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07 janvier 2018

Les heures sombres, biopic de Joe Wright

couple_Chrurchill

Heures_sombres

Des applaudissements nourris à la fin d’une projection, ce n’est pas habituel … et là, après ce film de plus de deux heures, c’est largement justifié. Les heures sombres (Darkest Hour) sont celles qui se déroulent après l’invasion par Hitler de la Belgique, la Hollande et la France en mai 1940.

Le jour où l’armée allemande bouscule l’armée française dans les Ardennes, le 10 mai, le roi Georges VI – le père de la Reine Elizabeth – se résout à nommer Premier ministre un vieux routier de la politique – il a alors 65 ans – le conservateur Winston Churchill, connu pour sa forte consommation d’alcool et son cigare vissé au bec.

Isolé au sein de son propre parti, harcelé par son prédécesseur Neville Chamberlain qui a tout cédé à Hitler lors des accords de Munich et qui a perdu la confiance du Parlement, avec l’opposition ouverte des tenants de la politique d’apaisement prônant l’engagement de pourparlers de paix, et fascinés sans doute par la réussite d'Hitler, dont le leader est le Vicomte Halifax – que Churchill surnomme The Holy Fox – confronté initialement à l’hostilité à peine voilée du roi (mais celui-ci l’appuiera rapidement), Churchill résiste alors que plus de 300000 soldats britanniques sont encerclés sur la plage de Dunkerque.

Au sein du cabinet de guerre – minutieusement reconstitué selon les plans des Cabinet War Rooms à visiter à Londres – il fait face, avec un humour décapant. Il doute … Seule sa famille et surtout son épouse – si belle Kirstin Scott Thomas - le soutiennent.

Seul, sans le soutien de son parti qui envisage en sous-main de le mettre hors-jeu, il va organiser le sauvetage de ses soldats à Dunkerque et, par ses discours inspirés, entraîner la résistance de tout un peuple … et encore, ce n’est pas encore le moment du Blitz.

Winston_gary

Cette période de l’histoire, nous l’avons largement étudiée. Mais jamais, pour ma part, je n’avais mesuré l’isolement de cet homme auquel on reproche sans fin l’épisode de la tentative manquée de débarquement dans les Dardanelles, pendant la Grande Guerre. Un fiasco retentissant … Et ce qui rend le film extraordinaire, c’est l’interprétation époustouflante - je dirais même plus, phénoménale -  de Gary Oldman, complètement investi dans ce rôle hors norme, totalement transformé grâce à des prothèses – conçues par le japonais Kazuhiro Tsuji – et qui s’est « coulé » dans la gestuelle et les discours ultra célèbres du Premier Ministre : « We shall never surrender ».

Un tel film, par sa qualité artistique et le souci de la reconstitution historique, est une bénédiction pour les jeunes générations. Un exemple – encore une fois – qu’un homme seul, sans l’appui d’un parti mais fort de sa vision de la situation – peut renverser le cours de l’histoire.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Merci par cette critique d’un film dont j’attend la sortie ici , à Lisboa ,et que j’irais surement voir. Je n’aime pas tellement Gary Oldman, mais les opinions sont trés bonnes.

    Posté par Margarida, 07 janvier 2018 à 22:43

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