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03 février 2018

Pasteur, l'expérimentateur au Palais de la découverte

Pasteur affiche

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Le découvreur du vaccin contre la rage, qui dévoila le monde des microbes et donna son nom au fameux procédé de pasteurisation, était chimiste et non médecin.

Louis Pasteur (1822-1895) a déployé toute la puissance expérimentale de sa discipline d’origine au profit de domaines scientifiques a priori hors de son champ : biologie, médecine vétérinaire et humaine. Sa force résidait dans un double mouvement. Il rapportait au laboratoire des problèmes pratiques réputés inexplicables, qui touchaient à la conservation du vin, à la fabrication de la bière, aux maladies qui affectaient les vers à soie, les poules ou les moutons. Il les décortiquait avec la méthode d’un expérimentateur opiniâtre puis opérait un retour sur le terrain et employait alors toute son énergie à faire appliquer ses recommandations.

L’exposition proposée par le Palais de la découverte est prioritairement destinée au jeune public, à partir de 9 ans. Elle se donne pour mission de mettre en valeur cette démarche scientifique alors très novatrice, et de la replacer dans son contexte historique d’un monde en pleine mutation technologique – comme le nôtre aujourd’hui – et de dépoussiérer le mythe qui réduit souvent l’action de Pasteur à cette première expérimentation sur l'humain du vaccin contre la rage.

Car Pasteur n’est pas un scientifique claquemuré dans son laboratoire, c’est aussi un entrepreneur fondateur d'entreprises qui mettent en pratique ses découvertes, ce qui lui permet de financer ses recherches. L’application de ses innovations scientifiques permet à des industriels et éleveurs de faire face à de nombreux fléaux.

Présentées ici comme autant de scènes théâtrales, la fermentation, la pasteurisation du vin, la bière « de la revanche nationale », les maladies du ver à soie, le choléra des poules, le charbon des moutons et des chevaux, les tâtonnements autour du virus de la rage (les instruments optiques de l’époque ne permettent pas de visualiser un virus), l’invention de l’antisepsie (l’anglais Lister nettoie les plaies afin de tuer les germes) et de l’asepsie (tous les instruments qui touchent la plaie doivent être préalablement stérilisés et exempts de tout micro-organisme) sont autant de victoires de la méthode expérimentale de Pasteur.

On insiste – pas assez à mon goût – sur les controverses sanglantes qui ont opposé le chercheur à ses confrères, par exemple contre la théorie longtemps défendue par Félix Pouchet, des générations spontanées. Le petit film qui l'illustre est très drôle ...

Très intéressante aussi, la postérité de Louis Pasteur à travers l’Institut fondé en 1888 et qui a essaimé dans le monde entier – en priorité dans l’empire colonial - afin que les collaborateurs du savant œuvrent à l’éradication de pandémies meurtrières (tuberculose, typhus, peste, etc.)

A noter, un court audiovisuel de 7 minutes raconté par Erik Orsenna et le youtubeur Léo Grasset (http://dirtybiology.com), à droite de l’entrée, à regarder de préférence avant de pénétrer dans l’exposition.

Puissent de telles initiatives faire naître des vocations scientifiques !!! (je pense à ma petite Apolline, revenue pleine de notions passionnantes du Conservatoire des Arts et Métiers !)

 

Pasteur, l’expérimentateur – exposition au Palais de la découverte – avenue Franklin Delano Roosevelt 75008 Paris – tous les jours sauf le lundi, jusqu’au 19 août – 9€

 

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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