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22 septembre 2014

La zénitude grâce au tricot

Il y avait plusieurs mois que je ne m'y étais pas remise. Le temps encourageait trop à la promenade ces dernières semaines.

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Mais avant d'attaquer les pulls pour mes petits loulous, j'avais en stock une provision de laine mèche achetée sur internet auprès d'une entreprise ... bulgare. Quand je l'ai reçue, je me suis demandée ce que j'allais bien pouvoir faire avec, d'autant que les échevaux sont à rouler en pelote, que c'est la première fois que je tricote avec des aiguilles aussi grandes (6,5) et que si on serre trop fort, le fil casse illico.

Après maintes tentatives et échantillons, j'ai résolu de tricoter un modèle originalement conçu pour enfant, en taille 14 ans. Comme j'ai tendance à tricoter large, ça fera bien un 42 !

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Je me suis lancée dans un truc étrange : un boléro à immense col reversible, sans demi-devants, avec un dos tout court et simplement les manches. Pas de fermeture, mais des rangs raccourcis pour obtenir une châle à torsades qui doivent pouvoir se regarder de dessus comme dessous.

Successivement donc 5 mailles en point de godrons, 2 mailles jersey envers, 12 mailles de torsades (1 maille croisée à droite sur 2 mailles endroit séparées par 3 m. envers, 2 fois), 2 mailles jersey envers, 6 mailles en point de damiers, 22 mailles en côtes 2/2 commençant par 2 m. envers.

Le motif se déroule sur 40 rangs, avec retrait à 6 m. tous les 8 rangs, à 21 m. tous les 16 rangs, à 31 m. tous les 38 rangs : assez pour tenir en haleine avec la grille sur les genoux, non sans se tromper de temps en temps, mais cela ne se voit pas tant qu'il s'agit du point de damiers !

Bref, je rentre dans le "tunnel" de la clinique cet après-midi avec un ouvrage en cours, j'ai déjà presque fini le demi-arrondi réversible. Mais j'ai tout prévu, j'ai déjà écrit d'avance un billet par jour d'hospitalisation, et on me dit que la clinique est équipée de Wi-Fi !

Modèle tiré du "Mag-tricot KID 4-16 ans" de Bergère de France n°158, page 28.

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21 septembre 2014

Le bonheur, c'est simple comme un câlin

Un selfie avec Hugo, une caresse avec Apolline, une photo de mes petits du bout du monde envoyée par leur papa ... Il n'en faut pas plus pour ensoleiller des grands-parents en ce premier jour de l'automne.

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La pluie apaise les températures en ce dimanche, les petits sont fatigués des nouveaux rythmes scolaires, leurs parents sont très occupés. La vie trépidante continue !

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Lumières et Révolutions, 1715 - 1815, par Olivier Coquard

 

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Voici le cinquième volume de la collection « Une histoire personnelle de la France » qui, sous un format ramassé, livre une synthèse éclairante des tendances lourdes qui traversent ce que l'auteur appelle de façon originale « le Grand XVIIIème siècle », avec pour bornes : 1715 – la mort de Louis XIV – et 1815 – la fin du règne de Napoléon. Un siècle d'expansion démographique et économique, de découvertes et de croissance, d'évolution particulièrement rapide des mentalités et des idéaux, qui s'exprimeront à travers l'esprit des Lumières et qui provoqueront la Révolution.

L'idée de bonheur évolue avec l'allongement de la vie. Elle entre en conflit avec la religion car la recherche du bonheur remet en cause les cadres mentaux que l'Eglise avait imposés et qui en faisaient la seule dispensatrice possible du bonheur par l'intermédiaire du salut. Académies, loges maçonniques, salons, compagnonnages structurent la société et diffusent la culture, avec entre autres l'Encyclopédie et la Presse. Les Lumières se reconnaissent entre elles par leur comportement d'élites : endogamie, volonté de promotion sociale des individus qui partagent l'espoir du progrès, celui de la Société et individuel.

