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13 janvier 2018

Dada Africa, exposition au musée de l'Orangerie

 

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Une plongée aux sources de l’art moderne ou comment les influences extra-occidentales ont pénétré l’art contemporain à cause de la Grande guerre. Il aura fallu l’absurde tuerie européenne pour remettre en cause les principes fondamentaux de l’art, en mettant en contact, à travers le brassage des hommes, des courants et des formes jusqu’ici ignorées, voire méprisées …

La révolte artistique Dada, foisonnante et subversive, est née à Zurich en 1916. Elle revendique un rejet des valeurs traditionnelles de la civilisation qui ont mené au désastre de cette période. D’autres systèmes de pensée et de création incitent les artistes d’avant-garde à s’approprier des productions artistiques venues d’autres cultures, autrefois considérées comme « barbares » ou « archaïques ».

En février 1916 le poète Hugo Ball inaugure à Zurich le Cabaret Voltaire où il est rejoint par Emmy Hennings, Richard Huelsenbeck, Jean Arp, Sophie Traeuber, Tristan Tzara, Marcel Janco, Hans Richter, Walter Serner. En Allemagne se tiendra en 1920 la Dada Messe …

On assiste à un changement de paradigme dans la perception des arts dits « nègres ». Les collections ethnographiques des musées européens deviennent ainsi des réservoirs d’inspiration, de formes et de connaissances. En France, le collectionneur et galériste Paul Guillaume – dont l’essentiel de la collection est à voir dans ce merveilleux musée de l’Orangerie -  fournit des œuvres d’art d’une première exposition Dada. Dada propose aussi des performances d’une joyeuse cacophonie. Dada se définit comme « Entrelacement des contraires et de toutes les contradictions », refusant tout dessein préétabli, redéfinit les rôles masculin et féminin à travers des couples d’artistes comme celui que forment Jean Arp et Sophie Traeuber-Arp. A Paris, les cercles surréalistes développent un intérêt pour ces arts nouveaux. L’Expressionnisme allemand en sera aussi influencé.

Ce qui frappe le visiteur, c’est l’extraordinaire modernité de ces représentations artistiques nouvelles, iconoclastes, nées du chaos de la guerre. Collages, broderies, sculptures, costumes, bijoux, peintures largement inspirées des masques et des statuettes africaines …

Notre regard est habitué aujourd’hui à considérer avec toute l’attention nécessaire les arts dits « premiers ». Mais il faut imaginer l’impact révolutionnaire que ces œuvres d’art ont pu avoir il y a plus de cent ans, au sortir d’un cataclysme humain inouï.

Dada Africa, sources et influences extra-occidentales – exposition au musée de l’Orangerie organisée par le musée Rietberg de Zurich et la Berlinische Galerie jusqu’au 19 février ; tous les jours sauf mardi, 9€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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