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23 janvier 2022

Le prix de la vengeance, 6 nouvelles de Don Winslow

Winslow

J’ai acheté ce livre « en plus » lors de ma dernière virée dans ma librairie préférée, sur la foi du nom de l’auteur que j’ai lu avec délices cet été … et puis j’ai découvert qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles, un genre que je n’affectionne pas. Trop frustrant …

Eh bien j’avais grand tort, et je mange volontiers mon chapeau.

Six courtes histoires fort bien construites, avec des points communs. Ceux que j’ai appréciés dans les deux précédents ouvrages de Don Winslow lus cet été : l’omniprésent trafic de drogues de toutes sortes et ses dommages collatéraux, les cartels, la frontière, des poursuites, le surf, la castagne.

Des personnages attachants, et je découvre que certains font l’objet d’autres séries de l’auteur. A creuser …

Six histoires haletantes, où l’on rencontre d'une à l'autre des héros déjà connus : le sympathique flic Lou, des anciens des forces spéciales plus ou moins bien reconvertis, le jeu du chat et de la souris avec un braqueur de bijoux très bien informé …

Et comme décor, la Californie : de San Diego jusqu’à Big Sur (un grand souvenir pour moi !), le sud du Texas et le passage vers ou surtout en provenance du Mexique, les migrants parqués dans des camps, pour la dernière histoire.

Et surtout, beaucoup d’humour. Avec pour leitmotiv : chacun peut avoir plusieurs vies, ne pas se fier aux apparences. En tous cas, excellentes scènes de poursuite et de bagarres. Comme dans mes séries américaines préférées.

Du coup, je vais me procurer les nouvelles de Mickael Connelly que j’ai dédaignées jusqu’à maintenant !

 

Le prix de la vengeance, six novellas, de Don Winslow, traduit de l’anglais par Isabelle Maillet, édité chez harper Collins poche. 492 p., 8,10€

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22 janvier 2022

Fricassée de poulet aux épices

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Encore une manière de cuisiner les filets de poulet sans leur peau.

Tailler un bel oignon en rondelles et deux gousses d'ail, couper les filets de poulet en gros dés.

Mettre la matière grasse (huile d'olive plus beurre) dans le fond de la cocotte en fonte, saupoudrer de curry fort, de poudre de curcuma (1 cuillerée à café) et de feuilles de coriandre deshydratées. Bien faire rissoler les oignons avec les épices.

Ajouter les dés de poulet, les saisir sur toutes leurs faces.

Saler et mouiller avec un verre de vin blanc et un peu d'eau. Ajouter des noix de cajou.

Vérifier l'assaisonnement. Couvrir et laisser compoter à petit gaz pendant 20 minutes.

Ajouter enfin une belle rasade de crème fraîche entière liquide. Laisser revenir l'ébullition.

Accompagner de riz basmati cuit à la créole.

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21 janvier 2022

La Presse change de paradigme

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Autrefois lectrice occasionnelle de la Presse – sauf les journaux régionaux – je n’achète plus qu’un seul quotidien – le numéro du samedi du Figaro (sans ses annexes, trop à droite à mon goût), uniquement pour la grande page de mots fléchés (j'en lis la pages saumon, quand même !).

Depuis l’invasion de l'information par les réseaux sociaux et des télévisions d’info continue, je comprends très bien la crise sévère que vit ce secteur (dépenser plus de 3€ chaque jour me stupéfie), la gratuité ayant submergé l’espace disponible. Car chacun se voit désormais journaliste et photographe – moi y compris.

Cependant, nous avons un besoin vital d’un accès libre à une information non seulement fiable mais la plus objective possible (elle ne l'est jamais tout à fait), de croiser les sources, pour aider à comprendre et à se construire une opinion éclairée. Loin d’une certaine presse qui joue plus sur la satire à tout bout de champ, le divertissement, la tyrannie de l'anecdote, ou carrément le sordide des fausses nouvelles.

