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08 avril 2020

La Section Noire, thriller historique par Gral Saint James

Quelle mouche m’a piquée en commandant ce livre baroque ?

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Une pub furtive, la crainte de manquer de munitions pendant cette période de confinement, une erreur sur la personne de l’auteur ? Mon appétence actuelle pour les récits de guerre, après avoir lu La Débâcle de Zola … Sans doute un peu de tout ça !

Nous sommes en février 1916. Ce récit plein de fureur meurtrière raconte les exploits d’un groupe de vingt-cinq hommes super entraînés qui reçoivent pour mission de pénétrer de nuit à travers les lignes allemandes, d’éliminer toutes les sentinelles se trouvant sur leur chemin et de ramener un maximum de documents (plans d'attaques, positions des nids de mitrailleuses ...) et si possible des prisonniers pour les interroger.

Sous le commandement du capitaine André Albert, un dur de dur sans aucune pitié, ce sont tous des survivants, volontaires, que rien n’effraie. Des « nettoyeurs de tranchées » ou encore des « corps francs » à la manière du Capitaine Conan de Roger Vercel. Mais là, ils vont avoir à faire à forte partie : une troupe d’Allemands sanguinaires qui s’infiltrent dans les villages du front et exterminent tous leurs habitants. La Section Noire de 2A est chargée de retrouver et anéantir cette Division de la Mort, avec à sa tête, un certain « Kaiser », un psychopathe. Seulement, les hommes de 2A vont tomber dans une suite de pièges …

Le roman s’appuie peut-être sur des mémoires … mais si le style est alerte et les scènes de violence bien campées, on a l’impression de se retrouver non pas au cœur d’un champ de bataille mais dans un jeu vidéo, ou encore dans la scène de fusillade dans la brasserie clandestine des Tontons flingueurs. A chaque pas, une porte s’ouvre et un monstre surgit qu’il faut tuer ou qui vous tue, on se relève et on recommence.

En filigrane, une enquête, une vengeance, des fausses p istes, des révélations rocambolesques … C’est prenant, totalement invraisemblable, construit en trois épisodes d'inégal intérêt.

Le plus désagréable, c’est qu’il s’agit d’un livre produit en autoédition et pas ou très mal relu. Les fautes d’orthographe abondent, plus nombreuses encore vers la fin du texte : on sent que l’auteur peine à terminer son propre document. C’est dommage car les personnages se tiennent, il manque une analyse plus sévère des redites et de la forme.

Dommage aussi qu’il n’y ait pas de suite … Comme quoi, malgré le caractère sommaire du roman, on en redemande !

 

La Section Noire, roman historique de Gral Saint James, édité par Librinova, 290 p., 14,90

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07 avril 2020

Filet mignon de porc en croûte

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A part la viande, achetée il y a trois jours lors de ma dernière sortie, tout est normalement en stock dans les placards : estragon en poudre, vermouth - ici du Noilly Prat - de la chapelure, de la moutarde, du beurre et de la crème fraîche ...

Le four est à mettre à préchauffer à 180° (Th : 6) ;

Dans une sauteuse à couvercle, commencer à faire prendre couleur le filet mignon bien épongé 5 minutes sur toutes ses faces, dans moitié beurre- moitié huile. Saler et poivrer.

Verser 5cl de vermouth dans la sauteuse et autant d'eau, couvrir et laisser mojoter à couvert pendant 15 minutes. Conserver le jus de cuisson.

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Dans un bol, mettre à fondre au micro-ondes 30 à 40 grammes de beurre, puis ajouter 3 cuillerées à soupe de chapelure, une cuillerée à café de moutarde et une grosse cuillerée à café de feuilles  d'estragon deshydraté - ou frais si vous en avez - pour former une pommade.

Sortir le filet mignon de la sauteuse et le laisser refroidir un peu. Le tartiner avec la pommade et le placer dans un plat allant au four. Enfourner pendant environ 10 minutes supplémentaires.

