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22 juillet 2012

La machination Voronov, BD de Yves Sente et André Juillard

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C’est le deuxième album conçu et dessiné en 2000 par une équipe se coulant dans le moule d’Edgar P. Jacobs : Yves Sente et André Juillard. Comme dans l’épisode précédent, nulle trace de science-fiction, mais du pur roman graphique d’espionnage, dans un cadre politique et historique précis : nous sommes en 1957, en pleine Guerre froide et course effrénée entre les deux Grands pour savoir qui maîtrisera l’espace, c'est-à-dire les fusées à longue portée permettant d’anéantir l’adversaire.

L’histoire commence à Baïkonour, base de lancement des fusées soviétiques. Voulant brûler les étapes, un général provoque la destruction d’une fusée qui s’écrase au sol… Cependant, les équipes chargées de récupérer les débris meurent à son contact d’une fièvre hémorragique. De l’espace, la fusée a ramené sur terre une bactérie tueuse, dont un savant fou, le Docteur Voronov, va tirer un parti tout à fait radical. En effet, ce nostalgique de la période stalinienne veut supprimer toutes les velléités d’ouverture manifestées par certains hiérarques, depuis que Kroutchev a initié la déstalinisation. Au risque de provoquer un conflit nucléaire mondial pour parvenir à ses fins.

 

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On a beaucoup critiqué ce scénario trop verbeux, ainsi que le graphisme manquant de la légèreté du précédent épisode (L’Affaire Francis Blake). Je ne suis pas d’accord, et j’ai trouvé dans cette aventure bien des points d’une extrême précision. Je me souviens en particulier de l’ambiance qui régnait à l’époque dans les milieux diplomatiques – j’ai effectué un voyage à Moscou en 1962 et je logeais chez un diplomate français – et j’ai toujours en mémoire ces filatures par des agents à peine discrets, les installations spécifiques anti-écoutes, des problèmes du personnel complètement à la solde du KGB. C’est bien vu. Evidemment, l’intrusion de Blake au sein de la Loubianka pour en exflitrer la belle Wardynska à travers les égouts moscovites relève du mythe, mais c’est tout à fait dans le style des exploits de Blake et Mortimer. Olrik, là encore malfaisant, n’est toutefois pas très bien inspiré cette fois et se plante … ce qui ne manque pas de faire plaisir.

Enfin, un clin d’œil que j’adore : le restaurant syldave Klow, avec son éternel serveur chauve, me ramène au Sceptre d’Ottokar …. En définitive, une intrigue vraisemblable et prenante, dans une belle mise à la couleur.

La machination Voronov, Editions Blake et Mortimer (Bruxelles), 64 P.

Posté par mpbernet à 08:20 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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