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10 septembre 2016

Le huitième livre de Vésale, thriller historique de Jordi Llobregat

 

Vesale

Voici un thriller historico-médical qui vous en donne pour votre argent : 21€ pour plus de 600 pages particulièrement addictives, ciselées au scalpel en 80 chapitres haletants. A la manière des feuilletons de la fin du XIXème siècle, nous voici emportés à Barcelone, 24 jours avant l’inauguration officielle de l’exposition universelle de 1888.

Le héros est Daniel Amat, jeune professeur de l’université d’Oxford, revenu dans sa ville natale sept ans après l’avoir quittée à la suite d’un drame familial, pour assister aux obsèques de son père, fameux médecin décédé dans des circonstances obscures. Il fait aussitôt la rencontre d’un journaliste d’investigation joueur et buveur, persuadé que son père a été assassiné car il enquêtait d’un peu trop près sur la découverte de plusieurs corps de jeunes filles atrocement mutilées, disparues du quartier populaire de la Barceloneta.

Dans une Barcelone vibrante, mais sombre, humide, pauvre et malodorante, les investigations du duo Amat-Fleixat, bientôt rejoints par le jeune étudiant en médecine Pau Gilbert vont les conduire à tombeau ouvert (!) le long des Ramblas jusqu’au monument en construction dédié à Christophe Colomb, et nous faire pénétrer dans les égouts enfoncés sous l’antique citadelle et près des immenses générateurs de la centrale électrique qui va bientôt illuminer l’exposition et une grande partie de la ville.

Les cadavres s’accumulent. On soupçonne tantôt un molosse légendaire, tantôt un médecin rendu fou par la mort de son épouse et qui prétend lui redonner vie à partir des écrits secrets du célèbre anatomiste Vesale, mort depuis 300 ans.

Cet ouvrage est le premier roman de son auteur (né en 1971), par ailleurs co-directeur du festival du polar de Valence. Un auteur qui maîtrise parfaitement la technique du roman policier et du page-turner. Les descriptions sont vivantes, les rebondissements incessants, une trame à la limite du roman fantastique très à la mode auprès des jeunes générations. En somme, une espèce de patchwork très formaté qui rassemble des références multiples : Jack l’éventreur, les égouts de Jean Valjean, le Frankenstein de Mary Shelley, les grimoires d’Umberto Eco, le crime au sein de l’exposition (cf : Le diable dans la ville blanche d’Erik Larson, auquel ont éte empruntés presque mot pour mot le nom du meurtrier présumé et le prenom d'un des héros), les substitutions de personnalités, les grimages dignes d’Arsène Lupin, la quête de livres maudits (cf : Le Club Dumas d’Arturo Perez-Reverte) …

C’est cependant plaisant, avec des personnages bien campés, de l’action – en particulier une fantastique poursuite en voitures à cheval de la place de Catalogne au port, ou le combat final des protagonistes dans un laboratoire secret – l’intrigue est bien construite … Cependant, pas de figure d’inspecteur omniscient mais des représentants de l’ordre et de l’industrie totalement corrompus ….

En définitive, et même si j’ai lu cet ouvrage jusqu’au bout en quelques heures, je préfère Harry Potter !

 

Le huitième livre de Vesale, roman de Jordi Llobregat (El secreto de Vesalio), traduit de l’espagnol par Vanessa Capiau, publié au Cherche-Midi, 620 p., 21 €

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    En dessous de Harry Potter, effectivement cela ne vaut pas la peine, par contre M Pierre je vous recommande pour le même nombre de pages avec histoire + espionnage,***** l'espionne de Tanger****, vous qui aimez l'Espagne,.......J'attends la critique

    Posté par Martine, 10 septembre 2016 à 10:17

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