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19 février 2019

Le voile (du temple) se déchire !

 

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Après l’agression dont a été victime Alain Finkielkraut, je crie : ça suffit ! 

Ca suffit avec l’illusion confortable que dans notre France si lisse, l’antisémitisme n’est plus qu’une scorie, un vieux démon folklorique qu’agitent quelques excités de la fachosphère tels Dieudonné, Soral et leurs sbires. Il aura suffi d’une poussée de colère sociale - sincère et légitime à son début – pour faire ressurgir – et très rapidement – cette haine latente qui en réalité n’a jamais disparu de l’horizon politique.

Démocrates, les Français ? Républicains ? Allons donc ! Ils sont en train de nous prouver le contraire avec l'étalage de cette violence désinhibée. Fraternels ? Encore moins !

Alain Finkielkraut est un voisin : nous habitons dans le même pâté de maisons et je le croise de temps en temps en faisant mes courses. Nous avons le même âge à trois années près. Je ne partage pas ses positions philosophiques et politiques mais je respecte l’homme de pensée, son parcours universitaire exemplaire qui ne doit rien à personne en dehors de son talent. L’avoir vu, comme tout le monde, à quelques pas de chez lui (et donc de chez moi) insulté, menacé de mort, heureusement protégé par les forces de l’ordre, m’a positivement révulsée. Je me suis sentie personnellement humiliée … comme si on s’en était pris à ma propre famille.

Ces dingues éructant de haine, qu’ont-ils à reprocher à un homme comme lui ? Il est Juif, et alors ? Il dit ce qu’il pense, c’est son métier et on peut ne pas être d’accord. Mais au-delà de sa personne, c’est la viscérale et ancestrale exécration d’une communauté d’intellectuels qui réapparaît. Le rejet de l’élite … toujours. On veut que des têtes tombent. Ce n'est pas que cela soit efficace, mais ça soulage ....

Au moyen-âge, ils étaient souvent médecins – les professions intellectuelles leur avaient été laissées puisqu’une foule d’autres métiers leur étaient interdits, ce qui fut aussi le cas sous le statut des Juifs de Vichy – et quand les malades mouraient de la peste, on les accusait d’avoir empoisonné les puits.

Au XIXème siècle, ils venaient par familles entières se réfugier dans le pays de la Révolution et des Droits de l’Homme. On les a accusés de trahison : l’affaire Dreyfus est une des premières manifestations de nos fakenews (le fameux bordereau) d’aujourd’hui, puis il y eut le montage tsariste du faux Protocole des Sages de Sion, et, dans l’entre-deux guerres, on parlait du complot des 200 familles qui dirigeaient la France pour le Grand Capital … Aujourd’hui, c’est le conflit israélo-palestinien qui sert de prétexte à une certaine partie de la gauche et à la jeunesse fanatisée des banlieues.

Alors moi, je proclame : j’aime les Juifs. J’admire leur talent, leur humour, leur résilience, leur subtilité d’analyse, la façon de mettre l’éducation et la quête de l’intelligence au-dessus de tout.

Que serait la France sans ses enfants juifs : imaginez la médecine, la philosophie, la littérature, la science fondamentale, la recherche sociologique, le show-bizz, le cinéma, la télévision, le journalisme, l’art en général. Regardez la pauvreté culturelle de l’Allemagne et de l’Autriche, aujourd’hui, comparez avec leur rayonnement international d’avant la Shoah …

Nous avons fort à faire puisque selon un récent sondage, une grande partie de notre jeunesse ignore ce que fut l’Holocauste. Nous sommes tous responsables de ce fiasco.

Comment reprendre cette éducation à zéro, ouvrir les yeux d’une partie de nos compatriotes totalement fermée aux simples faits historiques, complètement enkystée dans ses certitudes complotistes, ne s’informant ni par la Presse, ni par les livres, ni par les médias sérieux – s’il en reste ?

A vrai dire, j’en ai le vertige … Comment sommes-nous tombés si bas ?

Je n’irai pas manifester place de la République aujourd'hui car j’ai trop peur de me faire bousculer ; mais mon cœur y sera.

