie, la fille d’Henri IV et sœur de Louis XIII, de favoriser les catholiques. On accuse le roi d’envenimer la situation. La « Grande Remontrance » dénonce l’accroissement du papisme, principal responsable du conflit avec l’Ecosse et l’Irlande.

Le Parlement revendique le contrôle de la haute fonction publique, la répression contre les prêtres catholiques, la réformation de l’église anglicane, la nomination des commandants militaires. Désormais, les partisans du parlement sont les « Têtes rondes », opposés aux « Cavaliers », royalistes. D’affrontements théologiques devenant politiques, le parlement se dote d’une véritable armée de citoyens, commandée par Oliver Cromwell, vaillant militaire qui va faire triompher partout la cause parlementaire et réunifier les trois royaumes.

Fait prisonnier par les Ecossais, Charles 1er est livré aux Anglais. Jugé, il est décapité le 30 janvier 1649. La Grande Bretagne va connaître un interrègne pendant lequel Oliver Cromwell exerce une dictature de fait mais refuse de se faire élire roi. Il ne dirige cependant qu’avec une seule chambre (le Rump Parliament), purgée des éléments qui pourraient lui être hostile. Cromwell, Lord Protecteur de la République, s’appuie sur l’armée. Le pays est pendant quelques mois quasiment placé sous le régime de la loi martiale. On comprend ainsi pourquoi, en temps de paix comme en temps de guerre, l’idée d’une armée permanente est insupportable aux Anglais …

La République de Cromwell cessera après les quelques mois de règne de son fils et successeur Richard, totalement incapable, coincé entre parlement et armée. Charles II sera rétabli dans ses droits quelques mois après la mort d’Oliver Cromwell. Sa restauration accoucha d'une société divisée su le plan religieux. L'Eglise d'Angleterre ne parvînt pas à accueillir en son sein tous ses fils dispersés.

Une révolution, c’est littéralement un retour au point de départ. Une période de violences, de controverses théologiques, d’agitation politique sur les thèmes de la légitimité du pouvoir et de l’intolérance religieuse qui n’a rien à envier à nos propres guerres de religions, sans oublier le contexte géopolitique de l’époque où trois grandes puissances s’affrontent – L’Espagne, la France et l’Angleterre – sur terre – c’est la terrible guerre de Trente ans – et dans les colonies.

Après cette lecture, je comprends nettement mieux, entre autres, les sentiments hyper religieux des Américains descendants des puritains, et les atermoiements britanniques autour du Brexit.

 

La Révolution anglaise (1603 – 1660), Une rébellion britannique, par Bernard Cottret, publié chez Perrin dans la collection tempus, 735 p, dont de nombreuses annexes – 12€

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20 août 2019

A nouveau, ma maison pleine de monde !

 

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Ils viennent, ils partent, ils reviennent ...

En réalité, ce sont des moments rares car à Paris, les parents comme les enfants sont très occupés et nous ne les voyons pas si souvent.

Alors, ces instants-là, nous en profitons au maximum.

 

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Le temps est un peu plus frais, mais cela ne semble pas gêner ces enfants sportifs. Deux garçons et une fille, les uns et les autres dans des univers différents. Mais le temps du casse-croute de l'après-midi est sacré.  Et en vue de l'apéritif, les garçons récoltent les feuilles de menthe pour confectionner des mojitos sans alcool.

Et moi, je me délecte de ces petites personnes en devenir, avec déjà un caractère bien affirmé, les unes comme les autres.

Encore une petite dizaine de jours à en profiter ... 

 

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19 août 2019

Grizou a retrouvé sa famille ...

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Dernière ligne droite pour les vacances des Babous ...

Apolline se souciait beaucoup de la santé de son petit compagnon, elle m'a téléphoné pour prendre de ses nouvelles ... et elle est à présent rassurée.

Objectivement, je crois que l'animal a apprécié de retrouver ses petits maîtres. Mais il ne dit mot. Et nous profitons aussi de cette dernière semaine avec eux ...

C'est un chat exceptionnel !

Même les personnes les plus allergiques aux poils de chats - et elles osnt légion dans notre famille - ne sont pas incommodées par sa présence.

Adepte des séances de brossage, il apprécie particulièrement la couleur rouge, et les décors basques de la maison Jean Vier !

C'est vraiment un anti-stress, un chat !

