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23 mai 2015

Bailly - Gaffiot, même combat

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Il aura fallu la récente polémique, non encore apaisée, sur l'opportunité des études de Latin pour que je reprenne en mains mon vieux Gaffiot, l'incomparable dictionnaire illustré LATIN-FRANCAIS et que je me replonge dans ses définitions parfois allusives, mais toujours précisément succinctes, avec ses croquis passionnants et ses références irremplaçables qui m'aidaient à élucider les versions latines de ma jeunesse. Je m'aperçois à cette occasion que j'ai la version de 1934, celle d'origine, l'oeuvre de cet universitaire franc-comtois mort en 1937, la seule valable jusqu'en 2000 ...

La nouvelle version comporte 1731 pages ... et coûte 49€. Mais on peut la trouver maintenant en ligne: il suffit de savoir où et comment chercher ! Pour mon exemplaire, j'avais hérité de celui de ma soeur aînée. Ensuite, nous avions dû acheter le dictionnaire correspondant pour le grec, le Bailly, mais comme j'en avais pris grand soin, je l'ai revendu une fois mes "humanités" terminées.

Apprendre le latin, quand nous entrions en 6ème (à la fin des années 50), c'était un choix très "classique", allant quasiment de soi. Ensuite, opter pour le grec l'était moins. Jamais mes parents n'y auraient songé. Mon père aurait préféré que j'apprenne l'Anglais dans la mesure où il avait insisté pour que je choisisse l'Allemand en première langue.

C'est le censeur du lycée - Monsieur Guillottin ! - qui les a convoqués pour les convaincre que l'Anglais était une langue facile à apprendre et que j'aurai tout le temps plus tard pour l'assimilier (sans jeu de mots), que le grec m'apporterait bien plus d'opportunités ... Il avait à la fois tort (jamais je n'ai appris l'Anglais dans le cadre scolaire) et raison (je me sers aujourd'hui bien plus souvent du peu d'Anglais que je sais que de l'Allemand qui ne m'a jamais été utile.

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L'apprentissage du Latin fut pour moi un calvaire, jamais je n'ai réussi à capter la construction de la phrase ... mais en revanche, je me suis régalée avec le Grec. J'adorais lire et écrire ce langage "codé" et retenir des mots qui se glissent, comme par effraction, dans l'orthographe compliquée du Français. Un souvenir "pesant" : en Français-Latin-Grec, nous avions le même professeur - ce qui faisait un paquet d'heures hebdomadaires - et celui-ci avait pour habitude de placer les contrôles trimestriels le même jour. Il fallait donc transporter les deux dictionnaires en même temps - et le Bailly était encore plus volumineux que le Gaffiot !

Alors, je pense aujourd'hui aux jeunes élèves ... Ils ont tout sur écran .... quel progrès !

Les temps et les exigences du monde ont bien changé et je ne prends pas parti pour l'un ou l'autre des intellectuels qui s'étripent à ce sujet. Ce qui importe, c'es,t à un moment donné, de faire comprendre l'évolution de notre langue si belle ... et si complexe !

 

Posté par mpbernet à 07:27 - Coup de coeur - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires

    Je pense que l'ètude du latin soit une belle chose et que permettre de connaitre mieux le sens de sa langue: ceci est aussi pour ma langue : l'italien. Je vous salut Olga

    Posté par Olga, 23 mai 2015 à 08:49
  • Deux ans de latin au lycée en 6° & 5°..une initiation au grec...mais que c'était difficile!! de même que l'allemand en 2° langue en 4°.....Ma petite fille a eu la possibilité de le prendre en 5° mais elle a renoncé car déjà l'anglais+ le chinois+le début de l'espagnol ( cette année en 5° ) sachant qu'elle fait du sport & du théâtre au collège....à 11 ans elle a eu peur que cela fasse trop.....je voyais les diapos du prof de latin...c'est loin du Gaffiot..... Nous sommes vraiment d'une autre génération!!!

    Posté par Martine, 23 mai 2015 à 09:25
  • L'important n'est-il pas de découvrir ? Mes enfants ont eu la chance et la possibilité d'apprendre, en plus de l'anglais, l'espagnol ou l'allemand, le mandarin, le latin et le grec. L'un a poursuivi l'apprentissage du mandarin, l'autre a arrêté, les deux ont abandonné le latin mais l'un a poursuivi l'apprentissage du grec avec passion... Tous deux reconnaissent que ces langues anciennes les ont aidés dans l'apprentissage du français.

    Posté par sylvie, 24 mai 2015 à 03:06
  • Pas de choix en 1955 apprendre le latin était "normal" en 6 e . Pourtant j'ai du attendre la 2e et un prof implacable mais passionnante pour devenir excellente en version latine ...et totalement nulle en theme latin . Ce qui me passionnait était la culture et civilisation souvent ignorées des profs sans charisme ou tout simplement inadequates ( Oui ) .
    Apprendre anglais puis allemand puis un peu de chinois m'a ouvert des horizons qui m'ont conduits à ma carrière de géographe et de voyages ou recherches à travers le globe . Et le brave Gaffiot ... ce qui me semble important est de conserver l'étude des civilisations anciennes ,leurs héritages dans les civilisations occidentales Tout autant que la nécessité d'apprendre d 'autres langues ne serait ce que pour en voir les similarités et mieux apprécier les fantaisies de la langues française .

    Posté par Christine, 24 mai 2015 à 09:44
    • Tout à fait d'accord, mais quel parcours !

      Posté par mpbernet, 24 mai 2015 à 10:05
  • Dans les années 60, en sixième, les très bons élèves choisissaient en première langue l'Allemand et le Latin, c'était très conseillé.
    En ce qui me concerne, j'ai choisi l'Anglais en première langue et l'Allemand, je ne regrette rien, les deux m'ont apporté beaucoup même si je ne pratique plus aujourd'hui.
    Mes filles, idem. Par contre, Stéphanie parle couramment Anglais, un peu l'Allemand. En troisième langue, elle avait choisi l'Italien.
    Je pense que connaître le Latin et le Grec peut être très utile.

    Posté par Binchy, 24 mai 2015 à 18:19

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