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Trois ans après son premier opus, Serge Pagiusco – alias Poms – nous livre une deuxième enquête du commissaire Baptiste Adamsmendy – référence au héros de Fred Vargas clairement assumée.

Cette fois, il s’agit de retrouver l’assassin d’un avocat lyonnais d’origine basque, revenu au pays natal pour effectuer le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Son cadavre a été retrouvé sur le « camino », crucifié sur le retable de la jolie chapelle d’Harambeltz récemment restaurée, cloué contre le tableau de Saint Nicolas, une épée très ancienne à ses pieds et tagué de cette inscription latine : De ultimis caroli magni militibus.

Pourquoi une telle mise en scène grandiloquente, qui était la victime, pourquoi avoir choisi ce lieu isolé ? La pression est maximale sur le commissaire de Bayonne auquel les gendarmes locaux font appel. En effet, la foule des pélerins constitue une manne touristique indispensable pour les relais de la région.

Minutieusement, avec humilité et constance, aidé par son jeune collègue Etche qui sait parler le basque – Adamsmendy à décidé de reprendre des cours après son affectation dans le pays de ses ancêtres – et qui connaît la montagne comme sa poche, le commissaire s’attache à remonter le temps, les souvenirs de cet homme pieux, dont les affaires s’attachent à défendre prioritairement les plus démunis, les immigrés, les sans-grade, mais auquel on en connaît aucune aventure féminine …

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A force d’interroger les compagnons de route du pèlerin, de rechercher la trace de ses camarades de lycée, de retrouver le blog qu’il tenait chaque jour le long de cette épreuve physique et spirituelle, la quête de la vérité finira par aboutir à un événement vieux de plus de quarante ans, une terrible tragédie que l’avocat cherche à expier …

Adamsmendy, esprit éminemment cartésien, va cependant se retrouver confronté aux légendes millénaires du pays basque, celles d’une fée incarnée par un rapace migrateur, qui ne le laisse pas indifférent.

Bourré d’humour et d’autodérision, le polar est bien construit, écrit de façon alerte, avec un foisonnement de personnages pleins de verve, au milieu de paysages d’une beauté à couper le souffle. On regrette un peu l‘abondance de chants basques, mais c’est une des marques de fabrique de la série … et on apprécie la typographie de l’éditeur qui est bien élégante.

 

Chemin de croix, policier de Poms, Editions Cairn, collection « Du noir au sud », 588 p., 14,50€