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22 mai 2018

Mon challenge personnel de la salade César (suite)

César du ribeca

caesar du Sélect

caesar à Duras

césar du Nicole's

caesar du café Beaaugrenelle

IMG_2278Je poursuis mon banc d'essai des salades César les meilleures de Paris et d'ailleurs. Chaque fois que je trouve ce plat à la carte d'une brasserie, je le choisis en effet.

Jusqu'ici, je ne parvenais pas à détrôner celle du Sélect, mythique établissement du quartier Montparnasse où nous avons nos habitudes le dimanche midi. J'ai éprouvé de cruelles déconvenues, mais aussi d'heureuses surprises, tant à Paris qu'en Province.

Celle du café Tribeca rue Cler, par exemple, avec un oeuf poché et non dur. Une idée à retenir.

Dernièrement, nous avons testé le Café Beaugrenelle, avec sa grande terrasse devant le centre commercial du même nom. Voici un décor de brasserie 1900 toout neuf et très "Disneyland" avec des serveurs déguisés en tabliers ultra-long et une clientèle de jolies filles et de jeunes cadres dynamiques. Cependant, on pratique ici une forme d'humilité et la carte des salades vous emmène au bout du monde. Elles ont pour nom "Comme à Montevideo" ou, dernier avatar de la Caesar salad : "Comme à Manhattan".

Très copieuse, largement suffisante pour un repas de midi, la variante de la recette est l'ajout de copeaux de bacon poêlé. Mais la salade est généreuse et la sauce bien équilibrée ... et servie à part comme dans "Quand Harry rencontre Sally". On va la placer ex-aequo avec celle du Select qui a désormais la bonne idée de proposer un huilier pour allonger un peu sa sauce parcimonieuse.

A éviter particuièrement, la César des Deux Magots, célébrissime café de la place Saint-Germain des prés : tarifée à 19,50€ alors que le prix habituel à Paris est autour de 15€, je l'ai regardée dans l'assiette d'une touriste ... rien de bien engageant.

Rappelons que les ingrédients classiques de la Caesar Salad sont : des filets de poulet cuits à coeur à la poêle ou au four et non pas frits ou panés, de la salade romaine, des oeufs durs, des copeaux de parmesan, des croutons de pain rassis passés à la poêle et, pour la sauce, une base de mayonnaise agrémentée de parmesan en poudre et quelques gouttes de sauce Worcester ...

Les tomates cerise, c'est pour la couleur, il n'y en avait pas dans la recette inventée par Caesar Cardini (1896 - 1956), le restaurateur californien (et non newyorkais) qui inventa ce plat qui a fait le tour du monde. Ma recette perso.

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21 mai 2018

Subodh Gupta au Palais de la Monnaie

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Contraste saisissant entre l'ordonnance classique de l'Hôtel de la Monnaie, pur joyau du style Louis XVI, et les accumulations d'ustensiles de cuisine rutilants de Suboh Gupta.

L'artiste indien né en 1964 dans le Bihar nous saisit dès la cour d'honneur avec le People Tree, ce banian monumental avec ses racines gigantesques et ses feuilles étranges en acier inoxydable.

Car ce matériau si caractéristique de la vie quotidienne indienne est devenue le symbole de la prospérité de la classe moyenne. Des objets que la famille de l'artiste n'avait pas la possibilité d'acquérir. Car même si une majorité des familles indiennes possèdent ces ustensiles, elles n'ont pas toujours la possibilité de les remplir chaque jour ...

 

La cuisine au centre de la maison, la vaisselle, le repas sont donc évoqués comme lieu de rencontre de l'humanité et moment de civilisation par excellence. De ces objets du quotidien, Gupta fait des eouvres d'art. Il transpose des mangues dans un lavabo en bronze, une parfaite illusion, nous montre des assiettes empilées dans un évier.

Un crane gigantesque, spectaculaire, évoquant un dieu devenu vanité universelle trône dans le grand salon "Very Hungry God "(2006). Il fut exposé pour la première fois lors de la Nuit Blanche de 2006 dans l'église Saint-Bernard ... encore un symbole contre les expulsions.

 

La nourriture, mais aussi le voyage, l'exil : des bidons de lait, des casiers pour transporter les repas qui tournent en rond sur un circuit sans fin, des pots, une pirogue, des vélos, des projecteurs de cinéma - objets du quotidien supports de l'âme en mouvement, sur les routes de la soie, les sept mers. Un lien entre contenant et contenu ... un parcours inspirant, émouvant, surprenant, dérangeant.

