Une critique de Claude de ce roman, pour l’instant non traduit :

 

irvingCommençons par un appel au Seuil, l’éditeur français de John Irving : il faut vite traduire ce grand roman, superbement écrit, riche de sentiments et d’histoires.

 

Il nous emmène, sur 50 ans (1954-2005), dans trois mondes qui se croisent : celui de l’écriture, celui des (petits) restaurants et celui des hommes des bois, qui flottent et scient les fûts sur la Twisted river, tout au nord du Vermont. Irving est un maitre de l’écriture, apprécie manifestement les restaus, et il est fasciné par les forestiers. Cet entrelacs est parfaitement naturel, et on en reste confondu.


Les destins vont se jouer sur des coups de dés : 2 vieilles voisines qui, roulant sur 300 milles, vont par hasard s’arrêter pour manger un morceau chez le cuisinier, et ainsi, le mettre, lui et son fils, en danger, car il fuit un policier fou. Ou une voiture folle qui fauchera la vie d’un enfant bien aimé. Ou encore, au début, l’accident le plus incroyable et le plus spectaculaire qu’on m’ait jamais décrit –je ne vous raconte pas, bien sûr-.

L’accident, et la précarité, sont comme toujours au cœur de l’univers d’Irving. Jusqu’au bout du roman, on croit le bonheur impossible, quand tombe du ciel une « Dea ex machina ».

 

Dans cette histoire, il y a les premiers rôles, superbes, notamment Daniel, l’écrivain, Cookie, son père aimant, et Ketchum, le vieux bucheron à la gâchette rapide. Mais il y a aussi une foule de personnages secondaires qu’on aimerait presque mieux connaître, Carmela, le vieux prof irlandais Mr Leary, et beaucoup de servantes au grand cœur, comme dans « Je te retrouverai », du même auteur. Plus on entre dans ce livre, plus on s’y sent bien, redoutant, par exemple, la page 554. 

 

A lire plutôt en français quand ce sera traduit, sauf si, muni d’un bon dictionnaire, vous avez vraiment envie de devenir pointus sur le vocabulaire du bucheronnage, sans parler du vocabulaire très « diffusion restreinte »  des bucherons !

Bloomsburry, 554 p. 23€