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18 août 2019

Kaiser Karl, biographie par Raphaëlle Bacqué

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Kaiser Karl

Encore un livre qui se lit en une journée, plutôt un document, une enquête approfondie, bien écrite, comme celle qu’a coutume de livrer Raphaëlle Bacqué, toujours aussi fascinée par ces hommes exceptionnels. Comme cette récente biographie de Richard Descoings, le réformateur de Sciences Po, qui hantait lui aussi les soirées folles au cœur du Paris de la génération de la libération sexuelle, de la drogue et du sida.

Karl Lagerfeld, c’est l’itinéraire d’un enfant gâté, qui a passé son enfance hambourgeoise sans rien voir de la guerre, fils d’un industriel dont il veut ignorer la trajectoire, arrivé à Paris nanti de solides rentes, suprêmement cultivé, travailleur acharné, créateur compulsif ayant un sens inné du marketing, inventeur de sa propre légende … Ou plutôt de ses successives légendes. Il fait tout pour gommer son origine « boche » … sauf son accent, qu’il cultive et même accentue avec l’âge.

Il est homosexuel et se plaît en compagnie de beaux hommes. Mais il se définit lui-même comme « frigide ». Il entretient des liaisons, mais il ne couche pas, ne boit que du coca cola, ne se drogue pas. Il traversera donc la catastrophe du sida et vivra jusqu’à 85 ans, droit comme un I, ayant sur le tard maigri volontairement de dizaines de kilos pour pouvoir entrer dans les costumes étroits d'Hedi Slimane, et forgé sa silhouette intemporelle, reconnaissable dans le monde entier, immortelle.

Sa drogue, c’est le travail. Se renouveler sans cesse. « Je suis un calviniste, attiré par le superficiel. » Sa rivalité professionnelle avec Yves Saint Laurent – un temps son compère de virées nocturnes – le maintient longtemps dans un rôle secondaire jusqu’à la dégringolade physique et créatrice de ce dernier. C’est là que la carrière de Karl devient brillante, mondiale alors que les rênes de Chanel lui sont confiées par les frères Wertheimer. Chanel est cette maison sur le retour qu’il va refonder de façon éclatante. Mais il continue à travailler pour Fendi, Chloé, sa propre marque … Il n’arrête jamais.

Ses relations avec Saint-Laurent sont aussi bouleversées par l’amour de sa vie, le jeune aristocrate déjanté Jacques de Bascher (un diable avec une tête de Garbo) dont la mort va le terrasser. La vie de Karl Lagerfeld, c’est une plongée dans les années folles de l’après soixante huit : la drogue, les fêtes impensables, le Palace, la liberté sexuelle, la jet-set, le blingbling … et aussi la mutation du secteur de la Haute Couture, devenue le secteur florissant du luxe autour des deux magnats, Bernard Arnault et François Pinault. On y croise des figures emblématiques : Inès de la Fressange, Claudia Schiffer, Caroline de Monaco et Diane de Beauveau, Andy Warhol et Mick Jagger.

Toute une époque qui a laissé un goût de cendre chez bien des gens modestes écœurés de tels débordements, alors même que Karl Lagerfeld fut le premier à endosser un gilet jaune …

Un livre sérieusement documenté, qui fera pleurer les lectrices assidues de ELLE …

 

Kaiser Karl, biographie par Raphaëlle Bacqué, Chez Albin Michel, 248 p., 19,90€

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17 août 2019

Triomphe silencieux de la végétation

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L'été tire à sa fin ... plutôt de manière prématurée cette année ... Les petits matins sont devenus frisquets.

Les animaux sauvages commencent à nous faire sentir que nous sommes de trop ! Par exemple les oiseaux qui trustent le verger où les fruits sont en avance dans leur mâturation.

Les fruits murs tombent au sol avec un léger bruit mat, amorti par la hauteur de l'herbe. Ce sera un régal pour la harde de chevreuils qui niche derrière le buisson et que l'on entend réer.

Ce qui me désole, c'est l'envahissement progressif de l'espace par les geais. Ce sont de beaux oiseaux, certes, avec leurs ailes bordées de bleu, mais ils mettent en fuite toutes les autres espèces ailées et crient d'une manière rauque ...

La prairie n'a pas été tondue depuis un mois, la menthe sauvage envahit les abords. Elle embaume ...

Le matin, nous regardons les oiseaux se repaître des fruits à même les arbres, faisant frémir les feuilles.

Qu'importe ! Ce verger non traité leur est spécialement réservé. Et de ce fait, nous n'avons que très peu d'insectes mordeurs.

