La critique de Claude

Robert_LittellCe roman de 1991 n’a jamais été traduit en français, ce qui surprend, tant il est haletant et bien écrit ; vous le trouverez soit sur internet, soit à Paris, chez WH SMITH, 248 rue de Rivoli. (Penguin Books, 15 €).

Dans les sous-sols du Pentagone se réunit un petit groupe de glorieux retraités, qui regrettent tant la Guerre froide qu’ils tentent de la rallumer. Comme ils ont encore accès à de petits budgets, et que personne ne se méfie d’eux, ils vont introduire un virus à l’Ambassade américaine de Moscou, sous la forme d’un jeune et brillant diplômé de littérature russe. Il vivra l’amour fou avec une poètesse russe désespérée – ce goût des poëtes donnera plus tard la merveilleuse « Hirondelle avant l’orage », histoire d’Ossip Mandelstam, dont ce Blog a rendu compte. Ben Bassett tombera vite, et comme prévu, dans les griffes d’une bande d’alcoolo-espions, aussi ridicules que criminels, ce qui reste du KGB. Les deux vieux briscards  de l’Ambassade chargés de la sécurité vont ajouter leurs impairs aux intox organisées, dans une ambiance de saoulographie débridée qui n’est pas sans rappeler "l’Orchestre", décidément nous sommes présents partout !.

052On rit beaucoup, mais au passage on voit le KGB recourir à un chantage abominable au médicament indispensable à un enfant leucémique. Dors tranquille, ö lecteur : les méchants seront confondus, les malins tziganes exfiltreront les innocents, et les comploteurs de l’ombre seront dissous – enfin, semble-t’il…-.

« An agent in place » est  un livre superbement écrit, et nos « auteurs » français, y compris magistrats de haut rang avides de plateaux-télé, devraient le lire pour mesurer le chemin qui leur reste à parcourir dans le noble, mais difficile métier d’écrivain.