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20 octobre 2019

Chers Champs-Elysées

103 Champs-Elysées

HSBC, la banque Anglo-Hongkongaise au réseau mondial, va quitter son siège social emblématique du 103 Champs-Elysées qu'elle occupe depuis un siècle, pour l'avenue Kleber, adresse non moins prestigieuse, mais sans doute moins vaste car l'opération va se doubler d'une contraction du personnel au niveau des fonctions centrales. Comme dans tous les groupes bancaires, l'irruption du numérique bouleverse les habitudes et les attentes des clients qui désormais font directement leurs opérations à partir de leur ordinateur ou leur smartphone.

Cela me touche car j'ai travaillé pendant cinq années dans cet univers, qui s'appelait alors le Crédit Commercial de France, de 1983 à 1988. Et j'y ai appris énormément de choses qui furent très utiles dans la poursuite de ma carrière.

Cet immeuble imposant a surtout une longue histoire.

Il fut conçu par l'architecte Georges Chedanne (celui des Galeries Lafayette et de l'Hôtel Mercedes rue de Presbourg, siège de la société SOPRA) pour la Compagnie Internationale des Wagons-Lits. L'Elysées-Palace donc fut édifié en 1898, avec un fait d'armes célèbre : c'est dans l'appartement qu'elle y occupait que fut arrêtée Mata-Hari en 1917, condamnée pour faits d'espionnage en pleine guerre et fusillée en octobre de la même année.

J'aurai toujours un pincement de coeur en passant devant. 

Mais peut-être ce pur joyau de l'Art Nouveau reviendra-t-il à son destin d'origine en étant à nouveau transformé en palace : il paraît que Paris manque encore d'hébergements de prestige, en particulier dans la perspective des JO de 2014 : le Qatar, propriétaire des murs a les moyens de le transformer. Mais gare au bling-bling ...

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19 octobre 2019

L'Ennemi, récit de Georges Buisson

couv L'ennemi

Un pavé de rancoeurs, une longue histoire de famille tristement abominable, le drame d’un homme suprêmement doué intellectuellement mais complètement mégalomane et pervers.

En fait, on lit deux biographies entrelacées, l’autobiographie du fils massacré et le parcours de son père homme d'influence, l’histoire d’un arrachement (pas encore totalement abouti) et de la cessation douloureuse d’une emprise. Glaçant, édifiant, terrifiant.

Le personnage central est Patrick Buisson, journaliste, spécialiste des sondages, historien et homme de médias, conseiller occulte des puissants. Je savais que l’homme était de droite, il ne s’en est jamais caché. Mais à ce point d’extrême droite, j’ignorais.

Spectatrice assidue de la chaîne Histoire et de LCI, ces deux filiales de TF1, j’appréciais ses interventions éclairantes.

J’ai lu avec plaisir (!) les deux tomes de son histoire passionnante des turpitudes sexuelles des Français sous l’occupation. Bien écrits, sérieusement documentés … Bref, de la belle ouvrage. En revanche, je n’ai jamais lu les journaux dans lesquels Patrick Buisson a écrit ou qu’il a dirigés : Minute, Le Crapouillot … entre autres.

Je connais la ligne éditoriale du Figaro Magazine … J’aime bien les images mais je ne partage pas l’idéologie généralement ultra-droitière des articles. Et puis, en démocratie, même les opinions extrêmes ont droit de cité. L’essentiel est d’être prévenu, de ne pas être dupes.

Alors j’ai tout de même appris beaucoup de ce survol de ces cinquante dernières années. En particulier sur l'orientation idéologique de la multitude de personnages qui grenouillent dans la mouvance de cette frange de notre société.

Patrick Buisson, né en 1949, c’est ma génération. La description des événements de 1968 est passionnante, à rapprocher de la récente biographie de René Rémond, Président de l’Université de Nanterre, par Charles Mercier. Cette plongée dans les groupuscules violents de l’extrême (Occident, GUD ...), des fraternités catholiques intégristes, des liaisons fatales avec le Front National, puis l’influence sur le mouvement de Philippe de Villiers est stupéfiante. Et pour moi, une révélation pour certains de ces personnages que j’ai personnellement connus.

