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23 février 2018

Moi, Tonya, film de Craig Gillespie

affiche

sur le podium

la mère indigne

le lacet

avec l'entraîneuse

avec son mari

Un beau film sur le sport qui sort juste au moment où chacun regarde les épreuves des JO …

Mais qui se souvient du fait divers sordide survenu aux jeux de Lillehammer en 1994 ?

Une des concurrentes américaines, Nancy Kerrigan, avait été violemment agressée au genou à coup de barre de fer par un nervi piloté par l’équipe de sa rivale, Tonya Harding.

Le film retrace non pas tant la genèse de cette affaire, mais surtout la vie malheureuse de cette jeune athlète douée, plongée, dès l’enfance, dans la violence.

Car le sujet du film est la violence des plus démunis de la société américaine profonde : la mère d’une sèche brutalité, privée de la capacité d’aimer, qui cogne sa petite fille, la met sur des patins dès ses quatre ans, la harcèle … Le père, qui lui apprend à chasser au fusil dès qu’elle est en mesure de le porter et quitte l’enfer familial laissant la petite à la merci de sa mère cruelle – sublime interprétation d’Allison Janney (C.J., l’attachée de presse de The West Wing).

Tonya va s’attacher au premier garçon qui lui dira qu’elle est belle et vivra avec lui une liaison jalonnée de coups donnés et reçus. Et elle passe sa jeunesse à patiner, devient la première américaine à réussir le triple axel en 1991, mais le ratera en compétition à Albertville. Toujours la violence, le langage obscène à la bouche, la mauvaise réputation. Tonya n’est pas bien notée non pas en raison de ses performances athlétiques mais parce qu’elle déroge : ses tenues sont moches, elle n’a pas de sponsors, elle se heurte au plafond de verre d’une Amérique bien pensante, traditionnelle …

Malgré ce cadre sombre et a priori sans issue, le film est plein d’humour : l’équipe de bras cassés qui veut aider Tonya va lui porter préjudice, elle sera broyée par le système mais finalement, elle réussira à s’en sortir : du haut de son mètre 57, elle a maintenant 47 ans et a refait sa vie, elle est la mère d’un petit garçon … Un message d’espoir finalement, mais dans une Amérique dont nous voyons aujourd’hui le résultat. Excellent jeu des acteurs Margot Robbie (Tonya), Julianne Nicholson (l’entraîneuse de patin, c’est la fille de Jack), Sébastian Stan (le mari) et surtout Paul Walter Hauser (Shawn, le garde du corps autoproclamé mythomane).

Posté par mpbernet à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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