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03 novembre 2009

Le ruban blanc (Das weisse Band), film de Michael Haneke

ruban_blanc_1Un titre immaculé, pour un film très noir, tourné en couleurs mais restitué en noir et blanc comme aux temps d'Ingmar Bergman ou de Carl Dreyer.

Car on parle de solitude, d'incommunicabilité, de souffrance et de perversion dans ce film.

Terrible, émouvant, dérangeant mais fascinant film où les rapports entre parents et enfants sont empreints de méfiance réciproque, de douleur et de mensonge, comme les rapports politiques et sociaux, où l'amour semble exclu, malpropre, mal venu.


Nous sommes en 1913 dans un village du Brandebourg, centré autour du junker, le baron local, propriétaire latifundiaire, ses paysans et sa famille insoumise, le médecin veuf qui couche avec son assistante, le pasteur et ses sept enfants tenus d'une main de fer, le régisseur âme damnée...et le narrateur, qui raconte ses lointains et incertains souvenirs d'instituteur épargné par la Grande Guerre.

ruban_blanc_3Car il ne sait plus bien ce qui s'est réellement passé, ou il veut oublier : des événements étranges sont venus perturber l'ordonnance prussienne qui régit, telle une chape de plomb, le gros village aux maisons et à l'église de briques, des attentats terribles et totalement inexpliqués...qui expriment la révolte devant la misère et surtout le mépris.

Entre oppression et vengeance, tortures et trahisons, culpabilité et perversion, humiliation et culpabilité, les enfants sont les premiers à souffrir, ou bien deviennent-ils progressivement les bourreaux ? Comment ces jeunes réagiront-ils face aux ordres inhumains qui leurs seront donnés trente ans plus tard ?
Comme toujours dans les films de Haneke, c'est au spectateur de trouver sa réponse.
Ici, les visages d'enfants sont d'une beauté troublante et atroce.

M_V_DragusUn film de 2h 24, avec des interprètes totalement inconnus en France (Rainer Bock, Suzanna Lothar, Burckardt Klaussner, Christian Friedel, Leoni Benesch), des décors et des costumes tellement vrais...On reparlera certainement de Maria-Victoria Dragus qui incarne Klara (photo).

Bref, Michael Haneke n'a pas usurpé sa Palme d'Or.

Posté par Bigmammy à 09:06 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Tu parles très bien de ce que tu aimes et de ce qui t'émeut.

    Kalinka

    Posté par Kalinka, 21 novembre 2009 à 09:52

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