Bigmammy en ligne

21 mars 2013

C’est pas nous, c’est la communication qui n’est pas bonne !

Combien de fois n’avons-nous pas entendu, de la bouche des politiques de droite comme de gauche, que s’ils perdaient la confiance de leurs électeurs, ce n’était pas à cause de leurs actes, mais parce qu’ils n’avaient pas fait la bonne communication autour.

Clinton

mitterrand

Faut-il que l’accession au pouvoir soit en elle-même aussi dérangeante, jalouse, exclusive de tout autre perception, qu’elle prive l’élu le plus doué de tout bon sens, de toute capacité à voir la réalité ? Car c’est de cela qu’il s’agit : accéder au pouvoir, battre l’autre, l’adversaire, celui qui n’a pas été nourri des mêmes idées, n’a pas été élevé dans les mêmes traditions, n’a pas épousé les mêmes querelles, n'est pas de votre bord.

Tout réside dans cette bataille : qu’importent les promesses fantastiques ou évasives, les chiffres et les faits. On verra ce que l’on fera une fois dans la place, et on fera tout ce qu’il faut pour y rester le plus longtemps possible, avec ses alliés, ses soutiens, ses copains, quitte à se renier, à éluder, à renvoyer à plus tard les changements que l’on a dû promettre pour séduire telle ou telle frange de l’opinion et la faire basculer.

Et c’est là qu’entrent en scène les spécialistes en communication : et si ça ne marche pas, on en changera.

chirac

Autrefois, les entreprises faisaient de "la réclame" pour un produit qu’elles désiraient faire connaître puis acheter. L’argumentation reposait surtout sur ses caractéristiques techniques. Ensuite, on s’est focalisé sur les avantages qu’il pouvait apporter à tel ou tel segment de clientèle. On a commencé à analyser les façons de vivre, les intérêts, les manières d’appréhender la vie des consommateurs. Il faut regarder la série américaine MAD MEN, c’est un modèle du genre….

Il était rare de voir sur les murs ou dans les pages de magazines des publicités uniquement destinées à promouvoir une marque, une institution, une idée : ce que l’on appelle aujourd’hui la publicité institutionnelle. Elle est omniprésente aujourd’hui. Je ne me lasse pas de reagarder au cinéma en ce moment, par exemple, une publicité vantant les mérites de la Région Ile-de-France … A quoi cela peut-il servir ? Qui paye qui ?

Car, vers les années 70, tout a basculé. Avec l’explosion des médias – la télévision – les services de publicité des entreprises se sont auto-promus au rang de Directions de la Communication. Une fin en soi primordiale pour toute entité économique ou politique  : maîtriser sa communication, à n’importe quel prix, même et surtout au prix du mensonge.

DSK

Même dans des civilisations où le mensonge est la pire des trahisons, comme aux Etats-Unis car ce n’est pas le cas en France, des hommes et des femmes à l’intelligence supérieure, qui commettent des erreurs soit parce qu’ils sont confrontés à un trop fort stress, soit parce qu’ils ont été mal conseillés, soit parce qu’ils ont parié sur le mauvais cheval, commencent par mentir droit dans les yeux du public lorsqu’on les confronte à la réalité. Pourquoi ce déni ? Pour gagner du temps ? Mettre au point une stratégie de substitution et trouver une échappatoire ?

J’en reviens à l’action politique. Combien de projets fumeux, sensés résoudre tous les problèmes fondamentaux de notre pays – du CPE à la taxation à 75% des plus hauts revenus - se sont-ils fracassés devant le mur de la réalité économique : depuis plus de trente ans, nos politiques nous racontent des « craques ». Et ils ont raison puisque de plus en plus de gogos les croient et votent pour eux !

