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Les derniers mois du terriblement long règne de Victoria, entre les obligations diplomatiques des fêtes de son jubilée de diamant en 1897 et ses derniers instants. Une histoire d'amitié amoureuse dépourvue de tout racisme - et c'est remarquable lorsqu'on se replace dans la société corsetée de ce temps - et très respectueuse de l'islam - ce qui fait du bien en ce moment.

La reine Victoria est devenue une vieille dame de 81 ans, très seule depuis la mort de son mari adoré puis de son valet préféré, Brown, perclue de rhumatismes, gourmande et jalouse de son pouvoir car son fils Bertie - presque 60 ans - ne lui semble pas à la hauteur. Toute ressemblance avec des situations contemporaines n'est peut-être pas complètement fortuite.

Et puis voilà qu'on lui envoie un très gentil valet indien, qui la vénère et qu'elle trouve immédiatement très beau. Victoria va retrouver le sourire avec Abdul, qui lui parle de l'Inde où elle n'est jamais allée alors qu'elle est impératrice du Raj, lui donne des cours d'ourdou, devient une sorte de guide spirituel ou Munshi.

Cette relation exceptionnelle - révélée par la découverte relativement récente des cahiers d'Abdul - suscite incompréhension, jalousie, réprobation et scandale auprès des familiers de la maison de la reine, et au premier chef auprès du futur Edouard VII. Tant qu'elle vivra, Victoria maintiendra la faveur dont bénéficie Abdul, mais il sera chassé par Bertie immédiatement après la mort de sa bienfaitrice.

C'est un film porté magistralement par Judi Dench, déjà anoblie grâce à son talent et qui a l'âge du rôle. Rien que pour cette interprétation, je conseille ce beau film où une mamie royale est la vedette !

le reine et son munshiElle campe une adorable vieille dame autoritaire mais si seule dans ses magnifiques résidences, privée de toute intimité.

Les costumes et les décors - surtout la demeure d'Osborne House sur l'île de Wight qui sert de cadre aux dernières scènes, sont somptueux, comme sait si bien le faire la BBC. Les autres acteurs - Ali Fazal dans le rôle d'Abdul, Eddie Izzard dans celui de Bertie, sans oublier le triste Mohammed-Adeel Akhtar, sont excellents.

 

C'est égal, je trouve toujours très délicat de faire "jouer" par un très vieil acteur la mort d'un personnage ...

Stephen Frears, après "The Queen" et "Philomena" a vraiment un talent fou pour mettre en valeur la sensibilité des femmes.