Bigmammy en ligne

10 mars 2017

Camille Pissarro, le premier des impressionnistes

Pissarro affiche

Avec le mois de mars fleurissent les nouvelles expositions : un régal et un privilège pour les parisiens épris de peinture. Cette année, « Camille Pissarro, le premier des Impressionnistes » est à l’honneur, à Marmottan d’abord, puis au musée du Luxembourg avec « Pissarro à Eragny » très bientôt.

 

bords de l'Oise

C’est donc une charmante rétrospective de ce peintre de la douceur des paysages champêtres de l’Ile-de-France, des ports de commerce normands, de vues de Paris depuis sa fenêtre. Plutôt moins souvent cité que ses contemporains impressionnistes, Pissarro (1830 – 1903) a pourtant participé à leurs huit expositions. Il est venu s’installer à Paris en 1855 après plusieurs allers et retours dans sa terre natale, une île des Antilles danoises, où sa famille tient commerce de quincaillerie.

 

la cueilette des pois

 

Pissarro

A Paris, il découvre Delacroix, Courbet, Ingres, Millet, Daubigny, rencontre Claude Monet, Armand Guillaumin, Paul Cézanne, Edgar Degas … Il vit à Louveciennes, Pontoise, Osny, Eragny, Paris, visite Dieppe, Rouen, Le Havre dont il peint de superbes vues. Dès 1865, il élimine de sa palette le noir, le bitume, la terre de Sienne et les ocres.

En 1885, Pissarro rencontre Seurat et Signac et adopte la technique du pointillisme, mais la peinture lui semble trop longue à exécuter et il revient à une manière plus naturelle, avec des vues de Paris que lui commande son marchand attitré, Paul Durand-Ruel.

Nous voici donc devant 75 tableaux, (peinture et tempera) d’une douceur infinie, où la lumière s’insinue et ondoie … J’ai particulièrement aimé les peintures sur soie en forme d’éventail, les détails de certains groupes de personnages qu’il faut découvrir en s’approchant comme la carriole où montent les dames de « Place du vieux cimetière, Pontoise »(1872), les paysages des bords de fleuve où s’installe l’industrie, les vues des ports de commerce …

 

la charcutière

 

bassin duquesne

Très peu de portraits – sauf la paysanne au chapeau de paille ou la charcutière - qui font penser à Renoir, ou des scènes de travaux des champs tellement plus gaies et colorées que celles de Millet, comme « La cueillette des pois » …

J’avoue tout de même être restée un peu sur ma faim. Les thèmes des tableaux choisis se marchent un peu sur les pieds.

J’irai naturellement voir aussi l’exposition du Luxembourg qui ouvre dans un mois. Peut-être est-ce la présence massive de groupes de vieilles dames, écouteur vissé aux oreilles, qui se compactent devant les tableaux en entravant la circulation des visiteurs individuels qui m’agace. On devrait en limiter à 15 le nombre de participants !

 

place du vieux cimetière

 

place du vieux cimetière - Copie

P.S. : l’histoire familiale de Camille Pissarro est étonnante … Rachel Manzano-Pomiés, sa mère, a épousé Isaac Petit, commerçant né à Bordeaux et installé dans cette île Vierge danoise, qui est veuf avec 3 enfants. Elle lui en donne 3 autres et en attend un quatrième lorsqu’Isaac meurt. A 29 ans, Rachel élève seule les 7 petits et fait appel, pour l’aider à tenir la quincaillerie, à son neveu Frédéric Pissarro, âgé de 22 ans … Ils s’aiment mais la communauté leur refuse le mariage car ils sont apparentés. Ils tiennent bon et ont à leur tour 3 enfants : Alfred, Aaron et Camille. De quoi en faire un roman, que n’a pas manqué d’écrire Alice Hoffman « Un mariage contre nature » ….

 

poontneuf

 

 

Pissarro, le premier des Impressionnistes au musée Marmottan Monet, 2 rue Louis Boilly Paris 16 ème jusqu’au 2 juillet, tous les jours sauf le lundi à partir de 10 h. 11€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires

    Merci pour cette visite virtuelle et pour tous ces renseignements concernant ce grand peintre !
    Bises.

    Posté par malicia668, 10 mars 2017 à 11:11
  • J'aime beaucoup ce peintre. Merci pour ce partage et je vous souhaite un agréable week-end à vous deux.
    Amitiés.
    Bernadette.

    Posté par Binchy, 11 mars 2017 à 16:46

Poster un commentaire