 

 

Subodh Gupta, exposition à La Monnaie de Paris, 11, quai de Conti, tous les jours sauf le lundi, jusqu'au 26 aoüt - 14€

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20 mai 2018

Cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité

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C'est bien rare d'assister à la construction d'une cathédrale ... Cela fut le cas des habitants d'Evry jadis ..mais mon village à moi, c'est la rive gauche et j'ai suivi les péripéties de ce geste autant politique qu'architectural : l'édification de cette nouvelle église russe à Paris ... qui aurait pu être remplacée par une mosquée financée par l'Arabie saoudite ... Imaginez un peu !

Un peu coincée entre les murs de pierre blanche de Bourgogne du complexe culturel russe, la cathédrale de la Sainte Trinité dépend du siège du diocèse de Chersonèse qui a en charge les communautés du patriarcat de Moscou en France, Espagne, Portugal et Suisse.

L'édifice occupe 450 m². ll a été dessiné par Jean-Michel Wimotte selon un plan très classique, couronné par cinq bulbes recouverts de 90000 feuilles d'or mat symbolisant le Christ et les quatre évangélistes, culminant à 37 mètres.

A l'intérieur, le décor où domine le bleu céleste, surprend par sa sobriété. Comme dans toutes les églises orthodoxes, le sanctuaire avec l'autel en reste caché aux regards derrière l'iconostase et les Portes Saintes. Peu de bancs si ce n'est des tabourets disposés autour des piliers, des murs blancs, un très beau lustre doré et, le long des murs, des icônes chargées de caches lourdement ciselés ... et, étrange, un énorme samovar ...

Tout à l'air flambant neuf, comme dans un décor de théâtre fraîchement brossé ... On sent une préoccupation de sobriété et de discrétion quoique, selon Jean-François Colosimo, historien des religions et lui-même orthodoxe, cette cathédrale voulue à la fois par Nicolas Sarkozy et surtout Wladimir Poutine exprime "l'affirmation démonstrative de la russité sur les bords de la Seine".

C'est étrange ... me souvenant de mon unique voyage en ex-Union soviétique - c'était en 1962 - je ne suis entrée dans ce sanctuaire qu'avec une certaine appréhension ...

Mais ce matin, j'en profite pour souhaiter à toutes et à tous une joyeuse fête de Pentecôte.

 

 

 

Centre spirituel et culturel orthodoxe russe (CSCOR) de Paris, 1 quai Branly 75007 Paris. Visites à partir de 15 heures.

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19 mai 2018

En guerre, film de Stephane Brizé

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Cette phrase de Berthold Brecht est placée en exergue : «Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu».

Tout est dit. Voici un TRES beau film qui évoque « Un combat contre le pacifique », « Don Quichotte » ou encore « Jusqu’au bout sur nos Messerschmitt ». Le combat inégal entre le pot de terre et le pot de fer qui décortique avec honnêteté les rouages d’un conflit social ultra classique, tels que nous en avons connu chez Continental, Goodyear, Whirpool : la délocalisation d’une usine décidée en toute mauvaise foi par un groupe étranger, au mépris d’un accord d’entreprise mais à l’appui d’un arsenal juridique implacable. Le droit de propriété qui permet au détenteur du capital de fermer une unité de production, la loi qui oblige le groupe à rechercher un repreneur mais qui ne peut le contraindre à vendre à celui qui risque de devenir un concurrent …

Et puis le désespoir engendrant la violence de ceux qui pensent n’avoir plus rien à perdre, la désunion d’avec les pragmatiques qui cherchent à négocier de meilleures contreparties, les insultes, les agressions …

Lui, le leader syndical (Vincent Lindon, magistral) : engagé, idéaliste, dur et tendre, courageux, révolté par la parole bafouée, insoumis, maximaliste, suivi par ses fans dont l’excellente Mélanie (Mélanie Rover). Eux : ceux qui savent, l’entreprise mondialisée, froide et sans affect, déterminée, jouant la montre et le pourrissement …

C’est un film sincère, réaliste, bien documenté, filmé avec une très grande majorité d’acteurs non professionnels qui, pour la plupart, jouent un rôle qu’ils connaissent bien. Car le décor est bien réel : c’est l’usine Métaltemple Aquitaine de Fumel, qui a subi une succession de plans sociaux et ne compte plus aujourd’hui qu’une trentaine de salariés. Dans la foule des figurants, j’ai reconnu Carlos B. que je connais depuis 20 ans … et pour qui cette expérience inouïe de tournage fut une parenthèse enchantée à l’automne dernier, lui dont l’usine Woodlock de Cuzorn a fermé depuis plusieurs années et qui se trouve toujours au chômage.

