Hier, j'ai réalisé une performance inédite : passer la journée entière sans dépenser un seul centime !

Simple : j'ai bénéficié d'une délivrance de médicaments sur ordonnance sur présentation de ma Carte Vitale, j'ai déjeuné avec ce qui se trouvait dans mon frigo, je suis allée emprunter quatre livres à la bibliothèque municipale. Et, alors que je m'apprêtais à m'en retourner avec mon cabas plein de livres (une encyclopédie du tricot, la double biographie d'Isabel et Fernand, rois catholiques, un tome des oeuvres complètes de Steeman et L'Egyptionne de Gilbert Sinoué), j'ai passé un long moment à lire le dossier phare du mois de mars de la revue "Philisophie magazine" posant la terrible question : Pourquoi faire des enfants ?
Il serait temps, en effet, que je me pose cette question, sur laquelle je ne me suis pas souvent penchée depuis aujourd'hui.
Cette revue, aussi sérieuse qu'agréable à lire, a entrepris un sondage pour :

Philomag3"
demander à un échantillon de Français pour quelles raisons ils ont eu, ont ou auraient pu avoir des enfants.
Les réponses étonnent. Pour 60% des sondés, « un enfant rend la vie de tous les jours plus belle, plus joyeuse ». Une question de désir et de plaisir en somme. Un agrément de plus dans une vie toute centrée sur la jouissance. Sommes-nous définitivement entrés dans la sphère de l'hédonisme généralisé ? Les déceptions risquent d'être cruelles. Avoir et éduquer un enfant, tous les parents le savent, n'est pas seulement une partie de plaisir. Par ailleurs, cette focalisation sur le plaisir risque de peser sur l'enfant tant désiré et de le rendre en quelque sorte responsable du désir de ses parents.
Mais les sondés pouvaient choisir une, deux ou trois réponses. Du coup, les choses se compliquent. 47% des sondés considèrent que faire un enfant « permet de faire perdurer sa famille, de transmettre ses valeurs, son histoire », privilégiant l'optique du devoir. Enfin, 33% des personnes interrogées insistent sur l'amour : « un enfant donne de l'affection, de l'amour et permet d'être moins seul quand on vieillit »
.

Des contributions intéressantes (Elisabeth Badinter, Roland Jaccard...), des rappels historiques (pourquoi J-J Rousseau a -t-il tant parlé d'éducation alors qu'il confesse avoir abandonné ses propres enfants, pourquoi S. Kirkegaard fuyait la paternité au point de refuser d'épouser le seul amour de sa vie....), un dossier qui permet de prolonger la réflexion (exemple : E. Badinter déclare que la pression sociale est très forte de la part des grands-parents pour avoir de petits-enfants) , à mettre entre toutes les mains des parents...et de ceux qui décident de ne pas l'être.