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01 mars 2011

Annie Girardot : de la gloire à la déchéance

roccoComment ne pas évoquer la carrière et la vie de cette actrice qui a incarné la Française type, gouailleuse, libérée, tragique ? Elle était incontournable dans les années 70, elle a tourné dans plus de 200 films dont certains, il faut bien le dire, furent des "désastres artistiques", avec les réalisateurs de génie comme avec les faiseurs de daube.

Parmi les premiers, je citerai Luchino Visconti et son extraordinaire interprétation dans Rocco et ses frères (1960) ou Michael Haneke dans La pianiste (2001), mais aussi nombre de grands noms du cinéma italien : les frères Taviani, Mario Monicelli, Marco Ferreri, Luigi Comencini, sans oublier Claude Lelouch avec lequel elle partagea un bout de vie, ou Philippe de Broca.

afficheRoccoMais hélas il y eut aussi les Serge Korber, Denys de la Pattelière, Claude Zidi, Gilles Grangier, André Cayatte...

Cette extraordinaire actrice formée au théâtre - on se souviendra de La machine à écrire de Cocteau à la Comédie Française ou de Madame Marguerite de Roberto Athayde - avait commencé dans la troupe des Dugudu de Robert Dhéry. Ceci explique peut-être son goût immodéré pour la comédie populaire débridée qui, à mon avis, plomba sa carrière.

Mais au moins autant que la gestion calamiteuse de ses finances, c'est sans doute celle de sa vie sentimentale qui l'a menée au fond du gouffre. Sa liaison avec le parolier-rockeur Bob Decout l'a fait basculer dans le "rouge" au début des années 80. Elle le soutient financièrement, vend son appartement pour financer ses spectacles qui font des fours retentissants, la laissant exangue.

annie_girardot C'est le début d'une longue éclipse, dont la renaissance n'interviendra qu'après 2000, mais la sournoise maladie est déjà à l'oeuvre, la transformant en icône souffrante d'un mal dont on commence tout juste à parler.

Du meilleur au pire, ce fut une comédienne de grand talent, qui voulait être libre mais fut une femme battue, qui fit gagner à ses producteurs des sommes folles mais mourut démunie.

Une sorte de parabole.

 

Posté par Bigmammy à 10:25 - Actualité - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Une actrice de grand talent et de grande sensibilité dont notre génération se souviendra.

    Posté par Binchy, 01 mars 2011 à 10:37
  • Merci Marie Pierre pour cet excellent hommage à Annie GIRARDOT -elle laissera dans nos mémoires des traces indélébiles.
    Légèrement souffrante hier après midi, sur ma méridienne j'ai visionné la 15 ou la 16 où des hommages affluaient pour elle.
    AU théâtre il y a quelques années (st GEORGES il me semble) je l'avais vue dans une pièce dont je ne me souviens plus le titre- j'étais d'ailleurs avec ma fille, et je me souviens qu'annie GIRARDOT fumait sur scène..
    Elle était venue aussi jouer dans notre théâtre à ROSNY (là aussi j'ai oublié le titre de la pièce)
    elle ne paraissait déjà pas très à l'aise..
    Tenons le coup - je parle pour moi car en âge je me dirige vers un âge critique..
    Bien que j'écrive et que je lise tous les jours, je ne suis à l'abri de rien (voir André CHEDID décédée récemment - c'était aussi la même maladie..)oh les COEURS.. à bientôt

    Posté par poetalisa, 01 mars 2011 à 10:49
  • MOURIR D'AIMER -1971-

    Qui ne se souviendra pas de ce livre et de ce film tirés d'un fait réel... Ce sentiment qui peut nous frapper à n'importe quel moment... dont nous ne sommes pas maître... et qui peut être symbole d'interdit... qui peut-être à la fois SUBLIME et DESTRUCTEUR...
    "L'amour est une envie de se noyer, une tentation de la profondeur ; en cela, il ressemble à la mort". Emil Cioran.

    Posté par Binchy, 01 mars 2011 à 11:27
  • J'aimais aussi son coté **normal** dans ses films, sa simplicité

    Par contre je n'emploierai pas le mot déchéance qui est mal à propos dans cette maladie; mais plutôt: déclin, dégénerescence

    Posté par Martine, 01 mars 2011 à 13:48

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