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07 mars 2012

La pierre et le sabre, roman de Eiji Yoshikawa

pierreetsabrecouv« La durée d’une vie n’est qu’un intervalle insignifiant dans le cours infini du temps. »

Ainsi s’exprime le héros de cette épopée en forme de succession de courts épisodes, le célèbre ronin itinérant Miyamoto Musashi, à la veille d’affronter un combat qu’il pense mortel, et  qui cherche la Voie du sabre (ou Kendo) à travers le Japon du début du XVIIème siècle.

La Pierre et le Sabre est le premier des deux volumes de ce roman basé sur l’histoire d’un célèbre escrimeur, Miyamoto Musashi (1584-1645) dont l’auteur Eiji Yoshikawa fit une figure nationale à travers un feuilleton paru entre 1935 et 1939 dans l’Asachi Shimbun. 859 pages dans l’édition française, indispensables pour effleurer l’âme japonaise, ses principes et ses valeurs, en se remémorant aussi l’état d’esprit des jeunes soldats de l’empereur nippon à la veille du second conflit mondial.

pont1Une succession d’aventures où s’inscrit progressivement  l’image du japonais contemporain, dont l’idéal est la maîtrise de soi, la force intérieure, la symbiose avec la nature. Au début, un jeune colosse venu d’un village de campagne, mal dégrossi, violent, que l’on trouve parmi les cadavres de la fameuse bataille de Sekigahara. Takezo va partir sur les routes pour s’affronter avec des adversaires supérieurs à lui, d’abord en technique, puis en nombre. Avec son allure menaçante, son kimono court, son hakama (pantalon de combat à plis), ses deux sabres, son regard fou, il ne se fait pas que des amis.

Mais ses rencontres – c’est fou ce qu’il retrouve par hasard ses amis comme ses ennemis souvent dans ses pérégrinations, spécialement sur les multiples ponts du pays  – le font progresser sans cesse dans la Voie qu’il s’est tracée. En particulier le moine Zen Takuan, qui le forcera à une retraite de trois ans pour étudier et ainsi devenir meilleur.

On le retrouve alors avec un nouveau nom, Musashi, une nouvelle fortitude, il a acquis l’étoffe du héros.

cascadeDes combats époustouflants – en particulier un lourd combat nocturne dans la neige -  de belles jeunes filles, de sages conseillers, des traitres.

Les personnages vont par couple : les bons génies (Takuan et Jotaro), les veules et victimes-nées (Matahachi – Akemi), les suffisants violents, parfois traitres (Kojiro – Seijuro), les vieilles sorcières (Osugi – Oko) entourent le couple d’amants chastes Musashi et Otsu.

VagabondTout pour captiver l’attention des lecteurs. Pas étonnant qu’aujourd’hui l’histoire ait été transposée en un seinen manga intitulé « Vagabond ». Mais les 120 millions d’exemplaires de ce roman ne comptabilisent pas cette édition plus populaire.

Pour moi qui suis une fervente admiratrice des estampes d'Hiroshige, les paysages du Japon sont d'une beauté sans limite. Cependant, je me suis tout de même moins régalée qu'à la lecture de la trilogie de Dale Furutani, je l'avoue ....

 

La pierre et le sabre, par Eiji Yoshikawa, traduit par Léo Dilé, Editions J'ai lu, Editions Balland, 857 p., 9,90 €

Posté par mpbernet à 16:52 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour,
    J'ai lu les deux tomes et je suis d'accord avec vous.
    Mais mieux encore que Dale Furutani, essayez vraiment le Clan des Otori.
    Toujours dans la veine japonaise, mais très différente, les nouvelles de Kido Okamoto : fantômes et kimonos, fantômes et samouraïs. Je me suis régalée.
    Les romans d'I.J. Parker sont eux aussi très agréables à lire, un bon moment de détente.
    Dans la veine chinoise, les très nombreuses aventures du juge Ti, de Van Gulik.
    Bon deuxième tome!
    Marie

    Posté par Marie, 08 mars 2012 à 18:04

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