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05 novembre 2016

La valse des arbres et du ciel, roman de Jean-Michel Guenassia

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Après l’éblouissement devant le premier roman de cet auteur, j’avais eu trop peur d’être déçue et m’étais abstenue d’acheter les suivants … et là, j’ai craqué après une bonne critique dans un magazine.

Hélas … j’avoue avoir eu la plus grande difficulté à le terminer. D’autant plus que dès le début nous en connaissons la fin, même si elle est controversée.
L’héroïne est Marguerite Gachet, la fille du docteur d’Auvers-sur-Oise qui s’occupait – fort mal selon le roman – de Vincent Van Gogh. L’histoire se déroule donc entre le 19 mars et le 30 juillet 1890, date de la mort tragique de celui-ci, dont on conteste aujourd’hui qu’il ait pu s’agir d’un suicide.

Marguerite a dix-neuf ans et tombe éperdument amoureuse de cet homme qui a deux fois son âge, mais dont la peinture inclassable la transporte de joie. Elle vit entre son père veuf, un avare totalement égoïste, son frère falot et Louise, la gouvernante qui a remplacé sa mère dans le lit du docteur sans quitter la place de domestique qui est la sienne. Le destin de Marguerite est tout tracé : elle épousera Georges Secrétan, le fils du pharmacien, auquel elle est promise depuis toujours. Les jeunes gens s’apprécient mais ne s’aiment pas. Marguerite, tout comme Georges, doit cependant se plier aux convenances de la société bourgeoise triomphante et ils devront se soumettre à la volonté de leurs pères respectifs.

 

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Marguerite rêve de s’enfuir en Amérique, mais ne dispose pas de l’argent nécessaire à la traversée. Et puis arrive Vincent. Elle se donne à lui mais il refuse de construire une relation durable avec une aussi jeune femme. Elle essaie de peindre mais n’a aucun talent et en est parfaitement consciente : elle copie, est hantée par les toiles aux couleurs dansantes de Vincent.

Voici d’intéressantes réflexions sur la triste condition des femmes à l’aube du XXème siècle – les Beaux-Arts leur sont interdits, l’Académie Julian coûte cher – même si le baccalauréat leur est désormais accessible : une fierté pour le Docteur Gachet, mais Marguerite n’en a que faire.

Portrait inhabituel de Vincent van Gogh en homme totalement habité par sa peinture, mais vigoureux et sain d’esprit, si peu caractériel, affectueux mais lucide, généreux. Marguerite, exaltée, amoureuse, contestatrice et pourtant soumise à la volonté d’un père qui fait payer ses piètres talents de médecin en toiles de futurs maîtres désargentés. Marguerite copie aussi des œuvres de son amant, qui seront ainsi mis en vente après sa mort … et dont les faux peupleraient aujourd’hui les plus grands musées.

Le récit de Jean-Michel Guenassia est, comme à son habitude, très bien écrit. Truffé d’extraits de correspondances de Vincent à son frère Théo ou à d’autres amis peintres, d’articles de presse. C‘est parfois cocasse mais n’apporte pas d’éclairage substantiel. Bref, je n’ai pas retrouvé le bonheur de lecture que j’avais éprouvé avec Le Club des Incorrigibles optimistes. Une prochaine fois, peut-être …

 

La valse des arbres et du ciel, roman de Jean-Michel Guenassia, chez Albin Michel, 299 p. , 19,50€

Posté par Bigmammy à 09:02 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]

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