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18 février 2019

L'art du chantier, construire et démolir depuis le 16ème siècle

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Une exposition originale et très approfondie, sous-titrée « Construire et démolir du 16ème au 21ème siècle », à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Ou comment, en occident, les hommes ont depuis la Renaissance, conçu, imaginé, mis en oeuvre et regardé le lieu et la manière dont on bâtit pour s’élever toujours plus haut (c'est le mythe de la tour de Babel réalisé avec la Tour Eiffel), franchir plus loin, démolir pour reconstruire plus moderne,  …

Lieu de dangers, espace encombré et complexe, le chantier exerce une fascination.

Eléments mobiles, échafaudages branlants, vertigineux, dispositifs temporaires, en porte à faux, essais en charge pour éprouver la solidité des ponts ….

C’est aussi un lieu où le progrès se montre, comme les procédés constructifs novateurs, les machines de levage inédites, le difficile travail des hommes.

L’exposition n’est pas seulement destinée aux architectes et aux ingénieurs mais enseigne au grand public bien des notions originales, et elle donne à réfléchir.

 

On y découvre des esquisses, des gravures, des peintures, des caricatures, des jouets d'enfants, des ex-votos et naturellement, des photographies …

Car le chantier des grands ouvrages attire, comme sur une scène de théâtre, les visites des chefs d’Etat qui en sont les commanditaires, les grands architectes, le public qui se presse autour des palissades et des parpaings, au milieu des gravats …

Le chantier met en lumière les enjeux politiques et sociaux du lieu où l’on construit, modifie parfois la nature – les canaux intercontinentaux par exemple - relève des défis technologiques, un lieu où les ouvriers apparaissent tantôt comme des héros ou comme des opprimés.

Un hymne à la modernité qui devient, intrinsèquement, de l’art …

 

L’art du chantier, construire et démolir au 16ème au 21ème siècle, exposition au Palais de Chaillot, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, jusqu’au 11 mars, à partir de 11 h sauf le mardi – 9€

 

 

17 février 2019

Branco Luz, Joana Vasconcelos au Bon Marché

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En référence au Mois du Blanc imaginé en janvier 1873 par Aristide Boucicaut, fondateur du Bon Marché, l'habitude est aujourd'hui bien établie par le groupe auquel appartient le magasin de la rive gauche d'inviter des artistes contemporains à créer une oeuvre spécialement pour son grand hall.

Joana Vasconcelos a conçu une installation étrange, et même parfois inquiétante, autour de variations de textiles blancs et de lumières, tissées et assemblées à la main dans son atelier.

Avec ses 30,50 m de longueur, 12 m de largeur et 10 m de hauteur, « Simone », la Valkyrie de Joana Vasconcelos affiche des dimensions spectaculaires et plonge le magasin dans un étonnant décor. Elle diffuse lumière, douceur et protection aux visiteurs et plane silencieusement sous les verrières centrales.

Le long des tentacules de la créature suspendue, on discerne des parties tricotées, des dentelles, des tissus de lurex, des pampilles, des franges que l’on peut toucher en passant par les escaliers mécaniques …

Joana Vasconcelos est née à Paris en 1971. Son œuvre est empreinte de thématiques liées à la féminité. En 2012, elle fut la première femme et la plus jeune artiste à exposer au château de Versailles. Encore une artiste portugaise mise à l'honneur à Paris après Paula Rego.

Mais ce qui vaut surtout la visite de ce haut lieu du luxe aux prix stratosphériques – même en ces derniers jours de soldes, plus de 500€ pour uen paire de mocassins ! – ce sont les merveilleuses verrières art déco dégagées et désormais restaurées, une prouesse artistique et technologique …

 

Au Bon Marché rive gauche, entrée libre, jusqu’au 24 mars

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16 février 2019

Le crac des chevaliers, chroniques d'un rêve de pierre

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L’image de cette formidable forteresse figurait dans tous les livres d’histoire et m’a toujours fascinée … et aujourd’hui, nous nous interrogeons sur le devenir de ce patrimoine fantastique, au coeur des violents conflits qui déchirent la région …

Que l'on se rassure : les déprédations ne sont pas irréversibles – et le musée a conservé de nombreux moulages des chapiteaux gothiques. Et sans doute aussi à cause de l’échelle gigantesque de ce monument qui domine la vallée d’Homs et la route qui conduit jusqu’à la mer.

