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12 mai 2012

Un hommage aux boutons ...

Pourquoi parler des boutons ?

boutons corozoSans aucun doute parce que je me suis replongée quelques jours dans la perplexité d'une civilisation qui ignorait le métal, mais pas obligatoirement les boutons, vu la qualité des vêtements qu'ils confectionnaient à partir de peaux de chèvres extrèmement fines. Cela m'a fait gamberger, d'autant plus que je n'ai pas tenu une aiguille depuis un bon bout de temps et que, sans doute non plus, cela me manque !

Gideon_SundbackIl y a peu, Goggle célébrait la naissance de l’ingénieur américain d’origine suédoise (Gédéon Sundback) qui perfectionna la fermeture à glissière pour le plus grand bénéfice de ses contemporains. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur le bouton, ce petit objet si utile, depuis la nuit des temps, pour fermer les vêtements, suivre les courbes du corps, devenir un ornement, voire un bijou …

En cherchant sur la toile, j’ai appris des tas de choses :
Avant l’introduction du bouton, on attache les vêtements par des agrafes, des broches,  des fibules que l’on trouve  en particulier dans les tombes mycéniennes. Elles sont en bronze. On trouve des boutons dans les fouilles de la civilisation de l’Indus, en Chine à l’âge du fer, dans la Rome antique. Le bouton devient à la mode chez les hommes à l’occasion des Croisades, au contact des Turcs qui portent des caftans boutonnés de haut en bas.

 

boutons de mancheLa première mention d’un bouton est dans la Chanson de Roland (XIIème siècle). En revanche, le bouton de manchette aurait été inventé par les Germains (Vème siècle avant JC), le « botan » formé de deux petites plaquettes unies par une barrette rigide.
Avant le XIVème siècle, on se fait coudre les manches du vêtement par un domestique, que l’on fait découdre au moment du coucher ….Mais l’accessoire demeure essentiellement masculin. Les femmes moulent leur corps avec des lacets. Sous Louis XIV, le bouton, toujours masculin, se fait ornement, bijou. Il est imposé par Louis XV pour les uniformes, les habits de chasse, les livrées.

Tout le monde sait que c'est pour éviter que les soldats ne se mouchent à l'aide de leur bas de manches que l'on insera dans l'uniforme les boutons à cet endroit stratégique ...

boutonsOn boutonne les vêtements masculins de gauche à droite, pour laisser libre la main droite pour toute occasion, offensive ou défensive. Pour la femme, une seule obligation : l’allaitement. On boutonnera ainsi dans l’autre sens. J’ai enfin l’explication logique à cette différence !
La mode du bouton explose avec celle des gilets romantiques. Le bouton de nacre est un objet de luxe, dont l’industrie se fixe à Méru dans l’Oise. La maison F. Mercier et Cie, fondée en 1937, est le leader français des boutons de nacre.
On utilisera ensuite d’autres matières naturelles ou synthétiques. Os, corne, bois, verre, métaux précieux, plastique, etc …Et le corozo. C’est un ivoire végétal issu de la graine de palmier séchée, grosse comme un œuf, qui devient très dure. Blanche à l’origine, elle peut être teinte, elle est importée d’Amérique et utilisée par les industriels allemands.

bouton51Qu’ils soient à trous (à gauche) ou à queue (ici à droite), les boutons constituent le détail indispensable à la finition du vêtement. Il est très important de bien les choisir, malgré la récente raréfaction des merceries ….

Et si vous en devenez collectionneur, on vous appellera fibulanomistes ! – un super-mot pour les cruciverbistes !

Posté par mpbernet à 12:14 - Journal de bord - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Merci beaucoup pour cette "histoire" de boutons qui m'a beaucoup intéressée. Je vais la garder précieusement car j'aime beaucoup les boutons...

    Posté par Myrfra, 12 mai 2012 à 14:38
  • INTERESSANTE CETTE HISTOIRE DU BOUTON- J'ignorais la raison pour laquelle sont cousus des boutons au bas des manches..
    BRAVO de nous "instructionner"!!!!!!et merci

    Posté par potalisa, 12 mai 2012 à 18:20
  • Très intéressant, merci.
    Quel plaisir de fouiller dans les boites à boutons ...
    J'ai la grande boite à biscuits (bretons) en fer remplie de boutons variés conservés par ma mère. Les boutons d'une grande famille s'y amassent depuis plus de 60 ans. Quand un vêtement était trop usé, on ne manquait pas de découdre les boutons avant de se séparer du vêtement. Je continue de remplir la boite avec les boutons supplémentaires des vêtements neufs, mais je ne découds plus les boutons des vieux vêtements que l'on donne maintenant avant l'usure complète. Quand je cherche dans la boite pour pour remplacer un bouton manquant ou terminer une
    layette ou autre tricot, je retrouve avec émotion des boutons que je revois sur les robes de ma mère ou les manteaux de mon enfance ...

    Posté par stamm92, 12 mai 2012 à 22:59
  • tout peut passionner

    j'ai toujours dit qu'à partir de la moindre petite chose , on peut se passionner et enrichir ses connaissances.
    Moi , c'est lors de l'achat d'une vieille bouteille à bille
    lesbillesafran6@blogspot.fr

    Bravo pour vos boutons que mon épouse Viviane m'a fait découvrir

    Posté par Fran6, 13 mai 2012 à 10:24
  • À propos du boutonnage gauche/masculin et droit/féminin, j'ai une explication plus simple.

    À l'origine, l'homme qui fait la guerre, va à la chasse et mène une vie libre et active, a besoin de s'habiller et de se rhabiller vite et seul.

    Les femmes, comme vous le dites justement, se font chaque matin coudre pour la journée, à même le corps, les manches de leur vêtement par une servante qui les habille.

    La majorité des personnes étant droitière, cela explique que le boutonnage des hommes se fasse à gauche, celui des femmes à droite (pour faciliter le travail des habilleuses). Bien sûr cela n'est le cas que dans les classes dominantes, qui cependant imposent et dictent les usages au reste de la société.

    Merci pour vos articles si variés. Et pour ces voyages que vous avez partagé avec nous tous ces derniers temps...

    Posté par Popeline, 14 mai 2012 à 14:50

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