La critique de Claude :

Exit_fant_meOn ne peut pas écrire une note critique sur un roman de Philip Roth, parce qu’il le supporte difficilement, et qu’il a gagné le droit de ne pas être harcelé.


Ainsi écrit-il : "Dès que l'on entre dans les simplifications idéologiques et dans le réductionnisme biographique du journalisme,  l'essence de l'oeuvre d'art disparaît ».


Mais sur un blog de service, on peut dire aux lecteurs : « toutes lectures cessantes, lisez Exit le fantôme » !


Bien sûr, cher lecteur, si, comme moi, tu as dépassé la soixantaine, c’est une découverte éprouvante. Les personnages tentent sans succès d’échapper au cancer et à Alzheimer, qui guettent dans les beaux appartements de l’Upper East Side comme dans les logements miteux de la Première avenue,  et qui n’épargnent pas les grands écrivains, qui se découvrent « semblables à tout le monde ».


Je ne vous donne pas les détails, pour ne pas gâcher vos nuits, mais ils sont ici exposés avec une cruauté que je n’avais encore vue nulle part. Le sujet du livre est la création, bien sûr, mais il est bel et bien submergé par l’angoisse, que le héros solitaire ne partage avec personne. C’est un livre superbe, ne le laissez pas passer, et si vous ne l’avez pas lu, ouvrez aussi « La tache » (Gallimard 2002), qui vous laissera une impression inoubliable.  

327 p., traduit par Marie Claire Pasquier, Gallimard, 21€