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12 avril 2021

Gariguettes au basilic

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Les premières fraises de la saison, ce sont pour moi, depuis toujurs, les gariguettes ...

Fuselée, bien rouge, légèrement acidulée, la gariguette est pour moi LA fraise par excellence.

Celles-ci viennent de Corrèze ... plus précisément d'Alassac.

Pour innover, je teste une recette pourtant classique : la salade de fraises au basilic et à l'huile d'olive.

Commencer par laver très rapidement les fruits et les équeuter, puis les coupr en 4 dans le sens de la longueur.

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Dans un saladier, les arroser d'un jus de citron - la moitié pour 2 portions - et du sucre en poudre.

Bien mélanger puis ajouter une petite main de fueilles de basilic frais coupé en lanières aux ciseaux puis verser un filet d'huile d'olive de bonne origine.

Laisser mariner au moins une heure avant de servir.

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11 avril 2021

Histoire secrète de la droite française, par G. Davet et F. Lhomme

Davet Lhomme

Rien à voir avec le livre « culte » (pour les anciens élèves de Sciences Po comme moi), « Les Droites en France » de René Rémond. La référence serait plutôt ici « Game of Trones » ou « Le Baron noir » . Et de fait, je me demande si je vais ranger cet ouvrage dans la section « Histoire » ou « Thrillers » de la bibliothèque …

Après avoir dézingué François Hollande avec « Un Président ne devrait pas dire ça », le dissuadant de poser sa candidature à un second mandat, Gérard Davet et Fabrice Lhomme s’attaquent à la droite, ou plus exactement au parti de tradition gaulliste, l'UMP devenu Les Républicains.

Manière de faire bonne mesure dans le domaine de l’impartialité journalistique, mais surtout d’analyser pourquoi et comment ce parti de gouvernement a presque complètement disparu de la scène politique au point de n’avoir réuni que 8% des suffrages lors du dernier scrutin proportionnel.

J’ai lu avec avidité ces deux épisodes de la saison 1 – parce que j’imagine qu’il faudra bien une suite en 2022 ! La première partie s’intitule « La haine » et la seconde « L’Apocalypse ». Tout un programme, mais les auteurs n'exagèrent pas.

La première retrace le chemin de croix de Jérôme Lavrilleux, le « couteau suisse » de l’UMP, fidèle d’entre les fidèles de François Copé dans sa bataille contre François Fillon pour la maîtrise du parti après l’échec de Nicolas Sarkozy à un second mandat. Et le commencement des ennuis judiciaires portant sur le dépassement gigantesque de ses comptes de campagne.

Ainsi résume Claude Guéant : « Ce qui est surprenant à droite, c’est cette capacité à générer des ego qui se détruisent mutuellement et qui détruisent la famille, et même la pensée de droite ».

Dans la seconde partie, c’est l’aventure inédite de la primaire ouverte pour désigner le candidat de la droite, avec l’émergence inattendue de celui que personne n’avait vu venir, François Fillon, celui qui avait perdu sur le fil le leadership du parti et propose un programme particulièrement austère d’assainissement des finances publiques. Et immédiatement après son élection triomphale, sa descente aux enfers avec l’affaire de l’emploi fictif de son épouse et de ses enfants, puis, clouant le cercueil, le cadeau empoisonné des costumes Arnys …

Ces événements, nous les avons vécus au jour le jour, effarés, désolés, scandalisés comme chaque citoyen s’intéressant de près à la chose publique. Les témoins qui ont contribué à cette saga s’expriment avec le recul nécessaire, une franchise sincère, des rancœurs, certes, mais pas tant que ça : Rachida Dati, Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand, Jérôme Lavrilleux, Benoist Apparu, Thierry Solère, Patrick Stefanini, Jean-Louis Debré, François Baroin, Jean-François Copé, Robert Bourgi, Philippe Briand, Jérôme Fourquet …

Dans cette descente aux enfers, certaines vérités restent dans l’ombre – d’où provient la fuite des feuilles de paye de Pénélope Fillon par exemple – mais d’autres méritent d’être mises en lumière. C'est en tous cas François Fillon qui apparaît à chaque chapitre : sa haine envers Sarkozy, son ressentiment contre Jean-François Copé, sa piètre défense face à son attrait pour l'argent, tout le contraire de l'image publique dont on  le créditait.

Racontés avec précision, les témoignages sont vérifiés, les informations recoupées, dans un style vif et non dénué d’humour, bref, j’ai dévoré ces 774 pages en deux jours. La justice est passée – du moins en première instance – sur ce qui désormais s’apparente à un champ de ruines, pour toute la démocratie. Nul ne doit s’en réjouir …

 

Histoire secrète de la Droite française, par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, édité chez Fayard, collection Pluriel, 774 p., 15€

 

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10 avril 2021

Joyeux anniversaire Victoire !

