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09 décembre 2018

Le théâtre juridique, essai de Jacques Krynen

 

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Je préviens tout de suite, cet ouvrage savant n’est pas vraiment rigolo.

J’ai eu bien du mal à m’y plonger car je ne suis pas juriste … et il fera certainement le miel des magistrats, notaires et avocats. Il devrait devenir le livre de chevet de nos députés.

Cette fresque passionnante retrace l’histoire des normes qui régissent les relations humaines et sociales aujourd’hui. Avec ses origines, ses influences et ses évolutions, ses dérives aussi.

Car si le droit oblige, tout autant il protège et, sans règles juridiques, il n’y a ni ordre, ni justice ni la paix dont nous avons tous tellement besoin en ces temps troublés.

Revenons aux sources !

L’auteur insiste sur la genèse du droit moderne et ses racines remontant à l’antiquité. Passionnante explication des systèmes politiques de l’Athènes de Périclès où la démocratie est fondée sur la loi qui n’a ni origine ni finalité religieuse. La loi n’est pas "révélée", elle est faite par les hommes qui en sont les seules sources. Elle est écrite et donc mise à la connaissance de tous.

A Rome, c’est la loi des XII Tables gravées dans le bronze et affichées sur le forum, elle se substitue au droit coutumier des ancêtres, favorisant les privilèges de l’aristocratie.

A l’inverse, à l’époque féodale, c’est le règne de l’oralité du droit coutumier infiniment variable selon le statut des personnes et dans l’espace. Une longue éclipse du droit commence.

La redécouverte de la loi comme norme écrite à portée générale intervient au XIIème siècle avec la redécouverte du code justinien et son idéal d’une société pacifiée par l’action législative plus solidement que par les armes.

Au XVIIIème siècle des Lumières, Nature et Raison deviennent les maîtres-mots. Les Droits de l’Homme proclamés le 26 août 1789 proclament la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression comme inscrits dans la nature humaine et qui préexistent à l’Etat et doivent lui rester supérieurs. Le droit naturel est plus puissant que le pouvoir suprême. La loi doit, selon Rousseau, être « l’expression de la volonté générale ».

Puis vient le temps de la codification et l’œuvre immense du Code civil de 1804, avec comme acteurs Tronchet, Bigot de Préameneu, Maleville et Portalis, sans oublier Napoléon lui-même. Le code, copié dans toute l’Europe, proscrit tout droit antérieur (coutume, droit romain, ordonnances royales).

La fièvre législative reprend avec la IIIème République laïque, libérale et sociale. C’est aussi le cas aujourd’hui avec l’inflation législative … De nouvelles pathologies affaiblissent le droit : hypertechnicité, illisibilité, faiblesse normative, inapplicabilité.

Et en plus, la loi n’est plus la norme souveraine puisqu’elle est soumise aux traités internationaux, à la réglementation européenne et bien entendu au contrôle de constitutionnalité. Une notion nouvelle : les PFRLR ou Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République introduits dans la Constitution de 1958 … sans compter le rôle très important de la jurisprudence, elle aussi créatrice de droit. On en apprend tous les jours …

Un ouvrage qui se veut fondamental pour tous les étudiants et praticiens du droit, qui explique les tendances actuelles du maquis juridique dans lequel la société et l’économie moderne évoluent. Difficile parfois à suivre, mais éclairant.

 

Le théâtre juridique, Une histoire de la construction du droit, essai de Jacques Krynen, publié chez Gallimard dans la bibliothèque des histoires, 377 p., 25€


08 décembre 2018

Un pull classique à bordures de côtes torsadées (10 ans)

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Non à la violence, oui au tricot !

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C'est ma petite contribution comme cadeau d'anniversaire d'Apolline ... et elle l'a adopté illico !

Un pull classique à encolure ronde en fil « Idéal » de Bergère de France, ici dans le coloris « Brouilly » pour ma petite Apolline.

Fournitures ; 6 pelotes et deux jeux d’aiguilles : 3 et 3,5 plus une aiguille auxiliaire pour les torsades.