L’autre facette de ce livre, c’est la description de l’emprise diabolique d’un père sur son fils, avec en toile de fond la fascination de l’argent. Le livre retrace sur plus d’un demi-siècle et de manière inextricable « l’intrigue, la politique et l’argent ». C’est le témoignage poignant d’un fils enlevé à sa mère, vassalisé, qui raconte comment Patrick Buisson s’est comporté avec lui à la fois comme « un père, un directeur de conscience, un juge, un créancier, un employeur, un propriétaire et un adversaire. »

Maître chanteur, raciste, narcissique, monteur de dossiers, délateur, tripatouilleur fiscal, menteur … Jamais je n’aurais imaginé ce versant noir d’un homme aussi intelligent, travailleur compulsif, homme d’influence qui a « fait » l’élection d’un président mais a terminé lamentablement sa carrière en enregistrant ses conversations avec ses interlocuteurs politiques … à toutes fins utiles – avec toujours cette angoisse de manquer …

On dit souvent que l’écriture est une recette pour transfigurer une souffrance. Pour Georges Buisson dont la plume est limpide, structurée et fluide, je souhaite que ce livre ait été utile et qu’il a enfin retrouvé la sérénité. Ce que je regrette profondément, c’est la mise en lumière de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Ici, comme ailleurs.

 

L’Ennemi, récit de Georges Buisson, édité chez Grasset, 685 p., 25€

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18 octobre 2019

Des schémas précis avec Bergère de France

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Il a fallu que je veuille occuper mes mains pendant les vacances dans ma campagne reculée, voici plus de 7 ans. Et que je trouve une boutique de vente de laine à tricoter à Villeneuve sur Lot, pour initier une longue complicité avec Bergère de France.

En fait, la commerçante m'a offert en prime deux catalogues de modèles datant de plusieurs années, et j'ai pu redémarrer une activité que j'avais laissée tomber depuis que mes bébés avaient passé l'âge de porter des brassières.

Mon premier ouvrage était destiné à Benjamin, dans la qualité Sport, une merveille de facilité à tricoter, idéale pour un début.

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Benj

J'ai toujours ces recueils de modèles et je continue à en tirer bénéfice. J'en collectionne d'autres. Et puis, comme lorsque j'étais petite, j'ai une passion pour les catalogues où sont collés les échantillons de fils ... Une sorte de "Madeleine de Proust", et je pense que BdF est la dernière usine à en proposer à ses clientes.

Ensuite, j'ai appris que la dernière filature industrielle française connaissait des difficultés économiques, dans une région déjà sinistrée au point de vue de l'emploi - Bar le Duc, une si jolie cité avec son promontoire - et je me suis promise de faire de mon mieux en leur passant régulièrement des commandes. Et je continue depuis car je sais que le sort de l'entreprise est encore menacé.

En tous les cas, j'apprécie beaucoup les cahiers d'explications avec les diagrammes très précis, en couleurs, faciles à comprendre. J'en conserve toute la collection et je pique ici et là, une idée, un motif, un diagramme de torsades. Je me tricote des échantillons pour "coller" aux spécifications. Et puis le site "mailledelaine" permet de retrouver des modèles anciens qu'il suffit d'imprimer : c'est moins lourd que de se trimballer le catalogue.

 

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La maison BdF n'est pas sortie d'affaires. Les boutiques ferment les unes après les autres mais leur service de vente par internet fonctionne très bien. J'ai passé ma dernière commande samedi après-midi, elle est arrivée hier. En projet, une veste pour Dorian et un snood pour Camille.

Bref, je reste addict à la Bergère, même si les stylistes "maison" ont parfois des idées un peu décalées ...

 

17 octobre 2019

C'est pas facile d'être père !