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Il y a des dates de l'année qui me sont particulièrement chères !

Celle de la naissance à Paris de notre troisième fille en fait partie ...

Je n'en reviens toujours pas d'avoir mis au monde une aussi belle et efficace architecte ... Câlins de loin ne nous empêchent pas de continuer un dialogue qui me rend toujours aussi fière.

Victoire, et avec elle sa petite famille : Timothée, Hugo et Apolline.Je compte sur vous pour bien vous occuper de votre épouse et maman.

Bon anniversaire Victoire ... et cette année encore en mode confiné.

Voici quelques images des temps anciens ... pas si anciens.

Salut l'artiste !

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09 avril 2021

Les mécaniques du crime, polar historique de Sylvain Larue

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Voici un livre que j’ai saisi un peu au hasard, sur une table de ma librairie préférée, sans rien connaître de l’auteur, simplement parce que j’adore les polars historiques, que je connais la qualité de l’éditeur et parce que voyant le livre en format de poche, je me suis dit que le grand format avait certainement eu du succès.

Et je découvre ainsi un jeune auteur – Sylvain Larue est né en octobre 1982 – historien autodidacte déjà auteur de plus de 20 ouvrages, avec une spécialité : les grandes affaires criminelles !

Il s’est donc constitué une documentation fantastique de toutes les sortes de forfaits, escroqueries et massacres, qu’il égrène avec une délectation évidente tout au long de romans se situant au cours du Second Empire, une période non encore explorée par les écrivains du genre : Jean-François Parot, Claude Izner, Jean-Christophe Portes, Jean d'Aillon, ou Philippe Grandcoing

De quoi me ravir, même si j’entre dans cette « série » par le milieu … ce qui me donne l’irrésistible envie de commencer par le premier opus !

Le héros n’a pas que des côtés sympathiques : un peu violent à l’occasion, volontiers râleur, mais accompagné par de fidèles comparses. Il est le patron, à un peu plus de vingt ans, d’une équipe secrète vouée à la sécurité personnelle de Napoléon III, d’abord parlementaire de la deuxième République et bientôt autoproclamé empereur. Voilà Léandre Lafforgue, dans la plus grande discrétion, confronté à une série d’attentats terroristes, qui font de nombreuses victimes collatérales, et sans que l’on puisse déterminer les cibles vraisemblables. Mais l’époque est coutumière de ces bombes destinées à attirer l’attention sur des situations politiques en elles-mêmes explosives …

 

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Une course de vitesse se noue entre les policiers et les criminels qui s’en prennent au Tuileries le jour même du mariage de l’empereur, puis à Notre-Dame, puis au plus près de Léandre lui-même … On ne peut qu’admirer la prescience ou la réactivité exceptionnelle de l’auteur d’avoir décrit un attentat au cœur de la cathédrale de Paris tel l'incendie du 15 avril 2019, alors que le livre est paru moins de 6 mois après …

L’avantage de situer ces enquêtes dans les siècles passés est de s’affranchir de toutes les techniques de police scientifique, de pouvoir à loisir jouer du transformisme des protagonistes, l’identification étant en ce temps-là problématique, et de labourer un terreau politique parfaitement balisé par les archives et les historiens.

De la belle ouvrage, avec un soupçon d’humour, une langue riche et fluide, des péripéties et des bagarres violentes et, naturellement, juste à la fin et comme il est d’usage, une scène de « twist » qui laisse le lecteur ébahi. Un jeune auteur prolifique à suivre !

 

Les mécaniques du crime, polar historique de Sylvain Larue, aux éditions De Borée, collection Vents d'histoire, 498 p., 8,90€

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08 avril 2021

Ian Kershaw, historien de l'Europe en enfer

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Mettre de l’ordre dans ses livres d’histoire donne lieu à des redécouvertes ou simplement à de nouvelles lectures. Ainsi en est-il des ouvrages fondamentaux de l’historien britannique Sir Ian Kershaw (né en 1943) dont nous avons, mon mari et moi, lu l’essentiel des ouvrages.

Pourquoi suis-je en ce moment particulièrement sensible à l’histoire de l’Europe au cours du XXème siècle et plus précisément à ce qui s’est passé en Allemagne depuis les prémices de la Grande Guerre à nos jours ? Sans doute parce que l’Europe est aujourd’hui au cœur d’une crise sans précédent et que je m’interroge, non pas pour moi-même – « j’ai fait mon contrat » comme dirait une de mes filles – sur l’avenir réservé à mes enfants et mes petits-enfants.

