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12 juillet 2017

Le dernier vice-roi des Indes, film de Gurinder Chadha

vice roi affiche

Les critiques sont partagés devant cette oeuvre historique filmée avec de gigantesques moyens humains et techniques et la révérence d'une réalisatrice dont la famille a connu la tragédie de la partition de l'Inde en 1948.

Pour ma part, j'ai autant apprécié la précision de la narration, fondée sur le best-seller de Dominique Lapierre et Larry Collins "Cette nuit, la liberté" que la plongée impressionnante dans le luxe inouï de cette dernière année dans le palais du vice-roi des Indes, Lord Louis Mountbatten, accompagné de son épouse Edwina et de leur fille Pamela, vue par deux assistants personnels : Jeet (Manish Dayal) et Aalia (Huma Qureshi).

le-dernier-vice-roi-des-indes-1

Aalia et Jeet

Car il y a plusieurs films dans ce film : la reconstitution historique à la manière léchée des séries de la BBC, les mouvements de foule comme à Hollywood, les histoires à l'eau de rose et les festivités dansantes comme les aime Bollywood ... chaque spectateur y trouve son compte.


Mais c'est avant tout une réflexion sur l'intolérance politique et religieuse, qui nous rappelle que l'Inde et le Pakistan se sont séparés dans l'horreur des massacres et des trasferts massifs de populations.

Comment un homme honnête, plein de bonne volonté, a essayé de concilier les irréconciliables leaders indiens : Nehru l'hindou dont le parti du Congrès refuse la séparation et Mohammed Ali Jinnah le musulman qui réclame les deux provinces où l'islam est majoritaire pour fonder le pays des Purs, comment les deux provinces où les populations vivaient intriquées et de façon relativement pacifique ont été découpées à la hache par un homme qui n'avait jamais mis les pieds en Inde, comment des préoccupations militaro-économiques ont prévalu dans le choix de la frontière ...

Le casting est parfait : je dirais tout de même que Hugh Bonneville est un peu enveloppé pour incarner Dicky Mountbatten, mais que la ressemblance de Gillian Anderson est frappante avec la vraie Edwina. J'ai retrouvé avec plaisir la "gueule" de Michael Gambon (Dumbledore) campant le parfait salaud Lord Ismay et aussi David Hayman (Inspecteur Lewis, Crimes sur la Tamise) en chef du service intérieur du palais de New Delhi. Pas un mot - mais quelques regards explicites - sur la future idylle entre Edwina et Javaharwal Nehru, cependant ...

Certains crient au chef-d'oeuvre, d'autres à la mièvrerie ... Moi, je me contente de recommander ce flm aux jeunes pour qui cette tranche d'histoire ne dit sans doute pas grand-chose car cela se passa il y a soixante dix ans, très loin, alors que l'Europe pansait elle-même ses plaies de la seconde guerre mondiale et initiait le processus de la décolonisation. Cette problématique de la coexistence entre deux populations de religions opposées, de partition d'un seul et même territoire, de violence et de déplacements de polulations, nous sommes loin d'en être sortis ...

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Merci, j'hésitais à aller le voir... Vous m'avez convaincu
    Belles vacances

    Posté par auxfeelsdutemps, 19 juillet 2017 à 22:58

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