Bigmammy en ligne

07 septembre 2015

A propos de l'accueil des réfugiés ...

Depuis 30 ans, la France s'est vraiment repliée sur elle-même ...

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Pourtant, à l'instar de John Kennedy, ne vaut-il pas mieux se demander ce que nous pouvons faire pour elle plutôt que de demander qu'elle en fasse toujours plus pour nous ?

L'attitude intransigeante de la majorité des Français (55% selon les derniers sondages) envers les réfugiés cherchant asile chez nous nous ramène aux jours les plus sombres de notre histoire. Parce que chacun redoute la montée en puissance des forces les plus "rances" de notre société, nous restons dans un immobilisme inexcusable devant le drame humanitaire qui se noue sous nos yeux.

Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi.

En 1979 - et la crise économique sévissait déjà depuis 5 années - nous avons accueilli les "boat people" fuyant l'envahissement du sud - Viet-Nam. Certes, un grand nombre d'entre eux étaient catholiques et certainement anti-communistes. Et certains, peut-être se souvenaient-ils des douceurs de l'ancienne puissance coloniale (?).

 

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Que sont-ils devenus aujourd'hui ? Sont-ils retournés dans leur pays à la fin du conflit, ont-ils fait souche dans leur pays d'accueil, l'ont-ils quitté pour de meilleures conditions de vie ? Personne n'a essayé de le savoir ...

Pour notre part, nous avions, en 1979, pris contact avec l'OFPRA (l'Office des réfugiés et apatrides) pour proposer un emploi de garde d'enfants à temps complet à une jeune vietnamienne. Je me souviens que cette démarche volontariste n'avait pas été particulièrement simple pour nous, alors même que Claude jouissait d'un poste éminent dans l'Administration ...

Elle se prénommait Thuy Nga, avait 20 ans et parlait à peine notre langue, sortait du lycée et n'avait jamais travaillé. Elle est restée chez nous une année, juste la durée du contrat, juste de quoi rebondir sur un emploi plus rémunérateur ...

Je donnerais cher pour savoir ce qu'elle est devenue. Elle est sans doute devenue à son tour grand-mère, elle aussi, ayant rayé de ses souvenirs cet épisode dramatique de sa jeune existence.

 

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Comment a-t-elle surmonté cette épreuve ? Nous l'avons accueillie, logée et nourrie, emmenée en vacances avec nos enfants. Elle ne nous a presque rien raconté de ce qu'elle avait subi durant sa fuite et son exil forcé, seulement qu'elle avait, avec sa famille, vécu quelques mois dans un "camp" en Normandie, le temps d'apprendre le français afin de pouvoir tenir un emploi ... redevenir indépendante.

Elle a rempli son contrat, nous aussi, et nous n'avons plus jamais reçu de ses nouvelles. Mais au moins avons nous apporté une petite contribution à cet afflux soudain de réfugiés, qui n'ont finalement bousculé aucun équilibre dans notre pays.

Hélas, je n'ai plus aucun enfant à faire garder aujourd'hui !

 

Posté par mpbernet à 08:01 - Coup de gueule - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Bigmammy avec tout le respect que j'ai pour vous, une question à vous poser. C'est "branché" d'accueillir des migrants, de prêter une chambre, etc... mais dans les rues de Paris, dans le métro, il y a des français que la crise, des conflits familiaux ont jeté sur le pavé. Pourquoi personne ne leur prête une chambre pour qu'ils puissent repartir dans le bon sens ? Pourquoi des français en grande difficulté ont-ils tant de mal à obtenir un logement social ? Depuis quelques jours toutes ces questions m'assaillent car je reviens de loin... et quand j'ai failli être expulsée personne ne m'a tendu la main...

    Posté par Arte_miss, 07 septembre 2015 à 08:53
    • Vous avez tout fait raison. Chacun fait ce qu’il peut à son niveau de compétences et de revenu. Pour ma part, je consacre environ 25% de mon revenu chaque année en impôts – et c’est bien naturel de contribuer à la collectivité – mais ne suis hélas pas responsable de ce que nos gouvernants en font ...

      Posté par mpbernet, 07 septembre 2015 à 09:21
  • Je ne sais que penser de tout cela, il y a bientôt 40 ans (en 1979), la situation économique (en France) n'était pas tout-à-fait ce qu'elle est aujourd'hui. Cela me fait beaucoup de peine de voir que des gens sont laissés sur "le bas côté de la route". Qui arrivé à 55 ans se retrouvent licenciés etc... Ne peuvent plus faire face à leurs charges, loyer etc... et son expulsés de leur logement... C'est triste, très triste.
    Il y a 40 ans, il y avait du travail pour tout le monde. Le chômage commençait tout juste à se faire ressentir.
    On nous parle de faire des économies de santé. On nous "ponctionne" de plus en plus sur nos pensions, salaires etc... Les impôts sont de plus en plus lourds à supporter...
    On centralise les administrations également pour effectuer des économies... Bref, sincèrement, je me demande tout ce que cela va donner...
    En ce qui concerne mes collègues de travail, en 1979, la plupart avait une femme de ménage. Aujourd'hui, elles ne pourraient plus la payer. C'est incroyable comme tout s'est dégradé, tout "s'en va".
    J'ai la nostalgie de ces années là...
    Je respecte tous les êtres humains mais là, je me demande ce que cela va donner... Enfin restons optimistes... Positifs...

    Posté par Binchy, 08 septembre 2015 à 18:10
  • tombée par hasard sur votre site pour des conseils tricots me voilà à lire un billet sur les réfugiés écrit avec grâce, quel bonheur de lire cet article ! certains ont la mémoire courte !

    Posté par marie, 09 février 2016 à 16:49

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