C’est un thriller social, avec des rebondissements inattendus mais une fin très réaliste … Le monde change, la réalité capitaliste est cruelle. Mais on sait aujourd’hui que le système communiste a engendré de bien plus terribles résultats. Avec le leader Laurent Amadéo, on ne peut s’empêcher de penser au patron de Solidarnosc. Mais n’est pas Lech Valesa qui veut !

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18 mai 2018

Enfers et fantômes d'Asie

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Depuis longtemps, j’admirais les estampes insolites d’Hokusaï mettant en scène des têtes de femmes volantes ou dotées d’une très long cou, et les figures épouvantables de démons chez Kuniyoshi, Yoneshige ou Haronobu.

Ces personnages destinés à hanter l’imaginaire ou montrant des scènes de tortures inouïes ne sont donc pas seulement l’apanage des tableaux du Jugement dernier de nos églises médiévales.  Car si le bouddhisme a contribué à la construction de cet imaginaire, c’est bien en marge de la religion, dans l’art populaire et profane, que la représentation des spectres s’est surtout développée,

Des peintures bouddhiques au J-Horror, des estampes d’Hokusai à Pac-Man, du culte des esprits en Thaïlande au manga d’horreur, la figure du fantôme hante l’imaginaire asiatique depuis des siècles. En Chine, en Thaïlande ou au Japon – terrains d’étude de l’exposition – l’engouement populaire pour l’épouvante est bien réel, imprégnant une grande diversité des productions culturelles. Esprits errants de la forêt, femmes-chats vengeresses, revenants des enfers affamés (« walking dead »), vampires sauteurs ou yokaïs (créatures fantastiques du folklore japonais) : leurs apparitions sont multiples et se jouent des époques et des supports artistiques.

L’exposition présentée par le musée du quai Branly est particulièrement riche : des gardiens de tombes et de temples, statues de cire, netzukés, estampes anciennes, Phi, êtres surnaturels qui reviennent hanter les vivants, vagabonds maléfiques, costumes chamarrés de personnages de théâtre et de prêtres taoïstes, tous issus des contes populaires de Chine, du Japon, de la Thaïlande … sources évidentes des Pokemons et monstres si chers aux enfants.

Comment devient-on un fantôme ? En général, à la suite d’une mort violente ou d’une injustice non punie ou de rituels funéraires non respectés. Son activité favorite ? La vengeance contre ceux qui ont causé sa mort : il peut les attaquer directement ou les entraîner dans la folie jusqu’à la mort. Pour calmer les fantômes, il faut se rappeler de leur histoire et réparer la faute qui a provoqué leur mort, entretenir le souvenir des ancêtres et les respecter. Avec cette exposition, nous apprendrons à reconnaître les fantômes squelettiques, la japonaise dans son linceul avec ses cheveux décoiffés, le vampire sauteur chinois – on attachait les chevilles des morts pour éviter leur retour parmi les vivants – ou les spectres prédateurs.

Ainsi pouvons-nous constater que le besoin et par conséquent l’art de se faire peur survit à travers les civilisations et les siècles … A méditer !

Enfers et fantômes d’Asie, exposition au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, jusqu’au 15 juillet, ouvert tous les jours sauf le lundi – 10€


17 mai 2018

Boulanger 3 - FNAC 0

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Non, il ne s'agit pas du score sans appel d'une finale de coupe d'Europe ....

La vente est un métier qui s'apprend et qui comporte des règles de base, mais il apparaît que ces techniques ne sont pas maîtrisées par tous ...

Depuis quelques semaines, je suis préoccupée par l'état de mon ordinateur dont la charnière est déglinguée avec pour résultat de ne plus pouvoir rabattre l'écran sur le clavier et surtout de ne le changer de place qu'avec d'infinies précautions. Paradoxal pour un ordinateur portable ! C'est une dépense dont je me serais cependant bien dispensée ...

