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08 mars 2018

Tintoret, naisssance d'un génie, exposition au musée du Luxembourg

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autoportrait

 

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Jacopo Robusti était fils de teinturier, de basse extraction et de petite taille – d’où son surnom "le petit teinturier" passé à la postérité, né à Venise en 1518 (ou 19 …) où il fut actif jusqu’à sa mort en 1594.

Le musée du Luxembourg met en lumière ses œuvres de jeunesse et jusqu’aux alentours de 1555, au seuil de la gloire et des commandes prestigieuses pour la Madona dell’Orto, la Scuola Grande di San Rocco, pour le palais des Doges.

Voici donc les visions d’un surdoué, qui a déjà son propre atelier et de nombreux collaborateurs à 20 ans, un ambitieux qui met en œuvre des stratégies commerciales et relationnelles pour conquérir une riche clientèle. On apprécie son imagination débordante, influencée par Titien, le plus célèbre peintre vénitien de son temps, mais aussi Raphaël, Jules Romain et Michel-Ange.

Point de famille régnante à Venise, mais un marché de l’art actif où apparaissent des peintures indépendantes et non de commande ou dictées par le mécénat du dirigeant. Orner les salons des palais est une source intéressante de revenus : histoires terrifiantes ou érotiques, scènes mythologiques ou religieuses.

Tintoret a l’art de trouver des points de vue étonnants comme ces peintures hexagonales montrant au visiteur levant les yeux une surprenante contre-plongée.

Tintoret produit aussi de merveilleux portraits, au regard transperçant, au coup de pinceau d’une incroyable modernité. Et en premier lieu son autoportrait extraordinairement vivant, voire effrayant … En italien, ritrar peut signifier portraiturer ou tirer profit …

Cependant, Tintoret fait preuve ici d’une rigueur sublime, bien différente de ses compositions flamboyantes, pleines de lumière et de fureur. Car la mise en scène prédomine dans ses compositions religieuses : la conversion de Saint Paul où le cavalier de l’escorte se prend la tête à deux mains devant la violence du choc, les chevaux bousculés, les nuages et le vent que l’on perçoit … quelle violence, quel talent …

Des détails aussi : dans le dernier tableau représentant le péché originel, noter la différence de couleur du cou d’Adam par rapport à son dos … Sans doute le modèle était-il un homme travaillant à l’extérieur, mais ce détail, ainsi que le fait remarquer le cartel, est incongru puisque Adam, avant d’avoir croqué la pomme, ne portait aucun vêtement.

Une fois qu'on a globalement perçu la construction de ces grandes compositions, il faut s'arrêter aux détails : autant de scènes dans la scène, autant de merveilles à déchiffrer comme la manière de décrire la perspective, l'architecture des monuments de Venise, à rendre le modelé sculptural des personnages, le prétexte à magnifier le corps de la femme ... un autre exemple : l'image de la princesse sauvée par Saint Georges reflétée par l'armure rutilante de son sauveur dans le tableau "La princesse, Saint Georges et Saint Nicolas".

Mon coup de cœur : un petit tableau de format allongé « Esther devant Assuerus », où les somptueux costumes dans un camaïeu de rouge et d’or me font souvenir de la scène du film de Patrice Chéreau, le mariage de la Reine Margot …

 

 

 

 

 

Tintoret, naissance d’un génie au Musée du Luxembourg, tous les jours à partir de 10 h 30, jusqu’au 1er juillet, 13 €.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Ah oui bien vu pour la robe d'Adjani dans le Chéreau. Pas sûre d'aller la voir en revanche j'attends celle de Mary Cassatt avec impatience.

    Posté par Do, 08 mars 2018 à 08:17
  • @Do

    L'exposition Mary Cassatt, au musée Jacquemart-André,, commence demain. Peut-être nous y rencontrerons-nous ?

    Posté par Marie-Pierre, 08 mars 2018 à 08:38

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