Les côtes torsadées se développent sur une séquence de 18 mailles et 4 rangs.

Rang 1 : 3 m. endroit, 3 m. envers, 3 m. endroit, 2 m. envers, 5 m. endroit, 2 m. envers ;

Rang 2 et tous les rangs pairs ; tricoter les mailles comme elles viennent ;

Rang 3 : 3 m. endroit, 3 m. envers, 3 m. endroit, 2 m. envers, 5 m. croisées à gauche (glisser 2 m. sur une aiguille auxiliaire placée devant, tricoter les 3 m. suivantes puis les 2 m. de l’aiguille auxiliaire toutes à l'endroit, 2 m. envers).

Rang 4 : comme le rang 2.

Echantillon : pour 10 cm (aiguilles 3,5), repassé : 21 mailles et 26 rangs. 

Dos : monter 95 mailles et tricoter 14 rangs en côtes torsadées puis continuer droit avec les aiguilles n°3,5 sur 76 rangs de jersey (31/31 cm de hauteur totale)

Pour le raglan, rabattre de chaque côté 3 mailles. Diminuer ensuite à 2 mailles des bords *2 x 1 maille  tous les 2 rangs et 1 fois 1 m. tous les 4 rangs (tricoter 2 mailles ensemble à droite à 2 m. du bord et faire un surjet simple à gauche quand il ne reste plus que 4 m. sur l’aiguille)* 2 fois. Et ensuite, 1 maille de chaque côté tous les rangs impairs  jusqu’à ce qu’il ne reste plus que 39 mailles et rabattre en une fois.

Devant : même travail que pour le dos jusqu’au raglan (à 76 rangs de jersey et 31 cm de hauteur totale) qui s’arrête après la 18ème diminution. Dans le même temps, creuser l’encolure en rabattant les 17 m. centrales puis de chaque côté 2x 2 m., 1 x 1 m. et les mailles restantes de chaque côté.

Manches : monter 49 mailles et tricoter la bordure de 20 rangs en côtes torsadées avec les aiguilles fines en commençant par 2 m. envers pour centrer une torsade du milieu de manche. Prendre les aiguilles 3,5 et continuer en jersey sauf la torsade centrale encadrée par 2 m. envers. Continuer en augmentant de chaque côté 1 maille tous les 8 rangs, 10 fois. On obtient 69 mailles. Commencer les diminutions du raglan (plus nombreuses pour le dos que pour le devant). Côté encolure pour se raccorder avec le devant qui est plus court, rabattre de chaque côté : 7 m., 1 x 2 m, 1 m. et les mailles restantes (tout en continuant les diminutions du côté « dos »). Réaliser le haut de l'autre manche de façon symétrique.

Montage et col : Monter les coutures des bas de manches et des côtés et du raglan (sauf la dernière couture du dos). Avec une aiguille fine, relever 116 mailles le long de l’encolure et tricoter une bordure en côtes torsadées en centrant la torsade au milieu du devant. Tricoter un rang à l’endroit sur l’endroit ou à l’envers sur l’envers et rabattre les mailles comme elles viennent au 10ème rang. Terminer la couture du col en ligne avec celle du raglan dos laissée en attente. Faufiler dans les coutures les bouts de fils.

Dimensions du pull terminé : hauteur 51 cm, largeur 43 cm, hauteur du raglan 18 cm, longueur de manche 51 cm. A suivre : le bonnet assorti pour terminer les bouts de pelotes en beauté !!!

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07 décembre 2018

Bon anniversaire Apolline !

 

 

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Notre troisième petite-fille Apolline, la plus jeune de nos petits-enfants, est la dernière de l'année à célébrer son anniversaire.

Elle a aujourd'hui 9 ans et elle est en CM1, a un jugement très réfléchi, une vision très mâture du monde dans lequel elle vit.

C'est un plaisir de discuter avec elle. Elle respire la sérénité et fait montre d'un calme olympien. En ces temps troublés qui nous inquiètent tous, passer une journée avec elle est un vrai bonheur, un remède à toutes les angoisses.