En première instance, je suis allée faire un tour à la FNAC de la rue de Rennes ... Beaucoup de monde, des vendeurs peu intrusifs (un bon point), une ambiance très dense. Toutefois, j'en aborde un et lui décris mon problème et mon désir d'achat, il commence à me dire que les charnières des ASUS tiennent rarement au-delà de 3 ans (sympa pour un vendeur de la marque ...). Voyant que j'hésite entre les multiples modèles, il me laisse en plan au bout de 5 minutes ... Je reste totalement démunie devant la multiplicité des offres sans comprendre précisément quelles performances expliquent écarts de prix. Je me dis que je n'acheterai en aucun cas un nouvel appareil ASUS, et surtout pas à la FNAC.

Changement de décor, j'entre pour la première fois dans un magasin Boulanger, à Beaugrenelle. C'est clair et aéré, on est accueili avec des sourires, ce sont les mêmes produits, et les mêmes prix. Je demande conseil auprès d'un jeune homme. Je lui donne mes critères de choix - comme je l'avais fait dans le précédent magasin - à savoir : une capacité de mémoire de 8Go, un processeur rapide pouvant traiter des images - mais pas des jeux vidéo - un écran de 14 pouces et un poids inférieur à 1,5 kg. Je m'informe sur les produits "Surface", on m'explique les spécificités de l'écran tactile ...Bof, bof, bof pour moi. Et puis le vendeur me propose ce qu'il considère comme la machine qui correspond à mes besoins : un HP Envy, présenté avec une promotion intéressante.

Il m'a écoutée, a saisi quels étaient mes besoins, n'a pas forcé la vente. Résultat : j'ai acheté l'ordinateur, l'antivirus sur 3 ans avec une garantie de service après-vente, la prestation d'un spécialiste pour une bonne mise en route et le transfert de mes fichiers. J'ai dépensé plus que ce que j'avais envisagé .... mais je suis satisfaite de mon achat et j'attends avec impatience mon nouveau jouet quotidien.

La vente, c'est tout un art fait d'écoute, d'empathie, d'analyse, d'autorité, de force de conviction, d'amour des relations humaines. C'est toute la différence entre une maison qui traite bien ses collaborateurs - et par conséquent aussi, ses clients - et les autres. Pas seulement une question de formation initiale, mais aussi de casting des vendeurs ...

 

 

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16 mai 2018

Une heure avec Roy Braverman

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C’est toujours un plaisir de pouvoir dialoguer avec un auteur dont on apprécie le talent … et surtout si l’homme offre plusieurs facettes, sous divers pseudonymes : Roy Braverman c’est l’un des avatars de Patrick Manoukian, mieux connu sous le nom de plume de Ian Manook (la trilogie des Yeruldelgger, Mato Grosso) ou encore Paul Eyghar, Jacques Haret …

Ecrire sous pseudo, c’est sa façon de travailler. L’homme n’a pas arrêté d’écrire depuis ses 15 ans, tour à tour journaliste, éditeur, animateur de radio et de télévision, écrivain pour le jeunesse, scénariste de bandes dessinées, auteur de polars à succès.

Tel un peintre qui commence un tableau mais qui soudain se passionne pour un autre motif, entame une nouvele toile, il commence une histoire, la met de côté pour s’investir dans un autre projet, puis un autre. A chaque ambiance correspond un ou plusieurs personnages, et donc un nouveau pseudo. Une gageure, en somme, car partir sur un autre nom, c'est se priver de la notoriété des succès passés ... une sorte de challenge, sans doute ?

L’auteur certifie qu’au départ d’une nouvelle histoire, il ne sait pas où l’intrigue va le conduire. Mais il s’attache à donner une personnalité au moindre des acteurs de l’aventure, même si leur présence n’ajoute rien à son propos. Il ne s’embarrasse pas non plus de documentation mais déclare ne se fier qu’à ses souvenirs personnels d’arpenteur de la planète.

Car Patrick-Roy a beaucoup voyagé, dans des contrées aussi lointaines qu’inconnues du grand public. Sa trilogie sur la Mongolie post-soviétique du commissaire Yeruldelgger en témoigne : ses souvenirs sont très précis !

