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05 décembre 2022

Déjeuner de famille ...

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Il y avait presqu'un an que nous ne nous étions plus retrouvés en famille un dimanche midi à la maison ... Voici donc le coup d'envoir des célébrations de Noël.

Résultat d'une affectueuse conjuration de mes trois filles qui ont tout organisé, y compris venir mettre le couvert et apporter la plus grande partie du repas pour cette journée où nous avons évoqué naturellement celui qui nous manque tellement.

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Mais la vie continue avec ces ados pleins de vie et de projets, ces jeunes adultes qui travaillent avec ardeur et efficacité à leur avenir ...

Quel plaisir de les avoir quelques heures avec moi.

Et, en plus, la mise en place et la décortion du sapin de Noël.

Il ne me reste plus que la crèche à installer ... ce que je ferai certainement cette semaine.

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04 décembre 2022

Catherine II, biographie par Hélène Carrère d'Encausse

 

Catherine II

600 pages, lues d’une traite, comme un thriller.

Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse ne cache pas son admiration pour cette souveraine absolue qui a tant fait pour son pays d’adoption : Catherine la Grande (1729 – 1796). Et son livre en décrit toutes les facettes, dans un style tout à fait accessible.

Mariée à 15 ans à l’héritier du trône russe et choisie par l’impératrice Elizabeth comme de peu susceptible d’influence politique, Catherine (née Sophie d'Anhalt-Zerbst à Stettin, Poméranie) accède au pouvoir après un coup d’état et un double régicide (son mari Pierre III et le jeune Ivan VI) en juin 1762, avec l’appui de son favori et amant Grigori Orlov et de ses frères.

Cinq ans après sa prise de pouvoir, Catherine assoit sa légitimité et révèle son extraordinaire clairvoyance.

Elle publie le manifeste « Nakaz », largement inspiré de l’esprit des Lumières, et installe la Grande Commission Législative qui va siéger entre 1767 et 1769 (203 séances).

Cette Commission donne à Catherine l’occasion de rencontrer la Russie réelle. On y trouve bien des similitudes avec les cahiers de doléances de 1789. En fait, les délégués acceptent leur condition mais veulent que le pouvoir central desserre son étau.

Le Nakaz, écrit et publié par Catherine, est si novateur pour l’époque que Choiseul en interdit la publication en France, le jugeant trop subversif. Car Catherine est nourrie des œuvres des philosophes français dont elle maîtrise parfaitement la langue et qu’elle accueille et soutient financièrement : d’Alembert, Diderot, Voltaire et Grimm.

En politique étrangère, elle a choisi pour conseiller Nikita Panine : voltairien, franc-maçon et totalement incorruptible. Elle choisit le système d’alliance du Nord et renoue avec la Prusse, contre l’Autriche et France de Louis XV qui la méprise « Tout ce qui peut plonger le peuple russe dans le chaos est profitable à mes intérêts » dit celui-ci.

Son règne est régi par trois principes : La Russie est une puissance européenne, le régime est autocratique car personne ne peut agir dans des conditions dominées par un espace aussi grand, l’agriculture ne saurait prospérer dans un pays où nul ne possède rien.

Elle va œuvrer avec efficacité dans plusieurs domaines : l’organisation territoriale, la tolérance religieuse, l’enseignement – y compris pour les filles – l’organisation d’une fonction publique rémunérée pour supprimer la corruption, la création de richesses via le développement du papier-monnaie.

La Révolution ou « peste française » aura raison du rapprochement avec la France de Louis XVI. Catherine encourage la coalition contre la France mais en réalité, elle poursuit toujours ses deux objectifs majeurs : la Pologne et la lutte contre l’Empire Ottoman pour la conquête des terres jusqu’à la mer Noire, avec l’activité efficace de son favori Gregori Potemkine – sans doute son mari secret – qui voulait se tailler un royaume en Petite Russie …

Petite princesse allemande insignifiante devenue russe et orthodoxe, écrivaine prolifique (romans, essais, théâtre ...), animée d’un patriotisme farouche, fille de Voltaire imprégnée de l’esprit des Lumières, libre de mœurs toute sa vie mais toujours indépendante en ses décisions politiques, cette souveraine exceptionnelle agrandit son empire, installa son pays dans la cour des grands, modernisa son pays mais échoua sur la question du servage. Elle eut raison trop tôt …

A lire pour mieux comprendre les relations entre la France et la Russie, par-delà les siècles ...

