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23 juin 2012

Les chansons de Bilitis (1894) par Pierre Louÿs

Voici un livre qui, lorsqu’il fut publié en 1894, fit naturellement scandale, et ce, à plusieurs titres. 

chansons de Bilitis

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Pierre Louÿs, jeune (il a alors 24 ans !) écrivain érudit et bibliophile, qui a fait ses classes à l'Ecole Alsacienne où il s'est lié d'amitié avec André Gide, mais surtout grand amoureux à la vie sentimentalement tumultueuse, présente ce court texte comme la traduction d’une poétesse née au début du VIème siècle avant Jésus-Christ, dont les écrits étaient gravés sur les parois de son tombeau retrouvé à Palaeo-Limesso. Il place cette découverte sous l’égide d’un savant allemand, G. Heim …. et fournit toute une bibliographie savante qui fera un certain temps illusion jusqu’à ce que soit découvert le pot aux roses …. C’est bien le cas de le dire.

Toute cette belle histoire étant une mystification littéraire (qui aura noté que le mot Geheim (G. Heim), en allemand, signifie « secret » ?) car le véritable auteur de ces courts poèmes délicieux n’est autre que Pierre Louÿs lui-même.

Pierre Louÿs

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Ainsi a-t-il créé de toutes pièces la vie et l’œuvre de Bilitis, belle fille née en Pamphylie, d’un père grec et d’une mère phénicienne. On la suit plus tard à Mytilène puis à Chypre. Elle rencontre la poétesse Sapho à Lesbos et chante ses amours avec de jolies jeunes femmes, puis, l’âge avançant, finit en courtisane.

marienue

Lire aujourd’hui ces doux poèmes en prose, tendres et légers, rythmés et imagés, nous semble anodin. Il faut néanmoins se replacer dans l’atmosphère guindée de ce début de l’autre siècle pour en mesurer le caractère licencieux! On se donne tout de même bien du plaisir à parcourir ces phrases claires, pleines de séduction et de simplicité, empreintes d’un symbolisme hellénisant de bon aloi, plus tard mis en musique par Debussy.

J’avais  acheté cet opuscule dans une édition ancienne lors d’une foire aux livres, attirée par la présence de 88 bois originaux de Jean Lébédeff – le livre n’étant pas coupé, j’espérais de « jolies » gravures. Mon attente ne fut pas satisfaite, car les illustrations à chaque page sont ravissantes mais pas du tout scandaleuses. Ce qui pose problème c’est la piètre qualité du papier, puisque cette édition date de 1940 …

Les chansons de Bilitis – Edition « Le livre de demain » chez Arthème Fayard – 1940 – 84 P.

N.B. : ici à gauche, photographiée par son amant Pierre Louÿs, Marie de Hérédia, fille du poète José-Marie, qui fut sa maîtresse avant et après que l'auteur épousât sa soeur Louise. Marie avait épousé, elle, Henri de Régnier, dont la situation était plus florissante que celle de Pierre Louÿs.

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