Car hier, jour d'école, elle était un peu patraque et ses parents nous l'avaient confiée. Une occasion unique de pouvoir échanger avec cette petite fille résolue, inventive, pleine d'imagination.

L'après-midi a été consacré à la mise en place de la crèche avec l'examen de chaque figurine et l'explication des petits métiers d'un village provençal au XIXème siècle.

Quel bonheur d'être grands parents !

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06 décembre 2018

Assembler les emmanchures raglan

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Je lis souvent dans les forums, de la part de tricoteuses chevronnées, qu'il ne faut pas repasser les morceaux de l'ouvrage avant de les assembler ... et je ne suis par d'accord.

D'une part, un léger coup de fer à vapeur sur l'envers permet de régulariser les points, et surtout, lorsqu'il s'agit du point de jersey dont les bords roulent, cela devient indispensable. 

Il convient de noter aussi que le repassage élargit le tricot et donc qu'il convient de repasser également l'échantillon pour ajuster les calculs indispensables avant de choisir la bonne taille.

Naturellement, il faut attendre que les pièces soient totalement sèches avant de commencer le montage.

Et c'est particulièrement vrai pour l'assemblage d'un raglan.

Première règle : il faut que les diminutions soient identiques sur les deux pièces à assembler, réalisées selon le même rythme et avec le même nombre de rangs.

Généralement, je pratique ainsi : après 2 mailles endroit, je tricote 2 mailles ensemble à l'endroit en début de rang impair, et en fin de rang, lorsqu'il ne reste que 4 mailles sur l'aiguille, je fais un surjet simple (glisser la maille sans la tricoter puis tricoter la suivante et passer la maille glissée par dessus), enfin les 2 mailles restantes.

Ensuite, épingler soigneusement les deux parties endroit contre endroit en pinçant les "lèvres" de la couture entre le pouce et l'index. On commence par le début et la fin et on progresse vers le milieu pour éviter toute bulle.

Enfin, j'utilise un des brins laissé long à dessein en début ou en fin de travail et je commence la couture maille à maille en glissant l'aiguille alternativement dans la boucle extérieure de chaque maille d'un côté puis de l'autre, sans en omettre aucune (soit un demi V de chaque côté). On obtient ainsi à l'endroit une couture plate, régulière, quasiment invisible.

Pour un pull à encolure ronde, laisser la quatrième couture (dos) ouverte sur une grande partie de sa longueur afin de relever les mailles pour la bordure du col plus facilement ...

Bon, j'espère que Lord Raglan et le général Kitchener (inventeur de la technique du grafting) ne se retournent pas dans leur tombe en écoutant mes conseils !

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05 décembre 2018

Inch'Allah, l'islamisation à visage découvert, enquête spotlight en Seine-Saint-denis

 

Inch'Allah

Gérard Davet et Fabrice Lhomme, figures emblématiques du journalisme d’investigation depuis qu’ils ont provoqué la chute de François Hollande avec leur livre « Un Président ne devrait pas dire ça » ont supervisé cette enquête sur l’islamisation à visage découvert réalisée par cinq étudiants en journalisme en Seine-Saint-Denis.

Un département choisi pour ses 1,6 million d’habitants, le plus pauvre de France et qui compte le plus d’immigrés, dont une forte proportion de musulmans. L’enquête a duré huit mois, les reporters issus du CFJ (Centre de formation des journalistes), ont rassemblé près de 200 témoignages d’hommes et de femmes de tous horizons qui parlent sans langue de bois, et à visage découvert.

C’est édifiant. Mais certainement pas une surprise. Je constate qu’entre naïveté et angélisme des pouvoirs publics, laïcité exacerbée et totalement contre-productive et clientélisme municipal, nous avons collectivement tout faux. Car rigorisme religieux n’est pas obligatoirement synonyme de radicalisation violente.