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Pour servir, découper le filet mignon en rondelles et l'arroser avec une sauce formée du jus de cuisson augmenté de trois cuillerées à soupe de crème fraîche liquide.

Racler les restes de pommade qui sont encore au fond du plat de cuisson au four.

Servir avec du riz blanc ...

 

06 avril 2020

Des masques pour l'extérieur ...

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C'est une fabrication maison à vue de nez ...

Accessoire utile même lorsqu'on respecte scrupuleusement la distanciation sociale de plus d'un mètre, et si on nous oblige bientôt à en porter pour sortir, je suis pour !

Lisez le premier commentaire de ce post, écrit par Anna, un médecin ...

Et puis, ça rassure nos interlocuteurs, et en particulier nos commerçants particulièrement exposés ...

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Une suggestion de mes filles : j'avais le tissu (Petit Pan à Paris) et les élastiques de culottes, et le temps. Cependant, il y avait quatre ans que je n'avais pas touché à la machine à coudre, que j'ai eu un peu de mal à me remettre en route et à retrouver comment enfiler la bête, constituer une canette ...

Bref. En tout, pour 4 masques "alternatifs", cela m'a pris deux heures.

Pour 4 masques à 3 plis "religieuse" de type "alternatif", j'ai regardé plusieurs tutos. Il y en a de nombreux sur internet.

Au départ, il faut un rectangle de 32 cm sur 20 d'un tissu relativement serré et deux attaches de 21 cm pour un homme, 19 pour une femme.

On commence par plier le rectangle endroit contre endroit sur la longueur et on fait une couture sur le bord de largeur 20 cm, en laissant au milieu une ouverture d'environ 5 à 6 cm pour pouvoir retourner.

Repasser le "sac" obtenu - toujours sur l'envers - avec les 2 côtés verticaux ouverts, la fente horizontale au milieu. Ce sera l'envers du masque. On pourra aussi, quand l'objet sera fini, glisser par la fente une feuille de papier filtre à l'intérieur (type sac d'aspirateur ou filtre à café).

Glisser les attaches bien à plat à l'intérieur, en haut et en bas, de chaque côté. Elles forment 2 arcs, il faut veiller à ce qu'elles soient bien à plat. Les fixer avec des épingles. Laisser dépasser un petit bout hors du "sac" afin de bien coudre les extrémités avec la machine. Attention, ça fronce ...

Coudre à petits points les côtés ouverts, sur l'envers, pour emprisonner les attaches en faisant de allers-et-retours à teur niveau pour bien conforter la couture.

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Retourner le masque en passant les attaches par la fente. Mettre le masque désormais à l'endroit bien à plat et le repasser. Une fois terminé, le masque mesure à plat environ 15 cm de hauteur. Après que les 3 plis ont été fixés, 9 cm sur 20.

Former les trois plis et les fixer avec des épingles. Repasser bien fort sur les côtés.

Faire une couture - la machine rechigne un peu sur les trois épaisseurs - sur tout le pourtour au plus près des bords. Couper les fils.

 

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05 avril 2020

Restons chez nous, et optimistes ...

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Il y a deux façons de considérer le confinement : regretter amèrement tout ce qui n’est plus possible et les quotidiennes entraves à notre liberté, ou regarder plus loin et penser aux opportunités qu’il nous donne pour améliorer notre avenir …

Car nous vivons des épisodes absolument inédits : il suffit de sortir  pour s’en rendre compte : les rues vides, le silence, le chant des oiseaux …

Je suis étonnée de la discipline respectée par mes concitoyens. Les queues s’allongent devant les commerçants ouverts (on a de la chance que le soleil brille), respectant la distanciation sociale, personne ne proteste (la plupart consulte son téléphone portable). Il faut dire que les rayons des superettes sont garnis régulièrement. Pas de risque de pénurie de pâtes ou de papier toilette. La Poste fonctionne de façon moins régulière, mais tant qu’elle m’apporte mon programme télé chaque semaine, je ne panique pas. Seule ma commande de dosettes de café m’inquiète … Nous passerons au thé le moment venu.