Catherine II, un âge d’or pour la Russie, biographie par Hélène Carrère d’Encausse, de l’Académie française, éditions Pluriel pour l’édition en format poche – 631 p., 12,20€

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03 décembre 2022

Un bestiaire japonais, exposition à la Maison de la Culture du Japon

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Une seconde exposition mettant en valeur la culture japonaise se tient en ce moment à Paris, celle-ci à la Maison de la culture du Japon est consacrée à la relation particulière des nippons avec les animaux, qu’ils soient de parade et militaires, de gibier, de compagnie, exotiques, de cirque ou simple cheptel.

 

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Après l’établissement d’Edo comme capitale des guerriers et siège du shogunat Tokugawa au début du XVIIème siècle, la ville qui deviendra Tokyo s’urbanise rapidement et les habitants deviennent friands de nouvelles attractions.

Dans les zones périphériques où vit une abondante faune sauvage, la noblesse pratique régulièrement la chasse. On chasse au faucon des grues, des oies et des canards, les cervidés, sangliers, lièvres et faisans.

La vie des animaux sauvages est un élément familier, étroitement lié aux croyances religieuses et aux rites saisonniers.

La mode des animaux de compagnie, et aussi des animaux rares connaît un boom sans précédent, surtout avec l’ouverture du Japon au monde occidental durant l’ère Meiji (1868 – 1912).

L’exposition montre la symbiose entre l’homme et l’animal et l’attention portée à l’environnement naturel, tels qu’il régnaient au XVIIIème et XIXème siècle.

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Une suite d’estampes et les portfolios, des images surprenantes comme l’évocation des longs cortèges des daïmyos (gouverneurs de provinces) venant présenter leurs hommages de nouvel an à l’empereur avec l’immense troupe de chevaux de guerre, les concours de chants de cailles, les étranges images rouges invoquées pour protéger les enfants contre la variole, des jouets en forme d’animaux …

On y retrouve les représentations de lapins qui font irrésistiblement penser aux modernes héros des anime contemporains, la tendresse des chats lovés dans les plis des kimonos des beautés, les décors somptueux des textiles arborant les figures de volatiles fabuleux …

J’y ai pour ma part retrouvé mon artiste préféré Hiroshige … et bien d’autres.

Une exposition appréciée par les spécialistes, avec peu de monde … et donc tout le temps nécessaire pour admirer les œuvres dans leurs détails.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commissaires de l'exposition : Shûko Koyama, Tomoko Kawaguchi et Naoko Nishimura.

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Un bestiaire japonais, vivre avec les animaux à Edo-Tokyo (XVIIIème – XIXème siècle), à la Maison de la culture du Japon à Paris, 101bis quai Branly – Paris 15ème tous les jours à partir de 11 heures sauf le lundi jusqu’au 21 janvier, 5€.

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02 décembre 2022

Cardigan couleur d'automne (taille 42)

 

P1250024On nous dit que l'hiver météorologique a commencé cette semaine ... C'est donc le moment de se tricoter un gilet bien douillet et vite fait.

Directement inspirée de deux modèles Bergère de France de la collection 2020 – 2021 : la veste longue M1436 raccourcie et le gilet torsadé M1541 pour le motif de feuilles.

Ouvrage tricoté en fil «Duvetine» de Bergère de France, coloris « Tomette» – 73% acrylique, 19% polyamide et 8% Polyester – pour lequel 12 pelotes ont été nécessaires.

Echantillon aux aiguilles n°6,5 : 12 mailles et 20 rangs pour 10 cm. Matériel utilisé : aiguilles n°5 (pour toutes les bordures de côtes 1/1) et n°6,5 pour le corps du cardigan, plus 5 boutons (15mm).

Points employés : voir le diagramme du motif de feuilles ICI. Les godrons sur la bordure de boutonnage sont de 2 rangs alternés à l’endroit et à l’envers sur 7 mailles.

Dos : monter 68 mailles et faire la bordure de côtes 1/1 sur 8 rangs en changeant d’aiguilles au 9ème rang pour continuer en jersey avec les aiguilles n°6,5. A 34 cm de hauteur totale, rabattre de chaque côté 4 mailles (au 53ème rang de jersey) puis continuer droit jusqu’au 90ème rang. Simultanément biaiser les épaules en séparant le travail et creuser l’encolure dos : pour les épaules, rabattre 1 x 6 m. et 2 x 7 mailles, et au milieu, en séparant le travail : rabattre 16 m. puis de chaque côté 2 m.