Vivement demain car nous attendons de nouveau les "parents" de Grizou.

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16 août 2019

Lénine, l'inventeur du totalitarisme, biographie par Stéphane Courtois

 

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Ce livre m’a donné un sacré coup de poing ! J’avais déjà une une biographie du leader communiste – celle d’Hélène Carrère d’Encausse – mais je ne me souvenais pas de tant de sang et de massacres …

Au début, on pense que l’auteur se dédouane – ou se venge – d’avoir cédé dans sa jeunesse soixante-huitarde à la tentation de l’extrême gauche jusqu’en 1971. Mais il s’agit ici d’un ouvrage d’historien, spécialiste reconnu – même s'il fut controversé lors de la parution en 1997 du fameux « Livre Noir du Communisme » - un travail particulièrement documenté. Car le livre est truffé de citations et de références éclairantes, recueillies au cours de plusieurs séjours dans les archives des partis soviétique et européens (toutes centralisées à Moscou !) entre 1992 et 1994.

Stéphane Courtois commence par un tableau apocalyptique de la Russie prérévolutionnaire : les oppositions farouches entre slavisants et occidentalistes, anarchistes et marxistes, ultraconservateurs, réformateurs libéraux, révolutionnaires, démocrates favorables à une république constitutionnelle, socialistes réformistes, anarchistes et communistes. Avec toute une intelligentsia mal nourrie au lait universitaire permis par les réformes libérales du tsar Alexandre II. Un pays immense en plein démarrage industriel, une classe ouvrière embryonnaire, un antagonisme grave entre paysannerie et directives venues des villes.

Dès 1878, une vague d’attentats terroristes secoue le pays, avec l’objectif de faire tomber le gouvernement, de tuer le tsar, qui sera atteint en 1881 avec l’attentat-suicide contre Alexandre II.

Vladimir Illitch Oulianov est né en 1870 dans une famille d’intellectuels aisée. Son père, fonctionnaire, a été anobli par le tsar. Il connaît une enfance dorée dans le respect de la religion et du régime tsariste. Mais son adolescence va subir un double traumatisme : la mort prématurée de son père et la pendaison de son frère aîné condamné pour activisme. Pour Vladimir, à travers la lecture des livres de son frère, la violence est justifiée par la cruauté généralisée de la société. Tout au long de sa vie, il considèrera que la grandeur de la fin justifie l’horreur des moyens.

Deux traits sautent aux yeux : d’abord, l’étendue des querelles byzantines entre les différentes écoles de pensées révolutionnaires et les interprétations de la philosophie marxiste. Vladimir – qui prend bientôt le pseudo de Lénine – est influencé – entre autres - par Plékhanov, Netchaïev, Bernstein, Kautsky qui tordent allégrement les réalités pour étayer leurs théories. Lénine, lui, est le roi de l’interprétation des statistiques … Ensuite, la référence permanente à la Révolution française : Robespierre, les Jacobins, les Girondins, la Terreur, les Vendéens …

Lénine prône la primauté d’un parti ultracentralisé contre l’autonomie des cercles révolutionnaires. Il impose aux ouvriers l’idéologie des intellectuels révolutionnaires, asservit la théorie marxiste à sa volonté de toute puissance. La lutte des classes dont ainsi être étendue à la dictature du prolétariat. Il réalise la destruction par le bas de l’ordre ancien en livrant le pouvoir aux instances locales qui anéantissent tout sur leur passage, y compris les bases d’une société démocratique.

Maître absolu du Parti-Etat, il fonde le modèle du totalitarisme qui sera adopté plus tard par le nazisme, avec le monopole de la disposition des moyens de production et de distribution des biens matériels, jouant à plein le chantage à la famine qui causera des millions de morts, la déportation en interne, la création des camps de concentration pour ceux qui ne sont pas d’accord, les purges, les meurtres de masse des opposants et des intellectuels.

Ce livre donne les clés pour comprendre aussi l’immense imposture que fut le communisme au XXème siècle, et en particulier démystifie la fiction diffusée en 1956 par le Rapport Khroutchtchev qui accable Staline pour mieux préserver le fondateur embaumé sous les murs du Kremlin. Car sans Lénine, il n'y aurait pas eu Staline qui n'en fut que le "génial" continuateur.

Stupéfiant, éclairant !

 

Lénine, l’inventeur du totalitarisme, biographie par Stephane Courtois, édité chez Perrin, 499 p. 25€

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