Ian Kershaw est LA référence en matière d’analyse des faits et circonstances qui expliquent comment la dictature nazie s’est installée dans le pays le plus important d’Europe, après l’humiliation du traité de Versailles et la grande dépression économique des années 30.

Il est notamment l’auteur d’une magistrale biographie d’Hitler – plus de 1000 pages absolument passionnantes - bien accueillie en République Fédérale Allemande qui le fit Officier de l’Ordre du Mérite en 1994.

Mes interrogations portent sur les risques que notre pays, au sortir de la crise sanitaire, ne bascule vers des solutions populistes exrêmes – de droite comme de gauche – qui ne feraient que l’enfoncer davantage au lieu de le sortir du pétrin.

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Un des livres de Ian Kershaw les plus éclairants sur la période 1919 – 1949 : L’Europe en enfer décrit de façon tout à fait limpide comment et pourquoi les systèmes démocratiques ont réussi dans certains pays européens à surmonter les difficultés économiques et politiques et pourquoi dans certains autres, la démocratie parlementaire a été détruite par des régimes autocratiques – dans le meilleur des cas – ou par de cruels modèles totalitaires.

A la veille du second conflit mondial, la démocratie a été résiliente dans seulement onze pays : Grande-Bretagne, Irlande, Suisse, France, Belgique et Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède, Finlande et Islande, malgré l’émergence de mouvements d’extrême-droite puissants. Tous ces pays avaient été victorieux ou neutres pendant la Grande Guerre. Mais près des trois cinquièmes des Européens (à part l’Union soviétique) vivaient dans seize Etats sous une forme ou une autre de régime autoritaire ou répressif, où les droits civils étaient réduits, les minorités discriminées et persécutées. Seule la Tchécoslovaquie avait résisté jusqu’à sa destruction par l’invasion allemande en 1939. L’échec de la démocratie dans les Etats successeurs de l’Autriche-Hongrie fut l’indicateur le plus clair de la faillite du règlement d’après-guerre.

Claude avait écrit en 2017 une chronique sur ce premier tome, que je suis en passe de terminer. Je viens d'acheter la suite parue en 2020. Mais il me faut le temps d'assimiler encore plus de 700 pages !

Bien évidemment, nous n’en sommes pas là …. Mais les hommes sont ce qu’ils sont et les dangers demeurent d’une crise profonde de légitimité de notre système politique. C’est dans l’histoire que nous puisons les éléments de réponse pour envisager l’avenir. Les politiques économiques restrictives de diminution des dépenses publiques mises en œuvre au lendemain de la crise de 1929 ont été catastrophiques …

Nous pouvons espérer aujourd’hui que de telles erreurs ne se reproduiront plus. La compréhension des phénomènes sociaux de jadis est indispensable à la maîtrise des politiques de demain.


07 avril 2021

30, rue de Saintonge, roman historique de françoise Dag'Naud

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J'ai fait quelques très intéressantes découvertes d'auteurs grâce à Babelio qui, régulièrement, m'adresse un livre sous la contrainte bien agréable d'avoir à en rédiger une critique dans les 30 jours. Mais à ce jeu-là, on ne gagne pas à tous les coups ... Voici donc un livre que l'on peut ne pas lire ... comme on dit de certains films dans un célèbre hebdomadaire.

On n’est jamais mieux servi que par … son mari, écrivain d’histoire et verbicruciste attitré du Canard enchaîné. Voici donc le premier livre pour adultes d'une épouse, Françoise, préfacé par son mari Alain Dag’Naud …

Une aventure mettant en scène un fort joli aristocrate sans trait de caractère vraiment marquant, dans les derniers jours de la Terreur de Robespierre, à travers les lignes des troupes autrichiennes qui se pressent au nord de la France pour abattre la Révolution.

Une course poursuite avec heurs et malheurs, égorgements et  guillottinages, avec une fin aussi brusque – avec la mort de Robespierre – que le style est emberlificoté. L’auteure s’est en effet ingéniée à écrire selon le style de l’époque, avec des tournures parfois difficiles à saisir, sauf une transcription très personnelle et largement simplifiée du chtimi … On croirait entendre Geoffroy de Montmirail des "Visiteurs" ...

Il faut aimer ce genre de discours. En tous cas, n’est pas Jean-Christophe Portes, Jean d’Aillon ou Jean-François Parot qui veut. Mais au moins, ce titre n’encombrera pas les listes des candidats aux prochains prix littéraires.

