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21 octobre 2008

La bataille de Moscou, par Andrew Nagorski

Journaliste américain d’origine polonaise, Andrew Nagorski nous livre, aux Editions de Fallois, un livre terrible et passionnant sur la bataille de Moscou. Claude nous en fait la critique.

 

Bataille_MoscouLes Allemands, qui ont attaqué le 22 juin 1941 (Opération Barbarossa), ont bousculé les Soviétiques sur un millier de kilomètres ; début octobre, ils sont à 40 km de Moscou. Hitler est convaincu que les Russes ne tiendront pas leur capitale. Ses chefs militaires, notamment Heinz Guderian, le vainqueur de la France, en sont moins surs : depuis trois mois, ils ont constaté la résistance héroïque des soldats soviétiques, et ils voient arriver le froid russe, contre lequel leurs hommes (et leurs matériels) ne sont pas équipés, tant on était sûr d’une victoire en quelques semaines. 

Staline, après avoir cédé à la panique, se reprend. En un geste qui n’est fou qu’en apparence, il organise une grande parade militaire le 7 novembre, jour anniversaire de la Révolution, ce qui démontre la volonté de vaincre des Soviétiques. Il ordonne qu’on mitraille les fuyards, ce qui sera fait sans faiblir. Et surtout, grâce aux renseignements de Richard Sorge, maitre espion des Soviétiques à Tokyo, il acquiert l’assurance que les Japonais ne l’attaqueront pas en Sibérie : il peut donc ramener sur le front de Moscou les Divisions sibériennes, reposées, équipées pour le froid extrême, et qui vont être décisives dans la contre attaque.

 

Au printemps, les Allemands ont reculé. Les morts se comptent pas centaines de milliers, trois fois plus du côté russe que du côté allemand. L’apport exceptionnel de Nagorski est de nous faire vivre cette bataille du point de vue de jeunes combattants soviétiques ou allemands, allègrement sacrifiés par des dictateurs criminels.

 

On note un beau portrait de Joukhov, compétent et courageux, qui, durant les grandes purges de 1938, avait au pied de son lit une petite valise en carton, au cas où ce serait pour cette nuit…

 

Et on ne peut s’empêcher d’admirer le culot de Staline, qui, la bataille n’étant pas encore gagnée, presse les Britanniques de reconnaître la frontière russo-polonaise issue du Pacte germano-soviétique. Il aura gain de cause, 4 ans après, à Yalta.

 

 

Posté par Bigmammy à 12:10 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Pour la petite anecdote

    Les services de renseignements ont comme d'habitude merde...
    On connait l'histoire de Yamamoto que les US ont pu abattre lors d'une mission d'inspection parce que les japonais utilisaient un code trop vieux deja casses (c'est aussi pour cela qu'ils avaient perdu la bataille des Mariannes).
    Pour les allemands c'est pareil. Les services de Kanaris avaient prevus que les russes pourraient aligner 200 divisions. Et les allemands ont donc prevus d'en vaincre 200. Et c'est exactement ce que les allemands ont fait. Et les russes en ont transfere 200 autres. Et la les allemands se sont retrouves fort depourvus. Le transfert n'avait ete absolument pas anticipe / prevu...

    Posté par Nico, 23 octobre 2008 à 10:04

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