On parle beaucoup, en ce moment, de la possibilité – votée en première lecture par les députés – qui sera désormais offerte à toutes les femmes, quel que soit leur statut matrimonial, de bénéficier des techniques de procréation assistée, en France et avec le secours de la Sécurité sociale.

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Je ne rentre pas dans le débat mais j’écoute les arguments de ceux qui sont opposés à cette loi.

En particulier le fait de priver un enfant, sciemment, d’un père. Et je me dis que toutes les femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ont élevé un enfant seules doivent bondir de colère.

Les femmes abandonnées par leur amant sitôt la nouvelle de la grossesse annoncée, celles qui se sont laissées aller un soir de fête sans plus se souvenir avec qui elles ont passé la nuit et ont gardé tout de même le bébé, les veuves, les divorcées d'un père absent …

Ces mamans n'ont peut-être pas été ravies de l'enfant qui allait naître, mais elle l'ont aimé. Alors, pensons à celles qui désirent ardemment devenir mères mais qui n'ont pas trouvé de compagnon pour le faire de façon naturelle, ou qui ont une femme pour compagne. Ces enfants-là, ils sont tellement désirés, et on leur trouvera certainement une image paternelle de subsitution.

Ces mères-courage, qui ont élevé leur enfant pour en faire un membre de notre société, elles ont tant de mérite ! Je pense en particulier à ma tante Henriette, l’aînée des trois sœurs de ma mère. Veuve à 36 ans, avec quatre enfants dont deux en bas âge, elle a fait face courageusement malgré des difficultés physiques et naturellement sans avoir de formation. Elle a passé sa vie à faire le ménage - et chez des bourgeoises qui ne l'ont jamais déclarée, la provant ainsi de retraite - jusqu'à la limite de ses forces. Ses trois fils ont très bien réussi : l’aîné est devenu un commerçant accompli, le second, avec son certificat d’études a intégré Saint-Cyr et a fini dans le plus haut grade de la Gendarmerie, le troisième est devenu ingénieur dans les télécommunications, la dernière est devenue préparatrice en pharmacie pour épauler son mari pharmacien.

Enfin, je voudrais évoquer les pères indignes, pires que les pères absents : les pères suprêmement intelligents qui dénigrent sans cesse leurs fils, les pervers narcissiques qui exercent leur emprise sur les jeunes têtes blondes, les alcoolos, les loosers professionnels …

Dans les colonnes de la Presse, le chanteur Alain Souchon ose confier que la mort de son père biologique l’a soulagé lorsqu’il avait quatorze ans. On a beaucoup parlé de la famille dysfonctionnelle de Yann Moix … Mais surtout, je suis en train de dévorer le livre de Georges Buisson, le fils de Patrick Buisson, journaliste et spécialiste politique … Je n’en dis pas plus, j’ai encore 25% des 677 pages à lire et je sens que le plus dur reste à venir.

Ce qui change dans le monde d’aujourd’hui, c’est que les écrivains qui ont souffert dans leur enfance ne prennent plus la peine de travestir leur douleur dans un roman – comme le fit Hervé Bazin en 1948 dans Vipère au poing. Ils déballent tout sans vergogne … Notre monde devient dingue …

C’est difficile d’être un bon père, sans doute plus difficile que d’être une maman. C’est une sacrée responsabilité. C’est capital de connaître ses origines. Mais dans certains cas, il vaudrait mieux ne pas savoir.

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16 octobre 2019

Un gros livre de cuisine en ligne

Depuis 12 ans - je viens de laisser passer cet anniversaire ! - que j'ai commencé à rédiger ce blog quotidien, la cuisine de famille ou dite "bourgeoise" y tient une bonne place.

Certaines de mes filles n'achètent plus de livre avant d'avoir cherché sur Bigmammy si une recette ne s'y trouve pas déjà ... ou lorsqu'elle est en manque d'idée.

guacathon

En fait, je me rends compte que plus de 640 recettes figurent à présent sur ce blog.