 

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En attendant que la vague de malades graves s’étale, il est patent que bien des habitudes vont changer. Et pas toujours en mal, tant il est vrai que notre pays, toujours pétri de certitudes et de centralisation depuis Colbert, est toujours convaincu de disposer du meilleur système administratif. C'est dans les périodes de guerre ou de crise sanitaire qu'on apprécie comment fonctionne - ou pas - l'Etat. Pour l'instant, il tient, mais il va y avoir des remises en questions.

Avec cette crise dramatique, nous avons découvert bien des vérités jusqu’ici ignorées. En particulier l’explosion des usines à gaz administratives. Demain, à l’hôpital, j’imagine que les médecins vont reprendre la main. On vient de voir comment ils ont, en un temps record et malgré le manque d’équipements et de personnel, réorganisé le parcours des grands malades. On a vu aussi que nombre de patients qui jadis affluaient aux urgences pour un oui ou un non se sont tout à coup évaporés. La coopération entre médecine de ville et hôpital devra être totalement réinventée.

 

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On a vu aussi comment, la nécessité a mis la plus grande partie des travailleurs tertiaires au télétravail. Ils avaient déjà rôdé le système grâce aux grèves de transports publics.

Le télétravail, grâce au haut débit (mais il va falloir éradiquer les zônes blanches qui subsistent) , c’est une bénédiction : une excellente productivité (moins de stress et de bavardages entre collègues, de réunions inutiles …), moins d’engorgement dans les transports et de fatigue, de bouchons aux abords des villes, moins d’accidents de la route, de pollution, meilleure insertion des handicapés, réduction de l’absentéisme, des frais généraux, assouplissement du temps de travail, augmentation de l’autonomie, développement de l’économie en milieu rural, moins de dépense de gasoil . J’en passe.

Idem pour le travail scolaire à distance, avec toutefois une grosse réserve : avoir sous la main des parents capables de soutenir les plus faibles. C’est le plus gros bémol.

En revanche, je suis totalement favorable à l’obtention du bac par contrôle continu. Les professeurs sont les plus en capacité d’apprécier si tel ou tel de leurs élèves sont aptes à poursuivre des études supérieures. Je leur fais totalement confiance. Des jurys devront assurer une équité entre tous les établissements et leur façon de noter.

Nous devrons relocaliser certaines productions stratégiques, reconquérir, au niveau européen a minima notre indépendance dans certaines productions indispensables. Des pandémies comme celle que nous subissons aujourd’hui, nous en subirons d’autres. Il faudra reconstituer nos stocks de médicaments, de tests et de matériel de protection. Et prendre conscience que certaines fragilités peuvent devenir dramatiques. En France, 17% des adultes sont en surpoids. C’est un facteur aggravant face au coronavirus. Il faut que les jeunes s’en rendent compte et s’autorégulent.

Chacun de nous a le pouvoir de changer les choses : en restant confinés, en renonçant à nos vacances : aujourd’hui, normalement, nous étions dans le train pour rejoindre le Lot-et-Garonne …

Pas d'illusions non plus : la facture collective va être salée. Nous serons sollicités, c'est normal. En attendant que nous sortions le plus vite possible de ce cauchemar … Portez-vous bien !

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04 avril 2020

La Débâcle, roman d'Emile Zola

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C’est un temps de confinement propice à l'immersion dans les grandes œuvres de la littérature. Ce 19ème tome de la saga des Rougon-Macquart est absolument fantastique de réalisme, de précisions – parfois un peu ennuyeuses – d'un récit historique fondé sur une documentation scrupuleuse et une foule de témoignages qui sonnent vrai, dans toute l’horreur de ce conflit.

La Débâcle paraît en 1892, après L’Argent l’année précédente. Il aura été vendu à 265000 exemplaires en 1928. Zola sait que de très nombreux rescapés de ces héroïques combats sont encore là pour dénoncer ses éventuelles erreurs. La guerre de 70 est une terrible catastrophe, la fin d’un monde, une blessure politique jamais refermée.

