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05 septembre 2012

Ma première maîtresse ...

Je me souviens très bien de ma première année d'école, et de ma première institutrice.

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C'était en 1952, j'allais pour la première fois directement en cours préparatoire, on disait la onzième à cette époque. L'école maternelle n'existait pas de manière systématique pour les petits bouts de chou d'aujourd'hui ...Ma mère ne travaillait plus - je me demande encore (mais c'est un tropisme des temps présents où toutes les femmes travaillent) comment elle a pu accepter d'abandonner une carrière qui lui plaisait bien au Ministère des Affaires Etrangères - pour nous élever ma soeur et moi. J'avais été inscrite dans une école privée de Saint Mandé, l'Institution Lefavrais, non loin de la maison. Nous faisions le trajet à pied, naturellement, et quatre fois par jour car je ne me souviens pas avoir jamais déjeuné à la cantine.

Ma première institutrice était très belle : j'évoquerai à son propos un vrai portrait de peintre préraphaêlite : diaphane, longs cheveux blonds tressés en coques sur les oreilles, douce ... Nous commencions la journée par la prière (un Notre Père et un Je-vous-salue -Marie à la suite), debout tout le monde à côté de son petit pupitre, même mon amie juive Irène (sur la photo à gauche, au deuxième rang de la première travée, moi je suis à l'extrémité de l'autre travée, avec ma frange et ma robe chasuble sur un chemisier blanc), dont j'enviais l'extraordinaire chevelure blonde et bouclée, retenue par un noeud de côté, bleu ciel come ses yeux de porcelaine.

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L'année suivante, on m'inscivit dans l'école communale de la rue Marsoulan, qui avait une extension de trois classes édifiées à la hâte - baby boom de retour des prisonniers oblige - au coin du boulevard Soult et du cours de Vincennes. J'ai dû y suivre l'équivalent des classes de CE1 et CE2.

Une de mes maîtresses préférées s'appelait Madame Ponthus. Là, j'ai mieux fait connaissance avec Dominique, qui habitait, elle aussi, dans l'immense caravansérail du 68 boulevard Soult. Elle était petite, toujours coiffée avec une frange, des cheveux et des yeux noirs, brillants de malice... Ensuite, nous avons intégré la sévère école de la rue Marsoulan, à l'ombre de l'église de l'Immaculée Conception, où nous suivions le cathéchisme avec l'abbé Rebstock qui ressemblait à Louis Jouvet ...

En CM2, notre institutrice était une dame à l'allure sévère, les cheveux gris serrée en chignon bas : Madame Foussier, une excellente pédagogue qui nous préparait très bien à la 6ème. C'était nouveau, que la plupart ds élèves de cette classe - l'examen d'entrée venait d'être supprimé - intégrent ce que l'on appelait encore le Lycée. Mais la rançon d cette évidente avancée sociale, c'étaient des classes de 33 élèves en moyenne. Seulement, la discipline ou plus simplement le strict respect dû aux professeurs, rendaient cet effectif pilotable, même pour de jeunes professeurs tout juste diplômés.

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5ème

Moi, j'espérais être affectée au lycée Hélène Boucher, comme ma grande soeur. Je fus extrèmement déçue de recevoir l'annonce de mon affectation dans un établissement inconnu situé boulevard Soult, bien que encore plus près de la maison.

 

Près des installations sportives occupant une partie des terrains laissés vacants après la démolition des fortifications, on avait construit, ici encore à la hâte, plusieurs classes dans des bâtiments provisoires, dotés d'un poêle central, tandis qu'on édifiait à côté un grand lycée en dur,

dans le style des constructions modulaires (comme pour le lycée Edouard Pailleron, qui disparut plus tard dans un incendie dramatique).

On commença a désigner ce groupe de classes le "lycée mixte du boulevard Soult", puis il devînt une annexe du lycée Jen-Baptiste Say, (sur la photo, on voit bien la structure provisoire des bâtiments, nous sommes en 5ème, me retrouvez-vous ? Je porte encore une blouse, et suis au deuxième rang, la deuxième à gauche) puis enfin, il reçut son nom définitif  Paul Valéry. Quel choc : un lycée MIXTE !

 

hiatus

J'y ai passé toutes mes études secondaires, sous la houlette bienveillante d'un formidable censeur : André Guillotin (ça ne s'invente pas), avec un profeseufr de Français-Latin-Grec que je n'oubleirai jamais : Pierre Fortassier (1920-1998), auteur d'un ouvrage savant, au titre extraordinaire pour moi .....et qui m'a initiée pour toujours aux délices de l'Iliade et de l'Odyssée.

Voilà, ce à quoi je pensais toute la journée d'hier, tandis que toutes les télés et radios nous parlaient de la rentrée scolaire.

J'ai retrouvé ces deux amies grâce à Internet, il y a plusieurs années déjà. Nous avons retrouvé de vieux réflexes de gamines, finalement, toutes les trois, nous n'avons pas fondamentalement changé (je ne parle pas du physique ...) !

Posté par Bigmammy à 10:07 - Journal de bord - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Encore un point commun

    L'école de la rue Marsoulan, y êtes-vous retournée ? Ma fille y a fait ses classes de la maternelle au CM2. Puis ce fut le collège Courteline, et le lycée Hélène Boucher, qui a vu défiler sa mère, ses tantes, ses cousines, sa grand-tante !

    Posté par M&M, 02 novembre 2012 à 12:05
  • souvenir d'un professeur

    Tombée un peu par hasard sur votre blog en surfant sur la toile, une nuit d'insomnie. J'ai eu moi aussi Pierre Fortassier comme Professeur de latin et de français en hypokhâgne au lycée du Raincy. où nous avions un autre professeur en grec. Quel personnage ! Spécialiste du spondaïque homérique (pour l'amour du grec), mélomane et musicologue, dont j'ai découvert par la suite son engagement de résistant. Tout comme vous il m'a beaucoup marqué et je lui dois de m'avoir fait découvrir Ponge, aimer Chateaubriand, avoir une autre regard sur Rousseau et appris à écrire. Sa faconde, ses rugissements, ses cours sans grand I ni a) subjuguait la classe. Ma belle-mère habitait rue du Rendez-vous, ma belle soeur a fréquenté le lycée Hélène Boucher et ses fils Paul Valéry qui doit à Pierre Fortassier d'être le "héros éponyme" de ce lycée du 12 ème. Une mère de quatre enfants et grand-mère de cinq petits enfants. Bravo pour ce bel hommage à vos enseignants.

    Posté par Dumortier, 11 décembre 2017 à 03:04
    • Coïncidence pour confidence : savez-vous quel était le nom de famille de la grand-mère de mon mari : DUMORTIER !

      Posté par Bigmammy, 11 décembre 2017 à 08:16

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