J'ai, de façon arbitraire, réparti les recettes en 7 catégories. La catégorie la plus représentée est celle des plats principaux (24% des recettes), suivie par les plats de poisson (22%), les entrées (20%), les desserts (14%), les préparations basiques (4%) et enfin les plats uniques pour nourrir une tribu (3%).

Ma meilleure amie allemande me presse d'éditer un livre avec mes meilleurs recettes, qui restent dans le très classique, de saison et si possible sans additifs. Mais je n'ai aucun courage pour trier le bon grain de l'ivrée.

Donc, je continue mon ouvrage rien que pour le plaisir et moi aussi, je me réfère à mes notes car avec l'âge, la mémoire fait de temps en temps défaut et je n'ai jamais été très forte sur les quantités !

Et en attendant, un peu d'autopromotion ne nuit pas : vous pouvez vous référer à la rubrique ABC cuisine en haut à gauche ....

N.B. : en image le Guacathon de Tim


15 octobre 2019

Civilizations, roman de Laurent Binet

Avec Laurent Binet, l’histoire se retourne comme un doigt de gant …

 

Civilizations

C’est peu court de parler d’ « uchronie » car cette pochade aussi jubilatoire qu'artistement documentée vise plus haut. Comment imaginer l’interprétation d’une civilisation par une autre, avec tous les faux-sens, les étonnements, les pièges de l’incommunicabilité imaginables. Combien de temps et à combien de renoncements faut-il consentir pour faire société lorsqu’on vient de mondes totalement différents ?

Laurent Binet excelle à réécrire l’histoire. Ici, Christophe Colomb a échoué dans sa quête de Cipango et s’est laissé massacrer par les autochtones, mais les Incas, puis les Mexicains ont récupéré ses caravelles, fait le chemin en sens inverse et ont conquis ce qu’ils appellent le « nouveau monde » et qui est notre vieille civilisation judéo-chrétienne, ses luttes pour l'Empire, ses inégalités, ses turpitudes religieuses, son esclavagisme et aussi sa culture incarnée par ses peintres et les sculpteurs de la Renaissance italienne.

Le propos est redoutable et laisse à réfléchir. Nourri d’une foule de références : en vrac Tintin et "Le Temple du soleil", « La conquête des îles de la terre ferme » d’Alexis Jenni, le stratagème esquissé de l’utilisation du Cid mort ficelé sur son cheval lors du siège de Valencia, ou encore « La part de l’Autre » d’Eric-Emmanuel Schmitt qui imagine la vie d’Adolf H. qui aurait été admis aux Beaux-Arts. Je n’ai pas déchiffré tous les clins d’œil – sauf l’allusion au puissant géant TaÏnos aux yeux noirs nommé Chalco Chimac …

« La sagesse d’un païen, s’il est guidé par Dieu quand bien même à son insu, peut faire davantage pour l’humanité qu’un chrétien assoiffé de sang. » Ces Incas s’avèrent bien plus tolérants que les européens du XVIème siècle, mais finalement, c’est leur culte du Soleil qui convertira toutes les populations. Transposons un instant et imaginons les ravages de la conquête par les aventuriers hispaniques des civilisations raffinées que nous qualifions aujourd’hui de « précolombiennes ».

C’est donc un texte jubilatoire, qu’apprécieront beaucoup ceux qui s’intéressent à l’histoire du développement des courants commerciaux à partir des Grandes découvertes puisqu’en définitive, tout comme dans l’histoire « vraie », c’est le commerce transocéanique qui transforme le monde, dans quelque sens qu’il s’établisse : le vin, les armes, les tableaux dans un sens, l’or et l’argent, le salpêtre, les pommes de terre, les tomates et le maïs, la coca dans l’autre.

Selon moi, ce n'est pas le meilleur des romans de l'auteur mais il se laisse lire avec plaisir jusqu'à la fin. Et après tout, et si cela s’était passé ainsi ? Ne serait-ce pas aussi une réfutation pleine d'humour de la fumeuse théorie du grand remplacement ?

