La critique de Claude :

philip_roth_bench_1010_lgC’est le dernier roman de Philip Roth, consacré, comme « Indignation », qui vient juste d'être traduit en français, à un jeune homme intelligent et courageux, qui se fera broyer en dépit, ou peut-être à cause, de ses qualités.

Ici, la folie des hommes – racisme, alcoolisme, guerre de Corée - n’est pas en cause.

Bucky (littéralement : le solide), élevé avec amour par sa grand-mère, petite épicière de Newark, jeune et athlétique professeur de gym dans le Secondaire, fiancé à une très belle collègue, ne sera pas victime d’un complot antisémite, mais d’un virus, celui, terrifiant, de la polio, qui ravage en juillet 1944 un New Jersey poisseux de chaleur et de panique.

Porté par un sens aigu du devoir, il reste à son poste d’animateur de centre aéré, comme un bon soldat, même s’il est bouleversé et révolté par le mal épouvantable que Dieu laisse faire à plusieurs de ses élèves ou de ses copains. Puis il est lui-même atteint, et, se sentant, contre toute logique, responsable d’une contamination, et honteux de son handicap, il sacrifiera son bonheur et sa vie.

C’est un roman court, clair, à la langue lumineuse, qui force l’admiration.

Editor : Jonathan Cape, distribué en France par WHSmith’s (248 rue de Rivoli), 280 pages, 24 €