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14 mai 2017

Requiem pour mon vieux lycée ...

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Je suis une enfant du babyboom.

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Quand j’ai atteint l’âge d’entrer en 6ème en 1957, aucune infrastructure d’enseignement secondaire n’était prête à recevoir cet afflux de nouveaux enfants nés après le retour des prisonniers … On a donc installé des classes provisoires, là où il y avait de la place, c’est-à-dire pour Paris, sur les terrains des anciennes fortifications de Thiers. Ensuite, on a bâti des lycées – à l’époque, on n’avait pas encore scindé le collège du lycée, aujourd’hui l’un financé par la Ville, l’autre par la Région) en « dur », enfin, en poutrelles d’acier et en béton avec des façades en mosaïque de pâte de verre (auto-lavante) … Il fallait construire vite.

Bref, ce lycée gigantesque sortit de terre en 1960 dans une forme d’une simplicité désarmante : une barre de 200 mètres de long parallèle au boulevard Soult … C’était tout neuf, un peu bruyant, dans le style des constructions de l’époque (Architectes : J-C Dondel et R. Dhuit). Cet établissement scolaire reçut plusieurs noms : Annexe du Lycée Jean-Baptiste Say, Lycée Mixte du Boulevard Soult puis, sur la proposition de mon vénéré professeur de lettres (français-Latin-grec) Pierre Fortassier, le lycée Paul Valéry. J’y ai effectué avec bonheur toute ma scolarité de septembre 1957 à juin 1964. Ce ne fut jamais un lycée d’excellence, ses performances à la sortie des classes préparatoires sont un peu faiblardes, mais c’était un lycée sympathique, où les professeurs s’occupaient bien de nous. Aujourd’hui, il regroupe environ 1370 élèves dont 920 pour le lycée.

projet nouveau lycée

Sauf que, soixante ans après, la construction s’est dégradée et ne correspond plus aux nécessités pédagogiques du moment. Il a donc été décidé de le démolir et de reconstruire sur place une cité scolaire nouvelle, qui sépare plus radicalement la partie collège de la partie lycée (en l’attente d’une énième réforme de l’enseignement ??). L’idée est de concentrer davantage les nouveaux bâtiments afin de dégager de l’espace pour ajouter des circulations et des équipements de proximité : des logements de fonction, des logemets sociaux, une crèche (60 berceaux), un internat d’excellence de 150 lits, tout en accroissant la capacité d’accueil des élèves du lycée (+400), une école. L’architecture est confiée aux cabinets SA Quintet et Alain Gignoux/ Mizrahi/Eléments.

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Hier, il y avait donc une manifestation des anciens élèves pour célébrer une dernière fois cette bâtisse vieillie avant l’heure. J’ai surtout admiré les beaux arbres qui ont poussé et j’espère que les nouvelles constructions les épargneront. Un moment d’émotion en retrouvant les photos de classes … Ce sera un chantier gigantesque, cadencé en plusieurs opérations-tiroirs si j’ai bien compris, mais j’ai regretté qu’on ne nous installe pas des panneaux un peu plus explicites sur le devenir de cet espace immense (plus de 8 hectares avec la partie stade).

Pas de nostalgie, il faut vivre avec son temps. Vive donc le nouveau Paul Valéry … en espérant que le chantier tiendra les délais. Mais on aura toujours la solution de mettre les élèves dans des bâtiments provisoires en cas de retard … et la boucle sera ainsi bouclée !

Posté par mpbernet à 08:00 - Coup de coeur - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires

    Paul Valéry...

    Nous étions proches : j'étais au lycée Hélène Boucher en A latin-grec. J'ai passé mon second bac au lycée Paul Valéry...Je n'ai pas grand souvenir des lieux sinon ma joie d'avoir été reçue avec une mention.
    A ma connaissance, il n'y a pas d'association d'anciens élèves pour H. Boucher, il est vrai que "mon " lycée" tient encore bon. Il ne date pas des mêmes années que le vôtre. Mais une association d'anciens élèves d'Hélène Boucher serait peut-être bienvenue. Les élèves étaient brillantes, que sont-elles devenues ?
    Merci d'évoquer votre lycée.

