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29 octobre 2014

Bande de filles, film de Céline Sciamma

 

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Il y avait beaucoup de jeunes filles dans la salle ce mardi après-midi, et des applaudissements en fin de séance. Je suis donc surprise, en lisant certaines critiques, que l'on fustige dans ce beau film certains clichés des cités. Moi, j'y ai vu des filles superbes : muscles fuselés, allures sportives, mains élégantes aux doigts allongés, chevelures artistement tressées, une prise de vue délicate, des lumières et des couleurs superbes, une musique prenante, des sourires éclatants. En contrepoint, l'environnement minéral et monotone des HLM des années 70. Pas la misère, non, seulement l'oppression, la négation de la liberté. Pire.

 

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A ces jeunes françaises dont le père est absent et n'est remplacé que par un grand frère violent répondant aux canons de la communauté mais qui fait vivre la famille en dealant de la drogue, à ces jeunes filles qui rêvent d'un autre horizon mais auxquelles le collège n'offre pas d'issue, que reste-t-il ? Même la perspective d'un amour simple avec l'homme qu'elles aiment les décourage. Leurs rêves sont ceux du shopping dans les galeries marchandes où elles « chourent » ça et là des fringues pour se prendre un instant pour Rihanna. Elles manquent de mots pour communiquer, seule est présente la violence des provocations de bande à bande, des combats à poings nus dont le seul but est de mettre l'adversaire au tapis et de l'humilier devant la foule des portables répercutant la scène d'un bout à l'autre du réseau. Tout pour exister, se faire reconnaître, devenir quelqu'un … Tout comme les mecs, et cependant, devant eux, elles doivent baisser les yeux, se soumettre. En vertu de quelle loi, de quelle malédiction séculaire ?

 

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C'est un film poétique et sombre que nous offre Céline Sciamma, après Tomboy. Celui de l'enfermement d'une certaine jeunesse dans un destin écrit d'avance dont pourtant, statistiquement, les filles parviennent à s'extirper mieux que les garçons lorsqu'elles réussissent à s'accrocher à l'école et à trouver un emploi.

Les jeunes actrices sont naturelles et efficaces : Karidja Touré, la belle héroïne Mariemme, Assa Sylla (Lady), Lindsay Karamoh et Mariétou Touré. Je souhaite un beau succès à ce film, même avec ses faiblesses … que moi, habitante du 6ème arrondissement de Paris, je n'ai pas beaucoup de références pour juger.

Posté par Bigmammy à 07:56 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Pourquoi un film qui parle de la vie de tous les jours ? Pourquoi pas un film qui parlerait de réussite, de sublimation de l'ordinaire pour en changer de cet ordinaire justement ? Quel intérêt pour les jeunes filles à payer un place de cinéma pour voir ce qu'elles vivent tous les jours ? voici mes interrogations sur ces selfies en grand ...et ceci sans jugement aucun.

    Posté par Isabelle, 29 octobre 2014 à 09:08

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