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06 mars 2017

Valentin de Boulogne au Louvre

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Lorsque nous nous sommes pointés, la semaine dernière, la bouche en cœur et nos sésames « Les Amis du Louvre » en main, nous nous étions étonnés d’avoir à faire 20 minutes de queue avant de pouvoir accéder à l’exposition Vermeer …

David_et_Goliath

Et puis, dès le lendemain, tout a pris « en gelée » : tous les créneaux de visite étaient pleins jusqu’au dernier jour de l’exposition, il faut aujourd’hui réserver un créneau (aléatoire) de visite dont la contremarque est à retirer le matin même pour espérer pouvoir visiter dans la journée – à condition de se pointer dès l’ouverture des guichets car tout est plein dès midi, la qualité d’ami du Louvre n’offre plus de priorité, sauf à se rendre aux journées ou soirées réservées à cette clientèle-là.

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Bref, victime de son succès, l’administration du musée est débordée, vilipendée, violemment critiquée, en particulier pour son manque d’égards vis-àvis des visiteurs de province ou de l’étranger … Pataquès de première grandeur qui me rappelle les interminables queues qui m’avaient découragée lors de la précédente exposition Vermeer à Paris voici 50 ans …

Du coup, je me dis que nous avons eu joliment le nez creux en visitant cette exposition le matin du premier jour … surtout que pour la peine, nous avons visité non pas une expo, mais deux … Car en face de celle consacrée à Vermeer, il y a aussi celle de « Valentin de Bologne, réinventer Le Caravage ».

réunion dés

Alors là, j’avoue tout : jamais au grand jamais, je n’avais entendu parler de ce grand peintre, contemporain de Nicolas Poussin, élève de Simon Vouet, qui a fait toute sa carrière à Rome et qui est considéré comme le digne successeur du Caravage, le maître qui révolutionna la peinture européenne avec ses scènes violentes et ses personnages issus des bas-fonds.

Valentin de Boulogne (1591 – 1632) est un adepte des grands formats, des scènes de genre (réunion dans un bouge, concert, joueurs de cartes, tricheurs) et des sujets religieux (apôtres, scènes bibliques, passion du Christ …). Des ambiances enfumées et alcoolisées, des faciès inquiétants, torturés, des décors de taverne – curieusement, on remarque dans plusieurs tableaux un bloc de pierre servant de table de jeu, sculpté comme un sarcophage – une utilisation efficace du clair-obscur, tout à fait dans la manière du Caravage, mort en 1610 alors que Valentin débarque à Rome en 1614.

concert

On aime ou on n’aime pas la peinture pleine de codes, de symboles (devenus obscurs pour l’amateur peu éclairé d’aujourd’hui) et mise en scène de façon grandiloquente comme l’affectionnait ce XVIIème siècle, très riche pourtant en Italie, aux Pays Bas et en Espagne. On sait aussi que deux des tableaux de Valentin de Boulogne ici montrés ornaient la chambre de Louis XIV … On ne peut que rester en admiration devant ces toiles issues pour la plupart des réserves du Louvre mais qui ont récemment été présentées au Metropolitan Museum de New York.

couronnement d'épines

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Si vous parvenez à pénétrer, malgré les multiples obstacles, dans le hall consacré à Vermeer, ne manquez pas de traverser pour visiter aussi, juste en face, ce Valentin quasiment inconnu et dont aucune reproduction – à ma connaissance – ne figure dans aucun livre scolaire …

 

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Valentin de Boulogne, au musée du Louvre – Hall Napoléon -  jusqu’au 22 mai. Tous les jours sauf le mardi, réservation obligatoire, billet jumelé expositions temporaires et collections permanentes : 15 €.

 

 

 

Posté par mpbernet à 11:03 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Je te remercie beaucoup pour ton partage qui en plus d'être très intéressant m'a appris plein de choses !

    Posté par malicia668, 09 mars 2017 à 15:55

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