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14 février 2016

La Closerie des Lilas

Trop près de chez nous pour que nous y prenions des habitudes, trop cher aussi ... En 37 ans de séjour dans notre quartier, c'était notre première fois !

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C'est sans doute la récente découverte des livres d'Ernest Hemingway qui a poussé Claude à retenir une table dans ce haut lieu des folles nuits de Montparnasse, le jour de la Saint Valentin.

L'établissement a été fondé en 1847. C'était une guinguette où venaient danser le quadrille les rapins de Montparnasse, comme au bal Bullier, juste en face. Proximité de la gare de Port-Royal aidant, aussi ... Peintres et écrivains s'y cotoient : Cézanne, Théophile Gautier, Edmond et Jules de Goncourt, Paul Fort, Verlaine, Apollinaire, Alfred Jarry, André Salmon, Maeterlinck, Maurice Barrès, André Gide, Charles Maurras, Jules Renard, Tristan Tzara, André Breton, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald, Arhur Miller y ont usé leurs pantalons et bu force alcools (cf. Paris est une fête ...)

Aujourd'hui, c'est un établissement tout ce qu'il y a de plus chic. Nous y avons croisé Manu Dibango en famille ...

Très joli décor de treillages rouge foncé, belle terrasse lumineuse et heureusement étanche par ce jour de pluie. Ambiance piano-bar archi-classique, personnel jeune, efficace, enjoué et très professionnel, clientèle plutôt âgée ...

Dans l'assiette, ne cherchez pas la grande émotion ou le sublime. Le chef fait dans le classique, à base de produits d'excellente qualité, avec le renfort de beaucoup de crème fraîche et fonds de sauces comme on l'apprend à l'école hôtelière. Je n'ai pas bien saisi, par exemple, le subtil de la royale d'écrevisse sur laquelle trône l'oeuf parfait.

Le "théâtre" du filet de boeuf "Hemingway" vaut le détour puisqu'il est terminé devant la table. Mais là, le Bourbon n'a pas flambé et le pavé de filet au poivre noir a un peu attendu : je l'avais demandé saignant, il fut "well done". L'assiette gourmande est abondante et variée, bien pour savourer à deux avec un mille-feuilles et un baba délicieux ...

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En tout, avec une bouteille de Menetou-Salon, il nous en a coûté tout de même 213 €. C'est un rapport qualité/prix qui ne se justifie pas tout à fait, sauf si on privilégie le cadre et l'ambiance, chères aux Américains qui doivent se réjouir de venir dans ce haut-lieu mais trouver que la chère est chère ! A noter : il y a aussi une carte de brasserie ...

Sans doute suis-je un peu sévère, car le déjeuner fut agréable. Mais j'aurais aimé être, en plus, étonnée par les mets. Je sais au moins que ma recette de filet de boeuf au poivre noir flambée au whisky s'intitule "Hemingway " !

 

La Closerie des Lilas, 171 boulevard du Montparnasse - 01 40 51 34 50

Posté par mpbernet à 15:42 - Miam-miam - Commentaires [2]
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Selfie de la Saint-Valentin ...

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Je salue tous les amoureux de la terre, ceux qui le sont toujours comme nous depuis 52 ans, ceux qui le seront bientôt, ceux qui espèrent le devenir ou le redevenir.

Si tout le monde était un petit peu fleur-bleue ... tout irait un peu mieux sur terre. Je rêve !

En tous cas, il n'y a pas d'âge pour tomber amoureux. Il ne faut jamais se décourager.

Aujourd'hui, mon amoureux m'emmène déjeuner au restaurant : ce sera à La Closerie des Lilas. Nous nous sommes mis sur notre 31. Florence, Claude a mis les boutons de manchettes et moi la broche que tu nous as offerts à Noël. Ces bijoux vintage de la boutique "Esprit Mademoiselle" nous vont particulièrement bien au teint !!!

