3172Un regard de mer, des cheveux de lin, une carrure de baraqué, une voie grave et chaleureuse...Des rôles de "durs" souvent dévolus aujourd'hui à Jean Reno....

Comme le grand public, j'ai découvert Bruno Cremer dans "la 317° section" (1965) de Pierre Schöndorffer, donnant la réplique à Jacques Perrin. C'était jusque là avant tout un acteur de théâtre, qui connaît tout le répertoire classique...et moderne.

J'aimais bien sa "gueule" à la Gabin, sa cicatrice sur la lèvre supérieure, sa verrue sur la joue, sa façon de vous regarder au-delà de la ligne d'horizon, sceptique et ironique, compatissant...

sous_le_sable_2001_5463_366890928Ce qui m'avait surprise, c'était son âge : 81 ans, tant il est vrai qu'il avait traversé les quarante dernières années avec toujours la même humilité, la même discrétion. Voilà un acteur qui ne courrait pas après les prix d'interprétation ou les honneurs, qui a fait son job avec tout le sérieux nécessaire, un type solide, au pas lourd mais au coeur tendre.

NoceblancheOn l'avait vu dans "Noce blanche" avec Vanessa Paradis, ou dans "Sous le sable" auprès de Charlotte Rampling...

Et moi, depuis quelques mois, je ne ratais aucun rendez-vous de l'après-midi sur Direct8 en me repassant la série des 50 épisodes de la série "Maigret", réalisée par d'excellents metteurs en scène. Imaginez : 14 saisons, de 1991 à 2003, à raison de cinq films par an.


Bien entendu, j'en connaissait déjà un grand nombre, mais je fasais aussi des découvertes. 





La plus pénible, ce fut celle du dernier numéro, "Maigret et l'Etoile du Nord" où il dut être doublé... Cancer de la gorge ?

Je ne voulais pas découvrir un matin sa nécrologie dans la presse...et voilà, c'est hélas fait ce matin !

Car il me semblait que ce bon géant, né un 6 octobre comme moi, m'était très proche, une sorte de génie protecteur...On n'est pas prêt de l'oublier !