Fruit d’un partenariat entre la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine et la Cité de l’architecture, l'exposition examine le Crac des Chevaliers à la fois sous l’angle architectural et politique, en illustrant sa place symbolique dans l’imaginaire occidental.

L’intérêt de ce rappel historique est de montrer la place que tenait la présence française en Syrie et au Liban dans l’entre-deux guerres et l’utilisation à titre de propagande coloniale – à travers l’exposition de 1931 notamment – qui en fut faite …Ce chef-d’œuvre d’architecture militaire – le plus beau des châteaux-forts selon Laurence d’Arabie - fait suite à une position déjà fortifiée par les Romains. On imagine difficilement la somme d’énergie, de main d’œuvre et de matériaux qu’il a fallu réunir pour l’édifier en plusieurs étapes en ces temps si reculés.

Entièrement rebâti au XIIe siècle par les moines-soldats de l’ordre des Hospitaliers, le Crac est pris en 1271 par les mamelouks du sultan Baybars qui renforcent son enceinte extérieure. Cependant, plus tard, le départ des croisés lui fait perdre peu à peu son rôle stratégique ; cet oubli relatif sauve le monument, qui parvient presque intact jusqu’à nos jours.

Redécouvert par les voyageurs et les archéologues à partir du XIXe siècle, le Crac s’impose dans l’imaginaire occidental comme le modèle des châteaux forts. Le mandat français sur la Syrie, à partir de 1920, attire sur le site autant l’armée française du Levant que les archéologues.

En 1926, l’historien Paul Deschamps se passionne pour la forteresse, et fait de son exploration et de sa sauvegarde une œuvre personnelle : des archéologues français le fouillent, l’étudient et le restaurent, les touristes viennent le visiter … et, pour ceux que cette exposition, intéresse, il reste quelques jours seulement pour s'y transporter virtuellement en toute sécurité.

 

 

Le crac des chevaliers, chronique d'un rêve de pierre, exposition dans la galerie des moulages de la Cité de l’architecture et du patrimoine – prolongée jusqu'au 4 mars - Place du Trocadero Paris 16ème, de 11h à 19 h., sauf le mardi – 9 €

15 février 2019

Sapiens, essai de Yuval Noah Harari

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Phénomène éditorial, ce livre traduit en 45 langues s’est vendu à 450000 exemplaires en France … (5 millions dans le monde !)

Rien ne laissait pourtant présumer un tel succès pour un essai de vulgarisation philosophico-historique émanant d’un jeune professeur de l’université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de la guerre au Moyen-Âge.

Résumer en 500 pages 2,5 millions d'années de l’histoire de l’humanité et des révolutions qui ont conduit Homo Sapiens de sa condition de chasseur-cueilleur à l’homme bionique qu’on nous promet pour demain constitue en effet un sacré défi.

Yuval Noah Harari s’en sort plutôt bien en nous racontant une foule d’anecdotes, en débitant un certain nombre d’approximations et en évitant soigneusement d’émailler son discours d’une masse de références – ce qui choque naturellement ses collègues chercheurs.  Car le public visé est ailleurs : ce livre provocateur est à mettre dans toutes les mains, même et surtout les plus éloignées de la culture historico-politique.

Les grandes étapes de l’évolution humaine passent par des révolutions : cognitive, agricole, scientifique, industrielle … pour aboutir peut-être demain à la fin de l’Homo Sapiens. Il analyse des événements, des circonstances et des rapports de forces qui transforment les caprices de l’imagination en structures sociales. Car ce sont les mythes et non la biologie qui déterminent les rôles et les hiérarchies sociales. Mythes et fictions ont habitué les hommes, dès leur naissance, à penser d’une certaine façon, à se conformer à certaines normes, à observer certaines règles, créant des réflexes artificiels permettant à de parfaits inconnus de coopérer ensemble efficacement – c’est ce que l’on appelle une culture. Et se laisser dominer.

L’auteur met en lumière le rôle des empires dont la permanence nécessite des religions pour en garder cohérence et contrôle. Les nouvelles croyances modernes sont aujourd’hui le libéralisme, le football, le nationalisme … Au passage, il explique l’objectif du nazisme …

Autre postulat de l'auteur : nous n’avons aucune preuve que le bien-être des hommes s’améliore inévitablement au fil de l’histoire. Rejoignant les travaux des historiens modernes – à compter d’Adam Smith - Harari explique comment et pourquoi l’Europe a pris le contrôle du monde à partir du moment où est concrétisée l’idée de transformer la chaleur en mouvement : c’est la révolution de la conversion de l’énergie. Il prévoit que les scientifiques découvriront comment domestiquer et transformer des sources nouvelles d’énergie … mais que la dégradation écologique risque de provoquer la disparition de toutes les espèces, Sapiens y compris.