 

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Devants droit et gauche : ils sont symétriques. Monter 40 mailles et tricoter la bordure de côtes 1/1 en commençant par 2 mailles endroit. Après les 8 rangs de bordure en côtes 1/1, prendre les aiguilles n°6,5.

Pour le devant droit, tricoter 7 mailles en godrons, 10 m. jersey endroit, 13 m. au point ajouré (6 m. envers, 1 m. endroit, 6 m. envers) et 10 m. en jersey. Même travail que pour le dos, avec l’échancrure d’emmanchure au 53ème rang de jersey.

Le creusement pour l’encolure intervient au 85ème rang : rabattre 14 m., puis 3 m., 2 x 2 m., 1 m. Le biais d'épaule commence au 91ème rang.

Le demi-devant gauche est tricoté en vis-à-vis, les boutonnières seront réalisées sur le demi-devant droit sans couper les fils, sur la maille du milieu des godrons.

 

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Manches : monter 35 mailles et réaliser la bordure de côtes 1/1 sur 10 rangs.  Placer le motif au centre : 11 m. jersey, 13 m. motif ajouré, 11 m. jersey.

Augmenter d’une maille de chaque côté tous les 6 rangs 10 fois : on obtient au total 55 mailles  et 5 motifs de feuilles au complet. Rabattre à l’endroit sur l’envers, la hauteur de manche totale étant de 53 cm.

Finitions : Coudre les épaules en égalisant les "escaliers". Poser les manches bien à plat, endroit sur endroit, les assembler en suivant le côté "corps" et à points arrière, puis les manches en centrant le haut de la feuille sur la couture d’épaule.

Coudre les dessous des manches et les côtés en continu. Réaliser les boutonnières sans couper le fil : avec une aiguille à coudre fine, sur l’envers du travail, prendre le fil horizontal de la maille centrale du godron, le tirer et le maintenir 2 rangs plus haut par des points, puis faire la même chose avec le fil se trouvant juste au-dessous en le maintenant 2 rangs plus bas.

Col : monter 89 mailles avec les aiguilles n°5 et tricoter 8 rangs en côtes 1/1, enlever l'aiguille et laisser les mailles en attente. Coudre la bordure sur l'encolure, endroit contre endroit de bordure à bordure, maille à maille, à petits points en prenant garde de ne perdre aucune maille du col.

(rediffusion)

 

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01 décembre 2022

Challenge "Salade César" ...

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Je continue ma comparaison des établissements parisiens qui proposent la salade César.

Cette-fois, ce fut celle de "La Grande épicerie" servie sous la verrière du restaurant du Bon Marché ... et encore pour moi une déception.

Quelle drôle d'idée de servir les filets de poulet panés, style nuggets ou KFC ? Et des lamelles de lard fumé grillé ? Trop peu de sauce, un oeuf poché servi froid, de rares copeaux de Parmesan ... et des espèces de biscuits à la place de croutons de pain.

Des innovations par rapport à la recette de base assez mal venues. Comme la baguette à la française, la salade César devrait être inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO !

Noël approchant, je poursuit le remplissage de ma grille des cadeaux. Il me reste deux cases à cocher seulement.

Je n'avais plus eu l'occasion de me rendre dans le magasin de luxe de mon quartier depuis plus d'une année.

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J'ai trouvé le décor de Noël inhabituellement sobre, avec une profusion de boules et des couleurs jouant sur les nuances de rouge foncé. Pas très original, mais j'imagine que c'est voulu.

Comme moi, la clientèle vieillit mais les prix restent stables - à un niveau élevé, certes, mais c'est du moins mon impression.

On ne ressent pas encore l'ambiance de rush des achats de fin d'année ...

En ce qui concerne la salade César, ma meilleure note est toujours décernée à celle du Sélect, à condition de réclamer un supplément de sauce ...

 

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30 novembre 2022

V2, roman historique de Robert Harris

 

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C’est le troisième livre de cet auteur que je lis, après « Enigma » qui racontait le décryptage des messages échangés entre les sous-marins allemands et leur amirauté et dont la clé fut le fruit d’une coopération polono-franco- britannique, et « D. » récit à peine romancé de l’affaire Dreyfus.