Le XVIIIème siècle est celui de l'apparence : on appartient à un ordre, à une corporation, un état social, à une structure professionnelle. On se reconnaît grâce au costume, d'où la multiplication des techniques et des matières premières de l'industrie textile, l'art du maquillage, de la coiffure …La réforme des mentalités conduit aussi à la remise en cause de la place de la femme, malgré le talent conservateur de l'époque, car la pratique religieuse recule, le roman libertin se développe.

Déjà (aussi) l'opposition entre mercantilisme (ou étatisme économique) et libéralisme des physiocrates, entre monopole et libre concurrence, entre parti conservateur partisan de l'absolutisme et parti patriote réformateur.

La pression en faveur des réformes est accentuée par le fait que le roi Louis XVI ne correspond pas à l'idée monarchique : pas assez guerrier, irrésolu … alors que de mauvaises récoltes se succèdent et que le déficit des finances publiques l'oblige à convoquer les Etats Généraux. Les milliers de cahiers de doléances expriment l'angoisse, les attentes, les revendications des peuples.

Extraordinaire époque où les députés mettent en place en très peu de temps une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, abolissent les privilèges, réorganisent le territoire en 83 départements qui rapprochent les citoyens du pouvoir, comblent le déficit en récupérant les biens du clergé et des émigrés, réforment les relations sociales (décrets Le Chapelier et d'Allarde), les poids et mesures et le système fiscal, unifient la monnaie … Toutes ces innovations jusqu'à la fuite à Varennes en 1791 qui fait basculer l'opinion vers la République.

La question religieuse apparaît à l'occasion de la nécessité pour les prêtres de jurer fidélité à la Constitution pour recevoir un traitement puisqu'ils n'ont plus d'autres ressources. Les soubresauts et les révoltes causées par la Constitution civile du clergé s'étioleront peu à peu avec la montée en puissance de Napoléon, la notion de séparation de l'Eglise et de l'Etat apparaissant entre 1789 et 1799 avec l'intégration définitive des protestants et des juifs à la citoyenneté.

Une époque de grands bouleversements, donc, avec l'exportation en Europe de valeurs comme la liberté, les droits de l'homme, la Nation, la popularisation du sentiment national. La stabilisation nouvelle de la société française n'abolit pas les clivages économiques, sociaux ou culturels mais leur transgression n'est plus seulement concevable, elle est désormais légitime et reconnue.

Après lecture de ce livre, on se sent tout ragaillardi. Certaines comparaisons avec la situation économique et politique d'aujourd'hui sont évidentes. Nous en sortir par le haut et à travers les réformes doit être à notre portée. Haut les cœurs !

 

Lumières et Révolutions, par Olivier Coquard, collection « Une histoire personnelle de la France » aux Presses Universitaires de France, 240 p. 14€

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20 septembre 2014

Encornets au chorizo

Pour moi, il n'y a que deux façons de cuire les céphalopodes (encornets, poulpes, seiches, calamars, chipirons et autres supions ...) : soit juste 3 minutes aller-retour à la plancha ou à la poêle très chaude avec très peu d'huile, soit dans une sauce ou un milieu liquide pendant au moins 20 minutes.

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Là, comme ils étaient de petite taille, je vous la fais courte !

Le poissonnier vous proposera peut-être de les nettoyer, sinon, il faut enlever l'encre à l'eau courante, ainsi que la partie dure et transparente qui sert d'armature au mollusque. On sépare les petites tentacules et on coupe le corps à plat ou on en fait des rondelles. Sécher avec du papier absorbant pour éviter les éclaboussures au contact de l'huile chaude.

Par personne, compter environ 300g, une gousse d'ail, la moitié d'un oignon, quatre à cinq rondelles de chorizo très fines, débarrassées de leur peau.

Emincer finement l'oignon et les gousses d'ail.

Commencer par faire "tomber" l'oignon à l'huile d'olive puis verser ensemble les encornets, le chorizo puis l'ail en pétales. Saler, saupoudrer de piment d'Espelette, ajouter une dose de poudre Spigol (ou de safran) qui va donner une coloration ensoleillée. Laisser cuire à feu vif en retournant les encornets, environ 3 minutes.