Ce qu'il faut combattre, c'est l'endoctrinement des plus faibles, incapables d'exercer leur libre arbitre (les enfants, les filles ...). Nos institutions garantissent le libre choix de sa religion. Ce qui n’est pas tolérable, c’est la pression exercée sur des citoyens par un prosélytisme agressif assumé, qui pousse des agnostiques à se convertir pour avoir simplement la paix dans leur quartier.

Ce qui choque, c’est la faiblesse des élus, de quelque bord qu’il soient. A côté d’un lobbying électoraliste communautaire indifférent aux étiquettes politiques pour obtenir satisfaction (ouvrir une école privée, construire une mosquée, exiger des repas halal dans les cantines scolaires ou des espaces séparés pour les femmes dans les lieux publics, etc) … l’enquête décrypte les petites manœuvres et les grosses combines des élus pour s’attacher le vote des associations musulmanes comme la tolérance de municipalités, essentiellement de gauche, qui surfent sur un anti sionisme aux relents d’antisémitisme. On en vient à comprendre le rejet des structures politiques par une partie grandissante de la population et donc la mise en péril de la démocratie.

Ce qui inquiète, c’est le témoignage d’un flic des RG (renseignements généraux) sur les effets de la réforme Sarkozy de 2008 qui a fait exploser toutes les structures de terrain permettant de percevoir les « signaux faibles » et privant les responsables de toute possibilité d’anticipation. Toute ressemblance avec des événements actuels ….

Bref, un tableau bien sombre d’une situation qu’on a laissé pourrir, autour de la question du voile, de la mauvaise qualité de l’enseignement public, l’ethnicisation de réunions dans les universités pourtant fondées jadis selon les principes marxistes, freudiens et anticléricaux … les arrangements des entreprises avec une pratique religieuse envahissante … Une découverte cocasse : celle de la roqya, cette médecine alternative prophétique en plein essor, qui fait appel aux djinns, au mauvais œil …. Et enrichit des guérisseurs autoproclamés …

Ce qui surprend aussi, en ces temps de violences urbaines : le calme des quartiers dits sensibles … Evidemment, rien ne doit perturber le commerce local …. Mais on n’a encore pas tout vu ?

 

Inch’Allah, enquête sur l’islamisation à visage découvert coordonnée par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, édité chez Fayard, 292 p., 20€

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04 décembre 2018

Trois siècles de création Rinpa au musée Cernuschi


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Sekka paravent éventails

 Changeons-nous les idées avec la Culture !Sotatsu sente au lierre

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korin papier

Plongeons-nous à nouveau dans la culture japonaise à travers les trésors de l’école Rinpa, une des écoles d’art majeures du Japon.

Une occasion rare de voir ces chefs-d’œuvres classés Trésor National « Dieux du vent et du Tonnerre » de Tawaraya Sotatsu, habituellement conservés dans le temple Kennin-ji de Kyoto.

A travers trois siècles, la pureté de cette école frappe par la constance de ses formes épurées, les couleurs vives et des compositions d’une grande sensibilité.

En fait, une parfaite modernité. On tombe en arrêt devant de sublimes paravents où seule une ligne vient se poser sur les fonds de feuilles d’or et juste quelques tiges de lierre … ou ce paravent en diptyque où l’on voit à droite le mont Fuji par mer calme et à gauche, la mer déchaînée.

Des objets simples aussi : boîtes, plateaux en céramique juste décorés de fleurs bleues, papiers ornés de poèmes pour envelopper le thé …

Au XVIIème siècle collaborent Koetsu (1558 – 1637) et Sotatsu, qui s’inspirent de l’esthétique de la période Heian (794 – 1185). Le célèbre Korin (1658 -1716) et les frères Ogata sont également représentés. Au XXème siècle on retrouve la filiation avec cette école d'art avec Sekka (1866 – 1942) : j’aime particulièrement son paravent simplement décoré d’éventails ouverts …

 

Permanence, rigueur, tradition revisitée à travers le temps … avec cette initiative d’échanges culturels intenses cette année avec le Japon, j’apprends plein de choses, et je regrette moins d’être trop âgée – et fragile – pour réaliser mon rêve de toujours : un voyage au Japon !