On est au milieu des soldats comme dans un gigantesque panorama tels qu’on aimait à les peindre à cette époque. Comme dans un film à grand spectacle, dans les flots de sang et le crépitement sec des balles qui ressemblent à des volées de mouches, les cris des agonisants.

 

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Tout est là : les ordres et les contre-ordres, des officiers ignorant le terrain, incapables, irrésolus, lançant des offensives inutiles, les bobards, les difficultés de communication, les débats dans les états-majors, la faiblesse de l’Empereur déjà déchu de son commandement, malade, les yeux vitreux, souffrant, humilié … La chute de Sedan, le désastre de Bazaine à Metz.

La misère des soldats affamés, l’intendance qui n’est jamais au rendez-vous, la faim, le découragement, les canons aux roues enchevêtrées, la complication des mises en batteries, la détresse des chevaux affamés eux-aussi qui errent en troupes cannibales, les pillages, l’attente sous la pluie avec les sacs et les fusils si lourds, le soleil implacable, la souffrance des blessés qu'on ampute bientôt sans chloroforme. Le terrible dernier combat de la maison des dernières cartouches à Bazeilles (voir le fameux tableau d'Alphonse de Neuville).

Au cœur de cet enfer, deux personnages que tout oppose au départ : l’intellectuel révolutionnaire de pacotille, Maurice Levasseur et Jean Macquart, le paysan raisonnable, qui a déjà fait la guerre puisqu’il a été tiré au sort en 1852 et a gagné ses galons de caporal dans l'armée d'Afrique. De jour en jour, ces deux êtres si dissemblables vont se rapprocher, se sauver la vie l’un l’autre, se comporter en frères. C’est Jean qui représente le bon sens, l"ingéniosité, la générosité. Il incarne le côté conservateur de l’auteur, porte l’espoir du monde. Il a déjà connu – dans La terre – un terrible malheur familial.

La guerre de 70 puis la Commune ont fait l’objet de nombreux ouvrages. En particulier ceux de François Roth ou d’Hélène Lewandowski. La narration des batailles vaines autour de Sedan, dont j’ignore largement la topographie, m’a souvent rebutée. Cependant, les combats de rues dans Paris, la description de la Semaine sanglante de mars 1871 jusque dans les rues de mon quartier, m’ont passionnée.

Ce roman, où l’intrigue sentimentale occupe une part faible, est un monument de vérité, celui d’une guerre moderne non préparée, par des soldats mal équipés, mal commandés, terminée par un désastre politique dont les frustrations accumulées continuent à affleurer aujourd’hui. Une préfiguration hélas d’autres conflits (lire l’Etrange défaite de Marc Bloch) …

Un seul espoir : après ces terribles débâcles, la France s’est toujours relevée. Ne perdons pas espoir.

 

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Pas de référence précise à ce classique de la littérature du XIXème siècle disponible dans toutes les éditions de poche. Un des volumes de ma collection des œuvres complètes d’Emile Zola, qui occupent tout un rayon de ma bibliothèque depuis plus de 50 ans.

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03 avril 2020

Le destin brisé de mon grand-père

 

Joseph Mens

 

En ce moment, je ne lis que des histoires de guerres - est-ce un hasard ? -  et je me dis que nous avons bien de la chance d'avoir, sur la ligne de front, des hommes et des femmes qui tiennent le choc. Et des institutions qui résistent ... Honneur à eux !

Comment survivait-on à l'arrière en temps de guerre au début du XXème siècle ?

De mes grands-parents, je n’ai connu que ma grand-mère paternelle, qui n’avait que dix-sept ans de plus que mon père et dont on croyait qu’elle était sa grande sœur, disparue en 1975, alors que j’avais 30 ans. Dans la famille, elle n’avait cependant pas bonne presse.

