01 juillet 2010
TOURNEE, film de et avec Mathieu AMALRIC
Lui s'est toujours rêvé en réalisateur, moi je le préfère comme acteur, un domaine où il excelle (comme dans Rois et Reine).Ce film dérange. Le mélange subtil de colère, frustration, provocation, générosité et tendresse dérange. On ressent un perpétuel malaise devant le destin de ce producteur de télé contraint à partir aux Etats-Unis car il a laissé de mauvais souvenirs - et des dettes criantes - à ses amis et amies qu'il a utilisé et piétiné.
Il tente un come back avec cette production de spectacle "new-burlesque" : entendez une suite de tableaux de striptease pas du tout porno, réalisé par des femmes à la plastique particulièrement généreuse et qui, visiblement, aiment ça.
C'est à la fois ringard, attendrissant, plein de références cinématographiques et ...la chair est tout de même triste.
Ce qui étonne, c'est que le scénario soit tiré d'un reportage journalistique de Colette, lorsqu'elle battait les estrades sous un collant intégral. Elle décrit aussi cette ambiance toute en lumières sourdes dans "Mitsou". C'est non pas Back Street, mais Back Stage, "L'Envers du Music Hall".Quelques scènes superbes comme celle où la caissière de nuit de la station service drague Joachim. Un instant suspendu, ou encore dans le couloir du train corail, la terrible colère au téléphone lorsque le producteur apprend que la salle où il devait faire jouer ses protégées à Paris lui est refusée à la dernière minute. Au milieu, entre Le Havre, Nantes, la Rochelle et Toulon, des femmes généreuses qui toutes ressassent leur tristesse et leur mal du pays, regrettent de traverser un pays qu'elles n'ont pas le temps de visiter, se font d'un instant à l'autre admirer puis insulter par une caissière de super-marché (tiens, encore une caissière, phantasme ?)...
Une direction d'acteurs et surtout d'actrices très sensible : retiendrons-nous les noms de Miranda Colclasure, réminiscence de Marilyn qui aurait eu le temps de vieillir et de s'empater, Suzanne Ramsey en Kitten on the Keys, pianiste et introductrice des numéros de ses consoeurs, Linda Marini en Dirty Martini ? C'est peu probable et dommage, car elles sont vraies et donnent envie de les cajoler.
Mathieu Amalric est, comme à l'ordinaire, impeccable. Mais décidément, son film est un peu bancal.
Je l'ai vu hier, et c'est vrai c'est un film que j'aime mais que je ne peux pas recommander "sans restriction". Je crois qu'il y a trop de références diverses dans le scénario préparé depuis très longtemps : Colette d'un côté, et de l'autre des producteurs amis de Amalric qui ont eu des soucis parce qu'ils aimaient trop leur métier.
En interview Amalric a cité notamment Humbert Balsan. Pour lui ça s'est terminé par un revolver sur la tempe. Une jeune cinéaste a fait cette année un film sensible avec son histoire pathétique.
Avec mon pass Fête du cinéma, j'ai vu aussi Puzzle (exceptionnel), Bébés (pas mal du tout) et cet après midi ce sera Les Petits Ruisseaux, pour le fraîcheur