Robert Harris est un conteur hors pair. Il nous replonge ici dans les derniers soubresauts de la lutte entre les nazis et les Alliés, à l’automne 1944 où Hitler jette dans son dernier combat ses armes supersoniques : les V2 qui vont terroriser Londres et Anvers et renverser le cours de la guerre.

Conçues par le surdoué ingénieur Wernher von Braun (1912- 1977), ces missiles balistiques sont appelées « armes de représailles » ou Vergeltungswaffen, construits d’abord dans le gigantesque complexe de Peenemünde – sur l’île de Usedom – puis dans une usine creusée en sous-sol à Mittelwerk après le bombardement du site de la Baltique par les Anglais en 1943

 

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Hitler avait investi des sommes folles sur ce projet. Cependant, même si ces missiles tuèrent 2700 personnes et en blessèrent 6500 à Londres et causèrent 1700 morts et 4500 blessés à Anvers, leur construction détruisit la vie de 20000 déportés assignés à leur construction.

Un projet qui coûta plus au Reich que le Manhattan Project au gouvernement américain.

Le roman met en scène deux héros de ce combat sans merci : le Dr Rudi Graf, un des ingénieurs responsables des lancements, de moins en moins acquis à la cause nazie et ami d’enfance de von Braun d’une part et Kay Caton-Walsh, une jeune officier féminine de l’armée de l’air britannique et mathématicienne chargée de situer le point de lancement de chaque V2 à partir d’un rétrocalcul de la trajectoire de la fusée.

Mais il faut agir très vite, car les pas de lancement sont déplacés après chaque tir …

Pour moi, le souvenir d’une visite du site de Peenemünde à l’été 2014, ou du moins ce qu’il en reste, reste très présent. D'autant plus que mon père fut prisonnier de guerre dans cette région jusqu'en février 1942 et eut l'occasion d'être débriefé après son évasion ...

Les V2 n’eurent pas le temps de jouer le rôle d’arme de destruction massive qui leur avait été assigné. En revanche, le savoir-faire des équipes d’ingénieurs en astronautique allemands prospéra aux Etats-Unis avec le succès que l’on sait dans la conquête spatiale.

Il reste ici un portrait peu flatteur de Wernher von Braun : séducteur, opportuniste, manipulateur et génial inventeur.

 

V2, roman de Robert Harris, traduit de l’anglais par Anne-Sophie Homassel, édité chez Belfond, 361 p., 22€

29 novembre 2022

Le général De Gaulle et la Russie, par Hélène Carrère d'Encausse

 

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Quelques semaines après sa sortie fin 2017, Claude commentait l’ouvrage d’Hélène Carrère d’Encausse consacré à la relation complexe entretenue par De Gaulle vis-à-vis de la Russie. Et des tentatives de médiation plusieurs décennies après et jusqu'ici infructueuses...

A la lumière du conflit qui se déroule en Ukraine, j’ai voulu en savoir davantage sur la relation complexe de la France avec le bloc de l’Est et les efforts du général, dès avant la fin de la seconde guerre mondiale pour redonner à la France son rang de grande puissance, malgré la défaite de 1940.

Dans une perspective de temps long, l’intérêt du livre est de confronter la vision et l’expérience de De Gaulle quant à la permanence des Etats et des Nations, et de rappeler les fondements de la relation séculaire - et changeante voire complexe - entre la France et la Russie.

Le premier voyage du général en URSS se déroule du 24 novembre au 11 décembre 1944.

 

De Gaulle à Moscou 1944

La négociation est engagée sur la fixation des frontières occidentales de l’Allemagne, la représentativité du gouvernement polonais de Lublin affidé à Moscou, et marquée par les interférences de Churchill qui souhaite imposer un pacte tripartite.

Le général a bien perçu la nature terrible des rapports de Staline avec ceux qui l’entourent et qu’il terrorisait. Mais il reste ferme. Un pacte sera signé aux dernières heures de la visite, et sera bien accueilli. La France, grâce à cette négociation, retrouve une place indiscutée dans le monde. Mais ça, c’était avant. Avant Yalta où la France n’est pas conviée car Roosevelt continue à fermer à la France la porte des « grands ».