Je pense à mon grand-père Joseph, né en 1866, et aux difficultés actuelles éprouvées pas nos petites entreprises, aujourd’hui plongées dans la tourmente du coronavirus. Des bribes de souvenirs m’assaillent. Et comme je lis en ce moment un terrible roman d’Emile Zola dépeignant les  trajectoires dramatiques des hommes et des femmes de son temps, je tente de reconstituer son parcours brisé par la guerre de 14 …

Pas de système de soutien aux entreprises, aucune solution de repli, aucune pitié pour les ouvriers envoyés au front ni a fortiori pour leurs employeurs …

 Joseph Mens était le patron d’une entreprise prospère de peinture en bâtiment à Gap au moment où éclate la Grande guerre. Né en 1866, libre penseur, il est trop vieux pour être mobilisé. Dans la petite ville de Gap, il jouit d’une bonne réputation, encore qu’il professe des idées de gauche, n’hésitant pas à défiler aux côtés de ses ouvriers, drapeau rouge en tête.

 Mimi

Déjà veuf une fois, sa jeune épouse est morte de la tuberculose. Sa deuxième femme, atteinte de troubles psychiques, est placée en établissement de soins. Impossible de divorcer. On place chez lui une ravissante jeune fille juste sortie du couvent. Henriette, dite Mimi, svelte, les yeux bleu-vert, à l’abondante crinière bouclée aux reflets auburn, habile brodeuse et surtout ambitieuse.

Dans cette maison bourgeoise, elle comprend tout de suite qu’elle pourrait accéder à un statut social plus élevé … Elle a 16 ans, lui 44. Il arrive ce qui devait arriver : mon père, Jean, né en 1910, bientôt suivi de trois autres enfants.

Joseph est comblé de cette paternité tardive. Cependant, il faut attendre encore 7 ans avant que le mariage leur soit possible. Mon père, tout jeune, se souvenait d’y avoir assisté.

 Arrive la guerre : plus de marchés publics, des ouvriers mobilisés en masse. Les ravalements et mises en peinture ne sont plus une priorité. La famille de Joseph accourt se réfugier chez lui, il se ruine pour les soutenir. Son entreprise ne vaut plus grand-chose mais il parvient à la brader à un acheteur qui le paye avec des billets de fonds. Dont il n’honorera aucun.

 Joseph et Henriette avec quatre enfants à charge : Jean-Baptiste, Georgette, Paul et Yvon, s’installent à Cannes. Le père travaille à la gare de marchandises de La Bocca, la banlieue industrielle de Cannes avec un dépôt de locomotives. Mon père est mis au travail le plus rapidement possible. A 14 ans, il apprend le métier de peintre en bâtiment. Il commence par passer au goudron la sous-face des wagons …

 Le mariage de ses parents bat de l’aile. C’était déjà le cas au début. Henriette quitte parfois le domicile conjugal, toujours accompagnée de ses enfants. Elle se réfugie chez ses parents. Il vient la chercher, la supplie, redescend à Cannes avec sa famille.

 

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Cependant, on peut imaginer la frustration de cette très jeune femme, coincée avec un époux fatigué, déclassé, avec quatre jeunes enfants … Des disputes homériques surviennent. Un jour, m’a raconté mon père, elle lui tend un fusil et lui crie : Vas-y, tue-toi, tu ne sers à rien …

En avril 1931, mon père effectue son service militaire, chez les chasseurs alpins à Sospel. Il est informé de la nouvelle : Joseph a rendu les armes, il s’est pendu.

 Déjà fiancé à ma mère, ce drame secoue toute la famille. Les parents de Lucie sont de plus en plus réticents : elle est trop jeune et ils ne veulent pas d’un gendre fils de suicidé. On ne plaisante pas avec ces choses-là dans les familles piémontaises …

Henriette, elle, est opposée à une union de son fils avec une famille de « babis », c’est-à-dire d’immigrés …

Mais cela ne compte pas. Jean et Lucie passent outre et se marient à Cannes le 9 janvier 1932. Du destin tragique de son père, Jean plaisantait parfois en évoquant la très forte différence d’âge entre ses parents et disait « Mon père est mort d’une crise de mathématiques ».                                                                                                                      

 Grandeur et surtout misère d’une époque où n’existait aucun système de sécurité pour personne, ni remèdes au malheur des temps. Ce n’est plus le cas aujourd’hui ; mais je suis effrayée devant le coût collectif des mesures envisagées. Soyons forts, nous en avons vu d’autres !