30, rue de Saintonge, roman historique de Françoise Dag’Naud, édité chez Larousse, 301 p., 15,95

 

 

06 avril 2021

Classement par ordre alphabétique : une révolution du savoir

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Il est des techniques que nous utilisons quotidiennement sans jamais penser aux progrès de productivité que leur découverte a pu apporter à l’humanité.

Je cite souvent l’invention des lunettes, vraisemblablement au XIIIème siècle en Italie, qui a soudainement permis à des milliers de copistes et artisans atteints de presbytie de continuer à travailler pendant plusieurs années …

Il en est ainsi du classement alphabétique.

Même si nous savons que l’ordre des lettres de l’alphabet linéaire est resté immuable depuis la nuit des temps (14ème siècle avant notre ère …), avec quelques variantes portant sur les voyelles ou les dernières lettres utilisées pour la transcription de noms étrangers par exemple, la technique de classement des mots et des noms selon l’ordre alphabétique ne s’est généralisée – en occident tout au moins -  et très progressivement - qu'à partir de la fin du 13ème siècle, certes bientôt boostée par l’imprimerie, et elle est restée longtemps l’apanage d’intellectuels et d’universitaires …

 

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Le classement selon l’ordre alphabétique a également permis de révolutionner l’activité commerciale en traitant de façon ultra rapide des centaines sinon des milliers de noms de clients et de fournisseurs.

Couplée à la pratique de l’index, elle permettait de consulter facilement les encyclopédies et dictionnaires – et d’accéder pus facilement au savoir tout comme aujourd’hui nous consultons des bases de données numériques - et de gagner un temps précieux. Quel florilège d’inventions et de découvertes que cette période de la Renaissance !

En réalité, le premier dictionnaire de mots courants conçu selon l’ordre alphabétique est anglais, il émane de Robert Cawdey et comporte 2500 mots et 120 pages, et fut publié en 1604.

La première édition du Dictionnaire de l’Académie française de 1614 ne retient pas encore cette classification. Il faudra attendre la deuxième édition de 1718, puis un peu plus tard, la consécration viendra avec l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751 – 1772). L'Encyclopédie est un dictionnaire raisonné qui utilise un classement par branche de savoir, l'ordre alphabétique et le système des renvois entre articles.

Voilà une question qui m’a traversé l’esprit face à la nécessité de reclasser les livres de ma bibliothèque, mais j’étais loin d’imaginer que cette technique était relativement récente … et pas si facile que ça à maîtriser en tous cas !

N.B. : Dans les années de ma tendre jeuunesse, on écoutait le jeudi sur Radio Luxembourg une émission intitulée "les découvertes de Nanette Vitamine". C'est tout à fait la même chose quand on consulte Wikipedia ....

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05 avril 2021

Les cendres de Berlin, polar historique de Luke McCallin

 

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Après la Trilogie berlinoise de Philip Kerr, Germania d’Harald Gilbers et plus récemment les polars hambourgeois de Cay Rademacher qui tous se déroulent au moment et quelques mois après la débâcle allemande dans un décor de décombres, je viens de terminer la trilogie le Luke McCallin dont je tourne avec regret la dernière page.

Les romans historiques étayés sur une sérieuse documentation permettent de mieux comprendre non seulement les faits historiques, mais surtout la psychologie des personnages, le cadre dans lequel ils évoluent, leurs débats intérieurs, les odeurs d’une ville engloutie sous des tonnes de gravats. C’est sans doute dans ce personnage de Gregor Reindhardt que j’ai trouvé le plus d’affinités, les meilleures clés pour tenter de comprendre comment les Allemands, peuple discipliné, religieux et cultivé avaient pu basculer dans un système totalitaire aussi abominable que le nazisme. Et puis ensuite, l’état de guerre, le piège, le danger mortel à exprimer le moindre doute …

Ce troisième épisode se déroule en 1947 dans Berlin occupé par les quatre puissances victorieuses. Grâce à l’influence d’un officier américain, Gregor a été réintégré à un poste - même si inférieur au précédent, il peut y exercer son talent d'enquêteur hors pair - à la police criminelle, ce qui lui vaut le mépris de ses collègues. Sans oublier que les forces soviétiques ont placé à tous les échelons de cette administration des hommes acquis à leur idéologie. Survient une série de meurtres à la mise en scène étrange, qui décime d’anciens pilotes de chasse d’une escadrille ayant opéré en Afrique du Nord … Les services britanniques, soviétiques et américains s’y intéressent …

Sans trop s’attarder sur les difficultés de ravitaillement encore très prégnantes en cette année 1947 où l’unité de compte est la cigarette américaine, nous suivons dans son raisonnement et ses recherches méticuleuses le héros tout meurtri de cette histoire, accompagné de son vieux compagnon d’armes et qui retrouve enfin son fils, rescapé des camps soviétiques mais dans un sale état. Reinhardt a maintenant 49 ans, souffre de plus en plus de son genou broyé à coup de pelle dans une tranchée britannique en 1918, prend sans cesse des coups et en assène, réussit à se sortir de situations périlleuses où ses collègues le placent.