Après le retour du général en 1958, le monde communiste a changé, mais selon lui, aucune idéologie ne dissimule la permanence de la Russie éternelle dont il admire l’histoire, la culture, le patriotisme exceptionnel, sans oublier qu’elle est aussi un pays communiste, dominateur et impérialiste.

Le rapprochement avec l’Allemagne d’Adenauer irrite Khrouchtchev. Il veut briser cette entente en remettant en cause le statut de Berlin, 10 ans après l’épisode du blocus et du pont aérien.

 

1967

Le rapprochement avec l’URSS intervient lorsque de Gaulle retire la France du commandement intégré de l’OTAN (en 1966), tout en conservant l’alliance comme ultime précaution. De Gaulle entreprend alors une politique de relations bilatérales avec les pays de l’Est tout en dotant la France de la puissance nucléaire. Il veut montrer aux Etats-Unis comme à l’URSS que la France agit de son propre chef et non comme « second » des Etats-Unis.

Il est convaincu que toutes les négociations avec l’URSS sont vaines car elle ne connaît que le coup de force – comme l’érection du mur de Berlin en 1961. Rien n’a changé depuis … Le général pressent les tiraillements au sein du bloc de l’est : en Roumanie, Pologne, Tchécoslovaquie … et surtout en Chine.

Le second voyage du général en 1967 sera triomphal, mais il ne reconnaitra jamais la RDA en tant qu’Etat. En revanche, il est très impliqué dans la diffusion du procédé français de télévision en couleurs SECAM auquel la RFA s’oppose … La politique gaullienne de détente va inspirer Kiesinger et aussi Willy Brandt dans son « Ostpolitik », ouvrant une voie favorable au dépassement des idéologies, un modèle de « soft power » pour déstabiliser Yalta.

L’analyse à long terme du Général était fondée sur la certitude que les mentalités et les sentiments profonds des hommes et des peuples sont les principaux leviers de l’histoire, et non la pure compétition de puissance et de moyens matériels.

Une analyse toujours d’actualité pour ce qui concerne le conflit russo-ukrainien …

 

Le Général De Gaulle et la Russie, essai par Hélène Carrère d'Encausse (2017), de l'Académie française, édité chez Fayard, 279 pages, 20 €.

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28 novembre 2022

Huit heures à Berlin, 29ème aventure de Blake et Mortimer

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Il faut bien deux lectures consécutives pour saisir tous les secrets de ce scénario à multiples surprises … Et ce vingt-neuvième épisode des aventures de Blake et Mortimer – on en compte désormais 19 qui ne sont plus de la main du créateur Edgar P. Jacobs – est particulièrement dense, et très réussi.

En pleine actualité aussi, un rappel bien utile des dangers de conflit qui pesaient sur le monde en des temps de guerre dite froide et d’affrontement est-ouest, notamment au sujet des frontières de l’Allemagne et du statut de Berlin séparé en deux par le mur érigé en une nuit de dimanche d’août 1961 pour endiguer l’hémorragie de la jeunesse est-allemande ne supportant plus la dictature de la RDA.

Printemps 1963. Blake et Mortimer sont envoyés en mission chacun de leur côté, l’un en Suisse, l’autre sur un chantier archéologique en Union soviétique.

Naturellement, leurs chemins vont rapidement se croiser pour déjouer une abominable machination ourdie par leur ennemi séculaire : Olrik, le criminel mégalomane et génial manipulateur.

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Le suspens est haletant, le dessin particulièrement soigné (il est dit que Aubin a mis 7 ans pour dessiner l’album), les personnages complexes, les « taupes » insoupçonnables. Il ne manque même pas un savant dévoyé – mais depuis la crise COVID, nous savons qu’un professeur de médecine peut diffuser de folles théories – des agents secrets héroïques …

Je cite « Actua BD » : Pas un faux pas dans le traitement d’Aubin, surtout dans le traitement des personnages. On y retrouve le Mortimer athlétique, emporté du Piège Diabolique et de La Marque jaune.

Les vêtements, les automobiles, les coiffures des personnages féminins… jusque dans les détails, la partition est maîtrisée. Nous sommes dans une période « moderne » de la série, celle qui correspond grosso-modo au Piège diabolique (1962).