 

Trésor de Kyoto : trois siècles de création Rinpa, exposition au musée Cernuschi jusqu’au 27 janvier – 7 avenue Velasquez Paris 8 ème. Fermé le lundi et, afin de faire tourner les collections qui ne supporteraient pas une mise en lumière trop longue, fermé du 11 au 14 décembre inclus. 9€

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03 décembre 2018

Esprit de Noël, déjà là ... quand même !

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Répondant à la suggestion de Brigitte (merci chère lectrice !), nous avions en tête de retourner au musée Cernuschi qui expose en ce moment de superbes peintures du XVIII au XXème siècle ... J'en reparlerai plus tard.

Empêchés de sortir samedi, nous y sommes venus dimanche.

Une longue déambulation entre le parc Monceau et les Grands Magasins nous a fait percevoir les stigmates laissés par les vandales du samedi ...

Que venaient-ils faire dans ce quartier majoritairement occupé par des bureaux, sinon casser et détruire ? En allemand, il est une expression intraduisible en français : die Schadenfreude* - la joie de détruire ... On a cette impression.

En fait, nous avons bien relevé quelques pare-brises de véhicules explosés, des chantiers éventrés, des scooters renversés, des vitrines attaquées à la boule de pétanque - la "bulle" restant comme enchassée dans le verre triplex est caractéristique - des résidus de feux de poubelles. Particulièrement visées : les banques - l'agence CIC du boulevard Haussmann - mais aussi une boutique de prêt-à-porter ... Va comprendre, Charles ...

Il y avait beaucoup de monde dans les rues, des badauds en famille pour photographier les dégâts, se donner le frisson à bon compte. Je me souviens des guides touristiques qui éclorent jadis au lendemain de la Semaine sanglante de 1871, quand le coeur de Paris était en flammes ... Paris sera toujours Paris.

 

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Ces émeutes feront sans doute le miel des vitriers et fabricants de rideaux métalliques renforcés, et de la paperasse pour les courtiers en assurances - et leurs tarifs vont encore augmenter.

Un peu plus loin, la foule s'agglutine devant les vitrines des Grands Magasins : les plus petits émerveillés par les nounours automates et, à l'intérieur, les étrangers massés en queues placides devant les corners de Chanel et Louis Vuitton et toutes ces marques de luxe pour la plupart françaises.

Sous la merveilleuse coupole du Printemps : le restaurant est plein. C'est ça, la France duale, elle ne date hélas pas d'hier ni même de dix-huit mois et il faudra beaucoup de temps pour en atténuer les effets révolutionnaires.

Restons optimistes tout de même. La France a traversé bien d'autres crises. Et dansons avec cette troupe débonnaire qui accueille avec entrain les clients des Grands Magasins, bien contents de récupérer une partie du chiffre d'affaires perdu samedi en étant ouverts désormais le dimanche, pour les foules venues d'Asie notammnent. Merci qui ?

* « joie malsaine », que l'on éprouve en observant le malheur d'autrui. Littéralement "joie du dommage infligé, plaisir de la destruction".

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02 décembre 2018

Suprèmes de volaille à l'estragon

Il faut manger plus souvent de la viande blanche, plus maigre. Mais point n'est pas besoin, pour deux, d'un poulet entier... Cela tombe bien car je n'aime que le blanc !

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Commencer par faire cuire les filets débarrassés de leur peau. Pour ma part, je les enveloppe dans une feuille de plastique alimentaire, je les sale et les couche avec une giclée de jus de citron, une petite papillote et hop, dans le cuit-vapeur pour 15 minutes. Ensuite, je les laisse refroidir et je les découpe en longues lanières.

Pour la sauce, commencer par émincer finement une échalote et la faire "tomber" dans un peu d'huile.

