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07 octobre 2007

Quelle soirée

plus que mémorable !!!

Claude avait été surpris de pouvoir réserver des fauteuils d’orchestre aussi facilement pour cette première mise en scène de Philippe Torretton, le soir de mon anniversaire……Evidemment, il n’avait pas repéré qu’à cette date, nous ne serions pas nombreux à rater le match crucial de rugby contre les All Blacks. Donc, nous emmenons Jean-Baptiste voir le Dom Juan de Molière au théâtre Marigny, laissant Camille à la garde de Florence, devant une superbe pizza, le match, mais pas de bières ! Pour ne pas rencontrer de problèmes de parking, « Nuit blanche » oblige, nous nous y rendons en métro. Le chemin entre la Concorde et le théâtre, par ce chaud soir d’automne, passe devant l’ambassade des Etats-Unis, de Grande Bretagne, la grille du coq de l’Elysée, les pavillons des jardins de Champs-Elysées…très agréable.

Ph

Arrivés comme toujours une bonne demi-heure à l’avance, nous nous installons dans la salle brillamment éclairée et Jean-Baptiste en a le souffle coupé : oh, c’était bien plus beau qu’au festival de Bonaguil, et puis il y avait du beau linge : à quelques sièges à droite, le Commissaire européen aux transports, Jacques Barrot. Et puis Claude a aussi été alpagué par une dame très chic, ex-médecin du Ministère de l’agriculture….si j’avais bien cherché, j’aurai peut-être rencontré une connaissance, moi aussi.
Disons que la salle n’était pas comble, mais toutes les meilleures places du parterre et des balcons étaient occupées – Jean-Baptiste aurait bien voulu voir les gens du poulailler - et le « retour » de salle fut plus que chaleureux, pour une représentation ciselée, actuelle, décapante.

Pas vraiment destinée à un enfant de neuf ans, mais Jean-Baptiste n’en a pas perdu une miette. Le personnage campé par Philippe Torretton est un vrai salaud, il persiste dans son absence totale de scrupules, à peine ébranlé par le signe fantastique que lui donne la statue du Commandeur, il ne concède rien, jusqu’à l’ultime défi de la mort. C’est son système de vie, s’il y renonce, c’est le vide. Les actes se suivent et ménagent un suspens, une intensité dramatique croissante, les dernières scènes sont dépourvues de tout intermède de comédie. Le monologue consacré à l’hypocrisie interpelle terriblement – comme un dit aujourd’hui, il « déchire » !

Jean-Paul Farré, en Sganarelle vieillissant et paumé, regrettant son maître indigne et pas seulement parce qu’il a perdu ses gages dans l’affaire, est touchant.

Je gage que cette première expérience du théâtre classique, à la fois historiquement typé mais aussi parfaitement contemporain, dans le cadre de velours pourpre et d’ors un peu décatis d’un théâtre à l’italienne, marquera durablement le souvenir de JB.

Mais la soirée n’était pas finie pour nous. Juste en sortant de ce moment hors du temps, une clameur, des klaxons frénétiques en provenance des Champs-Elysées touts proches, nous ont alertés : vingt-trois heures, fin de match, que se passe-t-il ? Se pourrait-il que le miracle ait eu lieu……vite, un coup de fil à Victoire (ouille, on va réveiller Hugo !, pardon ma chérie…) et nous savourons le résultat miraculeux : 20 à 18, inconcevable. Jean-Baptiste hurle de joie. L’image la plus drôle : un car de gendarmes mobiles en protection devant l’ambassade des US, tous les hommes en rangers et casquette, égaillés autour du véhicule, depuis l’homme de base jusqu’à l’officier, le portable vissé à l’oreille et le sourire banane au visage, partageant avec nous cette surprise et cette joie (surtout, surtout, qu'ils ne soient pas punis pour ce moment d'égarement, je témoigne qu'ils remplissaient correctement leur mission en même temps). Quelle soirée d’anniversaire !

Posté par Bigmammy à 12:06 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]

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