La critique de Claude :

le_n_greQue c’est long 2 heures sur un fauteuil dur, quand le film est ennuyeux ! Ce Ghostwriter raconte l’histoire d’un Premier Ministre britannique proche des Américains, si proche qu’en fait il a été recruté à Cambridge par la CIA (je raconte l’histoire parce qu’il n’y a aucun suspense à préserver).

Et la méchante CIA est prête à tuer, bien sûr, tous ceux qui approchent la vérité, et finalement lui-même. A aucun moment on ne croit à ce scénario de Guignol, qui me rappelle ce film de Chéreau où un préfet français donne tranquillement à son directeur de cabinet l’ordre de supprimer une Patronne de presse, ce dont il s’acquitte avec diligence. Les acteurs ne sont pas dirigés, Pierce Brosnan notamment, se demandant ce qu'il fait là-dedans, et Ewan Mc Gregor s'en tirant grâce à son personnage habituel de joli carnassier ennuyé. Le pire est sans doute le résultat de la procédure judiciaire qui pèse sur l'auteur : Polanski n'a pas pu terminer dans des conditions normales son montage, opération qui donne au film son rythme. Et c'est sans doute l'origine de cette lenteur désespérante. A fuir, donc.....

Mon grain de sel : moi non plus, je n'ai pas trouvé ce film sensationnel, malgré les hommages et louanges décernés à Berlin. Le scénario est confus et "date" un peu. Le coup du texte caché à décoder, c'est usé jusqu'à la corde. La CIA, on n'y croit plus, et quant aux relations anglo-américaines : "And so What ?" pourrait-on dire. Je relèverai toutefois l'interprêtation pleine de sensibilité vibrante d'Oliva Williams, en épouse bafouée et légèrement nymphomane, et un petit clin d'oeil : l'apparition en vieil homme au bord de la plage sinistre d'Eli Wallach. Quant aux décors, ils sont d'une beauté froide et excessive tout à fait conforme au sujet......

The Ghostwriter, film français de Roman Polanski (2h08) avec Pierce Brosnan, Ewan Mc Gregor, Olivia Williams (Ruth) et Kim Cattrall (Amelia).