J’avoue que j’ai eu un peu de mal avec les conclusions fuligineuses de l’auteur mais je salue l’exercice qui remet en place un certain nombre de notions, dans un langage simple, accessible à chacun. Le message final étant que nous vivons une époque profondément pacifique par rapport aux temps passés – les statistiques le prouvent – et qu’il convient de nous adapter à l’ordre social en perpétuel mouvement de ces deux derniers siècles.

Sapiens, une brève histoire de l’humanité, par Yuval Noah Harari, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat, chez Albin Michel, 500p. 24€.

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14 février 2019

A chacun sa Valentine ou son Valentin !

Apo et BenjJe retrouve dans mes archives cette merveilleuse image de mes deux derniers petits-enfants prise en 2012 ... un doux moment de tendresse pour évoquer la fête des amoureux.

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Cependannt, personne n’est dupe : la Saint Valentin est une fête commerciale, une occasion de se lâcher un peu après les pénibles journées de froid, les samedis où l’on est resté cloîtrés à la maison pour ne pas subir les assauts des forcenés de la manif à rallonge, s’accorder la permission de consommer et de faire plaisir, ou de se faire plaisir.

C’est donc un jour très important pour les bijoutiers, les marchands de lingerie, les parfumeurs, les restaurants, les voyagistes …

Une occasion en or pour augmenter les marges, en particulier chez les fleuristes pour lesquels la journée représente 20% du chiffre d’affaire annuel, et le plus grand jour du calendrier pour l’industrie des fleurs coupées.

En fait, la tradition telle que nous la connaissons aujourd’hui nous vient d’un rituel anglo-saxon, parti de Grande-Bretagne au moyen-âge où l’on pensait que c’était le jour où les oiseaux s’appariaient, une tradition passée ensuite par l’Amérique avec le Valentine’s Day, puis revenue en France via les GI du Débarquement. Comme Halloween, c’est donc un célébration « importée » qui connait son plus grand développement depuis les années 80.

Ses origines sont complexes. Comme souvent (voir la fixation au 25 décembre de la fête de Noël), ce jour du 14 février a été choisi par le pape Gélase 1er pour « écraser » la fête païenne des Lupercales qui célébrait pendant trois jours le dieu romain de la fécondité, des troupeaux et des bergers à la fin de l’hiver.

On compte au moins trois saints du nom de Valentin, et autant de légendes. Voici celle que je préfère : Valentin est un prêtre du IIIè siècle qui refusa de se soumettre à l’empereur Claude II qui prétendait interdire les mariages détournant les hommes de leur service dans l’armée.

Valentin ayant continué secrètement à unir des couples, il fut donc emprisonné. Il fit la connaissance de Julia, la fille aveugle du prince qui l’avait sous sa garde. Julia demanda à Valentin de lui décrire ce monde qu’elle ne voyait pas …

Miracle ! Julia recouvre la vue et Valentin en profite pour convertir toute la famille. Furieux, l’empereur le fait décapiter vers 270. Une partie de ses reliques est aujourd’hui conservée à Dublin …

Pour d’autres, Saint Valentin était l’évêque de Terni en Ombrie (à moins qu'il ne s'agisse du même personnage ?) et on trouve aussi un Valentin de Rhétie, moine prêcheur itinérant du Vème siècle …

Après 51 années de mariage, mon chéri et moi n’avons plus besoin de nous envoyer des petites cartes mais Claude ne manque jamais de m’offrir un joli bouquet. Cette année, ce sont des pivoines précoces, enveloppées dans un grand papier rouge, symbole de l’amour.

Il n’y a jamais de mal à faire plaisir et à dire à celui ou celle qu’on aime qu’on l’aime … Comme le chante si bien M !

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13 février 2019

Vive les arts de la table !

