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26 mars 2014

Une pensée pour les DGS ...

Ce matin, j’ai une pensée particulière pour les fonctionnaires territoriaux dont la municipalité risque de basculer – dans un sens ou dans l’autre.

élections

Certes, ils bénéficient du statut protecteur de la Fonction Publique Territoriale et ont un devoir de réserve qui leur impose de continuer à servir les élus de la République en dépit de leur orientation philosophique personnelle (qu’ils doivent taire).

Cependant, si la Mairie bascule après des années et des années d'un côté ou de l'autre, que se passe-t-il ?

Partir ? Continuer à travailler avec les nouveaux édiles en faisant abstraction de toute idéologie ? Défendre une politique radicalement différente de celle d'hier devant des collaborateurs et un public resté le même ? Oui, théoriquement, c’est ce qui devrait se passer et c’est ce qui se passe pour la plus grande majorité d’entre eux, en  particulier dans les services au contact avec la population (Pompiers, policiers, services sociaux …)

Dans l'administration préfectorale, le problème est résolu car les critères de recrutement sont totalement apolitiques. En cas de changement de gouvernement, on procède à un mouvement général qui permet au moins de changer d'interlocuteurs. La mobilité est ainsi consubstantielle à la carrière.

Dans les collectivités locales, la question se pose en termes plus délicats pour les DGS et leurs adjoints : Directeurs Généraux des Services, les hauts responsables de la mise en œuvre de la politique municipale. J’imagine qu’il est impossible à ce niveau de mettre en musique une politique radicalement différente de la précédente alors que dans la plus grande majorité des cas, on a été recruté justement en toute confiance par le précédent Maire ayant une orientation politique opposée. Certains auront même à faire face à un basculement radical. lls ont certes le droit de partir si la nouvelle politique leur pose des problèmes éthiques et chercher à se faire recruter dans une autre collectivité plus conforme à leur philosophie, leur statut les protège.

Cependant, il va leur falloir trouver un emploi comparable et le « mercato » n’est pas très actif, surtout lorsque la vague des changements est assez forte dans le même sens … il leur faudra donc se mettre sur le marché, faire fonctionner leur réseau, déménager, s’habituer à un nouveau cadre de travail …

Alors, en cette semaine d’entre-deux tours et maintenant que les fusions de listes sont actées, on y voit un peu plus clair dans les résultats futurs du scrutin municipal. Il reste des points totalement incertains, mais en nombre restreint. On sait donc déjà quelles villes vont passer d’un bord à l’autre.

En tous cas, ces responsables-là, eux, le savent. Et j’ai une petite pensée pour eux …

Posté par Bigmammy à 10:03 - Actualité - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • j'ai rencontré hier ....

    l'employé communal que notre village partage avec 2 autres communes. Les 3 villages où il travaille changent de maire ... alors, bien sûr, à la campagne dans les petites communes, on ne parle pas politique, mais rien qu'à ce niveau, il va falloir se faire à 3 nouveaux "patrons" et son stress était palpable. Je l'ai simplement encouragé à continuer à travailler comme il l'a toujours fait, sérieusement, et tout ira bien.

    Posté par mamiemo, 26 mars 2014 à 10:12
  • Voici un des problemes en France qui est causé par les municipalites dont les dirigeants sont des elu-es à couleur politique multiples .Pourquoi mêle politique et gestion municipales ?

    Posté par Christine, 26 mars 2014 à 19:18
  • C'est ce qui va se passer ici, la DGS, la secrétaire du maire et une bonne partir des chefs de service vont partir... Il y a eu beaucoup de larmes dimanche soir à la mairie...
    @ Christine, ça n'est pas un problème spécifique à la France, mais une conséquence de la démocratie

    Posté par Noclea, 27 mars 2014 à 07:56
    • Effectivement, c’est la loi du suffrage universel qui décide, même mal, de ce que doit être la politique municipale, ou nationale, ou même européenne. Winston Churchill disait à peu près que « La démocratie, c’est le pire ses systèmes, mais on n’en connaît pas de meilleur ». En ce qui concerne les municipalités, voudrait-on retrouver l’Ancien Régime où les maires étaient nommés par le Roi, ou l’Etat Français du maréchal Pétain ?
      C’est la majorité des citoyens qui choisit son maire : au premier tour, la liste qui a obtenu au moins la moitié des voix plus 1, et, au second tour, la liste qui est arrivée en tête. On peut donc gagner avec moins de 50 % des voix.

      Posté par Bigmammy, 27 mars 2014 à 08:09

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