Pour contrer cette tendance qui désespère et décrédibilise le métier de journaliste que je respecte absolument, de nouvelles formules éditoriales ont fleuri depuis quelques mois. De belles signatures ont créé des publications originales, indépendantes, dans de nouveaux formats, dotées de maquettes sortant du déjà vu, recelant des articles courts et nerveux, qui prêtent à la réflexion.

 

Legende-numero-1-Zinedine-Zidane

Le premier journaliste à innover dans le genre, et qui continue allègrement dans la voie de l’innovation, est Eric Fottorino (né en 1960), journaliste à l’origine spécialiste des matières premières et du cyclisme (sa passion), directeur du Monde en 2008/2010.

Son premier concept jeté comme un pavé dans la mare : il est cofondateur de l’hebdomadaire Le 1. Une seule grande feuille pliée en 4, un grand thème à la fois, aucune publicité.

 

E Fottorino

Plus tard, l’édition de Zadig, trimestriel de 200 pages, où chaque numéro est consacré à un aspect de la France «Toutes les Frances racontent la France», vendu 19€.

Depuis 2020, « Légende » est un trimestriel de très grand format (40x27) comportant 70% de photos souvent inédites et 30% de textes, vendu 20€, soit le prix d’un livre de grand format.

Chaque numéro est consacré à une personnalité qui a marqué son temps. Après Zinedine Zidane, Brigitte Bardot, Angela Davis, Coluche, la Reine d’Angleterre et Georges Brassens, le numéro 7 est consacré à De Gaulle, l'archétype d’une légende.

Naturellement, ce sont des numéros à conserver, des "collectors". Dans cette dernière livraison, des clichés jamais vus, des « visions » du grand homme depuis plusieurs angles, de belles signatures, beaucoup de documents concernant les révoltes étudiantes du printemps 1968 …

Toujours avec pour objectif affiché l’indépendance vis-à-vis des grands groupes de médias, ces journaux ne comportent aucune publicité.

C’est aussi ce cas du nouvel hebdomadaire « Franc-tireur » qui adopte lui aussi le format d’une page pliée en 4.

Un journal d’opinion, où l’on retrouve de belles signatures de professionnels éminemment respectables – conformes à mon positionnement personnel, en fait ! – comme Christophe Barbier, Caroline Fourest, Raphaël Enthoven, Philippe Aghion, Olivier Babeau, Rachel Khan, Jean-Claude Mailly … des piliers de C à vous, l’émission de la 5 que je ne rate jamais.

Reprenant crânement le titre du journal clandestin de la Résistance disparu depuis 1957, la publication se présente comme un manifeste hebdomadaire pour combattre l’obscurantisme et tous les extrêmes par la rationalité - il y a du travail en ces temps du tout n'importe quoi - avec pour cible prioritaire la majorité silencieuse.

Ici aussi, pas de publicité, seuls les abonnements et la vente en kiosque garantissent l’équilibre de la formule. Les tirages actuels semblent répondre à cet objectif. Car l’information a un prix (ici, 2€ par semaine, cela vaut le coup de s’abonner pour le recevoir chez soi !).

Loin de l’info spectacle (ce qui ne m’interdit pas de regarder les magazines « people » pendant les vacances) et des magazines sur papier glacé qui ne sont que des supports de publicité pour marques de luxe, fuyant les infos « téléguidées » par tel ou tel magnat qui veut influer sur l’opinion … je choisis mes journalistes préférés, et donne ma préférence au support papier - comme pour les livres.

A l’approche de la présidentielle, on va devoir être de plus en plus vigilants pour se forger une opinion personnelle et exercer notre pouvoir de citoyen en toute connaissance de cause !

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20 janvier 2022

Bon anniversaire Benjamin !

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Treize ans ! Déjà ...

Cette année qui vient de s'écouler a vu mon plus jeune petit-fils pousser comme une asperge. Il a bien grandi de 20 cm en quelques mois et me dépasse largement. Et il est loin d'avoir terminé sa croissance.