 

Civilizations, roman par Laurent Binet, publié chez Grasset, 378 p., 22€

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14 octobre 2019

Filets de poulet à la hongroise

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Une petite recette express, légère et parfumée, à la manière d'une goulasch.

Il faut choisr des filets de poulet débarrassés de leur peau et si possible bio. Les couper en dés moyens, saler et poivrer.

Dans une sauteuse à fond épais ou un wok, faire "tomber" une à deux échalotes finement émincées dans un peu d'huile neutre et de beurre. Quand elles sont translucides, ajouter les dés de volaille et les laisser prendre couleur à feu vif sur toutes leurs faces.

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Saupoudrer de paprika doux (une demi cuillerée à café pour 2 portions). Baisser la source de chaleur.

Mouiller avec un verre de vin blanc et laisser évaporer, puis ajouter un grand verre d'eau  - la sauce doit rester relativement liquide - et un cube de bouillon déshydraté - veau ou boeuf). Laisser mijoter un quart d'heure à petits bouillons.

En fin de process, verser 5cl de crème fraîche légère liquide et bien mélanger en laissant reprendre l'ébulliition.

Servir avec du riz blanc, en saupoudrant de pluches de persil.

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13 octobre 2019

David Galula, le Clausewitz de la contre-insurrection

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Lire des livres d’histoire permet de multiples découvertes. Ainsi en est-il de l’œuvre d’un  militaire français, expert en stratégie, enseigné dans les écoles militaires américaines à l’égal d’un Clausewitz : David Galula (1919 - 1967) dont j’ai appris l’existence en lisant le livre de Pierre Grosser.

Le caractère particulier des conflits contemporains a été l’occasion de redécouvrir nombre d’auteurs qui, dans les années 1950-1960, se sont intéressés aux problématiques nées des guerres révolutionnaires et insurrectionnelles. En effet, les armées occidentales engagées dans des opérations qui les opposent à des groupes d’individus motivés, bien armés et difficilement saisissables cherchent parfois dans le passé des solutions aux difficultés rencontrées sur le terrain.

Les deux conflits de la décolonisation auxquels la France a été confrontée, en Indochine et en Algérie, ont vu l’émergence d’une école, dite « coloniale », où se sont illustrés des officiers qui, après avoir combattu ces insurrections, ont tenté d’analyser leur nature propre puis de dégager les causes du succès des insurgés. Les Américains se sont plus particulièrement intéressés à un auteur français jusqu’alors largement méconnu : David Galula.

en anglais

Dans son ouvrage, Contre-insurrection. Théorie et pratique, cet ancien officier, observateur des guerres civiles en Grèce, en Chine ou en Algérie, livre sa réflexion sur les guerres insurrectionnelles et sur les moyens utilisés par les « insurgés », par opposition aux « loyalistes », pour remporter la victoire.

Né en Tunisie dans une famille de commerçants juifs de Sfax, il est élevé au Maroc puis fait ses études à Saint-Cyr. Officier de carrière, il est mobilisé puis rapidement démobilisé en 1940 (mon père aurait pu le rencontrer …), est envoyé en Chine, fera la guerre en Indochine et en Algérie. Loin de la guerre anti-subversive, il montre que l’enjeu majeur est de conquérir le soutien de la population plutôt qu’éliminer les forces insurgées.

Considéré par les militaires américains comme le principal stratège français du XXème siècle, ou encore « le Clausewitz de la contre-insurrection » selon le chef américain David Petraeus, David Galula est l’une des trois références mentionnées dans le manuel de contre-insurrection de l’armée américaine.

Nous sommes en pleine actualité. Et, une fois encore, se vérifie l’adage « Nul n’est prophète en son pays. »

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12 octobre 2019

La trahison des Jacobins, polar historique de Jean-Christophe Portes

Sans transition, la suite de l’épisode précédent, encore plus haletante.

