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02 octobre 2009

Bruegel, Memling, Van Eyck au musée Jacquemart-André

Comme toujours en ce musée idéalement situé 158, bld Haussman, je vous conseille de vous pointer à l'ouverture (10h) ou le lundi jusque 21h30 si vous voulez voir les oeuvres de près. Il y a un monde fou - je préviens : beaucoup de vieux - et l'espace est restreint pour regarder des peintures flamandes, italiennes et allemandes jamais vues.

pieter_brueghel8Et pour cause : elles ont été rassemblées par un intime de l'Impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, Samuel von Bruckenthal (1721-1803), devenu gouverneur de la Transylvanie où il construisit un palais à Sibiu (Roumanie) pour les exposer. A moins que vous ne connaissiez toutes les richesses de la Transylvanie, à part le sinistre comte Vlad Trakul (plus communément connu sous son pseudo de Dracula) ?

S. von Bruckenthal, mécène compulsif, réunit 1200 tableaux, entre autres. Ici, une quarantaine sont exposés, et l'émotion est forte devant certains d'entre eux, d'autres émanant d'artistes beaucoup moins connus.

De Bruegel l'Ancien, le Massacre des Innocents à Bethléem (vers 1586-90), vision d'horreur d'une troupe rassemblant les futures victimes au centre du village où la neige se teinte bientôt de sang. Evidemment, on pense à la répression exercée par les troupes espagnoles en Flandre à cette époque....

Hans Memling (1435-1494) nous propose une vision tout à fait inaccessible de l'Allégorie de la Vertu ainsi que deux superbes portraits de donateurs orants. Dans le coin droit du tableau représentant la donatrice, un incroyable petit chien, symbole de fidélité...

chaperonbleu2Beaucoup plus proche de nous, le triple portrait plein de tendresse de Marie, Jésus et Sainte Anne, peint vers 1630-40 par Justus Sustermans.

Etonnant par les jeux de lumière à la manière de Georges de La Tour et des couleurs d'une éclatante fraîcheur, la Sainte Famille de Jacob Jordaens est une grande toile (112x119cm) qui n'idéalise aucun des personnages : le Christ est représenté avec une bonne petite bouille et revêtu d'une tunique de grosse toile, Marie a le teint fleuri d'une paysanne bien en chair sous l'oeil bienveillant de Joseph, penché sur elle.

A ne pas manquer, car le tableau est d'une dimension très inhabituelle : l'Homme au chaperon bleu de Van Eyck est une huile sur bois de 22,5cm sur 16,6cm !

Réalisme minutieux, ce portrait de fiançailles - l'homme tient la bague dans sa main droite - avait peut-être un "pendant". Détaillez les poils de la barbe naissante, la complication de la coiffure - alors à la mode en Bourgogne vers 1435 - la finesse de la fourrure, le modelé des ombres ciselant ce portrait. Battez vous pour en approcher : il vaut à lui seul la visite....

Jusqu'au 11 janvier 2010. 10€

Posté par Bigmammy à 08:09 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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