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11 décembre 2011

SHAME, film de Steve McQueen

afficjeshameLa chair est triste, hélas ..*.

Voici le portrait intime d'un homme malade. On en a d'autres en tête, qui connaissent la même addiction au sexe. Celui-ci est jeune, beau, bien bâti, a un bon job, est performant, habite sur la 28ème rue un bel appartement bien rangé, bien propre, au sud de Central Park.

Mais il est complètement accro au plaisir : solitaire, à deux, à trois, surtout avec des femmes qu'il n'a aucun mal à séduire, mais aussi éventuellement dans les toilettes d'une boîte homo ... Tout y passe : les sites porno en boucle sur son ordinateur professionnel, les prostituées, les femmes levées dans les bars, dans la rue .... sauf que lorsqu'il rencontre une belle jeune femme (Nicole Boharie) prête à lui succomber, il tombe en panne.

baiserC'est un film esthétisant et très "léché" (si j'ose dire). Jamais sordide, mais vrai, terrible...

David Sullivan (impeccable Michael Fassbender) a une soeur (vulnérable Cary Mulligan), paumée, qui chante dans les boîtes de nuit. Elle s'accroche à lui, elle lui pèse, il la rejette ...

SissySans doute s'est-il passé entre eux, autrefois, des choses inavouables. Et pourtant, ils sont si seuls au milieu de la grande ville si froide. Tout est filmé en bleu et gris.

 

 

Bref, un film qui secoue, à ne pas mettre sous tous les yeux, qui laisse à réfléchir, très prisé des critiques, primé à la Mostra de Venise.

On connaissait le martyre de l'obèse, on ignorait sans doute celui du pervers compulsif.

* Brise marine

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts ni fertiles îlots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé, Vers et prose (1893)

 

 

Posté par Bigmammy à 08:28 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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