J'ai fait dissoudre un cube de bouillon de volaille dans 10 cl d'eau que je verse dans la casserole de l'échalote et laisse bouillir pour évaporer un peu avant de rajouter une rasade de vinaigre (Xeres ou cidre) et une rasade d'Armagnac, une grosse cuillère de moutarde.

Il faut bien délayer avant d'allonger avec de la crème fleurette, une pincée de sel, une cuillerée à soupe de feuilles d'estragon (frais ou deshydraté) et des pluches de persil finement concassé. Laisser mijoter 3 minutes puis y remettre les aiguillettes de poulet à réchauffer doucement.

Laisser compoter 5 minutes encore avant de servir avec un riz basmati.

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01 décembre 2018

Qui se souvient de Marcelin Albert ?

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Il fut le déclencheur de la révolte des vignerons de 1907, une violente colère sociale de la misère qui embrasa tout le Midi après plusieurs années de surproduction viticole et de pratiques de vins frelatés faisant chuter les cours.

Imaginons : en 1904 et 1905, la surproduction de vin est massive dans toute l’Europe : +96% en France, +48% en Espagne, +16% en Italie. Le prix de l’hectolitre chute de 24 F à 6 ou 7 F. Dans ces départements de monoculture (Aude, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales …) c’est la misère.

Les députés de la région – Gaston Doumergue, Félix Aldy – ne parviennent pas à convaincre leurs collègues de l’Assemble d’adopter des mesures efficaces contre les vins frelatés.

En 1905, 10 000 personnes manifestent à Béziers. Le porte-parole des protestataires est un cafetier vigneron d’Argeliers, poète à ses heures, Marcelin Albert (1851 - 1921) ; en croisade contre le vin de fraude, Il a lancé une pétition pour demander la démission de tous les corps élus, prône la grève de l’impôt. Il a écrit à Georges Clémenceau, ministre de l’Intérieur.

Le signal de la révolte est donné le 18 mars 1907.

Les royalistes tentent de récupérer le mouvement, les régionalistes rêvent d’en faire un mouvement séparatiste, les Radicaux défilent dans les cortèges.

Le 24 mars, le premier meeting rassemble 300 personnes. Des rassemblements sont organisés tous les dimanches : le 31 avec 600 personnes, le 7 avril : 1000, le 14 : 5000, le 21 : de 10 à 15 000 à Capestang, le 28 entre 80 000 et 100 000 à Lézignan-Corbières, 150 000 à Béziers le 12 mai, 200 000 le 19 à Perpignan, le 26 mai, entre 200 et 250 000 à Carcassonne, 300 000 à Nîmes le 2 juin.

Près de 600 municipalités démissionnent.

Marcelin Albert lance un ultimatum au Gouvernement qui dépose un projet de loi contre la fraude et le sucrage des vins.

Pour maintenir l’ordre, l’Armée (25000 fantassins et 8000 cavaliers) sont dépêchés dans la région.

La violence s’étend : barricades, pillage et incendie de préfectures. A Narbonne, on a tiré sur la foule et il y a 5 morts dont une jeune fille qui passait par là par hasard. Ses obsèques donnent lieu à de nouvelle manifestations.

Le 20 juin, 600 soldats du 17ème régiment d’infanterie de ligne quittent leur casernement et fraternisent aves les manifestants à Béziers. On en fera une chanson révolutionnaire : « Salut, salut à vous, braves soldats du 17ème ! ». La police traque les meneurs …

Marcelin Albert s’enfuit à Paris, demande à être reçu à l’Assemblée Nationale qui l’éconduit. Mais Clemenceau accepte de le recevoir en audience. Il lui propose de retourner dans le Midi pour apaiser le jeu et en échange, il réprimera la fraude. Il lui paye son billet de retour et Marcelin Albert a la faiblesse de l’accepter. De retour parmi les siens, il est totalement déconsidéré et devra partir s’établir en Algérie où il mourra dans la misère …

Qu’ont obtenu les viticulteurs en colère ?