Aucun n’a le courage, une fois élu, de déclarer « OK, les gars, vous m’avez élu sur un programme, mais on va le mettre de côté parce qu’il y a plus urgent à faire tout de suite : tailler dans les dépenses inutiles, renoncer à certains conforts, faire la chasse aux subventions dont jouissent  certaines professions aux dépens de la communauté des salariés, bouleverser les services d’aide à la recherche d’emploi – tiens, pourquoi ne pas les privatiser ? - raboter certaines clauses d’accords collectifs devenues exorbitantes de la loi commune, mettre certaines allocations sous conditions de ressources … »

Ce serait une communication catastrophique, n’est-ce pas ?  Suicidaire à tout le moins. Et pourtant, c’est la seule qui vaille dans l’état où nous sommes. Mais ce n’est pas à cause de l’action (ou de  l’inaction) des politiques que les citoyens sont furieux, déçus, aigris …. C’est parce que nos gouvernants n’ont pas su faire la bonne communication. C’est bien connu !

Posté par Bigmammy à 08:00 - Coup de gueule - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je vous félicite pour ce billet et cette presque conclusion. Nous n'attendons pas de nos gouvernants de la communication mais de l'action ! Il est temps de se retrousser les manches car quand j'entends des jeunes autour de moi dire "qu'il cherche un job alimentaire" non pas pour faire une carrière ou se construire une vie, un avenir comme autrefois, mais pour simplement pouvoir assumer leur maigre quotidien, je rugis !
    Oui, il faut savoir casser son image. Ce n'est pas facile, pas évident mais au bout du compte, c'est toujours la meilleure solution !
    Bonne journée à vous en espérant que votre sinusite va mieux.

    Posté par Armelle, 21 mars 2013 à 08:10
  • bravo votre message est très bien et très réaliste
    les citoyens veulent la vérité gauche droite la crise est là et les discours doivent changer en se retroussant les manches tous ensembles sans crier sur les riches sans accuser les pauvres de profiter on doit y arriver!
    merci Marie Pierre sur cet échange instructif

    Posté par myriammas, 21 mars 2013 à 09:39
  • Chouette une complice enfin!

    Bonjour,

    Je me désespère à longueur d'année de n'entendre nul part des propos tels que les vôtres! Merci c'est rassurant.. de savoir que je ne suis pas seul avec mes pensées, on devrait fonder séance tenante un syndicat d'idées pour défendre et enfin influencer la décision politique... Et éliminer à terme du monde politique et des idées les techniques marketing issus du monde des objets... On ne peut" marchifier" les idées comme on le fait dans le commerce des objets, seul le communiquant "professionnel" fait croire à son "client" le politique, que la manipulation de l'image est fondamentale pour son chemin politique, alors qu'il n'est que la vérité d'un aigrefin, qui justifie son chèque, en flattant la vanité du puissant... qui y croit! Rien ne change CHAMFORT nous disait déjà il y deux siècles que "La mode est l'impôt de l'industrie des pauvres sur la vanité des riches"... on est en plein dedans ... cette vanité qu'il faut servir à tout prix pour satisfaire coûte que coûte SON IMAGE (de soi)... Ainsi le monde des idées s'enlise ..; disparaît,, le verbiage des médias,envahit toute notre sphère sociale et nous spéculons sur l'accessoire, il ne reste de notre monde que l'apparence pour discerner sur le fond... à ce rythme on se crétinise tous avec rapidité...
    Certains ne sont pas dupes... et avec un talent issu d'une pratique millénaire... sans crier gare, nous encerclent petit à petit, avant l'estocade finale qui marquera si on ne change pas de cap, la fin du monde occidental... mais tout le monde s'en fout ce qui est important c'est OBAMA qui enlace sa femme en public les larmes aux yeux! Plein de bons sentiments, qui justifient qu'il imprime 45 Milliards de dollars par trimestre! Alors qu'il ne remboursera jamais, mais jamais 16.000 Milliards $ de dettes.
    Et un autre qui étouffe l'investissement en sanctionnant la richesse pour continuer à vivre au dessus de ses moyens, plutôt que d'orienter l'épargne et le capital vers l'investissement! Pour nos enfants, pour demain!
    Bonne journée

    Posté par pierre elie, 21 mars 2013 à 11:08

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