C'est stupéfiant.

Pas facile d'avoir déjà l'air d'un jeune homme quand on entre juste dans l'adolescence.

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Je lui trouve une ressemblance fantastique avec l'acteur de cinéma Raphaël Personnaz.

Encore un blond ténébreux aux yeux bleus, séducteur en herbe, Benjamin devrait prendre des cours de théâtre.

En tous cas, sa dernière semaine de 2021, il a visité New York avec ses parents. Des souvenirs inoubliables.

 

 

Excellent anniversaire Benjamin !

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19 janvier 2022

Gratin de coquillettes au jambon

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Pour les grises journées d'hiver, rien de plus roboratif que les nourritures régressives, celles qui nous rappellent notre enfance,  comme le bon vieux gratin de pâtes. Et en plus,  pour accentuer le caractère lié à l'enfance, on utilise des coquillettes ...

Mettre le four à préchauffer sur 180° (Th :6), la grille au milieu.

Préparer une béchamel légère avec autant de beurre que de farine et du lait froid. Ajouter une belle pincée de noix de muscade en poudre, saler légèrement, laisser fondre une petite poignée d'emmental râpé. Pour ma part, j'ajoute un filet de crème fraîche entière ...

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Cuire à l'eau bouillants salée les coquilletttes (environ 7 minutes après reprise de l'ébullition). Les égoutter sous un filet d'eau froide une fois cuites.

Beurrer un plat à gratin.

Déposer au fond la moitié des coquillettes. Recouvrir avec des allumettes de jambon cuit (une tranche par portion, dégraissée et coupée en fines lanières), une couche de béchamel, le reste des coquillettes et une dernière couche bien couvrante de béchamel.

Sur le dessus, saupoudrer de fromage râpé, d'un voile de chapelure fine, de quelques éclats de beurre.

Glisser au four pour 30 minutes.

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18 janvier 2022

Krasnaïa, récit de Raphaël Enthoven

Krasnaïa

Faute d’avoir lu « La ferme des animaux » de G. Orwell, j’ai surtout le souvenir des délicieuses Fables de La Fontaine, et du premier livre de mon enfance : la bande dessinée de Calvo « Quand la Bête est déchainée » qui expliquait aux enfants de l'immédiat après-guerre le conflit mondial. Je pense aussi à "Maus" d'Art Spiegelmann ...

La transposition d’une situation contemporaine dans une Communauté d’animaux est donc un procédé littéraire et philosophique classique. Celui-ci est parfaitement réussi.

Krasnaïa est donc une dystopie, miroir de nos travers politiques actuels. Raphaël Enthoven y dénonce les dérives d’une société hyper démocratique, où les groupes innombrables d’écoles de pensée se gargarisent de mots, dans le déni général d’une violence parée de toutes les excuses de la couleur, du statut économique, etc …  Les libertés sont donc aussi menacées dans une société hyper démocratique que sous les régimes totalitaires car « la foule n’est pas moins tyrannique que le tyran dont elle conchie l’autorité. » On aura deviné une allusion aux Gilets jaunes …

 

Car la liberté est un risque, et le mauvais usage que l’on en fait n’est pas une raison de la restreindre. « Je ne peux pas interdire aux animaux qui le souhaitent de se soumettre » dit un sage.

 

Enthoven

Un récit aussi désopilant que complexe, où une première lecture se passe à tenter de décrypter les personnages sous les avatars animaux qui leur sont attribués, et une seconde plus approfondie, nécessaire pour en tirer la leçon politico-philosophique.

L’identité de certains des personnages croqués est transparente : Zozime l’Ancien en Mitterrand, Vladimir l’Animat (l'ex-Régent) est François Hollande qui a renoncé à se représenter, représenté sous les traits d'un cheval qualifié de « couille molle priapique », Mirko le loup est Emmanuel Macron, Dinia la taupe qui n’a pas le physique de ses ambitions : Zemmour, Lavka l’ourse est Marine Le Pen, Avtoran Sarkozy, Bagato, l’ânon qui ne peut grandir Jean-Luc Mélenchon, Douraka l’hirondelle albinos qui vit son albinisme comme un destin de victime permanente et prône les réunions racialisées Rokaya Diallo.

