Bigmammy en ligne

14 décembre 2008

Ma passion pour l'estampe satisfaite à la BNF

On pourrait sous-titrer cette exposition : "Comment faire d'une technique au début publicitaire - pour les maisons de saké, les programmes de théatre et les produits de luxe - un art à part entière. Si comme moi, vous vous passionnez pour l'estampe japonaise, courez 58, rue de Richelieu à la BNF !

Estampe_2_UtamaroLa folie de l'estampe a atteint Paris et les cercles d'initiés dans les dernières années du siècle. Il était de bon ton de se réunir entre amis à cigares pour comparer ses nouvelles acquisitions et chacun apportait son portfolio..Imaginez : un marchand d'art japonais installé en France, Tadamasa Hayashi, fit venir par bateau entre 1890 et 1901, pas loin de 218 chargements représentant 156 487 estampes, 9700 livres illustrés...De grands mécènes firent d'importantes donations de leur fond aux musées et notamment à la Bibliothèque Nationale et Guimet.

L'exposition présente les plus grand maîtres : Utamaro (à gauche), Haronobu, Toyokuni, Kuniyoshi, Eishi, Kiyonaga, et mes paysagistes préférés Hokusaï et Hiroshige (en bas). Au XVIIIème siècle, les portraits d'acteurs de Kabuki, de sumotori célèbres et de beautés des "maisons vertes", puis au fur et à mesure de l'introduction de la technologie des couleurs chimiques, les paysages et des scènes de la vie quotidienne. Lorsqu'en 1853, le Commodore Perry force le Japon à s'ouvrir au commerce international, c'est tout l'art contemporain qui en est aussi influencé.

Estampe_100_vues_d_EdoBien entendu, au fond de la première salle, on admirera quelques jolies estampes shunga (érotiques) puisque tous les grands maîtres se sont adonnés à ce genre qui se vendait très bien, en particulier pour initier les jeunes filles à la bonne manière de faire...et de se laisser faire. Les plus belles de mon point de vue sont d'un format extrêmement étroit, sur un cadrage serré ne laissant entrevoir que l'essentiel : elles pouvaient aisément se rouler dans les poches (ou plutôt les manches) d'un kimono. Saisissant d'hyper-réalisme, vision de la jouissance féminine très rassurante...

J'ai pu acheter à la librairie deux ouvrages de reproductions : la série des relais du Tokaïdo, et les cent vues d'Edo. Et, rentrée à la maison, je n'ai pas résisté à la tentation de consulter e-bay.

Bingo, sous le coup de l'émotion, j'ai acquis deux estampes d'Hiroshige : l'une de la série des 53 relais du Tokaïdo (Fusijama) et l'une des Cent vues d'Edo. Et puis, dans la soirée du 16 décembre, justement cette petite merveille au format 15x24 avec le chat derrière la fenêtre.....

N.B. en cliquant sur le lien "BNF" vous pouvez bénéficier des commentaires des principales estampes de cette super exposition (jusqu'au 15 février) ! Ne vous effrayez pas de l'aspect rugueux de la présentation de la première slide, poursuivez les 31 stations de cette visite : vous vous sentirez tout à fait prêt à disserter sur l'art multiforme de lestampe japonaise.


Posté par Bigmammy à 19:35 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • note

    Si les estampes que vous achetez (la dernière avec le chat vaut au minimum 2 000 euros, pour les premiers tirages) sont coûteuses et précieuses, les encadrer n'est pas une bonne idée car les couleurs risquent de passer à la lumière et les estampes de perdre leur valeur. Mieux vaut les mettre dans un lieu fermé et protégé des accidents, et ne les sortir que pour les regarder... en revanche, si ce sont de jolies copies à trente dollars, pas de problème !
    Cordialement.
    X.

    Posté par Xaverius, 17 novembre 2010 à 15:36
  • @Xaverius

    Ma passion pour les estampes consiste surtout à les regarder. Je ne pense pas à la plus-value éventuelle. Aussi les ai-je chaque jour devant les yeux, mais dans mon couloir, c'est à dire jamais à la lumière crue. Et je ne les ai jamais payées au-delà de 120€ car ce soint des tirages relativement récents (pas avant 1910). La passion a des limites !

    Posté par Marie-Pierre, 18 novembre 2010 à 08:18

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