Avec Hunter, le nouveau thriller glaçant qui paraît ces jours-ci, il initie une saga plus rude, moins « littéraire », plus violente aussi, au cœur de régions américaines qu’il a longuement sillonnées, seul ou en famille : le premier opus de la série se déroule dans les Appalaches, le second épisode aura pour cadre l’Alaska, le dernier la Louisiane. Une plongée dans l’Amérique intolérante de Trump, des « Rednecks » adeptes de la NRA au racisme inébranlable, ces petits-blancs qui brandissent leur pâle figure comme seul élément de supériorité sur les « natives » : les Afro-américains, les descendants des Indiens, les métis … Délocaliser ses histoires lui permet ainsi de dire ce qu'il pense, le bonhomme est cash, pas toujours "politiquement correct". Moi, j'apprécie !

Espérons que l’homme aura le temps de mener à terme les multiples histoires qu’il a ébauchées au lieu de se lancer à nouveau sur de nouvelles pistes … Ses éditeurs doivent l’inciter à forcer un peu sa nature, il a cependant aussi annoncé un grand chantier qui lui tient à cœur : une saga historique ayant pour héroïne sa grand-mère et pour décor le destin des Arméniens de 1915 à 2015 … J’attends avec impatience !

Avec son look de post-soixante-huitard musclé (veste jacquard, bonnet de marin sur cheveux gris coupés ras), l’homme crépite d’intelligence et de générosité. Quel boulot d’assurer la promotion d’un livre et de répéter cent fois le pourquoi du comment de ses choix d’écrivain devant un parterre de vieilles dames (en grande majorité), et de se prêter au rituel de la dédicace … Chapeau l’artiste.

Quant à moi qui érige l’écriture en dogme irremplaçable, j’ai bien de la chance – grâce à mon affiliation au site collaboratif de lecteurs « Babelio » - de participer de temps à autres à ce genre de rencontres …

Hunter, thriller de Roy Braverman (Patrick Manoukian) édité chez Hugo Thriller, 352 p., 19,90€

 

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15 mai 2018

Une avalanche de conséquences, polar d'Elizabeth George

 

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La critique de Claude : 

Elizabeth George est une auteure américaine, née dans l’Ohio, qui écrit  mieux que personne sur l’Angleterre. Elle situe toujours ses romans sur un territoire et dans des communautés professionnelles et sociales, choisies avec soin et décrites avec talent.

De roman en roman, l’équipe de (New) Scotland Yard  chargée d’enquêter est composée des mêmes excellents fonctionnaires, porteurs cependant de spécificités rares et originales : ainsi l’Inspecteur Linley est un authentique aristocrate originaire de Cornouailles ; il s’appuie notamment sur le sergent Winston N’Kata, et sur la sergente Barbara Havers, une vraie « bosseuse », même si parfois elle se compose des tenues originales, critiquées par la Commissaire Isabelle Ardery.

Cette fois ci, l’action se déroule principalement dans le Dorset, comté résidentiel du sud-ouest anglais , et dans les quartiers en rénovation de l’Est londonien  (Spitalfields) et du Sud de la Tamise (Camberwell) .

Au centre de cette histoire : une «Reine des abeilles», Clare, l’une des grandes intellectuelles du mouvement féministe britannique. Son sort entrainera une avalanche de conséquences , pour ses assistantes, et, par d’injustes ricochets, pour certains membres de leurs familles recomposées.

Ces aventures sont émaillées de tableaux dont un portrait acide, épouvantable, de mère abusive ; autant dire que, de mon point de vue, « une avalanche de conséquences » est à mettre au tableau de vos lectures.

Une avalanche de conséquences (A Basquet of Consequences), roman policier d'Elizabeth George traduit de l'américain par Isabelle Chapman, publié aux Presses de la Cité - collection Pocket - 759 p., 8,60€

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14 mai 2018

La mort de Staline, film d'Armando Iannucci

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Krouttchev et Beria

les funérailles

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Tiré d’un roman graphique de Fabien Nury et Thierry Robin, ce film historique décrit la folle semaine qui suit la mort du sinistre dictateur soviétique en mars 1953. Un film à l’humour décapant, fondé sur de solides recherches. Car c’est une époque dont bien peu de gens se souviennent, celles d’une effroyable dictature où les sbires du politburo se méfiaient les uns des autres, vivaient dans l’angoisse de déplaire au tyran et un temps où l’on envoyait par trains entiers des masses d’innocents dans les goulags de la kolyma …

J’ai été élevée dans une famille où l’on n’ignorait rien de ces pratiques puisque mon père se rendait au moins quatre fois par an en Union soviétique dans le cadre de son travail au ministère des Affaires étrangères. C’est même une de ses bons amis, journaliste permanent de l’Agence France Presse à Moscou qui a eu le scoop mondial de l’annonce de la mort de Staline …