Posté par mpbernet à 11:26 - Journal de bord - Commentaires [4]
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13 février 2016

MAGHREB des livres : une belle culture partagée !

 

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C'est la 22ème édition et elle se tient sous les ors somptueux de l'Hôtel de Ville ... Si vous n'avez jamais pénétré dans ce décor bluffant du XIXème siècle, courez-y : c'est la plus belle librairie éphémère de Paris !

Il y a un monde fou, c'est fantastique et magnifiquement encourageant ! Tous les âges, tous les milieux ... des hommes et beaucoup de femmes : l'écriture comme la lecture, c'est la liberté.

Tous ont une même recherche au coeur, celle de la connaissance mutuelle de l'histoire des pays des deux rives de la Méditerranée, des riches cultures du Maghreb.

Bien entendu, on peut venir y rencontrer les auteurs, se faire dédicacer un de leurs ouvrages, leur dire en face combien on les aime ... mais aussi simplement fouiner autour des grandes tables où sont présentés les livres.

Un néologisme me vient à l'esprit : "Livresse" d'une lectrice compulsive ...

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Cette année, la rencontre organisée par l'association "Coup de  soleil" met à l'honneur les lettres marocaines (Chouette,un clin d'oeil pour notre nouvelle Ministre de la Culture Audrey Azoulay ...). Mais tous les écrivains du nord de l'Afrique ou qui ont le Maghreb indéfectiblement au coeur sont là, qui se succèdent pour rencontrer leurs lecteurs. Sauf Hedi Kaddour, Driss Ksikes, Boualem Sansal et Benjamin Stora qui se sont fait excuser, mais leurs livres les représentent ...

Michèle Perret

Nous sommes passés juste un instant serrer la main de Michèle Perret, qui signe son dernier ouvrage (disponible maintenant sur Amazon), sur le stand de son éditrice "Chevre-feuille étoilée" (situé du côté de la librairie jeunesse, à droite du Café maure).

Le travail de l'écrivain ne se limite pas en effet à la rédaction. La diffusion aussi est un combat. Et moi, je tombe en admiration devant ces intellectuels qui viennent au contact de leurs lecteurs.

Chapeau les artistes !

 

 

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P1190208 (2)22ème Maghreb des livres, spécial Maroc, dans les superbes salons de l'Hôtel de Ville de Paris - entrée 3 rue Lobau - aujourd'hui et demain de 10h 30 à 18 h. entrée gratuite.

Posté par mpbernet à 17:02 - Actualité - Commentaires [0]
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Les innocentes, film d'Anne Fontaine

Mathilde et Maria

Un film sublime, aussi bien pour ceux qui croient au ciel que pour ceux qui n'y croient pas ...

Il y a ces femmes cloîtrées, une communauté de bénédictines, en cet hiver polonais de 1945. Elles sont soumises à la stricte discipline de leur ordre, et à la dureté de leur mère supérieure. Quelques mois auparavant, des soldats russes ont envahi le couvent et déchaîné leur violence. Elles y sont toutes passées : violées par trois fois, les jeunes novices comme les autres. Une dizaine sont enceintes. Au traumatisme du viol, elles vivent leur état comme un crime contre leurs voeux, un péché inexpiable envers leur attachement à Dieu dont elles sont les épouses divines. Elles vont pourtant accoucher à peu près dans le même temps ... Qui leur viendra en aide, tout en sauvegardant leur terrible secret ?

auscultation

Une jeune femme médecin, Mathilde, engagée dans la Croix-Rouge, agnostique, va les assister sans révéler quoi que ce soit, au péril de sa propre sécurité ... Certaines des nonnes se révoltent, dénient, d'autres gardent l'enfant et renoncent à leur engagement ... d'autres enfin ne supportent pas ces crimes, et pourtant, la plupart gardent la foi.

