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21 novembre 2012

1912 - 2012 : chronique d'un parcours créatif aux Galeries Lafayette

Le grand magasin Haussmann des Galeries Lafayette est aussi visité que la Tour Eiffel.

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En ce moment, on y célèbre le centenaire de sa coupole « Art Nouveau ». Une exposition conçue par Rem Koolhaas … J’avoue que je suis un peu restée sur ma faim : j’attendais plus de photos, plus de documents. Le « clou » en est un panoptique – un panneau circulaire retraçant l’histoire du magasin au regard des événements contemporains – mais je dois dire que le travail effectué Au Bon Marché est plus fouillé, mieux mis en scène. C’est dommage, mais l’intéressant est tout de même de se replonger dans l’histoire de ce monument parisien de la consommation devenu une institution connue dans le monde entier.

Il était une fois en 1893 deux cousins, Théophile Bader et Alphonse Kahn, alsaciens, qui décident d’établir un magasin de nouveautés sur les 70 m² d’une petite mercerie située à l’angle de la rue La Fayette et de la rue de la Chaussée d’Antin.

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En 1896, la société achète la totalité de l’immeuble du 1, rue La Fayette et, en 1903, les immeubles des 38, 40 et 42, boulevard Haussmann ainsi que le 15, rue de la Chaussée d’Antin. Théophile Bader confie alors l’agencement des nouvelles acquisitions à Georges Chedanne en 1908 puis à son élève Ferdinand Chanut en 1912. C’est lui qui construit la fameuse coupole, avec le maître verrier Jacques Gruber.

J’avoue que j’ai personnellement un petit faible pour Georges Chedanne, qui édifia entre autres immeubles emblématiques de l’Art Nouveau, l’Elysées Palace Hôtel au 103 Champs-Elysées, devenu le siège de la banque HSBC où j’ai travaillé pendant 5 ans ….

Inauguré en grande pompe au mois d’octobre 1912, le magasin se distingue surtout par le raffinement de son intérieur avec ses 5 étages, ses balcons et sa coupole. Les balustres des étages inférieurs, ornées de feuillages dans le style Art Nouveau, sont signées Louis Majorelle, à qui l’on doit également la rampe d’escalier.
Selon les vœux de Théophile Bader, une lumière dorée, venant de la coupole, inonde le grand hall et l’escalier d’honneur – très à la mode, comme à l’Opéra Garnier ou dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville de Paris ... 96 rayons présentent les nouveautés auxquels s’ajoutent un salon de thé, une bibliothèque et un salon de coiffure.
Au sommet du bâtiment, une terrasse permet de découvrir Paris d’un seul coup d’œil. Le 19 janvier 1919, Jules Védrines pose son avion, un Caudron G III, sur la terrasse. Les vitrines jouent un grand rôle dans cette mise en scène : elles souhaitent éveiller toutes les envies et tous les désirs.

En affichant le slogan « le meilleur marché de tout Paris » et en proposant un assortiment de mercerie, tissus, dentelles, rubans et colifichets, les Galeries Lafayette affirment dès l’origine leur vocation : la mode et la nouveauté. Afin de se démarquer de ses concurrents, Théophile Bader décide de mettre à portée de toutes les bourses les toilettes les plus en vue du moment.
Pour cela, il crée ou acquiert des unités de production qui fabriquent en exclusivité pour les Galeries Lafayette des vêtements vendus sous leur marque propre.
Il sait aussi que la mode, les goûts et les envies de ses clientes passent vite. Sa méthode est complètement originale pour l’époque : il va aux courses et à l’Opéra, toujours accompagné d’une dessinatrice qui copie discrètement les toilettes des « élégantes ». Elles sont ensuite confectionnées  avec des adaptations. Le magasin diversifie son offre : aux rayons traditionnels sont ajoutés la confection pour homme, l’ameublement, les jouets et les arts de la table. On ira jusqu’à mettre en vente un avion au rayon des articles de voyage …


Après les années noires de la crise de 29 puis la guerre, il faut attendre les années 50 pour voir s’amorcer la reprise économique de l’entreprise. Pendant la guerre, l’entreprise est en effet « aryanisée » : Max Heilbronn, gendre du fondateur des Galeries Lafayette, fut une grande figure de la France libre qu’il rejoignit dès octobre 1940 (le statut des Juifs instauré par Vichy date du 3 octobre). Il s’y illustra dans le sabotage des trains. Arrêté en 1943 par la Gestapo, il fut déporté à Buchenwald. Il survécut. Il fut président des Galeries Lafayette de 1945 à 1971.

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Entre 1952 et 1956, les premiers escalators sont installés, les halls intérieurs sont supprimés et deux étages sont rajoutés. En 1969, un nouveau magasin, réservé à la jeunesse, est construit de l’autre côté de la rue de Mogador.

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Au début des années soixante, de jeunes créateurs ont popularisé le prêt-à-porter. Les Galeries Lafayette révèlent à chaque saison ces nouveaux talents en mettant à leur disposition de petites boutiques dans le magasin. C’est le cas de Laura (future Sonia Rykiel), Daniel Hechter, Pierre Cardin, Cacharel, Yves Saint-Laurent, Dorothée Bis et bien d’autres encore.
En 1974, une page est tournée avec le démontage de l’escalier d’honneur et, en 1984, le rez-de-chaussée central est modifié afin d’ouvrir des boutiques de prestige. C’est le monde du luxe qui attire aujourd’hui le monde entier dans nos grands magasins du Boulevard Haussmann !

Bref, une histoire pleine de succès, ce qui n’est pas si fréquent dans notre pays !

 

1912 – 2012 : chronique d’un parcours créatif, exposition ouverte du mardi au samedi à partir de 11 heures, au premier étage – Galerie des Galeries – jusqu’au 24 janvier 2013.

 

Posté par mpbernet à 07:50 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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