Quant aux douces hermines, jadis décimées pour leur fourrure, elles nourrissent une herminophobie persistante, largement partagée par les animalistes (carnivores de droite) et sans doute aussi quelques herbivores qui leur reprochent leur talent et leur patrimoine. Cependant, sans doute afin de brouiller les pistes, l’auteur concède que ses personnages lui ont parfois échappé au risque (certainement calculé) de rendre certaines attributions hasardeuses.

L’essentiel est donc, sous l’humour massacrant et la satire non déguisée de nos mœurs et divisions politiques actuelles, d’écouter le message. La sagesse émane du discours du discuteur en chef, Metchat le pédagogue, un Maine Coon géant, aussi puissant qu’un Lynx (comme Avtoran), chargé d’assumer les disputes entre citoyens de Krasnaïa, organiser les oppositions (animer le Débat Public ?) et faire naître le doute entre fractions persuadées toutes de détenir la vérité. Hélas, croire qu’on apaise la colère en y cédant à moitié est une illusion renouvelable dont bien des gouvernants accommodants – dont Mirko – ont eu à se repentir. Il en fera les frais.

 

Calvo

C’est une lecture très divertissante, avec des portraits terriblement vachards – et d’autres fort indulgents. Je laisse le soin aux lecteurs – ne pas oublier une feuille pour prendre des notes – de deviner en quels animaux sont croqués Ségolène Royal, Anne Sinclair, Marlène Sciappa, Bernard-Henri Lévy, François Fillon, Didier Raoult, Christiane Taubira, Chirac, entre autres. Pour ma part, j’ai échoué à démasquer la patronne des dogues (flics), Iréna la renarde, Kératine le ragondin et Gavariat. Il me faudra bien une seconde lecture … comme au Parlement.

 

Krasnaïa, récit de Raphaël Enthoven, aux éditions de l’Observatoire, 424 p., 21€

 

 

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17 janvier 2022

Le cadavre du Palais-Royal, polar historique de Laurent Joffrin

Joffrin

A la différence des lecteurs fidèles de Jean-François Parot, disparu en 2018, le créateur du personnage de Nicolas Le Floch, je n’ai lu aucun des livres de la série.

Mais j’ai bien aimé l’adaptation télévisuelle qui en a été tirée avec dans le rôle-titre Jérôme Robartz et ses acolytes Mathias Mlekuz, François Caron …

Et puis j’apprécie la reprise de personnages célèbres pour en continuer les aventures (en BD avec Blake et Mortimer, ou pour des auteurs comme Maurice Leblanc avec Omar Sy en Arsène Lupin).

J’ai donc abordé cette 15ème aventure du commissaire au Châtelet sans idée préconçue, et sans la déception de certains lecteurs assidus des 14 épisodes précédents. Et je salue le courage du journaliste Laurent Joffrin de s’être dévoué à la tâche.

Ainsi donc, Nicolas Le Floch aborde la cinquantaine et reprend du service pour la sécurité de Louis XVI, quelques semaines après l’émeute de la Bastille, dans un Paris en ébullition du fait de la hausse du prix du pain (aujourd'hui cela pourrait être celle des carburants ...) et des difficultés d’approvisionnement.

 

série TV

Reconnu et légitimé par son père biologique, il est devenu le marquis de Ranreuil, hobereau bien calme dans son château de Guérande, jouant ainsi sur plusieurs tableaux – la police, ses entrées à la Cour … et les jolies femmes.

