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19 octobre 2016

Lavigne et Stockman, bienfaiteurs de la couture

 

Alexis-Lavigne

Je reviens sur une exposition (qui est encore visible jusqu’à dimanche au Palais Galliera) passionnante « Anatomie d’une collection ».

Dans la première salle, une vitrine montre l’un des premiers exemplaires du mètre-ruban imperméabilisé, inventé par un professeur de coupe génial : Alexis Lavigne (1812 – 1880).

 

inventions

busteAlexisLavigne

 

Imaginons un peu la fantastique aide qu’apporte ce petit truc de rien du tout, qui s’enroule autour du cou de tous les couturières et tailleurs du monde entier, que j’égare immanquablement et dont je possède plusieurs exemplaires.

Autre invention de ce visionnaire pratique, et tout aussi indispensable : le mannequin-buste moulé d’après nature, immortalisé depuis le milieu du XIXème siècle par la marque Stockman, du nom de Frédéric Stockman, élève de Lavigne !

 

eugenie-costume-amazone

Alexis Lavigne était le tailleur amazonier attitré de l’impératrice Eugénie : elle avait toujours le buste bien pris dans ses merveilleux tailleurs dédiés à l’équitation et on imagine très bien qu’il ait fallu trouver un truchement pour ne pas lui piquer la peau lors des essayages !

Il avait inventé le mètre-ruban souple en 1841 et le mannequin-buste en 1847, année où il publie en fascicules sa méthode de coupe, en français mais aussi, déjà, en anglais. Rédacteur en chef du journal « Fashion theorie », il dirige bientôt 5 journaux de mode : « L’Art dans le costume », « Le journal des couturières », « les nouveautés parisiennes », « La mode élégante », « Les femmes et la mode ».

Fondateurs de l’école ESMOD, Alexis Lavigne et sa fille Alice Guerre sont admirés comme précurseurs du prêt-à-porter. La Révolution Industrielle, ce ne fut pas que la sidérurgie ...

 

coursdecoupe

 

FredericStockman

Son élève Frédéric Stockman met à profit l’invention d’Alexis Lavigne pour produire, depuis 1867, des bustes-mannequins moulés d’après nature. La société Siegel et Stockman, toujours installée en région parisienne, continue à fabriquer pour le monde entier ses mannequins faits de bandes de papier mâché, moulés en bosse ou en creux puis agrafés, poncés, ouatés et recouverts de toile de lin ou de coton, avec autant de tailles précisément normées que nécessaire … Elle a été estampillée « Entreprise du patrimoine vivant » en 2012.

Naïve, j’avais toujours imaginé qu’il s’agissait d’une marque allemande ou américaine !

Messiers Lavigne et Stockman, toutes les couseuses et tous les tailleurs, professionnels ou amateurs, du monde entier, vous disent merci !

Et j’en profite pour faire un clin d’œil à la jolie Alicia, alias " Marquise électrique* " (son lien est à suivre dans la colonne de droite ...) et qui exerce dorénavant ses talents à San Francisco (Californie).

 

Posté par mpbernet à 08:13 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

  • La seule chose que j'envie aux Parisiens, c'est la diversité des expositions et lieux culturels qu'ils ont à portée de mains.
    Bonne journée

    Posté par Christiane, 19 octobre 2016 à 13:19
    • Oui, nous avons beaucoup de chance, et, avec une carte d'abonnement, nous allons au Louvre et à Orsay chaque fois que l'envie nous prend sans avoir à faire la queue !

      Posté par mpbernet, 19 octobre 2016 à 14:24
  • Oh une exposition que j'aurais aimé voir ! Je reviens normalement à Paris qu'en novembre (à moins urgence).
    J'envoie ton article à Stéphanie, elle va adorer !
    Je vous souhaite un bel après-midi à vous deux.
    Amitiés.
    Bernadette.

    Posté par Binchy, 19 octobre 2016 à 14:57

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