Avant de servir, verser une courte rasade de vinaigre de Xérès et 3cl de Whisky. Servir chaud sur une salade de mesclun. Ajouter de petites pommes de terre cuites à la vapeur ...

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19 septembre 2014

Le Pérugin, Maître de Raphaël, au musée Jacquemart-André

 

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Pietro Cristoforo Vannucci (né autour de 1450 – mort en 1523), originaire de Pérouse, capitale de l'Ombrie, fut le peintre qui, selon Giorgio Vasari, a joui sur la fin du siècle de la plus grande autorité en Occident.

Largement éclipsé ultérieurement dans la mémoire collective par ses contemporains (Botticcelli, Da Vinci, Michel-Ange), on a du mal à se figurer sa renommée et sa fortune de son vivant, le fait qu'il se partageait entre ses différents ateliers de Florence, Pérouse, voyageait à Rome, Venise …

Cette exposition nous permet de combler bien des lacunes en réunissant de façon exceptionnelle cinquante œuvres, dont une dizaine de Raphaël, l'élève hyperdoué …

Et pour nous le souvenir ėbloui d'un voyage en Ombrie et en particulier à la Galerie Nationale de Pérouse, et la visite d'une des oeuvres majeures de ce peintre in situ : les fresques de la loge des changeurs, qui manquent un peu ici ...où on deroule un court résumé du parcours d'une longue carrière : Le Perugin entre en apprentissage dans l'atelier de Verrocchio avant 1470. Sa réputation égale bientôt celle de Sandro Botticelli, Filippino Lippi, Ghirlandaio, Signorelli qui tous travaillent aussi pour Laurent de Médicis. En 1479, il est appelé par le pape pour coordonner les travaux de la Chapelle Sixtine.

 

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Raphaël, qui a 17 ans, entre à l'atelier du Perugin en 1500. Il saura s'inspirer du talent de son maître, alors à son apogée, et le porter à des altitudes infinies, car la parenté stylistique entre les deux artistes est évidente.

Sur la fin de sa carrière, on trouve soudain toutefois le style du Pérugin démodé, répétitif. On dit qu'il se contente de superviser la production de ses ateliers, en redoutable homme d'affaires.

Il aura certainement introduit dans cette époque de la Renaissance, une nouvelle manière de peindre, avec en arrière-plans des paysages pleins de poésie, la merveilleuse douceur des compositions, des couleurs dorées, des portraits d'une merveilleuse vérité.

Quel plaisir de s'attarder dans la salle des madones … on peut y comparer la sienne et celle de Botticelli, qui datent de la même année : le visage de la vierge est plus réussi chez Le Pérugin, celui de l'enfant est plus avenant chez Botticelli …

 

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Je suis bien moins enthousiaste sur les œuvres profanes, comme le tableau « Le combat de l'Amour et de la Chasteté », sauf sans doute pour le paysage d'arrière-plan, ou le petit tableau représentant Apollon et Daphné, pour lequel on dit que Laurent de Médicis aurait prêté ses traits. En revanche, on reste subjugué devant la sobriété attentive du portrait de Francesco delle Opere, un riche artisan, ou plus tardif, celui de Marie-Madeleine, peint après le voyage de Pérugin à Venise.

 

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Une exposition à déguster longuement, de très près … ah, les merveilleuses prédelles de l'avant-dernière salle ...où l'on apprend beaucoup sur cette époque fantastique qui voit se fracasser des génies plus novateurs les uns que les autres, bénéficiant de commandes éclairées de mécènes – Laurent le Magnifique, Francesco della Rovere, les Sforza, Gonzague, Este, doges et papes …

L'exposition vient d'ouvrir ses portes, il n'y a pas encore trop de monde le matin … Cela ne durera sans doute pas !

 

Le Pérugin, Maître de Raphaël, au musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris, jusqu'au 19 janvier, ouvert tous les jours de 10h à 18 h. 12€,



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