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18 juillet 2013

Le diable dans la ville blanche, thriller de Erik Larson

diablevilleblanche

Un thriller architectural, ce n’est pas banal … Car voici un livre qui déroule parallèlement deux intrigues : celle, haletante, de la construction de l’exposition universelle de Chicago en 1893, et celle d’un des criminels les plus abominables de l’histoire, le Dr. H.H. Holmes, auquel certains attribuent rien moins que 200 victimes … ce qui semble exagéré, mais à peine.

Et tout est vrai ! Et ce que j’ai trouvé de plus intéressant, c’est l’histoire de la genèse de l’exposition, portée à bouts de bras par Daniel Burnham, l’architecte en chef de cette merveille édifiée en un temps record … Daniel Burnham, célèbre aussi pour avoir été le concepteur du célébrissime immeuble de New York, le Flat Iron Building ….

 

La courcentrale

 

columbian expo

 

la Grande roue de Ferris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La « ville blanche » fut construite dans un parc de 200 ha pour accueillir l’Exposition universelle de Chicago, dont le nom rendait hommage au 400e anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Cette attraction, conçue par l’architecte Daniel Burnham et le paysagiste génial, créateur de Central Park à New York, Frederick Law Olmsted, fut fréquentée par 26 millions de personnes sur une période de six mois. Le site comprenait plus de 200 bâtiments conçus autour des principes classiques de l’équilibre et de la symétrie, et fut le moteur du mouvement « City Beautiful », qui définit une grande partie de l’architecture américaine dans les décennies qui allaient suivre.

Le « clou » de l’exposition fut la fameuse grande roue qui n’était pas seulement un divertissement, mais une pièce mécanique architecturale conçue pour surpasser la tour Eiffel de Paris, présentée lors de l’exposition de 1889. L’ingénieur George Washington Ferris a donc disposé d’un important budget mais d'un délai extrêmement bref pour construire sa roue  géante parmi les bâtiments l’entourant. Elle comptait 36 nacelles, pouvant accueillir 60 personnes. 2160 personnes pouvait ainsi monter simultanément dans la roue, qui prenait 20 minutes pour faire deux rotations.

Le livre d’Erik Larson, haletant, nous transporte sur le site désolé où se construisent dans l’urgence et malgré les aléas climatiques, les pavillons de l’exposition, pas complètement achevés au moment de l’inauguration. Dans le même temps, nous suivons le beau Dr. Holmes sous ses différentes identités, qui a fait construire sur un bloc tout proche du site de l’exposition, un immeuble tout à fait particulier, dont il a lui-même dessiné les plans et comportant des pièces secrètes, une chambre forte étanche munie d’une rampe à gaz, des cuves au sous-sol, tout un système lui permettant d’assouvir ses pulsions mortifères à l’encontre de jeunes femmes vulnérables venues à Chicago pour une nouvelle vie …

Tout est fondé sur des articles de presse, une documentation fouillée, et écrit dans un style clair et enlevé. Un livre qu’on ne lâche pas et qui vous permet de comprendre le style « éclectique » et historicisant des immeubles américains du début du XXème siècle et donne le plaisir de voir apparaître, parmi les protagonistes, Sullivan et Franck Lloyd Wright, et aussi le père de Walt Disney ! Une réflexion aussi sur les conditions dans lesquelles sont entreprises par certains pays des candidatures pour les Jeux Olympiques ou d’organisation de Coupe du Monde de football … et des conséquences financières de tels investissements.

Le diable dans la ville blanche, thriller d’Eric Larson, traduit de l’anglais par Hubert Tézenas, en Livre de Poche, 595 p. 8,10€.

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