 

N.B. La suite du récit de mes parents est à lire sous le titre "Affaire terminée, j'arrive" dans la colonne de gauche ...

 

 

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02 avril 2020

Wok de poulet à l'estragon et au Noilly Prat

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Aujourd'hui, une recette "spécial confinement", totalement réalisée avec les ingrédients trouvés dans le frigo, le congélo et les placards ... Facile, léger, pas cher et délicieux : que demander de plus ?

Pour deux portions, utiliser deux beaux filets de poulet achetés en supermarché sous blister (ils viennent de Loué). Commencer par émincer finement un oignon moyen et le faire rissoler à l'huile (moitié huile d'olive, moitié huile neutre) dans un wok. 

Saler les filets de poulets détaillés en aiguillettes et les faire colorer dans l'oignon sur toutes leurs faces. Mouiller avec un verre de vin blanc ou, comme ici, du vermouth sec (Noilly Prat) et laisser évaporer à feu vif.

Saupoudrer avec de l'estragon en poudre, poivrer, vérifier l'assaisonnement en sel. Ajouter une grosse portion de champignons de Paris surgelés, qui vont rendre beaucoup d'eau de laisser évaporer ce surplus d'eau de végétation. Cuire à feu très doux environ 15 minutes en vérifiant le niveau de liquide.

En fin de cuisson, ajouter trois cuillerées à soupe de crème fraîche épaisse, bien mélanger et terminer avec des pluches de persil en poudre ...

01 avril 2020

Joyeux poisson d'avril à Claude !

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Pour un haut fonctionnaire (même retraité !), cela ne fait pas très sérieux de célébrer son anniversaire un 1er avril ... Mais on ne choisit pas !

Bon anniversaire à mon cher mari qui passe le cap des 74 ans. Je le suivrai dans 6 mois, mais pour l'instant, je suis encore la plus jeune.

Ces six derniers mois n'ont pas été des plus cléments pour lui avec une hospitalisation en urgence de 24 jours en octobre et novembre, dont il se remet lentement. Déjà, le confinement lui avait été une souffrance. C'est tout de même plus confortable aujourd'hui chez nous bien au chaud avec nos livres et la télé !

Nous avons vraiment hâte que cela finisse pour tout le monde. 

Nous devions partir bientôt en famille dans notre Lot-et-Garonne si cher à nos coeurs, mais finalement, c'est plus simple de rester à Paris car les approvisionnements sont plus faciles ... Et puis, c'est comme ça ; il faut s'y faire ...

Mais notre terrasse sous la glycine nous manque !

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31 mars 2020

Mémoire courte

 

Covid

En réalité, nous sommes des enfants gâtés.

Nous nous sommes collectivement habitués au progrès économique et technologique infini, à une certaine invincibilité, au sentiment d’être désormais à l’abri d’un conflit armé ou d’un cataclysme naturel. Eh bien non. Nous sommes vulnérables à de nouveaux fléaux, inattendus, inimaginables, comme ceux que nos anciens ancêtres ont subi, sans pouvoir rien y faire  …

Si anciens que ça ? Voire …

En 1957 – 1958, nous avons souffert de la grippe "asiatique » qui a fait en France, sur deux hivers, environ 25000 morts. A l’époque, aucun vaccin contre la grippe saisonnière, aucune thérapeutique. La croissance économique avait pourtant atteint 4,6% par an … avec une inflation qui frise les 15%. Il n’y a pratiquement pas de chômage mais la balance des paiements est, comme toujours, très déficitaire. On vient de mettre en route une réforme monétaire - le "nouveau Franc" - les autorités minimisent l’impact de l’épidémie, il n’y a pas de canal d’information autre que les sources contrôlées par le gouvernement …  

