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11 décembre 2017

Le Général De Gaulle et la Russie, par Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie française

La critique de Claude :

degaulleet la russie

Hélène Carrère d’Encausse, notre grande historienne de la Russie, vient de publier un ouvrage sur la politique franco-russe du Général De Gaulle, chef de la Résistance, puis chef de l’Etat.

La justification qu’elle donne de cette initiative situe en elle-même l’apport de la connaissance historique à la conduite efficace des politiques publiques. De fait, la conversion de la Russie à l’économie de marché et son émergence comme puissance importante, nous imposent de mieux connaître notre (difficile) partenaire russe. Pas plus que l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les USA, nous ne pouvons afficher de bons résultats dans ce domaine.  Essayons de faire mieux, comme nous y invite, dans son avant-propos,  l’auteure de ce livre.

Avant la Guerre de 1914, et comme tous les Français,  De Gaulle espérait, pour équilibrer la puissance allemande,  en « l’alliance de revers » russe, qui a d’ailleurs fonctionné en 1914, mais s’est effondrée avec la Révolution russe de 1917. Il a néanmoins parié sur l’allié russe, devenu soviétique, pour tenter d’équilibrer la relation de la France combattante avec les Etats Unis et le Royaume Uni.

Hélène Carrère d’Encausse nous livre une description impressionnante du voyage du Général à Moscou (décembre 1944), face à un Staline paranoïaque et méprisant. Dès 1945, le dictateur prendra sa part du partage de l’Europe de l’Est ; à Yalta, il traitera avec les alliés occidentaux, parce que, comme tous les acteurs des relations internationales, il ne voit que son intérêt direct et matériel.

Au fil du temps, les politiques de détente et de coopération, mais aussi les révoltes populaires antisoviétiques (Berlin 1953, Budapest 1956, Prague 1968, RDA 1989) soufflèrent le chaud et le froid sur les relations de la France avec l’Est européen. Et le Bloc de l’Est se disloqua à cause de sa faiblesse économique et sociale, constatée par Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant plus lucide que les autres.

En refermant ce livre, vous penserez surement que le but recherché par son auteure – mieux connaître pour mieux négocier – est atteint.

 

Le Général De Gaulle et la Russie, essai par Hélène Carrère d'Encausse, de l'Académie française, édité chez Fayard, 279 pages, 20 €.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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