 

Jacobins

Nous sommes le 10 juillet 1792. Victor Dauterive, 20 ans, courageux aristocrate converti aux idées nouvelles mais respectueux du Roi et de la Constitution, lieutenant de Gendarmerie, cherche partout son petit protégé, Joseph, enlevé par son ennemi, Dossonville, un proche de Danton. Joseph, mendiant illettré, boiteux, orphelin mais plein de malice, qui sert Victor en tant que valet d’écurie et porteur de messages. Sous ses yeux, on a brisé son bras et on l’a emmené Dieu sait où …  Ce sera pire qu’en enfer. Victor se sent responsable de l’avoir entraîné dans ses combats politiques dangereux. Il se lance avec opiniâtreté à sa recherche, dans un Paris nauséabond et encombré, où une deuxième Révolution se prépare.

La quête de Joseph va monopoliser l’action du jeune héros, qui vient de s’affranchir de sa fidélité au Marquis de La Fayette. Son patron est à présent un député membre du Comité de surveillance de l’Assemblée nationale, commissaire de police, membre des Cordeliers et aussi des Jacobins, Antoine-Louis Charpier. Celui-ci charge Victor d’enquêter sur la mort suspecte d’un policier chargé d’investiguer sur une affaire de contrefaçon massive d’assignats.

Alors que la révolte enfle, en particulier à l’annonce du manifeste de Brunswick qui menace l’envahissement du territoire par les Autrichiens et les Emigrés, chacun se méfie de son voisin, même au sein de son propre parti, des trahisons, les complots se préparent, échouent, les corruptions s’étalent, les scandales immondes affleurent. C’est le chaos qui va aboutir à la journée sanglante du 10 août, à l’attaque des Tuileries, au massacre des gardes suisses et à l’arrestation de la famille royale.

 

la prise des Tuileries

Une fois tournée la première page de cette histoire qui suit la trame des événements authentiques et met en scène des personnages historiques (c’est tout le charme des polars du genre !), on ne peut littéralement plus la lâcher.

Les descriptions des combats de rues, de la violence du peuple, de l’ambiance des assemblées captivent immédiatement. Le héros à l’âme torturée, plein de scrupules et horrifié par les turpitudes qu’il découvre, sa bravoure le rendent attachant, lui et ses comparses.

Comme j’aurais aimé lire cette série – je suis accro comme à telle ou telle série policière américaine – lorsque j’étais plus jeune, qui m’aurait ainsi permis de mieux comprendre les ressorts de la Révolution française !  Hélas, et comme le déclare l’un des personnages : « Le peuple s’abuse de croire qu’il trouvera mieux en renversant tout. Ce sera pire. » Car après le 10 août 1792, viendra en effet la Terreur.

Une nouvelle fois, Jean-Christophe Portes nous ravit. Chaque nouvelle aventure de Victor Dauterive est encore plus enthousiasmante que la précédente.

 

La trahison des Jacobins – roman historique de Jean-Christophe Portes, publié chez City éditions, 443 p., 19,50€

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11 octobre 2019

Velouté de potimarron au curry

Une recette typique d'automne ...

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Couper le potimarron en deux et en retirer soigneusement les graines et fibres à l'aide d'une cuillère à soupe. Inutile de le peler, couper la chair en gros dés.

Emincer un oignon et le détailler finement. Peler et couper en dés deux petites pommes de terre. On peut ajouter une courgette pelée et détaillée en gros dés. Saler et poivrer.

Faire rissoler l'oignon dans du beurre (30g) puis ajouter dans la casserole les légumes (700 g en tout environ), ajouter un demi litre d'eau et porter à ébullition. Laisser bouillir doucement 20 à 25 minutes. Passer le mixer plongeant pour obtenir la texture la plus fluide possible.

Ajouter une grosse rasade de crème fraîche liquide entière et une grosse pointe de poudre de curry, mixer à nouveau.

Vérifier l'assaisonnement avant de servir.

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