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Le luxe, c'est d'avoir la chance de pouvoir chaque jour vivre au milieu d'un cadre qu'on a choisi, d'utiliser des objets simples mais de bonne facture, par exemple de manger chaque jour dans une vaisselle élégante et décorée avec soin ...

C'est ainsi chaque jour une fête des papilles et du regard.

Le luxe, c'est aussi pouvoir de temps en temps changer de décor. Une nouvelle nappe facile à entretenir, des assiettes colorées mais qui passent sans problème au lave-vaisselle, des verres agréables à saisir, où le petit Bordeaux acheté chez Nicolas en cubitainer, prend de luxueuses couleurs carmin à travers le cristal. 

Samedi, entre deux cortèges qui sillonnaient à nouveau mon quartier parisien (les mêmes, sans doute, comme à l'Alcazar de Tolède ?), nous sommes allés "soulager" nos commerçants locaux de leurs derniers soldes.

J'avais envie de changer ma nappe quotidienne. Je suis passée du rouge-orangé au bleu-vert.

Voici ma table dressée. Pour les assiettes, il s'agit du motif "Mûres" de la manufacture de Gien, acheté il y a plusieurs mois au magasin d'usine. Les couverts viennent de Laguiole ... les verres sont en cristal de Villeroy et Bosch - également achetés en soldes voici de nombreuses années - la nouvelle nappe est en coton enduit en provenance de la maison "Le Jacquard Français" (boutique rue Bonaparte), modèle Bilbao, coloris "cendre", si pratique pour les repas de famille et la vie de tous les jours.

Le luxe pour moi, c'est le plus souvent acheter des articles produits en France (les draps tissés dans les Vosges par exemple) et le linge de table à rayures (basque) et les conserver longtemps.

Et, sur la longue durée, c'est aussi une sacrée économie !

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12 février 2019

Ma soupe à l'oignon non gratinée

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A dire vrai, rien n'empêche de gratiner cette soupe classique des noctambules ... qui terminaient leur tournée des Grands Ducs aux halles avec ce breuvage roboratif et pas cher, censé éffacer les éffluves d'une nuit trop arrosée.

En fait, je ne suis pas certaine que mes bols chinois en porcelaine céladon auraient supporté un passage au four pour gratiner le fromage de Comté que j'avais parsemé sur la soupe ....

Pour deux portions, je compte 3 oignons blonds (350g), une gousse d'ail, une noisette de beurre et autant d'huile d'olive, un verre de vin blanc, une cuillerée à café de farine, sel, poivre, un cube de bouillon de boeuf, un petit peu de crème fraîche épaisse, du pain ...

Peler les oignons et les hacher au mixer avec la gousse d'ail. Les faire suer puis rissoler avec la matière grasse (huile et beurre) pendant 10 à 12 minutes.

Inutile de faire caraméliser, mais c'est selon le goût. Dans les bistrôts, on sert généralement cette "gratinée" de couleur rousse ...

Ajouter la farine, le cube de bouillon concentré, 10 cl de vin blanc - j'ai toujours sous la main du vermouth blanc Noilly Prat - et 40 cl d'eau. Bien mélanger puis laisser bouillir 25 minutes à couvert. 

Enlever la croûte de deux tranches de pain complet et couper en gros dés.

Verser la soupe dans les bols. Poser dessus les dés de pain puis ajouter une cuillerée à soupe de crème fraîche épaisse, et enfin le fromage râpé. Laisser fondre - ou, au choix, passer au gril pour gratiner ...

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11 février 2019

L'homme aux lèvres de saphir, thriller historique d'Hervé Le Corre

 

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Âmes sensibles, accrochez-vous, mais le roman en vaut la peine …

Voici le préquel du dernier livre d’Hervé Le Corre «Dans l'ombre du brasier» qui m'a fait découvrir récemment cet auteur majeur de polars noirs.

Henri Pujol, le géant à l’accent rocailleux de Toulouse, en est le principal personnage et fait le lien entre deux épisodes qui se situent à la toute fin du Second Empire, quelques mois avant le vote du dernier sénatus-consulte de mai 1870 qui consacre la transformation libérale et parlementaire du régime à bout de souffle de Napoléon III.