La fin - Ahhh, l'art du "twist" ! - est stupéfiante … Mais hélas, l’auteur nous dit lui-même qu’il n’y aura pas de suite aux enquêtes de Gregor Sebastian Reinhardt. Dommage !

Les cendres de Berlin – The Ashes  of Berlin, The Divided City), polar historique de Luke McCallin, traduit de l’anglais par Nicolas Zeimet, Editions Toucan noir, 558p., 22€

04 avril 2021

Pâques : la fête des oeufs !

 

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Rien de plus parfait, rien de plus simple, rien de meilleur marché et de plus diététique que les oeufs !

Alors que tout un chacun se rue sur les gigots et carrés d'agneaux en ce jour de Pâques, et bien entendu sur les oeufs en chocholat ... il y avait queue devant les boutiques des chocolatiers samedi, revenons aux fondamentaux !

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Ce matin, en attendant une petite partie de ma famille, je vous redonne différentes recettes d'oeufs à préparer et déguster en petit comité ... Le couvert est dressé et vous aurez deviné que nous boirons du vin du Rhin ...

Les oeufs à la tripe, les oeufs parfaits à la florentine, les oeufs fantaisie de Pâques, les oeufs à la neige, les oeufs cocotte avec les mille et unes garnitures possibles, la tchouchouka aux poivrons et aux oeufs ...

Moi, je me souviens simplement des oeufs durs que ma maman décorait avec des colorants d'origine alimentaire : du jus de betterave, de la teinture d'épinards, avec un pinceau ... Ensuite, nous devions les écaler, autant dire détruire des oeuvres d'art ...

Joyeuses Pâques !

Et puis une autre tradition : le jour de Pâques, il fallait arborer une tenue neuve ... La symbolique de la renaissance du printemps. Rien de très catholique, tout ça !

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03 avril 2021

La maison pâle, thriller historique de Luke McCallin

 

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Deuxième épisode des enquêtes de Gregor Reinhardt affecté désormais, en ce printemps 1945, dans le corps d’élite des Feldjäger, sorte de super police militaire qui ne recrute que des anciens combattants décorés, officiers et sous-officiers, rendant compte directement au haut commandement des forces armées. Le Feldjägerkorps dispose des pleins pouvoirs pour maintenir la discipline dans les bases arrière de l’armée.

Retour à Sarajevo dans une ambiance de défaite annoncée. L’armée allemande se replie, les Partisans de Tito, désormais armés par les Alliés - sont aux portes de la ville, les Oustachis cherchent tous les moyens d'échapper aux représailles de la population qu’ils ont massacrée.

Reinhardt, qui a secrètement adhéré à une organisation de résistance au nazisme, va enquêter sur la découverte de trois Feldgendarmes assassinés. Mais il s’agit d’une affaire à tiroirs dans laquelle sont visiblement impliqués des membres des bataillons disciplinaires, composés de soldats passés en cour martiale, des gens de sac et de corde employés à diverses besognes de terrassement.


Gregor Reinhardt n’a rien perdu de ses qualités de fin limier et ses investigations dérangent les différents trafics auxquels se livrent les uns et les autres. Il va être pris en étau entre les factions locales, les autorités militaires pas toujours nettes, la cruauté des massacres qui s’accumulent, en particulier dans la maison qui sert de quartier général aux Oustachis, cette "maison pâle" où l’on torture et assassine en série.

Chacun des protagonistes de cette histoire porte son secret, tout comme Gregor, les plus sympathiques se révèlent parfois des informateurs du camp adverse … mais après tout, qui est ce camp adverse, dans cette phase de fuite éperdue et de repli avant la fin des combats ?

Excellent thriller aux multiples rebondissements, horreurs d’une guerre qui n’est pas prête de s’éteindre et va ressurgir quelques décennies plus tard, analyse psychologique fouillée : ce deuxième opus est encore plus passionnant que le précédent. J’ai déjà commandé le troisième !

 

La maison pâle – The pale House – polar historique de Luke McCallin, traduit de l’anglais par Nicolas Zeimet, édité chez Gallimard , collection Folio policier, 560 p., 9,20€