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13 juillet 2013

Félicie de Fauveau, amazone de la sculpture, exposition au musée d'Orsay

 

portrait par aryschaffer

Comment redécouvrir le style "Troubadour" ... Cette tendance historicisante préfigurant le Romantisme et qui marqua le XIXème siècle féru de Moyen-Âge et de Renaissance, peut-être pour fuir les bouleversements des débuts de la Révolution Industrielle, qui annonce aussi l'Art Nouveau ?

 

Félicie de Fauveau (1801-1886, ici à gauche, portraiturée par Ary Schaeffer)) est la première femme sculpteur vivant de son art, mais elle n’a pas aujourd'hui la notoriété de Camille Claudel. Célibataire, romantique, royaliste passionnée, indépendante et intrépide, elle méritait pleinement cette première rétrospective. Une découverte pour moi.

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FauveauBuste

Née Christinedesuèdeà Livourne dans une famille anoblie en 1740, Félicie de Fauveau se tourne tôt vers une carrière artistique.

 

 

 

 

 

Proche du milieu de la cour sous Charles X, elle connaît la célébrité à 26 ans avec un haut relief exposé au Salon, Christine de Suède refusant de faire grâce à son grand écuyer Monaldeschi qui lui vaut une médaille d'or.

L’œuvre est admirée par Stendhal et Dumas. Félicité de Fauveau obtient plusieurs commandes du roi et de commanditaires comme le comte de Pourtalès, pour lequel elle réalise deux chefs-d’œuvre, le Monument à Dante et la Lampe de saint Michel.

Dc de Berry

Fidèle à la branche aînée des Bourbons sa vie durant, elle se compromet en 1831 avec sa tendre amie Félicie de La Rochejaquelein dans un soulèvement mené contre Louis-Philippe. Elle sera emprisonnée.

Félicie réalise des œuvres symboliques liant chevalerie et foi religieuse, comme ce hausse-col en bronze doré de la Duchesse de Berry ou la bannière de la division de La Rochejacquelein.

Ses oeuvres ne sont pas monumentales mais de petites dimensions, d'une richesse de détails qui exprime son admiration pour Benvenuto Cellini.

On admire ses bustes de marbre, enchâssés dans une mandorle, dont plusieurs de Henri V, son idole ...ou du marquis de Forbin des Issarts ..

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Libérée en 1832, elle rejoint à nouveau le soulèvement vendéen.

Condamnée par contumace, elle s’exile à Florence, où elle passera le reste de sa vie : son atelier florentin est l’étape obligée des amateurs d’art : le prince Anatole Demidoff, le tsar et sa fille la grande-duchesse de Russie Maria Nikolaevna ou encore les familles Lindsay-Crawford. Elle y travaille avec son frère Hippolyte.

Sa production est profondément originale et échappe aux courants artistiques, bien qu’elle puisse se rattacher par certains éléments au romantisme. Passionnée par le Moyen Âge et la Renaissance, Fauveau étudie et copie inlassablement, conservant ses dessins dans des recueils dont deux sont présentés dans l’exposition. Elle appose sur ses œuvres des inscriptions gothicisantes, les rehausse de polychromie et se passionne pour l’héraldique : son ambition est de retrouver l’art d’une époque révolue, celle de la monarchie de droit divin. Sa foi chrétienne imprègne son art, la justice divine de Saint Michel et Saint Georges est une constante de son œuvre.

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StMichel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours habillée de rouge et de noir, portant jupe mais pourpoint et gilet masculins et cheveux courts coiffés d'une calotte rouge, massive, cette femme indomptable mérite qu’on la sorte de l’oubli.

Cette exposition, qui présente 70 sculptures, objets d’art, tableaux et documents, en grande majorité exposés pour la première fois, y contribuera, mais il faut la voir rapidement car elle ne dure que jusqu’au 15 septembre.

Au musée d'Orsay,exposition en colaboration avec l'Historial de Vendée des Lucs-sur-Boulogne.

 

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