La critique de Claude :

Luther a dit non

Les éditions SALVATOR sont une entreprise d’édition de livres chrétiens, liée notamment aux Editions du Cerf. L’une de leurs auteures, Anne SOUPA, vient de nous livrer un récit de la rupture entre Catholiques et Protestants dans les premières années du XVIème siècle.

Le 31 octobre 1517, il y aura bientôt 500 ans, Martin LUTHER, moine augustinien, docteur en théologie, originaire de la Saxe, a publié à l’entrée de son église de Wittemberg, ses « 95 thèses », pour signaler les erreurs dans lesquelles, selon lui, s’était engagée l’Eglise catholique romaine.

Moine enflammé par son Amour de Dieu et des Ecritures, « puits de science » en théologie, Martin LUTHER proclame qu’il faut d’urgence réformer le Catholicisme.

Les Autorités pontificales sont gravement inquiètes, car elles perçoivent le bon accueil fait à ces idées par les Chrétiens allemands et leurs Princes. Aussi restent elles sur une ligne très « diplomatique », fondée sur le dialogue. Elles organisent donc une « disputatio », c’est-à-dire un débat de fond entre LUTHER et le Cardinal  romain CAJETAN, théologien et négociateur habile. Cette réunion se tiendra à AUGSBURG, au domicile du banquier FUGGER et de sa femme Sibylle, qui sont au centre de toutes les affaires politiques, sociales et économiques de leur temps.  

Aucun accord ne sera trouvé, notamment sur la pratique critiquée des « indulgences » : l’Eglise catholique ne veut pas renoncer à monnayer financièrement l’absolution de certains péchés. Elle ne saurait d’ailleurs pas boucler son budget sans cette ressource.

L’Eglise catholique finira cependant par renoncer aux indulgences, mais les deux Peuples chrétiens ne retrouveront pas d’unité sur la Foi ou les « œuvres » - c’est a dire les actions justes - comme moteurs du salut de chaque chrétien. .

Anne SOUPA a su écrire, sur un sujet difficile, une œuvre claire, bien rédigée et pleine d’enseignements. L’intérêt qu’elle porte aux questions politiques et sociales s’explique à l’évidence par sa formation à Sciences-Po. Il existe, dans cet ouvrage, une vraie pression sur les protagonistes des deux camps, ainsi que sur les « neutres » (les FUGGER par exemple.), et un vrai suspense sur l’issue prévisible des débats.

Pourquoi un bon auteur français ou suisse ne nous raconte t’il pas la vie courageuse et aventureuse de Jean CALVIN, quand il a lancé l’autre réforme protestante ? 

 

Le jour où Luther a dit non, roman de Anne SOUPA publié aux editions SALVATOR, 215 p., 20 €