d_jeuner_de_pr_sentationLa critique de Claude

Passions funestes  des ainés, écrasant les jeunes pour les conduire vers le malheur : ça ne vous rappelle rien ? Tartuffe ? l’Avare ? le Bourgeois gentilhomme ? le Malade imaginaire ? Woody Allen, osons le dire, atteint dans ce film les sommets de l’aveuglement chez Molière.

Il utilise aussi les ressources de l’imbroglio cher aux auteurs dramatiques du XVIIème siècle : les intrigues se superposent et s’entrecroisent, conduisant surement  tout ce petit  monde à la catastrophe.   

Deux moteurs, classiquement : le sexe et l’argent. Un barbon qui ne peut accepter son âge (parfait Anthony Hopkins), et épouse une call girl à l’accent du Yorkshire (le Ch’ti anglais, parlé par la délicieuse Lucy Punch).

p_re_et_filleSa vieille ex-épouse en devient folle, et s’abandonne à la boisson et à une diseuse de bonne aventure, qui, comme Tartuffe, prend l’ascendant sur elle au détriment de sa famille. La génération suivante (Naomi Watts, en fille maltraitée tristement convaincante, et Josh Brolin, en gendre qui gâche ses talents dans la bière), effarée des bêtises de Papa Maman, se laisse aller à ses propres démons – la jolie voisine, le patron galériste sadique  (Antonio Banderas, jouant pour une fois avec retenue).

A la fin, tout le monde….mais je ne vous dis pas la fin. Allez la découvrir dans cette inquiétante comédie de moeurs , dont le décor est un Londres encore luxueux (Docklands, Maida Vale), mais déjà décati par la crise.