L’histoire se passe en pleine Guerre froide, le bloc de l’Est devenant l’épicentre de la menace mondiale. Mortimer est emmené dans une histoire aux ressorts scientifiques qui n’est pas sans lien avec les albums précédents, de La Marque jaune (1956) à SOS Météores (1959).

Une remarque : mieux vaut maîtriser la langue de Goethe car les dialogues en Allemand ne sont pas traduits ...

Huit heures à Berlin, d’après l’œuvre d’Edgar P. Jacobs, sur un scénario de José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental, dessin Antoine Aubin, mise à la couleur : Laurence Croix, aux éditions Blake et Mortimer, 64 p., 16,50€

27 novembre 2022

Black Indians de la Nouvelle Orléans, exposition au musée du quai Branly

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Passionnante exposition qui remonte aux sources du racisme et devrait à ce titre être montrée à tous les enfants … comme aux "grands".

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Elle a pour premier objectif de mettre en valeur la créativité culturelle et artistique des afro-américains de la capitale de la Louisiane, et leurs liens avec les Améridiens encore présents au début de la colonisation française, espagnole et américaine durant des siècles.

Le parcours remonte aux sources : la prise de possession du bassin du Mississipi en 1682 par Cavelier de La Salle au nom de Louis XIV, l’arrivée du premier navire négrier français en 1719, la déportation des Acadiens, le traité de Paris qui cède la Louisiane à l’Espagne en 1763, la guerre d’indépendance des 13 colonies, la vente de la Louisiane par la France (1804), l’abolition de l’esclavage en 1865, aussitôt remplacé par le travail forcé et la ségrégation.

Il y eut aussi la création des Social Aid and Pleasure clubs à partir de 1884, enfin la loi sur les Civils Rights en 1964 …

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On apprécie l'accent mis sur le contexte historique et géopolitique de cette période : le succès fulgurant du sucre et du coton en Europe à partir du XVIIème siècle, nécessitant une production accrue des plantations et donc de l'esclavage ...

On rappelle que plusieurs communautés autochtones de la région ont été, comme les Afro-américains, réduites en esclavage. Elles ont vécu ensemble dans les plantations, échangé des traditions et des rituels comme la prophétie du Bison blanc … et l'utilisation des plumes.

Ces splendides costumes ont été créés au XIXème siècle. Ils symbolisent une forme de résistance au pouvoir de la société blanche : affrontements sanglants, lutte armée contre les colons.

Chaque année, les costumes sont de plus en plus beaux lors de ces défilés du Mardi Gras. La charge financière de ces œuvres d’art incombe pourtant aux participants.

Aujourd’hui, les Blancs ont quitté le centre-ville pour les banlieues et avec eux les emplois.

Ce qui a entraîné une fort hausse de la criminalité et de la consommation de drogue, au point de perturber parfois ces parades grandioses.

Entre violence et résilience, donc.

Car celles-ci continuent à attirer les foules …

 

 

 

Blacks Indians de la Nouvelle Orléans, exposition au musée du quai Branly jusqu’au 15 janvier – ouvert tous les jours sauf le lundi à partir de 10h 30 – 12€

26 novembre 2022

Une des plus belles façades de Paris ...

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... ou la plus moche, si on n'aime pas le style Art Nouveau ! Moi, j'aime ...

Me trompant récemment d'avenue - je cherchais Bosquet, je suis tombée sur Rapp, général d'Empire à la place d'un maréchal de France. Au numéro 29, je tombe sur cette fameuse façade, abondamment décrite dans les manuels d'architecture.

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L'immeuble construit en 1899 - 1901 par Jules Lavirotte, est le premier exemple de l'utilisation de la céramique dans la construction courante et sur une aussi grande échelle.

Une sorte de catalogue en vraie grandeur des produits de son promoteur, le céramiste Alexandre Bigot. Son matériau - le grès flammé - fait partie intégrante du mur de façade, et en démontre les possibilités.

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Les pièces de grès d'environ 6 cm d'épaisseur, sont percées de trous dans lesquels passent des fils de fer attachés aux planchers de chaque étage, un procédé inventé par Paul Cottencin.

"Le tout est bourré de ciment en montant, ce qui fait qu'on a un mur en briques armées et grès d'environ 27 cm d'épaisseur." L'entourage de la grande porte est sculpté par Larrivé.

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Cette façade a été primée au concours des façades de la Ville de Paris en 1901.

Source : Paris, 100 façades remarquables