Le talent du réalisateur est d’en avoir fait un film choral au casting impeccable, avec de grands acteurs parfaitement grimés mais pleinement drôles. Steve Buscemi (l’un des deux sombres tueurs de Fargo) en Nikita Krouchtschev, Simon Russel Beale (Lavrenti Beria), Jeffrey Tambor (Malenkov), Michael Palin (ex Monty Pyton, ici en Molotov) et Jason Isaacs dans le rôle du maréchal Joukov (on se souvient de lui dans la série des Harry Potter où il jouait le père de Drago Malefoy).

Ce film fait rire, certes, mais c’est d’un rire terrifiant car en réalité, il montre comment une clique de dirigeants se déchire pour assurer la succession d’un dictateur, au moins chacun pour sauver sa peau. Un processus pas réservé à l’histoire récente de l’Union soviétique …

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13 mai 2018

L'églantine et le muguet, essai de Danièle Sallenave - de l'Académie française

 

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C’est la première fois que je prends en mains un livre de Danièle Sallenave – de l’Académie française – pour la bonne raison qu’il m’a été offert.

Bien des aspects de son engagement politique me sont en effet étrangers, même si nous avons de nombreux points communs : une même génération (elle a six ans de plus que moi), une origine familiale très modeste - un père ayant été premier de son canton lors du passage du Certificat d’Etudes (ma mère le fut aussi) et qui fut prisonnier de guerre comme le mien, la nécessité, au soir de la vie, de revenir aux souvenirs de l’enfance en évoquant le parcours et les valeurs de sa famille.

Ce pavé bourré de références (530 pages avec les annexes) raconte son pèlerinage, une sorte de pérégrination savante sur les routes du pays natal, ce territoire compris entre Segré, Angers-Trélazé et Cholet, si proche de la Vendée militaire au passé si prégnant encore aujourd’hui. Un pays où explose un catholicisme de combat, parsemé de laides églises reconstruites en plus grand au XIXème siècle et de châteaux nés de la rente foncière : autant de souffrance pour cette fille d’un couple d’instituteurs laïques et militants socialistes en pays profondément religieux.

Danièle Sallenave, pur produit de l'élitisme républicain, cherche à comprendre notamment comment s’est reformée l’alliance entre l’ancienne noblesse et les républicains face à l’hystérie des conquêtes coloniales et aux mouvements ouvriers. Son récit de la révolte des ouvriers des ardoisières de Trélazé en 1855, préfigurant la Commune, est riche d’enseignements. Comme le paradoxe des descendants des chefs chouans pleinement engagés dans la conquête de l’Algérie : aucun de ces nobles qui avaient défendu les armes à la main le droit des Vendéens d’être fidèles à leurs traditions et à leur Dieu n’imagine reconnaître ce droit aux Arabes …

Bref (mais c’est une antiphrase vu la longueur de ce texte-testament), il faut bien constater que la France est un pays difficilement amendable, même avec l'appui des vaillants hussards de la République. Ainsi que l’écrivait déjà François Guizot (1787 – 1874) : « La France a toujours renfermé deux situations, deux classes sociales, profondément diverses et inégales, qui ne se sont point amalgamées ni placées l’une envers l’autre dans un état d’union et de paix, qui n’ont enfin cessé de lutter, celle-ci pour conquérir le droit, celle-là pour retenir le privilège. C’est notre histoire. »

Danièle Sallenave continue son combat entre l’école catholique et l’école laïque, redoutant les résurgences actuelles de l’activisme religieux. Un paradoxe cependant puisque ceux qui prônent le libre arbitre, la liberté, contestent aux catholiques les valeurs de leur religion… C’est son combat et je le respecte. Elle écrit bien, c’est la seule raison qui m’a fait aller jusqu’au bout de ce livre de souvenirs et d’hommage à ses parents.

Un dernier élément pour en comprendre le titre : l’églantine rouge est la fleur de la fête du travail (qui sera plus tard transposée dans la rose du PS). Elle fut supplantée sous Vichy par le muguet, la fleur de la Vierge Marie …

 

L’églantine et le muguet, essai en forme autobiographique de Danièle Sallenave – de l’Académie française – Gallimard – 531 p., 22,50€

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