Le voilà chargé d’une enquête sur un assassinat et la séquestration d’une belle princesse négociatrice d’un compromis entre le Roi et l’Assemblée. Laurent Joffrin déroule ici une démonstration efficace des différentes manières de noyauter et manipuler la violence des foules en colère, pour instrumentaliser les rancœurs d'un peuple mal informé en vue de la captation du pouvoir. En homme de gauche – journaliste au Nouvel Observateur et à Libération - il doit avoir étudié le sujet …

Je constate que la période de la Révolution française attire de plus en plus d’écrivains à succès. Les romans policiers historiques ont la cote, et c’est aussi une manière très plaisante de réviser nos vieilles notions d’histoire. Même si cette nouvelle enquête du commissaire-marquis est bien tournée, je n’ai cependant pas été conquise par le style. Et je trouve son titre très banal.

Je resterai donc fidèle au parcours de Vincent Dauterive, le jeune gendarme de Jean-Christophe Portes, ou les investigations messines d’Augustin Duroch par Anne Villemin-Sicherman, avec moins d’enthousiasme pour le journaliste d’investigation roux brossé par Henri Loewenbruck. A moins de se tourner directement vers l'histoire avec Emmanuel de Waresquiel ... passionnant !

Ce qui serait drôle : faire se croiser dans un même livre ces quatre héros investigateurs qui virevoltent tous autour de mon quartier : le jardin du Luxembourg et ses souterrains accessibles par des trappes cachées sous les bosquets, l’état-major de Lafayette, l’hôtel de ville en place de Grève, la salle des Cordeliers, le Palais-Royal, les grands appartements de Versailles …

 

Le cadavre du Palais-Royal, roman historique de Laurent Joffrin d’après les personnages créés par Jean-François Parot, édité chez Buchet-Chastel, 296 p., 19€

 

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16 janvier 2022

Joyeux anniversaire à Jean-Baptiste

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24 ans !

C'est inouï pour moi ...

Je n'ai pas vu passer toutes ces années depuis que tu m'as faite grand-mère.

Ce mois de janvier commence fort pour les anniversaires de Jean-Baptiste aujourd'hui et de son petit frère Benjamin dans 4 jours.

Que dire de plus ?

Que nous sommes heureux de le savoir indépendant et travailler dur. Nous lui souhaitons pleine réussite dans sa carrière et ses amours.

Excellent anniversaire, Jean-Baptiste ...

et souviens-toi toujours que tu portes le prénom de ton arrière-grand-père.

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15 janvier 2022

La falsification de l'Histoire, essai de Laurent Joly

 

Joly

Un texte de rage froide, une façon de clouer le bec à une désinformation systématique, et surtout de faire comprendre les dessous d’une stratégie de conquête à des auditeurs crédules ou peu enclins à se pencher sur cette période dramatique de notre histoire, l’Etat français, le régime de Vichy.

Après tout, qui cela intéresse-t-il aujourd'hui de ressasser ce passé ? C’est si loin, et l'histoire de France ne se résume pas à ses périodes noires, même si elle a mis de si longues années à assumer ses erreurs.

Un texte court mais dense. Laurent Joly – il suffit de lire la liste des ouvrages qu’il a publiés depuis vingt ans sur la collaboration, le rôle de Vichy dans la déportation des Juifs, les lois d’exclusion prises dès l’automne 1940 - pour donner crédit à cet historien reconnu plutôt qu’à un essayiste superficiel et surtout manipulateur.

Laurent Joly (né en 1976, chercheur au CNRS) s’est donné la peine de relever toutes les assertions volontairement fausses ou au mieux ambiguës du polémiste à la mode, non seulement dans ses écrits à grand tirage mais surtout lors d’émissions de télévision de plus en plus complaisantes à son égard. Un travail de bénédictin mais qui cite toutes ses sources.

 

Laurent Joly

Effectivement, l’histoire de la Collaboration a connu un tournant en 1978 avec la parution du livre de Robert Paxton « La France de Vichy ». Mais il faut aussi souligner les travaux de Léon Poliakov, Joseph Billig, plongé des années durant dans les archives du Troisième Reich et du couple Klarsfeld.