Un vieux monde en déliquescence, où les Messieurs très "comme il faut" vont finir leur soirée au bordel, les artisans et ouvriers épuisés s’affaler au comptoir de bistrots enfumés, où les argousins s’infiltrent dans les tavernes pour démasquer les adeptes de l’Internationale … il faut dire qu’à part les informations fournies par les indicateurs, la police n’a pas beaucoup d’outils fiables pour traquer les assassins.

Dans ce Paris des Impressionnistes et de Zola, un éventreur est à la manœuvre. Il tranche ses victimes de bas en haut, des jeunes hommes à l’ample chevelure blonde, les ouvrant du pubis au sternum, puis les scalpe et leur glisse au fond de la gorge un petit crabe mou ... Il met en scène de façon spectaculaire ces crimes atroces qui correspondent à l’œuvre d’un jeune poète inconnu dont il est éperdu d'amour et d'admiration : un certain Isidore Ducasse, rencontré à Bordeaux, et qui n’a pas encore publié son premier recueil de poèmes surréalistes et sanglants : Les chants de Maldoror.

Pour le Chef de la Sureté, cette série de meurtres effrayants commence à poser problème. Il compte sur la sagacité d’un jeune inspecteur plutôt moins corrompu que la plupart des argousins, François Latamendia. Et sur l’honnêteté d’Etienne, un jeune ouvrier tourangeau monté à Paris qui a aperçu l’effrayant criminel.

Dans un style étincelant, une langue imagée, avec la description haletante de luttes farouches, les décors fangeux des caniveaux glissants des bas-fonds, à travers le parfum suave mêlé de sueur du salon de la maison close, Hervé Le Corre ne cache pas son inclination pour la lutte sans pitié que se livrent les nantis et les exploités qui vont très bientôt se soulever dans l’épisode sanglant de la Commune.

C’est un combat qui, pour les survivants, débouchera sur l’institution de la République … mais pas vraiment sur l’allègement de la situation des travailleurs. Mais l’espoir fait vivre !

P. S. Une remarque : je n'ai pas bien compris la signification du titre ... mais quelque chose m'a peut-être échappé. Et surtout, merci à Michèle P. d'avoir retrouvé la référence pertinente dans le Chant 6 de l'oeuvre de Lautréamont, qui explique et le titre de ce roman et le truc du tourteau enfoncé dans la gorge des victimes. Ah, la culture, lorsqu'elle est partagée, quel trésor !!!!

 

L’homme aux lèvres de saphir, thriller de Hervé Le Corre, collection Rivages Noir, 503p., 9,15€

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10 février 2019

Tomi Ungerer, un créateur inoubliable

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On avait fini par le croire immortel, et selon moi, il aurait pu vraiment entrer à l’Académie française … mais j’imagine que cela ne lui serait jamais venu à l’esprit d’y postuler !

Tomi Ungerer (1931 – 2019) est mort vendredi dans son lit, au domicile de sa fille à Cork, dans cette Irlande, pays de son épouse, où il avait planté ses racines dans les années 70.

R.I.P. Tomi Ungerer, merveilleux illustrateur, révolté, attendrissant, plein de tendresse malgré les vicissitudes de la vie de ce jeune alsacien barbelé, qui a connu la férule allemande et l’interdiction de parler français qu’il raconte si bien dans « A la guerre comme à la guerre ».

On connait peu ses dessins politiques ou érotiques (à ne pas mettre entre toutes les mains). Il est parti dès 1956 à New-York où il travaille pour Life et le New York Times, milite contre la guerre au Viet-Nam, produit des affiches publicitaires – mais c’est surtout pour ses adorables ouvrages pour enfants que nous l’apprécions.

 

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ll a créé une foule de personnages attachants : Adélaïde, kangourou ailé, Crictor le boa, Otto l’ours en peluche tout couturé, Emile le poulpe sauveteur, le chat grognon de Pas de baiser pour maman … et l’inoubliable illustration du conte des Trois brigands qui sont et demeureront longtemps dans toutes les mémoires.

Un auteur que j’ai découvert à travers les yeux émerveillés de mes petits-enfants … et qui – honneur suprême – a son musée à non nom au Centre International de l’Illustration de Strasbourg. Un incontournable pour tous ceux qui viennent visiter la métropole alsacienne.

Satiriste à l'humour décapant, publicitaire, illustrateur, conteur, artiste engagé et indompté …. Nous n’oublierons pas Tomi Ungerer, l’un des géants de l’image de notre temps.

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