    Posté par Gabrielle, 14 mai 2017 à 08:31
    • J’habitais au 68 boulevard Soult et, tout naturellement, je pensais que je serais affectée au lycée Hélène Boucher où ma grande soeur avait fait toutes ses études. J’ai été très déçue en apprenant mon affectation dans cet établissement MIXTE ! Mais finalement, je m’y suis bien plue, et c’était si près de chez moi que je pouvais rentrer déjeuner à la maison. Revers de la médaille : pas question de trainer dans les rues après les cours ...

      Posté par mpbernet, 14 mai 2017 à 08:40
  • combien d'années

    Merci pour ce reportage d'une "ancienne". Et bon vent pour l'association des élèves qui veillera au souvenir que doivent avoir quelques 24 000 élèves.
    Nouveau lycée 2019, nouvel ensemble 2022 ou 23, enquêtes prochaines.
    Le titre c'est pour la fin de la soirée en regardant l'eurovision?

    Posté par Dreamer, 14 mai 2017 à 08:42
    • Oui, le clin d’oeil est pour notre pauvre petite Alma !

      Posté par mpbernet, 14 mai 2017 à 09:49
  • J'habitais à Saint-Mandé et je faisais la route vite-vite pour déjeuner à la maison. Des fois, le bus me donnait un peu plus de temps. Les marronniers étaient en fleurs pour mon anniversaire, je les regardais en me dépêchant pour ne pas arriver en retard, sinon c'était l'étude pendant une heure...

    Posté par Gabrielle, 14 mai 2017 à 08:58
  • détail projet

    Bonjour en complément, on trouve les explications sur le réaménagement de l'espace occupé par Paul Valéry (35 000m2) et budget de plus de 56M€ dont 9M€ d'études. https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP15-591RAP.pdf

    Posté par Dreamer, 14 mai 2017 à 09:11
    • Merci pour ce lien !

      Posté par mpbernet, 14 mai 2017 à 09:48
  • En 1958, j'entrais à H de Balzac, le plus grand lycée de Paris à la porte de Clichy.

    Classe mixte de 40 filles & un garçon!!!, j'arrivais d'une école privée où nous étions 7/8 en 7°,

    Mais un lycée en dur avec même un grand gymnase à l'intérieur

    C'était l'époque où il fallait de la place pour toute cette génération d'enfants nés après-guerre!

    Posté par Martine, 14 mai 2017 à 10:40
  • Il fut pendant des années le seul lycée mixte de l'est parisien.

    Posté par M&M, 14 mai 2017 à 10:51
  • Il fut jusqu'à la fin des années 70 le seul lycée mixte du secteur

    Posté par M&M, 14 mai 2017 à 10:52
  • Un modèle architectural qui s'est répandu dans tout le pays !
    Cinq ans plus tard, j'entrais en 6eme dans un lycée en tous points identiques au niveau architectural. A Montpellier, ville de soleil, les panneaux étaient jaune. Nous étions 960 filles, le bâtiment était réduit en longueur. L'espace "pilotis" était idéal les jours de pluie ou de grande chaleur, c'était un nid à courants d'air.
    En 1962, arrivée des rapatriés d'Algerie, il avait fallu accroître la capacité d'accueil du lycée, quatre classes en préfabriqué, copieusement amiantees, ont vu le jour.
    L'ensemble, lycée et bâtiments, a été démoli voici quelques années.

    Posté par MAG, 14 mai 2017 à 13:39
    • On n’en parle pas, mais vraisemblablement, la construction du lycée Paul Valéry a dû, elle aussi, faire la part belle à l’amiante .... C’était tellement la norme à ce moment là !

      Posté par mpbernet, 14 mai 2017 à 17:49

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