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11 août 2012

Voyage express en Médoc ...une étape à Verdelais

Pour nous consoler de  notre soudaine solitude, nous avons résolu de nous échapper dans une région que nous ne connaissons pas du tout, mais qui résonne de noms illustres, tant dans le domaine de la philosophie et de la littérature que de la peinture et surtout, de la viticulture : le Médoc.

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Il y régnait hier une chaleur éclatante : 38,5° au thermomètre de la voiture - Dieu merci climatisée - tandis que nous parcourions la rocade de contournement de Bordeaux. Ce soir, nous dormons une nouvelle fois dans une adorable maison de maîtres du XIXème siècle, juste sur la place d'un village tout près de Moulis ...aux appellations évocatrices comme Maucaillou, Chasse-Spleen, etc ...

Et pour commencer, je parlerai d'un autre village (environ 900 habitants), centre de pélerinage célèbre depuis le le dixième siècle, aujourd'hui tenu par les marianistes, où une multitude de guérisons miraculeuses ont été pieusement rapportées : Verdelais.

Laissons parler François Mauriac de ce lieu de piété plein d'ex-votos attendrissants :

"Qu'est-ce au fond qu'un pèlerinage comme Verdelais ? Un des moyens que l'Église propose aux fidèles pour s'évader, durant quelques heures de leur vie quotidienne, pour se purifier, prier, communier et repartir de nouveaux frais...Tout le monde ne peut pas aller à Lourdes. La Vierge se met ici à la portée des gens de la Gironde et du Lot-et-Garonne, et même d'au-delà, qui veulent pouvoir rentrer le soir même à la maison. Nous n'avons plus cette conception héroïque du pèlerinage qui jetait sur les grands chemins d'autrefois tant de pèlerins, dont beaucoup moururent avant d'avoir atteint Saint Jacques de Compostelle.

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Pour moi Verdelais échappe à l'Histoire, et de même, je serais bien incapable de porter sur le sanctuaire un jugement esthétique. Dans ce chœur Louis XIII, je verrai jusqu'à la mort, mon frère l'abbé étendre ses bras en croix devant l'autel où mon père enfant servait la messe. Cette table de communion se souvient de nos petites figures tendues vers l'hostie ; et que de fois ma mère s'y sera agenouillée au long de sa vie tourmentée !
Dans la chapelle, à gauche de l'entrée, une exquise petite fille en cire repose sa tête sur un coussin ; elle a une cicatrice rouge à son cou délicat et sa robe est d'une étoffe précieuse... C'est Ste Exupérance dont on ne sait rien sinon qu'elle était une enfant et qu'elle est morte martyre. Et c'est (pour moi) la merveille de Verdelais"

 

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Etrange basilique, tout de baroque vêtue, avec son immense mail étroit destiné à accueillir les processions ferventes, écrasé de soleil en ce midi étouffant. Et puis, juste en face, le cimetière accroché à la colline du Calvaire, où l'on visite la tombe d'Henri de Toulouse-Lautrec et de sa mère la Comtesse, puisque c'est dans le château de Malromé tout proche, comme le domaine de Malagar propriete de François Mauriac, qu'il s'éteignit à l'âge de 37 ans.
 
Quand les conditions de connexion seront plus favorables, je vous parlerai donc de Malagar, demeure de François Mauriac, justement, et du château de La Brède, possession de Montesquieu. A suivre ....

Posté par mpbernet à 08:05 - Journal de bord - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Je vous souhaite un excellent week-end à tous les deux.

    Posté par Binchy, 11 août 2012 à 10:02

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