Dix ans plus tard, c’est la grippe dite de Hong-Kong, causée par une souche de la grippe A, issue du virus H3N2. On dénombre 31000 morts en France. 6000 morts pour le seul mois de janvier 1970. Mais on en parle peu dans les médias : c’est la crise de l’après mai-68 qui mobilise les commentaires … Personne ne parle de pandémie. Et pourtant le vaccin existait, mais il n’avait pas été produit en quantité suffisante, personne n’aurait pensé qu’il fallait en prévoir un à deux millions de doses … C’est cette expérience qui avait fait réagir Roselyne Bachelot lors de l’arrivée de la grippe H1N1, avec le succès que l’on sait …

Nous sommes aujourd’hui dans la tourmente de l’information continue avec déjà plus de 3000 décès dus au Covid-19 depuis le début de l’épidémie et plus de 400 morts supplémentaires chaque jour (en milieu hospitalier), sachant tout de même qu’en France meurent quotidiennement 1700 personnes en période normale et qu’on enregistrera sans doute moins d’accidents de la route ...

C’est seulement en fin de période que nous pourrons mesurer la surmortalité nette due à ce virus nouveau contre lequel nous n’avons aucun moyen de prévention pour l’instant, et les effets du confinement pour en bloquer la progression effrayante du virus. Une mesure jamais appliquée jusqu’ici et dont les conséquences économiques vont être terribles.

Le prochain épisode, ce sera un plan de financement massif, à l’échelle mondiale, pour faire repartir nos entreprises, relancer les investissements… un grand emprunt à long terme ou un impôt exceptionnel, pour faire sortir enfin les épargnes de précaution improductives des livrets A … Ou une nouvelle contribution pour éponger le déficit budgétaire inévitable.

Mais notre santé est à ce prix !

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30 mars 2020

Relire les classiques, et la poésie

Le ciel est par-dessus le toît ...

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Alors que nous sommes contraints de rester à la maison quand le soleil inonde ce ciel que nous ne voyons que de loin, il est des lectures apaisantes.

 

écureuil lecteur

Quand la pile des livres achetés avant la fermeture des librairies a fondu, heureux sont ceux qui, tels l'écureuil, avaient constitué des réserves.

J'avoue tout : lorsque j'étais plus jeune, j'avais acquis des collections d'oeuvres complètes d'auteurs prolitifiques en me promettant de les lire quand je serai à la retraite. En réalité, c'était pour le joli décor de ces reliures avec leur dos en cuir coloré et les dorures des titres.

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Cela fait toutefois plus de dix ans que je profite de celle-ci et ce n'est que de façon rarissime que j'ai puisé dans mes réserves : Malraux, Druon, Mauriac, Maupassant, Paul Varéry et tout le théâtre du XVIIème siècle dans La Pleïade, Zola ...

Parce que pour moi, atteindre la rupture de stock de lecture est encore plus angoissant que manquer de papier toilette ou de capsules de café.

Je vais donc bientôt me replonger dans mes collections. Comme on parle beaucoup de guerre en ce moment, je pense m'attaquer à "La Débâcle" de Zola. Mais dans l'instant, j'ai saisi un des volumes des oeuvres complètes de Verlaine.

Cette collection éditée par la Librairie de France et reliée de façon rustique de cuir brun, date de 1931. C'est mon père qui l'avait achetée, sans doute lors d'un de ses nombreux voyages derrière le Rideau de Fer. Il écumait alors les boutiques de livres anciens ...

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Une belle édition illustrée d'aquarelles et de fusains de Berthold Mahn (1881 - 1975), introduite par André Fontainas (1865 - 1948).

Franchement, j'ai passé les premières pages de la biographie, mais je suis retombée sur ce fameux poème sans titre et dont le premier vers est : Le ciel est par-dessus le toît ...

Et puis aussi : 

 

Clair de lune 

 

Vôtre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques, 

Jouant du luth, et dansant, et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune,

Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et sangloter d'extase les jets d'eau,

Les grands jets d'eau sveltes parmi les arbres.

 

Comment dire ?

Tant de simplicité ... Fait-on encore apprendre par coeur aux enfants des poésies à l'école ?

 

 

 

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