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16 avril 2015

Kampong Glam : l'héritage malais de Singapour

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On l’appelle le quartier Arabe, mais c’est en réalité le quartier malais. Une visite guidée en Français du Centre du Patrimoine Malais particulièrement intéressante, conduite par Madame Anne Devillers, nous l’a fait découvrir mercredi matin.

Le palais, construit par un architecte anglais en 1842, a été récemment restauré. Situé sur un calme jardin, entouré d’arbres à fines feuilles comme celles des acacias, c’est le point notable d’intérêt du Kampong Glam (Kampong = village, Gelam = cette sorte d’arbre dont jadis on utilisait les troncs pour faire des bateaux).

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C’est surtout le secteur musulman avec ses nombreuses mosquées (ici à droite, celle des Malabars).

Lorsque Stamford Raffle planifia Singapour, sa conception était : pour vivre tranquille, vivons séparés. Le quartier malais, autrefois village de pécheurs à l’embouchure de la rivière Rochor, se situait alors à deux pas de la plage qui était juste en face. Le palais du sultan pouvait donc apercevoir la mer … depuis conquise par des polders et de grandes tours de bureaux. Non loin de là, mais à part, Little India et au sud de la rivière de Singapour, Chinatown, et au nord, le quartier des Européens avec l'administration coloniale, la cathédrale et les institutions chrétiennes …

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Après un saut de puce à Malacca, nous avons mieux compris hier l’enjeu de la « grande Malaisie » qui recouvre une très vaste zone géographique (non seulement la Malaisie actuelle, mais aussi l'Indonésie, Java, Sumatra, Sarawak, Bugis, Borneo, Bruneï ...), où la même langue est parlée.

Singapour, déclaré port franc par son créateur, vit sa population affluer dès le milieu du XIXème siècle. En particulier en raison de sa position stratégique de « hub » pour le pèlerinage à La Mecque. Ceux qui pouvaient entreprendre ce périlleux et onéreux voyage – qui durait parfois un an – faisaient escale ici, parfois devaient s’y arrêter pour travailler et gagner de quoi le poursuivre, parfois s’y installaient et y fondaient une famille. Un important commerce se développa ainsi autour de ce business au XIXème siècle. Aujourd'hui, l'accès des pélerins à La Mecque étant contingenté pour le Singapouriens comme pour les autres communautés musulmanes, il faut s'inscrire très longtemps à l'avance ...

La mémoire de ces immigrants est conservée dans ce palais, et aussi l’empreinte culturelle – littéraire, cinématographique, musicale – des malais de Singapour qui représentent aujourd’hui environ 8,5 % de sa population.

Posté par mpbernet à 08:31 - Journal de bord - Commentaires [0] - Permalien [#]
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