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09 décembre 2017

L'hôtel LUTETIA sort enfin de sa coquille

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Lutetia

Bientôt dégagé de sa gangue d'échafaudages, l'hôtel Lutétia ne sera vraisemblablement pas ouvert à la fin de cette année comme prévu à son planning initial, mais il renaît de ses cendres. Trois ans de travaux pharaoniques vont trouver leur aboutissement, et le boulevard Raspail enfin sa trajectoire habituelle.

Cette rénovation de fond en combles représente un véritable défi technique et financier car l'espace de circulation des engins est particulièrement malpratique, il a été prévu de creuser un troisième sous-sol pour y loger des espaces techniques et une piscine, plusieurs salons sont classés. Ce chantier est supervisé par l'architecte Jean-Michel Wilmotte.

C'est surtout un édifice qui a une longue histoire. Pratiquement le seul palace de la rive gauche, il a été voulu et commandé par Madame Boucicaut pour héberger les "peoples" qui venaient au Bon Marché faire leurs emplettes. Son architecture reflète l'évolution de la mode : elle commence dans le style Art Nouveau et finit en Art Déco.

Il a été construit en 1910 - l'année de naissance de mon père ! - par l'architecte Louis-Hippolyte Boileau, héritier d'une longue lignée de maîtres d'ouvrage, et Henri Tauzin. Sa façade est ornée, comme le voulait l'air du temps, de sculptures de Léon Binet ainsi que Paul Belmondo. L'aménagement du restaurant est Ard Déco, déjà plus moderne.

Il fut le rendez-vous de maints écrivains et célébrités de l'entre-deux-guerres. Albert Cohen y rédigea "Belle du Seigneur", 'un des livres qui m'ont le plus marqués. Plus près de nous, Pierre Lemaître y situe la dernière scène de son roman "Au revoir là-haut".

Le Lutétia fut aussi le lieu de plus sombres épisodes. Les Allemands y logèrent leurs services de renseignements (l'Abwehr) pendant l'Occupation. A la libération, on y accueillit les rescapés rapatriés des camps de concentration, les familles venaient scruter les panneaux affichant les photos de leurs disparus. C'est le thème du roman "Lutétia" de Pierre Assouline (2005).

L'hôtel est aujourd'hui la propriété du groupe israëlien Alrov.

J'en attends avec impatience la réouverture pour aller y jeter un coup d'oeil ou dîner à la brasserie ... Sera-t-elle toujours aussi chère qu'avant la fermeture ?

Posté par mpbernet à 08:17 - Nez en l'air - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    non chère amie, elle sera plus chère

    J'ai hâte aussi d'aller explorer le lieu renaissant, y déguster un café, voire un cocktail...

    Posté par manuela, 09 décembre 2017 à 10:28
    • Nous pourrions nous y retrouver pour y boire un verre !

      Posté par mpbernet, 09 décembre 2017 à 10:50
  • avec grand plaisir, je passe Noël en Italie, R.V. en 2018 ; je vous souhaite de terminer l'année affectueusement et joyeusement !

    Posté par manuela, 09 décembre 2017 à 11:40

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