Le polémiste – comme pour Woldemort, je ne prononcerai pas son nom – s’efforce de mettre à bas la thèse de Paxton en prétendant que Pétain aurait – en livrant les Juifs étrangers et apatrides au Reich, protégé des Juifs français.

Pourquoi cet étrange retour sur cette période noire de notre histoire ?

Car c’est le point de clivage majeur entre la droite « classique », républicaine, animée majoritairement par ce qui demeure du gaullisme, et l’extrême droite issue des vieux thèmes souverainistes de Boulanger, Charles Maurras, Maurice Barrès, Robert Aron, Alfred Fabre-Luce : une frange traditionaliste, antisémite autrefois (et parfois encore), aujourd’hui hostile aux « Arabes ». Pour qui, « c’était mieux avant".

Seule une réunification idéologique de toutes ces droites pourrait permettre à l’essayiste batteur d'estrades télévisuelles – à la manière d'un télévangéliste dans le style Trump – de conquérir le pouvoir – le nom donné à son parti politique est explicite - dans une France où les gauches se dévorent entre elles. C'est - juge-t-il - le moment, son moment. Il s’attache donc à effacer l’incommensurable fossé ouvert dès juin 1940 entre Pétain et De Gaulle. Le mythe de l'épée et du bouclier, la fable des deux cordes à un arc ...

Il est donc nécessaire de se replonger dans ces événements qui furent si tragiques, mais avec pour fil conducteur les références d’un historien reconnu. « Les mensonges anciens ne font pas des « vérités » nouvelles. L’ouvrage de Laurent Joly est un acte de salubrité publique à l’ère de la malhonnêteté intellectuelle triomphante » (dixit l’éditeur).

Je souhaite à cet opuscule un aussi grand tirage que pour Stéphane Essel et son "indignez-vous !

 

La falsification de l’Histoire, Eric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs, essai de Laurent Joly, édité chez Grasset, 136 p., 12€

14 janvier 2022

Portrait au couteau, thriller historique de Malika Ferdjoukh

portrait au oouteau

Je découvre ici une auteure (ou autrice ?) de livres destinés à la jeunesse …

Déjà connue à travers des séries de romans "Quatre soeurs" qui en réalité sont cinq, "Le Club de la pluie", publiées à l'Ecole des Loisirs (une référence pour moi !).

Voici un polar sanglant qui plaira aussi aux parents, précisément construit, bourré de références littéraires, musicales et cinématographiques (dont une partie m’échappe, en raison de mon grand âge).

J'ai apprécié l'originalité des personnages, garçons et filles bien campés, sympathiques et malins.

Un style fluide, une intrigue policière pleine d’humour, un cold case assorti d’une importante dose de fantastique qui plaira au jeune public …

 

Malika Ferdjoukh

L’enquête porte sur un meurtre abominable perpétré en 1910, celui d’une jeune danseuse de l'Opéra posant pour un peintre bourgeois à l'allure d'ogre mais qui paie largement, afin d’arrondir ses fins de mois.

La résolution de l'énigme court sur plusieurs époques et chacune m’intéresse : Paris au tournant du siècle, les postimpressionnistes, la vie des étudiants qui fréquentent les ateliers comme «La Grande Chaumière» ou l’«Académie Charpentier», l’évocation des peintres du début du XXème siècle à la silhouette parfois effrayante (Courbet ? Rodin ?). Les  lieux me parlent - le musée d'Orsay, la bibliothèque des littératures policières ...

Le roman se dévore d’un trait. La question qui me taraude : à laquelle de mes petites-filles vais-je le passer ?

Sans doute à la dernière, histoire de lui transmettre le virus de la lecture de polars !

Je suis curieuse de savoir ce qu'elle en pensera.

 

Portrait au couteau, thriller de Malika Ferdjoukh, édité chez Bayard, 235 p., 13,90€

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