Une critique de Claude :

que_le_meilleur_perdeDistinguées lectrices et distingués lecteurs de ce Blog, ce n’est pas une nouveauté que nous vous présentons aujourd’hui, mais un livre publié en 1994, et dont Amazon ne vous promet que des exemplaires d’occasion, au prix raisonnable de 3,10 €.

Alors, pourquoi cette chronique ? Vous allez comprendre : la thèse de ce livre désopilant, écrit par un journaliste et par un politogue très sérieux, malheureusement disparu depuis, c’est que les politiciens ne se battent pas pour gagner le pouvoir mais pour le perdre.

C’est simple, dans l’opposition, vous n’avez rien à faire, donc à vous les 5 à 7 enflammés, le golf, les films de 3 heures de Tavernier, tandis que vos petits camarades ministres assistent à des réunions interministérielles rasoir, et passent de folles nuits au Sénat (« j’appelle l’amendement n° 7658, présenté par plusieurs membres du groupe X…il est défendu ? oui ? Vous avez la parole, mon cher collègue, soupir, l’horloge affiche 3h50, les huissiers baillent,  etc)

Mieux encore : dans l’opposition, vous pouvez penser, dire et faire  absolument n’importe quoi (qu’il suffit de faire preuve d’autorité pour améliorer la sécurité et l’éducation, qu’il n’y a pas de problème de financement des retraites etc). Au pouvoir, les journalistes vous guettent, ils repèrent vite que votre belle-mère a été en Sixième avec l’héritière d’un groupe de cosmétiques, et que, depuis, elles ne se quittent plus, ils mettent des micros sous les oreillers, et s’insurgent quand vous prétendez savoir lequel de vos collaborateurs leur passe les minutes d’enquête en temps réel.

Comme les politiques sont rationnels, ils font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas vivre cet enfer, c'est-à-dire pour ne pas accéder au pouvoir, ou pour le perdre quand leurs adversaires, plus malins qu’eux, le leur ont refilé incidemment.

Et voilà pourquoi, en ce moment, et comme d’habitude, vous voyez les grands partis accumuler ce que vous croyez être des bêtises, mais qui sont de fines astuces pour retrouver, ou ne pas perdre, le jardin des délices de l’opposition.

 

Le livre, bien fait quoiqu’un peu obsolète, comprend non seulement un exposé théorique, mais aussi des exercices pratiques, très utiles pour le jeune politicien en formation, auquel nous le recommandons vivement.