- Une loi pour réprimer la falsification des vins et le sucrage,

- Une exonération d’impôts pour les récoltes de 1904 à 1906,

- La création du service de la Répression des fraudes, un rouage de l’Etat particulièrement utile aujourd’hui.

- Une surtaxe sur le sucre.

Quant à la surproduction de vin, elle a trouvé sa solution avec les commandes de l’Intendance et les besoins des Poilus de la Grande Guerre ….

 

N.B. Toute ressemblance avec des événements contemporains est purement le fait du hasard ....

 

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30 novembre 2018

Fendre l'air, l'art du bambou au Japon au musée du Quai Branly

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Le musée du Quai Branly-Jacques Chirac accueille depuis mardi une exposition très originale sur l’art du panier japonais raconté à travers 180 œuvres anciennes et contemporaines. Etonnante découverte en effet que celle de la vannerie japonaise, haussée au sommet de l’art par des artisans-artistes qui tressent des corbeilles destinées à recevoir des arrangements floraux – ou ikebana – indispensables à la cérémonie du thé.

« Le vide est tout puissant parce qu’il peut contenir tout » écrit en 1906 Kakuzo Okakura dans Le livre du thé.

Le thé arrive de Chine au Japon aux environs du VIIIème/IXème siècle, apporté par des missionnaires bouddhistes. Chez l’Empereur et les shoguns s'organisent des cérémonies autour de la vénérable boisson, à l’origine utilisée pour ses vertus médicinales. Des paniers de bambou contribuent à l’harmonie de ce moment.

Au milieu du XVIIIème siècle et plus particulièrement à partir de l’ère Meiji (1868) se forme autour de l’Empereur une classe d’aristocrates lettrés, une élite sophistiquée versée dans les rituels du thé (sencha ou chanoyu), qui réunit des collectionneurs d’objets précieux qu'ils exposent, comparent, commentent. Pour satisfaire cette clientèle, les artisans se surpassent, des dynasties de maîtres vanniers se mettent en place. Mais cet art subtil prend fin brutalement avec la Seconde Guerre mondiale.

Les occidentaux n’ont découvert cet artisanat que tardivement, car ils préfèrent les paravents, les laques, les céramiques, les estampes … Les plus belles collections furent réunies aux Etats-Unis et aussi au Musée de Hambourg, à l’initiative de son directeur ….

L’exposition réunit également sept artistes contemporains - dont Tanabe Chikuunsai IV, Sigiura Noriyoshi, Matsumoto Hafiü, Uematsu Chikuyu -  qui expriment leur vision esthétique et poétique. Leurs paniers cessent d’être des contenants pour devenir des sculptures. Certains collaborent avec des as de l’informatique pour créer des réseaux de fibres absolument impossibles à concevoir sans le design de la machine. Ils associent des matériaux comme le métal, le plastique, la laque. Transgression ou évolution ?

Pour ma part, j'ai un coup de coeur pour l'extraordinaire pelote de lanières rouges de Yonezawa Jiro intitulée Daruma, une commnde exécutée spécialement pour le Musée du quai Branly ....

Ne pas manquer les deux films vidéo qui montrent la technique particulièrement compliquée de préparation des fibres de bambou depuis la coupe jusqu’à la finition de la plus fine lanière, et l’autre les rapports entre bambou et design et architecture.

Cet art semble en tous cas très long à acquérir, très pénible car la matière première est à la fois souple et rigide, difficile à manier.

Un précepte zen recommande ainsi de « Tomber 7 fois, se relever 8 fois ». Une maxime à méditer …

Et je recommande de s’attarder dans le petit espace dédié au plus grand artiste vannier de l’histoire du Japon Iizuka Rokansaï (1890 – 1958) qui fut retenu pour participer en 1925 à l’Exposition internationale de Paris. Il a inventé des techniques de tressage et de pliure de la lame de bambou d’une pureté extrême.

 

Fendre l’air, l’art du bambou au Japon au musée du Quai Branly-Jacques Chirac jusqu’au 7 avril, tous les jours sauf le lundi à partir de 11 h. 10€

 

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