Un sujet difficile, traité avec pudeur, retenue, violence, sensibilité, émotion ... Des plans qui ressemblent à des tableaux du XVIIème siècle, des personnages attachants, des acteurs parfaits - Lou De Laâge, Vincent Macaigne (Samuel), Agata Buzek, Agata Zulesza : tout pour marquer les esprits et faire penser plus loin ... au viol considéré comme arme de guerre et de réprésailles et aussi comment aujourd'hui, d'autres femmes voilées et soumises à une autre forme de croyance ne tolèrent pas d'être examinées par un médecin ...

Une autre raison pour nous d'être émus : Jacqueline Briot, dont les souvenirs de guerre sont retracés ici, fut à 26 ans elle aussi infirmière en Allemagne occupée, en 1945, dans l'Armée du général de Lattre. Elle avait vécu tout ça, y compris l'assistance à de jeunes Allemandes violées par les vainqueurs, dont des hommes issus des troupes françaises.

Posté par mpbernet à 08:30 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0]
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12 février 2016

Valadon, Utrillo et Utter au musée de Montmartre

 

lancement du filet

 

Merci à Véronique D. de nous avoir signalé cette exposition qui vient d'être prolongée jusqu'au 13 mars !

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Le Musée de Montmartre a bien fait les choses : la présentation est fournie, bien expliquée par des cartels clairs et accessibles, les thèmes éclairants, la scénographie des ateliers de Suzanne Valadon et de son fils Maurice très vivante. Et puis, je l'avoue, j'ignorais tout du peintre André Utter qui formait avec la mère et son fils un "trio infernal" ... et qui vécut avec eux dans cette magnifique maison de la rue Cortot de 1912 à 1926.

Suzanne Valadon (1865 - 1938) est le ravissant modèle de Renoir dans "La danse à la ville" ... Et de maints autres géants de la peinture du XIXème siècle : Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes, Vincent Van Gogh, Henner... A force de fréquenter les peintres, elle devient elle aussi, sur les conseils d'Edgar Degas, l'artiste que l'on admire aujourd'hui, maîtrisant les portraits (superbe visage d'Erik Satie peint en1893), de sa famille ...), les natures mortes, les paysages, les nus, avec des couleurs intenses et dont les figures sont ourlées de sombre. Son fils Maurice (1883 - 1955) reconnu en 1891 par le peintre espagnol Miguel Utrillo, commence à peindre à partir de 1910, et vendra bientôt ses toiles plus cher que sa mère qui le surveille et le pousse à travailler malgré ses crises d'alcoolisme et ses fréquents séjours en institution psychiatrique. Sans cesse, il peint et grave des scènes des rues de Montmartre ...

J'avais encore en mémoire l'exposition de la Pinacothèque de Paris en 2009, mais qui ne parlait pas des peintures d'Utter ...

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P1190165Car la découverte, c'est bien celle d'André Utter (1886 - 1948). Ami de Maurice qu'il ramène chez sa mère un soir de beuverie en 1909, il se met en ménage puis épouse Suzanne Valadon en 1914.

C'est un jeune homme très beau (il a 20 ans de moins qu'elle mais elle est très belle), athlétique, fils du plombier de la rue Ramey et électricien. Il pose nu pour Suzanne Valadon pour "Adam et Eve", pour le triple portrait en grand format du "Lancement de filet" en 1914 où il figure de dos, de profil et de face ... Utter devient le manager de Maurice Utrillo et de Suzanne. Initié par sa femme, il se met lui aussi à peindre. Il ne manque pas de talent ...Mais le couple se déchire, divorce en 1924.

 

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L'idée de rassembler ces trois artistes caratéristiques de l'Ecole de Paris, où apparaissent les traces évidentes des influences respectives et de l'individualité de chacun, est superbe.

Il faut se hâter d'aller voir cette exposition avant lundi ...

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Au musée de Montmartre, 12, rue Cortot - Paris 18ème - jusqu'au 13 mars, touvert tous les jours à partir de 10 h. - 9,50€

Posté par mpbernet à 07:56 - Lu et vu pour vous - Commentaires [4]
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